Le Pont du Gard est un pont romain à trois niveaux situé dans le sud de la France, près de Remoulins, Nîmes et Uzès, dans le département du Gard. Il enjambe le Gardon et assure la continuité de l'aqueduc romain du même nom et qui conduisait l’eau d’Uzès à Nîmes.
Construit sur trois étages avec les pierres extraites sur les lieux mêmes dans les carrières romaines environnantes, le pont domine le Gard de près de 49 m de haut et est long de 275 m. Il est le plus haut pont-aqueduc connu du monde romain, et devait même être plus long à l'origine, puisque l'extrémité côté rive gauche a été tronquée de plus de 100 m.
À cet endroit, le Pont enjambe le Gard et non le Gardon. Le, ou plutôt les Gardons sont, selon les hydrologues, réunis en la rivière Gard à proximité du village de Cassagnoles. Il s'agit des Gardons d'Anduze et d'Alès. En aval de ce confluent, la rivière doit normalement porter le nom de Gard. C'est une discussion antique qui perpétue la confusion. Les habitants d'Anduze et ceux d'Alès se disputant la propriété de l'original, il s'en suit une indétermination locale évitant ainsi la frustration des riverains qui perdure encore aujourd'hui.
L'ouverture des arches des deux premiers niveaux est identique puisque les piles des arches du 2ème étage sont posées dans l'axe des piles du premier pour lui donner plus d'assise. Leur ouverture est variable et passe de 24,52 m pour celles qui enjambent la rivière, à 19,50 m pour celles qui les suivent, les plus étroites ne mesureront plus que 15,50 m. En revanche, l'ouverture des arches de l'étage supérieur ont une ouverture constante de 4,80 m.
Les deux premiers niveaux sont entièrement composés en grand appareil ainsi que les piles du troisième jusqu'au départ des arceaux. Ces blocs de plus de cinquante centimètres d'épaisseur, dépassent parfois les deux mètres de long, ce qui leur confère un poids d'environ six tonnes. En observant avec soin la face interne des piliers, on découvre aisément le travail des bâtisseurs romains : techniques de taille des blocs (traces de coup d'escoude) et techniques de construction (blocs posés en carreau et boutisse et blocs saillants pour la mise en place des échafaudages). En s'approchant, on ne peut qu’être émerveillé de la précision d'assemblage à sec des blocs : chaque bloc était assemblé aux autres par le ciselage des joints sur place.
La pierre de Vers utilisée à la construction du pont venait des carrières avoisinantes : il s'agit d'un calcaire coquillier d'une texture assez grossière et se prêtant très bien à la taille. De nombreuses traces et gravures parsèment la surface du pont. Ce sont surtout des chiffres et des lettres représentant les numéros et les emplacements des pierres qui étaient taillées, peut-être aux carrières même (car il n'y a pas beaucoup de place autour du Gardon), avant d'être hissées à leur place. On peut lire notamment sur les piles et sous la voûte, des repères du genre : I, II, III, IV, etc. ou bien FRSIII, FRDIV, signifiant " fronte sinistra, fronte dextra ". On trouve aussi inscrit ces trois mots superposés et à la signification mystérieuse : MENS TOTUM CORIUM. Cela semble signifier que l'ensemble de l'ouvrage a été mesuré. A deux mètres du sommet de la quatrième pile du deuxième étage, à partir de la rive droite, bien visible en s'appuyant contre le parapet de la route, on aperçoit un petit bas relief représentant un phallus. Il s'agit d'une sculpture assez courante sur les monuments romains ; il y en a également plusieurs aux arènes de Nîmes, préservant contre le mauvais œil. Cette sculpture est plus connue ici sous le nom de "lièvre du Pont du Gard" depuis que Frédéric Mistral a bâti autour de lui une légende. Les autres inscriptions et dessins sont dus aux bâtisseurs compagnons du Devoir, ou compagnons du Tour de France, qui ont restauré le Pont du Gard au siècle dernier. Enfin, on trouve, évidemment, des graffiti contemporains.
