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La Première Guerre mondiale dura de 1914 à 1918. Ce fut le premier conflit couvrant plus de la moitié de la Terre, d'où le nom de « guerre mondiale ». Cependant, antérieurement au début de la Seconde Guerre mondiale, on appelait cette guerre « la Grande Guerre », « la Guerre des Guerres » ou la « Der des Ders ».

Causes


Il existe de nombreuses causes au déclenchement de la Première Guerre mondiale et rétrospectivement, elle paraît inévitable. Cependant, à plusieurs reprises, le déclenchement de la guerre avait pu être évité (épisode de la canonnière d'Agadir, nombreux incidents de frontières franco-allemands, nombreuses Guerres des Balkans sans conséquences sur le reste du monde).

Le traité de Versailles avait consacré la responsabilité de la guerre à la seule Allemagne. Si celle-ci a indéniablement joué un grand rôle dans l'embrasement de ce conflit qui n'était au départ qu'une 4ème guerre balkanique en 3 ans, les autres grandes puissances ont également leur part de responsabilité : - la Russie, qui après sa défaite face au Japon en 1905, se retourne de nouveau vers les Balkans et ne peut laisser écraser une nation slave et s'étendre l'influence austro-hongroise dans cette région de l'Europe. - l'Autriche-Hongrie, pour faire taire les tensions nationalistes à l'intérieur de ses frontières, doit écraser la Serbie et tuer dans l'oeuf ce rêve de voir un jour les slaves du sud réunis. Pour la double-monarchie, c'est aussi une question de survie. - La France, dont l'esprit de revanche s'était émoussé depuis les années 1890, saisit l'occasion pour récupérer l'Alsace-Lorraine et mettre un terme aux ambitions coloniales de son voisin dangereux et en ascension. Pour elle aussi, c'est une question de survie, face au dynamisme économique et démographique de l'empire allemand. - Le Royaume-Uni qui s'est longtemps retranché dans un splendide isolement tout en veillant à un juste équilibre entre les différentes puissances continentales, s'irrite de plus en plus de l'agressivité allemande, sur le plan économique, colonial et naval. Il est reconnu aujourd'hui que si la première puissance mondiale de l'époque s'était montrée plus impliquée dans l'éngrenage de l'été 1914, les événements politique auraient pu prendre une autre tournure.

Rivalités économiques et coloniales

À la fin du , l'Europe domine le monde, technologiquement, financièrement, économiquement, et surtout politiquement. Le Royaume-Uni surtout, mais également la France ont un empire immense qui assurait une quasi exclusivité de commerce et d'exploitation des richesses sur un régime colonial. L'Empire britannique, celui où "le soleil ne se couche jamais", est le plus vaste. Les Britanniques possèdent les principaux points commerciaux du monde: Gibraltar, Singapour, le Cap, le Canal de Suez, Hong Kong. Ils possèdent également l'Afrique de l'Est, de l'Égypte à l'Afrique du Sud, et ont aussi le Nigéria. La colonie principale, l'Empire britannique des Indes, est le joyau de l'Empire. Ce grand pays est un point extrêmement stratégique. Le Royaume-Uni possède également des Dominions, c'est-à-dire des pays colonisés qui sont indépendants sur la politique intérieure, mais pas extérieure. Ces dominions, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Terre-Neuve, Afrique du Sud, Sri Lanka, sont à peuplement blanc et sont moyennement puissants.

L'Afrique est presque entièrement colonisée (à l'exception du Liberia et de l'Éthiopie) et se trouve au cœur des tensions européennes. Alors que la France contrôle une grande partie de l'Afrique de l'Ouest, les Britanniques sont présents dans l'est du continent. Un conflit entre ces deux métropoles aurait pu éclater avec l'incident de Fachoda. Mais la montée en puissance de l'Allemagne les a rapprochées dans l'Entente cordiale. L'Allemagne, qui ne possédait qu'un empire colonial limité (Cameroun, Namibie, Tanzanie, Togo, îles Carolines et îles Marshall d'aujourd'hui) et réalisant de façon tardive son unité, était arrivée trop tard dans la compétition coloniale et le partage du monde entre Européens. Surtout, elle ne dispose pas de colonies de peuplement. Elle manifeste ses prétentions sur le Maroc au cours de deux crises en 1905 et 1911, qui l'ont opposée à la France.

L'influence européenne en Asie est moins spectaculaire, mais suscite également des problèmes. La Chine littorale tombe sous la domination économique occidentale. Les États-Unis, le Japon et la Russie sont des puissances concurrentes des états européens dans cette région. L'empire turc ottoman est placé sous la tutelle financière et économique allemande. Les Russes souhaitent étendre leur contrôle sur le débouché méditerranéen.

Enfin, c'est la grande puissance industrielle allemande qui inquiète les états européens : les produits allemands inondent les marchés français et britanniques.

Les questions nationales

A la veille du conflit, l'Europe est en proie aux problèmes des nationalités et des revendications de territoires. Ces difficultés concernent surtout le centre du continent :

La rivalité franco-allemande : L'Alsace-Lorraine, perdue à la suite de la défaite française de 1870-1871 est intégrée à l'empire allemand. Les Français souhaitent la reprendre et vivent dans un esprit revanchard et germanophobe. Dans les écoles on coloriait l'Alsace et la Lorraine en noir sur la carte de France — territoires qu'elle avait dû céder à l'Allemagne par le Traité de Francfort. Cette génération a donc été élevée avec le syndrome du membre amputé. En 1914, il n'y a que 1 % de déserteurs. Ils étaient 30 % en 1870.

