La place de la Concorde est située au pied de l'avenue des Champs-Élysées dans le 8 arrondissement à Paris, en France (). Il s'agit de la deuxième plus vaste place de France (après la place des Quinconces à Bordeaux).
Le Roi était propriétaire de l'essentiel de ces terrains, ce qui permettait de limiter les expropriations nécessaires. Avant même que la décision ait été officiellement prise, des négociations avaient été engagées avec les héritiers de John Law, propriétaires de terrains qui empiétaient sur l'emplacement nécessaire à la création, à cet endroit, d'une place royale, inscrite dans le vaste réseau de places royales qui vont, tant à Rennes, Rouen, Bordeaux, Dijon, que Montpellier théâtraliser la représentation équestre de Louis XV. Espace de parade pour la statue, ces places se développent selon un principe qui va rester, à Paris, très ouvert, parce qu'elle s'inscrit dans une zone encore vierge d'urbanisation. Valorisée par les façades dessinées par Gabriel, la place Louis XV devient un intermède architectural entre les frondaisons des Tuileries et l'échappée verte des Champs-Elysées.
En 1753, un concours est ouvert pour l'aménagement de l'esplanade, réservé aux membres de l'Académie royale d'architecture. Ange-Jacques Gabriel, directeur de l'Académie en sa qualité de Premier architecte du Roi, est chargé d'établir un projet empruntant les meilleures idées émises par les concurrents. Son projet est accepté en 1755. L'accord entre la Ville de Paris, les représentants du Roi et les héritiers de Law est signé en 1758. En échange des terrains qu'ils cèdent, les héritiers recevront le bâtiment situé au nord-ouest de la place ainsi que les terrains à construire de part et d'autre de la future rue Royale. Ils consentent à payer la construction des façades de tous les bâtiments dont ils auront la propriété et acceptent la servitude de galeries publiques sur la place.
Commencée par Edme Bouchardon et achevée par Jean-Baptiste Pigalle, la statue équestre de Louis XV est inaugurée le 20 juin 1763. Elle est placée face à l'est, à l'intersection de l'axe de la nouvelle rue Royale, qui relie la Madeleine à la Seine, et de l'axe du jardin des Tuileries et de l'avenue des Champs-Élysées. Le piédestal est orné de bas-reliefs de bronze et de cariatides évoquant les vertus du Roi. Comme celui-ci était devenu, à l'époque de l'inauguration de la statue, largement impopulaire, on la chansonna en ces termes :
La place est terminée en 1772. Une enceinte octogonale, pourvue d'une balustrade et de profonds fossés et cantonnée de guérites, est créée autour de la statue. Seul le côté nord de la place est bâti, ce qui dégage la vue sur la Seine. Une partie du programme n'est toutefois jamais réalisée : ainsi, Gabriel avait prévu de surmonter les guérites de groupes sculptés représentant des trophées, et de créer deux fontaines de part et d'autre de la statue ; en outre, les deux grands bâtiments au nord de la place devaient être encadrés, légèrement en retrait, par deux hôtels plus petits et identiques. La place est baptisée place Louis XV.
Dès le 12 juillet 1789, les bustes de Jacques Necker et de Philippe d'Orléans y sont exhibés et, le 13 juillet, la foule pille les armes du garde-meuble pour « aller à la Bastille ». Le 6 octobre, Louis XVI, Marie-Antoinette, et le dauphin (futur Louis XVII) font une entrée à Paris qui n'a plus rien de la splendeur de celles de la tradition et marque, par son allure débraillée, et improvisée, que c'est désormais le peuple qui gouverne. Plus piteux encore sera le retour de Varennes, le 25 juin 1791.
En 1792, la place Louis XV est rebaptisée place de la Révolution. La statue du roi Louis XV est détruite et remplacée par une colossale statue de la liberté en plâtre et en carton.
La place devient le grand théâtre sanguinaire de la Révolution avec l'installation de la guillotine. Elle y vient, mais provisoirement en octobre 1792, pour l'exécution des voleurs de bijoux de la Couronne au garde-meuble. Elle réapparait le 21 janvier 1793 pour l'exécution de Louis XVI ; elle est alors dressée à mi-distance du socle de la statue de Louis XV et de l'entrée des Champs-Élysées. C'est enfin le 11 mai 1793 qu'elle s'y fixe, pour y rester jusqu'au 9 juin 1794, et cette fois entre le centre de la place et l'entrée des Tuileries. Elle ne reviendra de la Place du Trône renversé (actuelle place de la Nation) que pour l'exécution de Maximilien de Robespierre et ses amis (11 thermidor an II - 27 juillet 1794). Sur les 2498 personnes guillotinées pendant la Révolution, 1119 le furent place de la Révolution.