Les piles inférieures sont posées directement sur le rocher qui est à sec en période d'étiage afin d'éviter tout travail d'érosion. Il se peut que le fond de la rivière ait même été creusé afin que l'eau n'atteigne pas la base des piles. Mais les romains avaient entendu parler des crues spectaculaires du Gardon, aussi ont-ils pourvu les piles du bas d'avant-becs triangulaires d'une dizaine de mètres de haut pour fendre le courant. Cette hauteur, bien que remarquable, fut insuffisante lors des crues gigantesques de 1958 qui provoquèrent la mort de 35 personnes. Le niveau des eaux atteignit, ce jour-là, la base des piles du deuxième étage mais le vieux monument resta debout, inébranlable, alors que de nombreux autres ponts, dont celui de Remoulins, furent emportés par cette "gardonnade" historique. Le pont du Gard présente, vers l'amont, une légère convexité afin, peut-être, de mieux résister à la poussée du courant.
L'aqueduc proprement dit est construit en petits moellons. La canalisation a 1,20 m de large et 1,85 m de haut avec des pieds-droits de 0,85 m d'épaisseur. Elle est couverte par des dalles débordantes de 0,35 m d'épaisseur pour 1 m de large et 3,65 m de long. Un détail important est à noter ici. La hauteur interne était à l'origine de 1,30 m environ, mais lors de la mise en eau, celle-ci monta trop haut, voire déborda de la canalisation, au moins à certaines périodes de l'année. Cet imprévu les obligea à surélever les pieds-droits en petits moellons d'une épaisseur en gros appareil de 60 cm bien visible à l'intérieur. De l'extérieur, on voit aussi très bien la surélévation car elle a créé un deuxième rebord.
La source n'était située que 12m au-dessus du niveau des reservoirs de la ville. Les Romains ont donc dû faire preuve d'une grande précision pour permettre à l'eau de s'écouler par gravité jusqu'à Nîmes. L'aqueduc complet a une pente de 34 cm au kilomètre, soit 1/3 000, ce qui est un exploit technologique remarquable. Il a un trajet sinueux pour pouvoir profiter au maximum des reliefs (à vol d'oiseau, Uzès n'est qu'à 20 km de Nîmes). Le pont lui-même a été construit afin que l'eau puisse traverser la petite vallée du Gardon, apportant 20 000 mètres cubes d'eau par jour à Nîmes. L'eau courante mettait une journée entière pour parvenir par gravité de son point de captage situé à la Fontaine de l'Eure, proche d'Uzès, jusqu'à l'ouvrage de répartition encore visible rue de la Lampèze à Nîmes et appelé Castellum. Nemausus comprenait un certain nombre de puits, ainsi qu'une source proche : la construction de l'aqueduc ne relevait donc pas d'une nécessité vitale mais d'un ouvrage de prestige, destiné à l'alimentation des thermes, bains et autres fontaines de la ville.
Le maître d'œuvre, inconnu, devait être un remarquable ingénieur. Le pont du Gard présente en effet une particularité unique dans l'antiquité : chacune de ses grandes voûtes est en fait constituée de trois voûtes indépendantes accolées, ce qui donne à l'ensemble la capacité de s'adapter aux légers mouvements et tassements inévitables dans le temps. Avec l'excellence des fondations et de la construction, c'est probablement ce qui a permis au pont de Gard de résister aux siècles.
La conduite d'eau, située au troisième niveau, a un plancher fait de mortier et de cailloux et des parois en moellons. L'étanchéité est assurée par un autre mortier de couleur rougeâtre (mortier d'étanchéité au tuileau). Sa taille permettait à un homme d'en assurer aisément l'entretien.