Les Balkans : Les pays des Balkans, libérés de l'Empire ottoman, sont l'objet de rivalités entre les grandes puissances européennes. L'Empire ottoman qui s'émiette peu à peu (guerres balkaniques), ne possède plus en Europe, à la veille de la guerre, qu'Istanbul. Tous les jeunes pays issus de sa décomposition (Grèce, Bulgarie, Roumanie, Serbie, Monténégro, Albanie) s'affrontent. La Serbie veut obtenir un débouché maritime et soutient les revendications des Slaves des Balkans. Elle est alliée à l'empire russe.

De plus, les deux ennemis séculaires de l'Empire ottoman poursuivent leur politique traditionnelle. L'Autriche-Hongrie désire continuer son expansion dans la vallée du Danube, jusqu'à la mer Noire. La Russie, elle, est liée historiquement et culturellement aux Slaves des Balkans, de confession orthodoxe, et leur a déjà souvent prêté son appui dans le passé. Elle dispose donc d'alliés naturels dans sa politique de conquête d'un accès à une mer chaude (Mer Méditerranée). Cette politique passe par le contrôle des Détroits. Évidemment, ces deux politiques entre une puissance catholique et une puissance orthodoxe provoquent des affrontements (les deux empires possèdent d'ailleurs un aigle bicéphale comme emblème).

Les ambitions italiennes : L'Italie veut prendre au voisin autrichien des territoires qu'elle considère comme italiens (Italia irredenta), s'étendre en Dalmatie et contrôler la mer Adriatique à l'instar de ce que fit la Serenissime République de Venise. D'autant plus que ses tentatives de conquête d'un empire colonial africain ont sombré dans le ridicule et la déroute après la débâcle d'Adua en Abyssinie face aux troupes de Menelik en 1896.
Les empires multinationaux : Les empires d'Autriche-Hongrie, de Russie et d'Allemagne regroupent différents peuples qui revendiquent plus d'autonomie ou une reconnaissance politique. Ainsi, les Polonais sont privés d'état souverain et se trouvent partagés entre les empires d'Allemagne, de Russie et d'Autriche-Hongrie.

Système d'alliances et course aux armements

De vastes systèmes d'alliances se sont créés à la fin du XIXème et au début du XXème siècle. En 1882, la duplice austro-allemande devient la Triple-Alliance avec l'entrée de l'Italie, refroidie par son échec en Tunisie face à la France. Le traité sera sans cesse renouvelé même si l'attitude de l'Italie devient de plus en plus ambigue, en particulier avec la signature d'un accord secret de neutralité avec la France en 1902. L'attitude du royame italien évolue en raison de l'animosité de plus en plus grande envers l'Autriche-Hongrie, à cause de la fameuse question épineuse des terres irredentes (region de l'Autriche comptant une forte minorité italienne). La démarche diplomatique française vis-à-vis du royaume transalpin a l'avantage de permettre à la France de ne pas à devoir combattre sur deux fronts.

La IIIème république a oeuvré également à sortir la France de son isolement dans lequel Bismarck, pour des raisons de sécurité, l'avait enfermée. Ainsi, en 1892 est signée l'alliance franco-russe : la France bénéficie d'un allié de poids (notamment sur le plan démographique et stratégique avec la possibilité d'un deuxième front à l'est de l'Allemagne) tandis que l'empire tsariste peut moderniser l'économie et l'armée du pays grâce aux capitaux français (emprunts russes). Après l'incident de Fachoda en 1898, Théophile Delcassé, alors ministre des affaires étrangères, a oeuvré au rapprochement franco-anglais avec la signature de l'entente cordiale en 1904. Celle-ci n'est pas un traité d'alliance qui lie les deux pays mais leur destin sera de plus en plus imbriqué. Enfin, en 1907, à l'instigation de la France, le Royaume-Uni et la Russie règlent leurs contentieux en Asie en se partageant leur zone d'influence respective en Perse, en Afghanistan et en Chine. Ainsi est née la Triple-Entente.

Dans les deux camps, la course aux armements s'accélère et on assiste à une surenchère dans la préparation de la guerre. Les dépenses consacrées aux armées s'envolent. Ainsi, la France consacre en 1885, 867 millions de francs-or à ses armées alors que les dépenses civiles se montent à 1.239 millions. Les fortifications de frontière (du moins à la fin du XIXème siècle), l'artillerie (le fameux canon 75 de l'armée française), les flottes de guerre (le fameux dreadnought britannique) absorbent une bonne partie des crédits militaires. Le matériel est modernisé et la durée du service militaire allongée dans plusieurs pays. Ainsi, en France, la durée du service militaire passera à 3 ans pour pallier (dans une certaine mesure) à l'infériorité de la France face à l'Allemagne. Si en 1870, les deux pays avaient une population quasi-identique, en 1914 l'Allemagne a vu sa population croitre des 3/4 pour s'établir à 67 millions en 1914 tandis que la France a à peine comblé la perte de l'Alsace-Lorraine avec 39 millions d'habitants.

La crise moderniste

Pour comprendre l'enchaînement des événements qui ont conduit à la première guerre mondiale, sans doute faut-il prendre en compte les mentalités. Une crise a secoué les milieux catholiques en France dans les années 1890-1900. On l'a appelée la crise moderniste. Elle s'est manifestée par différents épisodes comme l'affaire Dreyfus (1898), la séparation de l'Église et de l'État (1905), …

L'émergence de mouvements nationalistes tels que l'Action française, n'est probablement pas étrangère, du côté français, au déclenchement du conflit.

