Le mot pornographie a désigné au et les études qui concernent la prostitution (du grec ancien πορνογράφος / pornográphosTerme attesté chez Athénée (XIII, 21). Aucun mot grec ancien ne désigne l'activité même d'écrire sur la prostitution ou ce genre d'écrits., de / pórnê, prostituée, et / gráphô, décrire).
Aujourd'hui Définition du Petit Larousse 2006, il désigne la « représentation complaisante de sujets, de détails obscènes, dans une œuvre artistique, littéraire ou cinématographique ». Cette représentation est donc destinée à être communiquée au public.
L'usage de ce terme est connoté négativement par son assimilation aux sex-shops et à la production de films pornographiques, décriés par leurs opposants comme une industrie du sexe ciblant la question de la représentation sexuelle sur l'intérêt mercantile. Ils rapprochent la pornographie de la prostitution s'appuyant sur l'intention de provoquer l'excitation sexuelle de certaines productions et insistent pour distinguer clairement représentation de la sexualité (et de la nudité) et pornographie.
La littérature libertine du est l'un des premiers viviers de la pornographie moderne en Occident. Certaines œuvres du Marquis de Sade ont largement franchi les limites autorisées de l'érotisme, ce qui a valu la prison à son auteur. Henry Miller, Anaïs Nin, Pierre Louÿs, parmi tant d'autres, ont donné leurs lettres de noblesse à la littérature traitant de "la chose". Avec le cinéma sont apparus les premiers films pornographiques en noir et blanc, semblables aux livres qui circulaient "sous le manteau", puis les sex-shops. Ce n'est que dans les années 1970 que les premiers films pornographiques font leur apparition publique et sont autorisés dans les salles de cinéma françaises, avec interdiction aux mineurs. Quelques années plus tard, sous la pression des politiques, une loi rend la production plus difficile avec le classement "X", le marché se spécialise mais se paupérise rapidement. On assiste à la disparition quasi-totale des salles pornographiques dans les années 1990 suite à l'apparition de la cassette vidéo quelques années plutôt. Le développement d'Internet permettra aux contenus pornographiques de se diffuser plus encore.
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« L’industrie de la pornographie contemporaine a pris son essor au début des années cinquante, avec la création de Playboy ( 1953 ) » ( Richard Poulin ).
Les études sur ce sujet restent assez rares aujourd'hui. En 2002, on estime que le chiffre d'affaires de l'industrie pornographique s'élevait à 50 milliards d'euros.
Les trois premiers sont des revues américaines aujourd'hui "historiques" et peuvent être qualifiés aujourd'hui d'érotiques (à l'exception d'Hustler). Le mensuel français Union traite de sexualité, avec des photos dans une optique de voyeurisme. Swing est la revue "historique" des pratiquants de l'échangisme.
Certains réseaux de particulier à particulier (P2P) sont accusés de favoriser la diffusion de contenu pornographique impliquant des mineurs. Une enquête du General Accounting Office a montré le lien entre réseaux d'échange de fichiers et la pornographie juvénile. Le vice-président directeur de Sharman Networks, propriétaire de Kazaa, Alan Morris, a nié cette accusation devant un comité sénatorial américain (septembre 2003).
De difficiles problèmes se posent à propos de la diffusion de pornographie sur Internet :
Les détracteurs de ces études leur opposent qu'ils omettent le fait que beaucoup de sites Internet pornographiques sont petits, ou n'arrivent pas à dégager de bénéfices, dans une concurrence trop pléthorique. Cette tendance est renforcée par l'échange gratuit de fichiers sur Internet comme pour les autres médias numériques.
Vendeurs de presse et loueurs de vidéo doivent masquer les magazines et DVD érotiques ou pornographiques, ainsi que vérifier l'âge de leur clientèle. Les films pornographiques télévisés ne sont disponibles que sur des chaînes payantes. Les décodeurs sont munis d'un système de verrouillage, nécessitant un code pour l'accès à ces programmes. Les fournisseurs d'accès internet proposent des logiciels de contrôle parental, permettant d'interdire l'accès aux sites contenant certains mots-clés.
La pornographie s'est vulgarisé depuis le début du . Actuellement, elle n'est pas uniquement destinée à certaines catégories de personnes et touche également des personnes en couple ou ayant une vie de famille, mais également les jeunes et les femmes. Certaine personnes et certains mouvements féministes luttent contre le développement de ce type de « stimulation sexuelle » et contre certaines tendances extrêmes et violente de la pornographie, notamment parce que ces outils sont développés principalement par et pour les hommes, selon l'argument de « l'image de la femme dégradée ».
Depuis quelques années, des femmes comme Maria Betty ou Ovidie sont passées à la réalisation, amenant d'autres valeurs, bien que le genre n'ait jamais été totalement homogène. L'ex-star porno Annie Sprinkle, américaine et féministe revendiquée, continue à militer pour la libération de la femme en animant des ateliers pour aider les femmes à réconcilier en elles « The slut and the godess » (« la salope et la déesse ») autrement dit le sexuel et le sacré. D'autres comme Catherine Breillat s'approchent des limites entre la pornographie et le cinéma d'auteur (notamment en engageant des acteurs pornographiques comme Rocco Siffredi). On assiste donc à une tendance au décloisonnement des genres, avec dans l'autre sens le passage de réalisateurs pornographiques comme HPG (présent à Cannes en 2006) vers le film plus traditionnel.