Cette méthode de construction est comparable à celle qui fut utilisée des siècles plus tard pour les cathédrales, et on peut aujourd'hui encore voir des marques indiquant la position des pierres à placer, par exemple, « FRS II » (frons sinistra II, c'est-à-dire « face gauche 2 »)
Il est peu probable que l’aqueduc de Nîmes ait pu fonctionner normalement plus de quelques siècles. Il n'aurait pas alimenté la ville de Nîmes au-delà du Ve siècle. Les dernières études ont permis de retracer l'histoire de cet édifice formidable : Construction au milieu du premier siècle de notre ére. Réglage du fonctionnement durant la deuxième moitié du siècle avec un surrélèvement de la hauteur de la canalisation de 60 cm sur une longueur de 6 km, 50 ans après la construction. Puis une période de fonctionnement normal qui s'est achevée au troisième siècle. Enfin, une dernière période où l'aqueduc a fonctionné occasionnellement et avec un débit d'eau fort limité avant d'être définitivement abandonné à la fin du cinquième siècle ou au début du sixième.
En effet, à cette époque-là, plusieurs phénomènes coïncident, signant l'arrêt de mort de l'aqueduc D'abord, l'empire romain disparaît et, avec lui, sa civilisation. Puis les hordes barbares venues de l'est ravagent le pays. Au Ve Siècle, Nîmes est aux mains des Wisigoths (alors qu'Uzès sera tenu par les Francs qui sèmeront la terreur). Sa population se réduira alors à quelques milliers d'habitants. L'eau fournie par l'aqueduc ne sera plus nécessaire, celle de la Fontaine suffira largement. On peut rappeler ici que Nîmes se contentera, pendant de nombreux siècles, de sa source, de ses puits et de ses citernes puisque c'est seulement à la fin du XIXe siècle que la ville recevra une nouvelle adduction d'eau provenant du Rhône.
Si les envahisseurs de cette époque ont semé la panique dans les villes et les campagnes, il ne semble pas qu'ils aient pour autant détruit l'aqueduc. Par contre, celui-ci a subi d'autres déprédations : en premier lieu, le dépôt calcaire qui est épais par endroits de 50 centimètres de chaque côté, a réduit sensiblement le volume d'écoulement. En effet, les eaux de la Fontaine d'Eure, bien que d'une grande pureté, traversent les terrains calcaires de la garrigue, calcaire qui se déposera sur les parois et le fond de la canalisation.
De même, la nature a sérieusement dégradé l'aqueduc et l'on voit, sur certains tronçons, notamment entre Vers et le Pont du Gard, des pans entiers qui se sont écroulés. Ce ne sont pas des cataclysmes, même si le grand tremblement de terre de l'an 145 a pu avoir des conséquences lourdes sur le fonctionnement de l'aqueduc, mais ce sont plutôt les mouvements de terrain, la végétation, les racines des arbres, l'érosion, l'humidité qui ont progressivement, avec le temps, endommagé de façon irréversible l'ouvrage d'art.
Enfin, c'est aussi l'homme qui l'a détérioré. A ses débuts, alors qu'il fonctionnait normalement, l'Aqueduc était très surveillé et constamment entretenu. Il existait une sorte de No man's land de part et d'autre de l'aqueduc où personne ne pouvait accéder. De lourdes amendes sanctionnaient les éventuels contrevenants (100,000 sesterces pour toute déprédation ou détournement des eaux , nous dit Frontin).
Par contre, on peut penser qu'au moment de la décadence de l'empire (dès le troisième siècle, on assiste à un abandon progressif de l'usage des bâtiments publics. Par exemple, c'est en 365 qu'eurent lieu les derniers travaux sur la Via Domitia), l'aqueduc n'était plus ni entretenu, ni surveillé. Les particuliers ont alors détourné l'eau par des ponctions entraînant d'énormes concrétions dont certaines dépassent 200 m3 et ceci dès le troisième siècle.
Plus tard, lorsque la population de Nîmes se réduira à quelques milliers d'individus, l'aqueduc ne fonctionnera plus, rendu inutile et en mauvais état. Ce seront alors des morceaux entiers de l'édifice qui seront récupérés. Entre 1150 et 1200, une destruction systématique de l'aqueduc sera l'oeuvre des religieux et des moines batisseurs, pour la construction de monastères et autres édifices religieux.