L'engrenage infernal - Chronologie

L'événement déclencheur fut le double assassinat de l'archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d'Autriche-Hongrie et de son épouse Sophie Chotek, duchesse de Hohenberg, à Sarajevo le 28 juin 1914 par Gabriel Princip.

Les événements se sont ensuite déroulés comme suit :

  • 23 juillet : L'Autriche-Hongrie adresse un ultimatum à la Serbie dans lequel elle exige de pouvoir mener une enquête sur place, ce à quoi s'opposera la Serbie pour des raisons de souveraineté. Le temps laissé à la Serbie pour répondre à cet ultimatum est de 48 heures.
  • 25 juillet : la Serbie accepte l'ultimatum mais demande des explications sur la commission d'enquête. Moins d'une heure plus tard l'Autriche rompt ses relations diplomatiques avec la Serbie.
  • 28 juillet : L'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie et bombarde sa capitale
  • 28 juillet : la Russie décide la mobilisation partielle.
  • 30 juillet : La Russie mobilise toutes ses troupes et se prépare à entrer en guerre pour aider ses alliés serbes,
  • 31 juillet : L'Allemagne adresse un ultimatum à la Russie lui demandant d'arrêter sa mobilisation et de prendre l'engagement de ne pas soutenir la Serbie, et un autre à la France lui demandant de ne pas soutenir la Russie si cette dernière venait à prendre la défense de la Serbie
  • 31 juillet : assassinat de Jean Jaurès à Paris.
  • 1 août : suite à la réponse russe l'Allemagne mobilise et déclare la guerre à la Russie. La France mobilise pour le 2 août
  • 2 août : L'Allemagne attaque militairement le Luxembourg neutre
  • 2 août : L'Allemagne adresse un ultimatum à la Belgique pour réclamer le libre passage de ses troupes
  • 2 août :l'Italie déclare qu'elle restera neutre
  • 2 août : l'Allemagne et la Turquie signent une alliance contre la Russie
  • 3 août : la Belgique neutre rejette l'utimatum allemand
  • 3 août : L'Allemagne déclare la guerre à la France qui avait répondu que « la France agirait conformément à ses intérêts ». L'Allemagne déclare la guerre à la Belgique.
  • 3 août : l'Angleterre déclare qu'elle garantit la neutralité de la Belgique
  • 4 août : L'Allemagne attaque militairement la Belgique neutre
  • 4 août : Le Royaume-Uni adresse un ultimatum à l'Allemagne lui demandant de retirer ses troupes de Belgique. Le Gouvernement de Londres ne recevra aucune réponse, et déclare donc la guerre à l'Allemagne. Le Canada, l'Australie, l'Inde, la Nouvelle-Zélande et l'Afrique du Sud entrent automatiquement en guerre contre l'Allemagne.

  • le 4 août 1914, au soir, l'Allemagne est en guerre contre
    • la Russie (1/8)
    • le Luxembourg (2/8)
    • la France (3/8)
    • la Belgique
    • le Royaume-Uni (4/8)
    • le Canada (4/8)
    • l'Australie (4/8)
    • la Nouvelle-Zélande (4/8)
    • l'Inde (4/8)
    • l'Afrique du Sud (4/8)

Cela pour soutenir un allié, l'Autriche-Hongrie, qui n'est en guerre contre aucun de ces pays. L'Autriche-Hongrie, elle, est officiellement en guerre contre un pays, la Serbie, qui n'est pas en guerre avec l'Allemagne. L'Autriche-Hongrie et la Russie n'entreront en guerre que le 6 Août 1914 (Déclaration de guerre de l'Autriche-Hongrie à la Russie du 6 août 1914).

Le 6 août, la Serbie déclare la guerre à l'Allemagne; le 11 août, la France déclare la guerre à l'autriche-Hongrie; le 13 ce sera le tour de l'Angleterre.

Les responsabilités

La situation ainsi exposée montre que ce n'est pas le fonctionnement des alliances qui permet de donner une explication au déclenchement du premier conflit mondial. En effet, les gouvernements de bon nombre de pays n'ont même pas eu à se poser la question de savoir s'ils allaient, oui ou non, faire fonctionner leurs alliances (la Russie et la France se sont trouvés dans ce cas). En outre, l'existence des alliances avaient été un frein au déclenchement d'un conflit lors des crises précédentes (crises marocaines, guerres balkaniques, annexion de la Bosnie, etc.). Si ce frein n'a pas fonctionné en juillet 1914, c'est que les Empereurs, les Gouvernements et les États-Majors de l'Allemagne et de l'Autriche-Hongrie ont tout fait pour que le conflit éclate. Mais il ne faut pas oublier que la France de Raymond Poincaré n'a pas non-plus fait grand-chose pour éviter la guerre, de même que le tsar de Russie qui préferait une guerre plutôt que de devoir faire des réformes. La guerre, une fois commencée, mettra quatorze mois à atteindre la Serbie, c'est-à-dire le point où, "officiellement", elle aurait dû commencer.

Mais il faut bien se rendre compte que l'atmosphère politique internationale au début du XXè siècle était extrêmement chargée ; les vélléités belliqueuses des uns et des autres s'affichaient ouvertement. Le nationalisme exacerbé qui régnait dans tous les pays européens a ainsi joué un rôle. En France, les sentiments revanchards à propos de l'Alsace-Lorraine excitaient la haine à l'égard de l' "Allemand" (les dessins de Hansi en sont une illustration), tandis que Poincaré était entouré de fervents bellicistes. De l'autre côté du Rhin, le plan Schlieffen préconisait que l'Allemagne frappât la première. Ainsi, tous les pays étaient prêts à la guerre, la doctrine militaire de l'époque basée sur la course aux armements n'avait alors qu'une issue : le conflit armé. Une étincelle suffisait à mettre le feu à l'Europe.C'est pourquoi l'historiographie récente a mis en avant l'acceptation massive par les sociétés européennes du conflit,voire une résolution à combattre.C'est ce que l'on appelle le consentement patriotique.