Le professeur de sociologie à l'Université d'Ottawa, Richard Poulin, a dans son livre La Mondialisation des industries du sexe pris l'exemple d'un tournage pornographique extrême :
Selon lui,
Ovidie, qui se qualifiait auparavant de , admet que . Elle dit Entretien d'Ovidie avec Marzano, 2003. Comme d'autres femmes notamment l'américaine Annie Sprinkle, Ovidie a abandonné le statut d'actrice pour passer à la réalisation. Elles ne sont pas contre la pornographie mais elles défendent dans leurs films d'autres conceptions et d'autres valeurs, plus féministes.
Quelques livres récents ont abordé l'escalade de la violence dans la pornographie ; par exemple Laurent Guyenot parle d’un , qui se traduirait par une dévaluation des valeurs habituellement conférées à tout être humain, dévaluation qui toucherait essentiellement les actrices et à travers elle, les femmes. À ce sujet Richard Poulin déclare que
D'après la secrétaire générale de l'Organisation contre l'exploitation sexuelle des enfants, Katrin Hartmann, il existe dans les états de l'ex-Union soviétique des organisations maffieuses qui font commerce de l'exploitation pornographique des enfants.
« La pédopornographie est presque toujours l'enregistrement d'un crime en train d'être commis. Les enfants que l'on voit sur ces photos ont été, au moment où elles ont été prises, exposés à des actes dégradants et humiliants de caractère criminel. Sur certaines de ces images, ils sont battus ou brûlés ou sont exposés aux pires actes de dépravation sexuelle. Ils font l'objet d'une manipulation psychologiquement éprouvante pour les amener à poser de façon obscène avec d'autres personnes, y compris d'autres enfants. Aucune image pornographique d'un enfant n'a été produite sans que l'enfant souffre » (selon un document du deuxième Congrès mondial contre l'exploitation des enfants à des fins commerciales, à Yokohama).
Par exemple, d’après une enquête de Bergen et de Bogle faite en 2000, trente-deux femmes violées sur cent qui ont été enregistrées par la police ont déclaré avoir été contraintes par leurs violeurs à prendre des positions inspirées de films pornographiques. Selon une étude de Cramer, McFarlane, Parker, Soeken, Silva et Reel, 40,9 % des femmes rapportent une consommation pornographique de leur agresseur : ces femmes ont été contraintes à visionner des scènes ou à poser pour des scènes à caractère pornographique. D'après une étude du Centre-Femmes de Beauce à caractère non scientifique, intitulé La pornographie n'est pas sans conséquences, 13 % des femmes disent avoir subi des pressions de leur conjoint en rapport avec la pornographie. 77 % des pédophiles ayant agressé des petits garçons et 87 % de ceux qui ont agressé des petites filles ont avoué l'action déterminante de la littérature pornographique dans leurs pensées et leurs comportements.
On constate aussi que d'autres études concluent de manière radicalement opposéeMilton Diamond et Ayako Uchiyama dans Pornography, Rape and Sex Crimes in Japan. Pour eux, la pornographie servirait au contraire d'exutoire dans lequel tous les fantasmes et toutes les pulsions seraient libérés, ce qui permettrait que ceux-ci ressurgissent de manière moins fréquente dans la vie réelle.
Les partisans de cette théorie estiment que la dépendance à la pornographie entraîne un « conditionnement pornographique » et une dépendance envahissant sur tout les domaines de la vie, ils parlent de dépendance sexuelle. Certaines études psychiatriques auraient démontré que chez des personnes dépendantes que la consommation de films ou d'images à caractère pornographique provoquait une forte sexualisation de leurs rapports humains.
Les détracteurs de la pornographie dénoncent une banalisation de la pornographie dans la société actuelle. Ils considèrent que cette banalisation est caractéristique de la passivité des consommateurs qui l'acceptent sans aucune conscience morale ; ils avancent parfois cette citation de Dostoïevski : (Crime et châtiment).
Cependant d'autres personnes considèrent la pornographie comme un travail à part entière avec ses objectifs et ses inconvénients. Beaucoup d'acteurs et actrices de films pornographique considèrent que c'est un métier, que la rémunération compense la pénibilité du travail.
Les défenseurs de la pornographie, composés des professionnels en la matière comme de consommateurs, avancent le fait que la pornographie véhicule une liberté sexuelle combattant une pruderie malsaine imposée par les religions et trop longtemps admise par la population. Selon eux, cette pudeur contre nature conduit à la frustration qui engendre logiquement les crimes à caractères sexuels chez les personnes déjà violentes.
D'un autre côté, ils admettent que la pornographie est naturellement composée de mauvais éléments comme de bons, mais soulignent le fait que sa principale vocation est récréative, autant dans sa consommation que dans sa réalisation, et est par conséquent généralement dénuée de toute violence avilissante et non consentante. La plupart des consommateurs recherche le caractère insouciant de cette activité, et rejette donc naturellement toute forme de censure.
Certaines personnes, qui apprécient la sexualité dans sa beauté originelle, réclament surtout la transformation de l'univers mercantile actuel pour pouvoir enfin voir des films présentant de vraies qualités artistiques et donnant MetArt.
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