Par ailleurs, il a toujours été utilisé comme voie de passage. Ce chapitre de l'histoire du Pont du Gard a été longuement traité par Emile Espérandieu, auteur du premier ouvrage de synthèse sur l'aqueduc de Nîmes, il y a bientôt 100 ans. A l'origine, le Pont du Gard a été bâti uniquement pour supporter l'aqueduc amenant l'eau d'Uzès à Nîmes. Cependant, on peut penser que dès le début, des voyageurs l'empruntèrent pour franchir le Gardon. On sait aussi que, par ailleurs, des bacs permettaient également de traverser la rivière à cet endroit là.
En 1295, un droit de péage, cédé au Seigneur d'Uzès par Philippe IV Le Bel sanctionnait ceux qui l'utilisaient.
Or, un dessin de Jean Poldo d'Albenas, en 1557, montre que les piles du second rang d'arches ont été largement échancrées afin de permettre le passage des attelages. Ce passage existait peut-être déjà en 1295 car les droits de péages taxaient davantage le transport des marchandises que les simples voyageurs.
Mais au XVIIe siècle, considérant à juste titre que la réduction de la section des piles constituait une menace d'effondrement de l'édifice, les États du Languedoc décidèrent de colmater les piles et de faire dans leur axe des encorbellements pour permettre la traversée du pont. Cependant, ces encorbellements étaient trop étroits pour le passage des chariots.
Un demi siècle plus tard, devant la nécessité de plus en plus pressante d'une véritable voie de circulation, les États Généraux décident de construire une route accolée au pont à hauteur du second rang. Les travaux dirigés par l'ingénieur Pitot furent menés de 1743 à 1747.
Malheureusement, encore aucun travail de restauration ne fut entrepris et le bel édifice était dans un état déplorable. Des morceaux entiers de l'aqueduc avaient disparu, surtout au niveau du troisième étage, il était percé de trous et de fissures, l'eau qui ruisselait désagrégeait les blocs de calcaire, le chef d’œuvre devenait une ruine.
En 1834, Prosper Mérimée qui allait être nommé directeur général des monuments historiques visita le Pont du Gard et l'idée lui fut soumise d'une restauration générale du monument. Mais celle-ci entraînait des travaux considérables et d'un coût conséquent. Aussi, il put seulement procéder à de petites réparations de colmatage, entre 1843 et 1845, sous la direction de Charles Questel à qui on doit cependant l'escalier en colimaçon de la rive gauche permettant d'accéder au troisième étage. Egalement, une exploration de l'ensemble de l'aqueduc démarra en 1846, sous la direction de l'ingénieur hydraulique Léon Dombre.
Néanmoins, l'idée de départ fit doucement son chemin et l'empereur Napoléon III, passant par-là en 1852, tomba, lui aussi, sous le charme du vieil édifice et se laissa convaincre de la nécessité d'une restauration totale de ce témoin unique de la grandeur d'un empire défunt.
De nouveaux travaux furent menés de 1855 à 1857 par Jean-Charles Laisné qui dut faire preuve d'une énergie équivalente à celle des bâtisseurs du monument tant celui-ci était en mauvais état. Les infiltrations étaient telles que les eaux pluviales avaient rongé les pierres au point que certains voussoirs avaient diminué d'un tiers du volume. On s'aperçut que le monument qui, de prime abord, présentait déjà une façade pitoyable, menaçait, en fait, de s'écrouler. Espérandieu raconte cette anecdote "A la reprise de la neuvième arcade, lorsqu'on mit à découvert les anciens voussoirs cachés par le plâtrage du début du XVIIIe siècle, un tel spectacle s'offrit aux ouvriers qu'ils s'enfuirent épouvantés. Deux voussoirs de la bande du milieu faisaient défaut ; les deux parties de cette bande n'étaient plus reliées que par deux étrésillons dont la destruction prochaine n'eut pas manqué d'entraîner celle de la voûte".
Les voûtes, leur couverture, les piles, tout fut repris, consolidé ou remplacé. Pour finir, il fut décidé de séparer totalement la nouvelle route du Pont du Gard auquel elle avait été directement accolée par Pitot, afin que l'eau ruisselant sur la route ne s'écoule pas sur le pont.