Cette étincelle, c'est donc un groupe de moins de 10 personnes (Empereurs, Chancelier, Ministres de la Guerre et Ministres des Affaires Etrangères, chefs d'État-Major) qui, en juillet 1914 à Berlin et à Vienne, l'a provoquée.

Cette responsabilité de Guillaume II de Hohenzollern et François-Joseph de Habsbourg-Lorraine - puisque ni l'Allemagne, ni l'Autriche-Hongrie n'étaient des démocraties parlementaires en 1914- est le ciment de l'union nationale en France et le fondement d'exigences françaises colossales.

En 1919, les Alliés ne pouvaient se satisfaire de la responsabilité pénale de deux individus- l'Empereur d'Allemagne et l'Empereur d'Autriche-Hongrie- pour obtenir réparation des dommages subis dans les territoires occupés pendant 4 ans : ils étendirent donc cette responsabilité à l'ensemble des peuples des ex-Empires centraux, seuls ensembles capables de faire face à pareille dette.

Ces peuples considéreront cette extension de responsabilités comme un "Diktat".

Pourtant, en France et dans d'autres pays européens, certains s'opposent à la guerre comme Jean Jaurès qui appelle à la grève générale mais annonce que si cette dernière n'est pas suivie, il faudra se rallier à la guerre. Son assassinat le 31 juillet par le nationaliste Raoul Vilain, ne viendra qu'ajouter plus de confusion au climat délétère à l'aube de la guerre.

Quant à l'Italie, partant du principe que l'alliance qu'elle avait signée avec l'Allemagne et avec l'Autriche-Hongrie était une alliance défensive, elle ne s'engagea pas dans le conflit après avoir fait le constat suivant : l'Autriche-Hongrie étant l'agresseur de la Serbie, elle n'avait alors pas à soutenir les querelles de son allié.

Forces en présence

Les deux camps étaient équilibrés : l'Alliance et l'Entente possèdent des effectifs pratiquement identiques. En 1918, la guerre concerne la plupart des pays du monde:

Alliés(Entente):

  • Royaume-Uni
  • France
  • Russie
  • États-Unis
  • Italie
  • Japon
  • Canada
  • Australie
  • Nouvelle-Zélande
  • Afrique du Sud
  • Indes
  • Chine
  • Brésil
  • Roumanie
  • Belgique
  • Pays-Bas
  • Luxembourg
  • Portugal
  • Grèce
  • Monténégro
  • Serbie
  • Égypte
  • Cuba
  • Guatemala
  • Honduras
  • Nicaragua
  • El Salvador
  • Haïti
  • Siam
  • Libéria
  • Singapour
  • Hong Kong
  • Nigeria
  • Rhodésie
  • Soudan britannico-égyptien
  • Kenya
  • Aden
  • Oman
  • Birmanie

Empires centraux(Alliance):

  • Allemagne
  • Autriche-Hongrie
  • Bulgarie
  • Empire turc-ottoman

Front occidental


Les armées en place

Au début des hostilités, le Corps Expéditionnaire Britannique (British Expeditionary Force: BEF) n'est encore qu'en petit nombre (70 000 hommes) et ne jouera qu'un rôle mineur dans le déroulement des opération en 1914, nous parlerons donc surtout des armées allemandes et françaises.

Les effectifs des deux armées sont comparables.

La France, malgré une population d'environ 39 millions d'habitants, peut disposer immédiatement de près de 800 000 soldats d'active depuis l'adoption de la loi qui fixe la durée du service militaire à trois ans.

La mobilisation qui sera terminée vers le 15 août complètera les effectifs. (chiffre à venir) L'Allemagne est bien plus peuplée (près de 80 millions d'habitants) mais elle doit conserver une partie de ses forces pour le front de l'est. La moyenne d'âge des soldats allemands est également inférieure à celle des Français. Au début de la guerre, l'Allemagne, contrairement à la France, n'a pas rappelé les classes d'âge élevées et dispose encore d'importantes réserves humaines.

L'organisation des effectifs en divisions, armées, et corps d'armée est pratiquement la même dans les deux camps. La dotation et la répartition en matériel et en armes sont pratiquement identiques.

Bien que le canon de 75 ait largement surclassé le canon allemand de 77 équivalent, les troupes allemandes sont pourvues d'artillerie lourde que ne possèdent pas les Français.

Les troupes françaises en feront la cruelle expérience pendant les premières années de la guerre, le retard ne sera comblé qu'à partir de 1916.

La dotation en mitrailleuses est pratiquement identique mais elle est mieux utilisée par les allemands.

La France a privilégié l'artillerie légère et l'Allemagne la lourde : les deux pays ont une conception totalement différente de la guerre.

Bien que l'Allemagne ait fait de gros efforts pour combler son retard sur l'aviation française, elle n'est pas encore arrivée au même niveau.

Sur le front de l'ouest, ce sont en fait les deux meilleures armées du monde qui vont s'affronter.

Pour la première fois de l'histoire, les pays en guerre vont mobiliser toutes leurs ressources humaines dans la conduite d'un conflit total.

Guerre de mouvement : les batailles des frontières

En 1914, les Européens pensaient que la guerre serait courte. On disait aux soldats partis en août qu'ils seraient revenus pour les vendanges, les soldats partaient sans enthousiasme et résignés comme l'a démontré Jean-Jacques Becker. C'est la résolution patriotique qui domine.

Cette guerre de mouvement, que les deux armées préconisent, va vite se révéler inadaptée et particulièrement meurtrière compte tenu des moyens de destruction dont disposent les belligérants.

Les premiers engagements ont lieu près des frontières et se terminent à chaque fois à l'avantage des troupes allemandes. La stratégie mise en œuvre par le Plan Schlieffen semble efficace. Les armées de Guillaume II passent par la Belgique et les Ardennes.

La bataille de Charleroi se conclut par une défaite des armées Françaises qui les oblige à se replier. La BEF en rôle d'arrière garde à Mons et au Cateau Cambrésis, aide la retraite en bon ordre des armées françaises, très bien orchestrée par Joffre, commandant en chef des forces françaises, qui cesse lors de la bataille de la Marne. Au cours de celle-ci les Français reprennent l'offensive et stoppent définitivement l'avance allemande (6-7 septembre 1914).

Après la défaite de la Marne, les troupes allemandes reculent et se fortifient en creusant les premières tranchées. En même temps, les deux armées tentent de se déborder mutuellement sur leur flanc ouest en engageant ce qu'on a appelé improprement la "course à la mer". Les troupes qui combattent à pied depuis maintenant plusieurs mois, sont épuisées, manquent de munitions et n'aspirent qu'à s'arrêter et consolider les positions si chèrement acquises. Vers la fin du mois de novembre 1914 le front est pratiquement stabilisé pour plusieurs années sur une ligne continue de tranchées d'environ 750 kilomètres de la Mer du Nord aux Vosges.

Jusqu'en 1918, le front occidental reste pratiquement figé malgré les offensives coûteuses en hommes et en matériel. Le bilan de ces premiers mois de guerre est catastrophique : les pertes engendrées par ces attaques en rase campagne devant l'artillerie et les mitrailleuses sont énormes surtout du côté Français qui comptent plus d'un million de soldats hors de combat (blessés, tués, disparus ou prisonniers) rien que pour l'année 1914.

Guerre de position

Les tranchées
Le premier conflit mondial est caractérisé par une ligne de front continue, fortifiée, qui ne sera jamais rompue par aucune des armées en présence avant 1918. Le front est constitué de plusieurs lignes de défenses creusées dans la terre, les tranchées, reliées entre elles par des boyaux d'accès. Les soldats vivent et meurent là, dans la boue, le corps envahi de vermine, en compagnie des rats et de l'odeur pestilentielle des cadavres en décomposition. Un no man's land rendu infranchissable par des réseaux denses de barbelés, battu par le feu des mitrailleuses sépare les deux premières lignes. Le danger est permanent, même en période de calme quand l'activité du front est faible, la mort survient n'importe quand : au cours d'une patrouille, d'une corvée, d'une relève, ou d'un bombardement d'artillerie qui s'abat sur la position sans raison particulière. L'observation aérienne par les avions et les ballons permet aux armées de connaître avec précision la configuration du terrain ennemi, si bien que les tirs d'artillerie ne tombent jamais au hasard, les obus pleuvent toujours, de jour comme de nuit, en faisant le maximum de dégâts. Les soldats ne se trouvent en sécurité qu'à une dizaine de kilomètres derrière les lignes quand ils sont hors de portée de l'artillerie lourde.

On a souvent reproché aux chefs militaires du premier conflit mondial d'avoir conduit leurs troupes dans cette guerre de tranchée aussi coûteuse en vies humaines qu'inutile. Pourtant, cette guerre de position n'est pas un choix stratégique, elle est due au fait que malheureusement, en ce début de l'ère industrielle, alors que les nations occidentales sont déjà capables de produire en masse, les progrès techniques ont surtout concerné le matériel de destruction plutôt que les moyens de s'en protéger. Les avancées techniques qui permettront à un blindé de déborder le front, à un avion d'emporter une charge de bombe suffisante pour influer sur le cours de la bataille ne sont pas encore réalisées, si bien qu'à la puissance de destruction considérable que représente ces armes modernes, on ne peut opposer que des fantassins vulnérables et faiblement armés.

Les offensives

Les offensives lancées en 1915 en Champagne et en Artois, puis en 1916 à Verdun et dans la Somme, enfin en 1917 le Chemin des Dames se heurteront à des défenses infranchissables et les pertes seront toujours hors de proportion avec les gains de terrain réalisés. La bataille de Verdun est une vraie boucherie: elle fait 650 000 morts, environ 300 000 du côté allemand et 350 000 du côté français. On découvre l'horreur de la guerre.

Les réactions des États

Pour vaincre l'adversaire, chaque alliance cherche de nouveaux alliés : l'Italie change de camp en 1915 et se bat désormais du côté de l'Entente. En octobre 1914, l'Empire ottoman se rallie aux empires centraux. La guerre devient progressivement mondiale

Face à la durée de la guerre, les États en guerre doivent mobiliser la main d'œuvre féminine pour pallier l'absence des hommes partis au front. Les pays de l'Entente font aussi appel aux ressources humaines et matérielles de leurs empires coloniaux. Les enfants, les vieillards et les étrangers sont aussi embauchés et contribuent à l'effort de guerre. La vie des civils devient de plus en plus difficile à cause des pénuries, de l'inflation et des réquisitions dans les zones occupées. Pour galvaniser les populations restées à l'arrière, les États utilisent la propagande et la censure de la presse et du courrier des soldats. Le bourrage de crâne touche aussi l'enseignement. Les rumeurs xénophobes circulent rapidement : on raconte que les Allemands coupent les mains des enfants. Inversement, pour justifier l'agression contre la Belgique, on raconte en Allemagne que les civils belges s'amusent à crever les yeux des Allemands blessés. Les gouvernements doivent financer les dépenses d'armement en ayant recours à la planche à billets mais aussi à l'emprunt. Les impôts augmentent et on s'oriente vers le dirigisme économique. Devant les commandes d'État, certains industriels s'enrichissent tels Walther Rathenau ou Louis Renault.