L'ensemble des travaux avait nécessité la mise en place de 2500 m3 de pierres dont plus de la moitié à une hauteur supérieure à 20 mètres, et avait finalement coûté environ 200.000 Francs or.
Depuis, le Pont du Gard fait l'objet d'une surveillance constante et, récemment encore, quelques travaux délicats ont été faits afin de renforcer deux piles dont les roches qui les supportent étaient attaquées par l'écoulement des eaux du Gardon.
Le pont du Gard fait partie du patrimoine mondial de l'humanité depuis 1985.
En 1998 et en 2002, le pont du Gard fut touché par de violentes inondations endommageant les environs, mais ne causant aucun dommage à la structure du bâtiment.
Le gouvernement français finança en 2000, avec l'aide de collectivités locales, de l'UNESCO et de l'Union européenne, un projet d'aménagement du site, le rendant accessible uniquement aux piétons autour de l'aqueduc et améliorant les infrastructures destinées aux touristes avec, entre autres, un musée. Le projet fut critiqué pour son coût (32 millions d'euros) et pour l'atteinte au paysage. Un autre inconvénient est qu'il est désormais impossible de marcher dans la conduite au sommet de l'aqueduc. Néanmoins, il s'agit toujours d'un des monuments français les plus visités, avec 1,4 million de touristes en 2001. Cet aménagement a été conçu par l'architecte Jean-Paul Viguier.
« Après un déjeuner d'excellentes figues, je pris un guide et j'allai voir le Pont du Gard. C'était le premier ouvrage des Romains que j'eusse vu. Je m'attendais à voir un monument digne des mains qui l'avaient construit. Pour le coup, l'objet passa mon attente et ce fut la seule fois de ma vie. Il n'appartenait qu'aux Romains de produire cet effet. L'art de ce simple et noble ouvrage me frappa d'autant plus qu'il est au milieu d'un désert où le silence et la solitude rendent l'objet plus frappant et l'admiration plus vive, car ce prétendu pont n'était qu'un aqueduc. On se demande quelle force a transporté ces pierres énormes si loin de toute carrière et a réuni les bras de tant de milliers d'hommes en un lieu où il n'en habite aucun. Je parcourus les trois étages de ce superbe édifice que le respect m'empêchait presque d'oser fouler sous mes pieds... Le retentissement de mes pas sous ces immenses voûtes me faisait croire entendre la voix de ceux qui les avaient bâties. Je me perdais comme un insecte dans cette immensité. Je sentais, tout en me faisant petit, je ne sais quoi qui m'élevait l’âme et je me disais : "Que ne suis-je Romain !"». Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions, I ère partie, Livre VI , 1782.
« Par bonheur pour le plaisir du voyageur né pour les arts, de quelque côté que sa vue s’étende, elle ne rencontre aucune trace d’habitation, aucune apparence de culture : le thym, la lavande sauvage, le genévrier, seules productions de ce désert, exhalent leurs parfums solitaires sous un ciel d’une sérénité éblouissante. L’âme est laissée tout entière à elle-même, et l’attention est ramenée forcément à cet ouvrage du peuple-roi qu’on a sous les yeux ». Stendhal, Mémoires d’un touriste, 1837.
« Tout à coup nous aperçûmes au-dessus du feuillage sombre des chênes verts et des oliviers, se détachant sur un ciel bleu, deux ou trois arches, à teinte chaude et jaunâtre : c’était la tête du géant romain. Nous continuâmes d’avancer, et au premier coude que fit la montagne, nous l’embrassâmes dans tout son ensemble, à cent pas à peu près de nous ». Alexandre Dumas, Midi de la France, 1837-1841.
« J’accordai toute mon attention à cette grandiose construction. On s’en approche de très près avant de la voir : le ravin qu’il enjambe s’ouvre brusquement et découvre le spectacle, qui devient alors d’une extrême beauté ». Henry James, Voyage en France, 1877.
« Le site sauvage, la solitude complète du lieu, le bruit du torrent ajoutaient une poésie sublime à l’architecture imposante qui s’offrait à mes yeux ». Mérimée, Notes d’un voyage dans le Midi de la France, 1835.
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