Front oriental


La stratégie allemande de guerre de mouvement qui avait échoué en France fonctionna à merveille contre la Russie. Les armées russes étaient énormes et la France comptait beaucoup dessus pour diviser l'armée allemande. Mais ce nombre impressionnant de soldats (8 millions en 1914) masquait le fait qu'il ne s'agissait le plus souvent que de paysans sans aucune formation militaire, mal armés et mal équipés. Le commandement russe se révéla lui-même médiocre. Les deux armées s'affrontèrent à Tannenberg (en Prusse orientale) du 26 au 30 août 1914 puis aux lacs Mazure du 6 au 15 septembre 1914. Dans les deux cas, les Russes subirent une cinglante défaite et furent obligés de se replier. Hindenburg, le commandant allemand de cette campagne, fut envoyé sur le front ouest pour appliquer les même méthodes. Il échoua car le front s'était déjà stabilisé et les Français étaient préparés (mines, barbelés, tranchées). Il ne put empêcher la guerre d'usure.

Autres fronts


Les deux camps tentèrent des manœuvres de diversion ou de contournement, mais aucune n'eut autant d'importance que ces deux fronts principaux :

  • les Alliés déclenchèrent la bataille des Dardanelles en 1915. Le contrôle des Détroits aurait permis à la France et au Royaume-Uni de ravitailler la Russie et d'encercler les Empires centraux. Cette idée, défendue notamment par Winston Churchill, déboucha sur un débarquement à Gallipoli mais les Alliés ne parvinrent pas à pénétrer par surprise dans l'Empire ottoman, et échouèrent dans leurs offensives successives. L'opération fut un échec, le corps expéditionnaire constitua l'armée d'Orient, stationnée ensuite au camp de Salonique. Cette armée soutiendra ensuite les Serbes et participera à l'effondrement de l'empire austro-hongrois en 1918.
  • Colonel Lawrence dit Lawrence d'Arabie : les Britanniques fomentèrent le soulèvement des tribus arabes pour gêner les Ottomans.
  • Le ministre des Affaires étrangères britanniques, Lord Arthur Balfour promit l'établissement d'un état juif en Palestine pour obtenir la méthode de fabrication de l'acétone et motiver les Juifs états-uniens à soutenir l'entrée en guerre des États-Unis. La même année, les Britanniques attaquèrent la Palestine (dont ils garderont le contrôle jusqu'en 1947). De nombreux Juifs s'y installèrent après les épreuves de la Seconde Guerre mondiale.
  • La première bataille de l'Atlantique : elle fut mise en œuvre par les sous-marins allemands, les U-Boots qui tentèrent d'imposer un blocus complet au Royaume-Uni et à la France, notamment pour intercepter le soutien de leurs colonies et rompre les routes d'approvisionnement entre l'Amérique (bœuf argentin, matériel américain) et l'Europe. Cette guerre maritime ne plut pas aux Américains. Le torpillage du Lusitania qui avait à son bord cent vingt-trois Américains provoqua une vive émotion aux États-Unis, qui se préparèrent à entrer en guerre aux côtés des Alliés.

1917, le tournant de la guerre


  • Lassitude
Sur tous les fronts, les soldats sont épuisés par les attaques inutiles et les conditions de vie difficiles. Dans les rangs français, allemands et italiens, des mutineries éclatent au printemps 1917. À l'arrière, les pénuries et les cadences de travail provoquent des troubles et des grèves. Les socialistes français quittent le gouvernement et rompent l'union sacrée. Dans le Reich allemand, pour faire face à la crise politique et sociale, l'état-major prend le pouvoir.
  • Stratégie allemande
Pour répondre au blocus naval britannique, les sous-marins allemands détruisent tout navire transitant dans un port ennemi. Cette guerre navale frappe les navires de commerce américains. En mars 1917, l’état major impérial allemand prit la décision stratégique de reculer le front plus au nord, sur la ligne dite « Hindenburg », et fit évacuer toutes ses armées des positions occupées depuis 1914 dans le secteur de l’Aisne. Ils dynamitèrent systématiquement les édifices emblématiques des villes et villages auparavant occupés. Ainsi disparurent notamment les forteresses de Ham (Somme), située non loin de là, et de Coucy (27 mars 1917).

Les États-Unis étaient restés neutres jusque là, mais apportaient un soutien matériel et financier aux pays de l'Entente dès 1914.

Le ministre des affaires étrangères René Viviani envoie une délégation aux États-Unis pour demander l'aide américaine. Joffre est choisi le 1er avril pour conduire cette délégation. Henri Bergson, philosophe et diplomate, a probablement joué un rôle important, mais ceci n'est pas relaté par les historiens.

Le 7 mai 1915, le torpillage du paquebot britannique Lusitania avait provoqué la mort de 128 ressortissants américains. En avril 1917, face à la guerre sous-marine à outrance, le congrès américain décide l'entrée en guerre contre les empires centraux. Cette décision compense la défection russe. Le président Woodrow Wilson fixe dès janvier 1918 ses objectifs de paix. Plusieurs pays d'Amérique latine s'engagent aussi dans le conflit aux côtés de l'Entente.

  • Retrait russe
Plus tard les deux révolutions russes de mars et d'octobre 1917 permirent aux Allemands des avancées considérables en Russie. Les Bolcheviks signèrent un armistice avec les Empires Centraux dès le mois de décembre, puis la paix de Brest-Litovsk (négociée par Léon Trotsky) en mars 1918. Pour obtenir cette paix séparée, ils consentirent à d'énormes sacrifices, dont un train d'or (le contenu de celui-ci fut confisqué à l'Allemagne par le traité de Versailles). L'Allemagne occupa de plus la Pologne, l'Ukraine, la Finlande, les Pays baltes et une partie de la Biélorussie. Les Allemands profitèrent aussi de cette défection pour envoyer d'importants renforts sur le front ouest et tenter d'obtenir une victoire rapide avant l'arrivée effective des Américains. C'est le retour de la guerre de mouvement.

1918, la fin de la guerre


En janvier 1918, alors que la première guerre mondiale n'est pas terminée, le président américain Woodrow Wilson adresse un message au congrès américain, qui doit garantir la paix. Ce discours des 14 points (« The world must be made safe for democracy ») réclame notamment la création d'une « League of Nations » (SDN)). Les autres points serviront de base au traité de Versailles de 1919. Wilson demande :

  • la fin de la diplomatie secrète,
  • la liberté de navigation et de commerce,
  • la réduction des armements,
  • le règlement des rivalités coloniales,
  • l'évacuation de la Russie,
  • l'évacuation de la Belgique,
  • la restitution de l'Alsace-Lorraine à la France,
  • la rectification des frontières italiennes,
  • l'autonomie des peuples d'Autriche-Hongrie,
  • l'évacuation de la Roumanie, de la Serbie et du Monténégro,
  • l'autonomie des peuples non turcs de l'empire ottoman,
  • la refondation d'une Pologne indépendante,
  • la création d'une association des nations.
Les principes wilsoniens peuvent être résumés en trois mots : autodétermination des peuples, liberté et paix.

Renforcés par les troupes venant du front est, et souhaitant forcer la décision avant l'arrivée des troupes américaines, les Allemands mettent toutes leurs forces dans d'ultimes offensives à l'ouest, à partir de mars 1918, sur la Somme, en Flandre, au Chemin des Dames et en Champagne (l'Offensive Michael). Mais mal nourries, mal relevées et épuisées, les troupes allemandes ne peuvent résister aux armées alliées maintenant coordonnées par le général Foch. Ces dernières sont renforcées chaque jour davantage par le matériel et les soldats américains, les premiers chars (Char Renault FT-17) et par une supériorité sous-marine et aérienne. Après une révolution ouvrière à Berlin, le gouvernement de la nouvelle République allemande signe l'armistice de Rethondes le 11 novembre 1918 dans le wagon de l'armistice.

Pendant toute la guerre, à partir d'août 1914, jusqu'à novembre 1918, les forces marines des Alliés, surtout celles de la marine britannique, avaient imposé le blocus sur les Puissances Centrales. C'est le blocus, hors de vue, qui avait affamé la population, soldat et civil, des Puissances Centrales et qui, en combinaison avec la résistance des forces terrestres, avait usé les réserves de force et de matériel de leurs adhérents. C'est en Allemagne en 1918 que la faim a provoqué les éléments civils à chercher l'Armistice, leurs moyens de vivre ayant été dirigés vers l'armée. Plus tard, les propagandistes Nazis ont ainsi pu déclarer que l'armée ne s'était pas rendue: que la défaite était la faute des civils.

Le bilan catastrophique d'une Europe et d'un monde bouleversés


Pertes humaines et matérielles : 8 millions de morts, 6 millions d'invalides. La France a été le pays le plus touché, proportionnellement : 1,4 million de tués et de disparus, soit 10% de la population active masculine. Cette saignée s'accompagne d'un déficit des naissances. La stagnation démographique française se prolonge, avec un vieillissement de la population qui ne cesse de croître qu'avec le recours à l'immigration. Cette dernière participe à la reconstruction d'un pays dont le nord est en ruines : maisons, ponts, routes, usines…

Perte de prestige des Européens dans les colonies et dans le monde : la guerre a été mondiale, elle s'est étendue en Afrique où les franco-britanniques se sont emparés des colonies allemandes, en Extrême-Orient où les Japonais ont fait de même dans les îles Mariannes et en Nouvelle-Guinée. Les colonies ont fourni des vivres, des matières premières, « tirailleurs sénégalais » et « zouaves marocains », souvent engagés dans les combats de première ligne, comme en témoignent les cimetières militaires de l'Ourcq. Au lendemain de la guerre, les peuples colonisés ne croient plus à ce qu'on leur inculquait – la supériorité naturelle de la métropole – et réclament une amélioration de leur sort. À ce premier déclin de l'influence européenne dans les colonies s'ajoute l'expansion des États-Unis, les plus grands bénéficiaires de la guerre, et du Japon, dont les capitaux se placent désormais à Londres et à Paris. Bouleversements sociaux : les clivages sociaux s'accentuent avec l'enrichissement des « marchands de canons » et l'appauvrissement des petits rentiers, des retraités et des salariés touchés par l'inflation. Les femmes ont acquis une place nouvelle dans la société, en s'étant rendues indispensables pendant toute la guerre, dans les champs, dans les usines, dans les bureaux, dans les écoles (pour compenser la perte de très nombreux instituteurs)… Le féminisme progresse, la mode évolue (la « garçonne » en cheveux courts), le droit de vote est accordé au Royaume-Uni, en Allemagne, aux États-Unis, en Russie, mais pas en France.

L'apparente victoire de la démocratie… Quatre empires autoritaires se sont écroulés, ce qui transforme profondément la carte de l'Europe, redessinée par les traités de paix de 1919 : l'empire du tsar - devenu la Russie communiste -, l'empire ottoman réduit à l'actuelle Turquie, l'empire austro-hongrois démantelé - avec la naissance d'une minuscule Autriche et d'une Hongrie, d'une Tchécoslovaquie, d'une Yougoslavie indépendantes -, enfin le Reich allemand, que le traité de Versailles diminue sur le plan territorial, coupe en deux par le « couloir de Dantzig », démilitarise, confisque les colonies, surveille, condamne à de lourdes réparations et rend seul responsable du conflit. L'Allemagne, rendue responsable de la guerre par ce traité, est contrainte de verser des réparations, dont le montant n'est fixé qu'en 1921 et qui s'élève à 132 milliards de marks-or, à verser en trente annuités.

Tous ces États adoptent des régimes parlementaires, mais la démocratie ne résiste pas à l'installation rapide de régimes autoritaires dans toute l'Europe centrale et orientale (à l'exception de la Tchécoslovaquie), ainsi qu'en Russie communiste. En Allemagne, elle est contestée à la fois par l'extrême gauche communiste et par l'extrême droite, dont le parti national-socialiste de l'ancien combattant Adolf Hitler, qui tente de prendre le pouvoir en Bavière par un putsch, en 1923. En prison, il rédige Mein Kampf, dans lequel il promet le rejet du traité de Versailles, la naissance d'un nouveau Reich pourvu d'un « espace vital » à l'est et débarrassé des « races inférieures », à commencer par les Juifs, les Slaves, les Tziganes, les homosexuels et les handicapés.

Finalement, la pire des conséquences de la Première Guerre mondiale fut tout simplement la Seconde Guerre mondiale.

Batailles importantes


Personnages clés


Nouvelles armes et nouvelles tactiques


Cette guerre a été l'occasion pour l'industrie de l'armement de lancer de nouveaux matériaux qui aident à la maturation des techniques et des méthodes. Pour une liste exhaustive des armes utilisées voir Liste des armes de la Première Guerre mondiale

Aviation

  • Reconnaissance aérienne.
  • Bombardements et mitraillages de position.
  • Combats aériens.

Blindé automobile

  • Attaque de position avec blindés, couvrant les fantassins.
  • Construction des premiers chars d'assaut (Renault, Schneider)

Armes chimiques

  • Obus et bombes contenant des gaz toxiques.
  • Des gaz très volatils sont lâchés, le chlore, le phosgène, l'ypérite (ou "gaz moutarde"), …
Certains étaient quasi indétectables et n'agissaient que 3 jours après inhalation… Il était ainsi impossible de savoir si l'on était contaminé ou pas…

Le front intérieur


  • Les hommes étant mobilisés au front, les femmes les ont remplacés aux champs, dans les usines, les écoles. Cela a joué un rôle dans l'émancipation féminine, les femmes obtiennent d'ailleurs le droit de vote à la fin de la guerre, dans de nombreux pays d'Europe (pas en France…)
  • Les emprunts de guerre : en France, des campagnes de collecte d'or sont menées auprès des civils, pour financer la guerre. Mais la principale source de financement est située aux États-Unis, soit en numéraire, soit par l'achat à crédit de matériel. Les nations d'Europe s'endettent considérablement.
  • En France, tout les partis politiques s'allient dans L'Union Sacrée, pour faire face à la guerre.
  • Les industries et les chercheurs sont mobilisés (voir nouvelles armes).
  • Pour soutenir le moral des combattants, des « marraines » écrivent aux célibataires.

Conséquences humaines


{|table cellpadding=0 cellspacing=0 Pays           Victimes     Morts     Blessés Russie 7 650 000     1 700 000 5 950 000 Allemagne 6 253 758 2 037 700 4 216 058 France 5 513 800 1 357 800 4 266 000 Autriche-Hongrie 4 820 000 1 200 000 3 620 000 Empire britannique* 2 998 671 908 371 2 090 300 Italie 1 597 000 650 000 947 000 Serbie 1 178 148 450 000 728 148 Empire ottoman 725 000 325 000 400 000 Roumanie 455 706 335 706 120 000 États-Unis 360 300 126 000 234 300 Bulgarie 239 890 87 500 152 390 Canada* 239 605 66 655 172 950 Australie* 218 501 59 330 159 171 Serbie-et-Monténégro 60 000 50 000 10 000 Belgique 58 402 13 716 44 686 Grèce 26 000 5 000 21 000 Portugal 20 973 7 222 13 751 Terre-Neuve** 3 565 1 251 2 314 Japon 1 207 300 907 Totaux 31 266 438 9 381 551 23 148 975
*L’Empire britannique inclut le Canada, l’Australie, et l’Inde.
**Terre-Neuve ne faisait pas partie du Canada à cette époque.

Voir aussi


Liens internes

Liens externes

Bibliographie

Ouvrages tous publics

Historiographie
  • Audoin-Rouzeau (Stéphane), Becker (Jean-Jacques), dirs.:Encyclopédie de la Grande Guerre 1914-1918, Paris, Bayard, 2004, ISBN: 2.227.13945.5.
  • Audoin-Rouzeau (Stéphane), Becker (Annette) : 14-18, retrouver la Guerre, Folio histoire, Gallimard, 2000, ISBN: 2-07-030163-X

Voir aussi : Entre-deux-guerres

Films

Première Guerre mondiale

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