Avec la fin de la Terreur, le gouvernement commence à appeler la place place de la Concorde en l'an IV (1795) et le nom devint officiel en 1830.
En 1831, le vice-roi d'Égypte, Mehemet Ali, offre à la France les deux obélisques qui marquaient l'entrée du palais de Ramsès II à Thèbes (Louxor). Le premier d'entre eux est transporté à Paris en 1833, et c'est Louis-Philippe I qui décide de l'ériger sur la place de la Concorde où « il ne rappellera aucun événement politique ». L'opération, véritable prouesse technique, est réalisée le 25 octobre 1836 sous la direction de l'ingénieur de la marine Apollinaire Lebas, en présence de plus de 200 000 personnes.
Entre 1836 et 1846, la place est transformée par l'architecte Jacques-Ignace Hittorff qui conserve le principe imaginé par Gabriel. Il ajoute deux fontaines monumentales de part et d'autre de l'obélisque et ceinture la place de lampadaires et de colonnes rostrales. La place se veut ainsi une célébration du génie naval de la France, en référence à la présence, dans l'un des deux hôtels édifiés par Gabriel, du ministère de la Marine. Les deux fontaines célèbrent la navigation fluviale (fontaine nord, avec des figures assises représentant le Rhin et le Rhône et les récoltes de raisons et de blé) et la navigation maritime (fontaine sud, avec la Méditerranée, l'Océan et la pêche). Les colonnes rostrales portent des proues de navire, qui évoquent également l'emblème de la Ville de Paris. Les statues allégoriques de huit villes françaises dessinent le contour de l'octogone imaginé par Gabriel.
En 1854, les fossés, qu'Hittorff avait conservés, sont comblés pour mieux adapter la place à la circulation.
Le 6 février 1934, la manifestation des ligues d'extrême-droite se concentre place de la Concorde. Les affrontements avec les forces de l'ordre font 20 morts et 2 300 blessés.
Le 1 décembre 1993, à l'occasion de la Journée mondiale du Sida, l'association Act Up revêt l'obélisque d'un préservatif géant de 30 mètres et rebaptise symboliquement la place : place des morts du Sida.
En l'an 2000, le grimpeur urbain français Alain Robert escalade l'obélisque à mains et pieds nus, sans avertir personne et sans aucun dispositif de sécurité.
La principale particularité de la place de la Concorde est qu'elle est limitée par du « vide » sur trois côtés (contrairement à la plupart des places qui sont entourées par des bâtiments sur tous les côtés) : les Champs-Élysées, le jardin des Tuileries, et la Seine.
Seules les façades ont été dessinées par Gabriel et érigées entre 1766 et 1775. Elles s'inspirent de la colonnade du Louvre édifiée par Claude Perrault par le principe d'une colonnade élevée sur un soubassement fortement marqué (ici par de vigoureux bossages), le grand entablement, les pavillons d'angle, et aussi par des éléments de décor comme les médaillons ovales ornés de guirlandes. Les frontons sont décorés d'allégories de l'agriculture, du commerce, de la magnificence et de la félicité publique par Michel-Ange Slodtz et Guillaume II Coustou.
Le bâtiment situé à l'est de la rue Royale a, dès l'origine, appartenu entièrement à la Couronne. Il fut d'abord affecté au Garde-Meuble, dont les galeries étaient ouvertes au public tous les premiers mardis de chaque mois de la Quasimodo à la Saint-Martin entre 9 heures et 13 heures. À partir de 1789, il accueillit le ministère de la Marine qui, sous la direction de l'amiral Decrès, développa considérablement ses bureaux jusqu'à occuper tout le bâtiment. L'hôtel – dit hôtel du Garde-Meuble ou, plus communément, hôtel de la Marine – a été bâti sur des plans de Gabriel sous la direction de Jacques-Germain Soufflot. Les décors intérieurs, d'une grande magnificence, sont l'œuvre de l'architecte Jacques Gondouin et constituent une étape importante dans l'évolution du goût au . Ils ont malheureusement été profondément dénaturés par les transformations effectuées sous le Second Empire, même si les grands salons d'apparat et la Galerie Dorée conservent encore quelques éléments d'origine.
Le bâtiment situé à l'ouest de la rue Royale devait originellement abriter le nouvel hôtel des Monnaies dont la construction était projetée depuis 1768. Mais cet emplacement fut en définitive jugé trop éloigné du quartier des affaires, et un arrêt du Conseil décida que le nouvel édifice s'éleverait à l'emplacement actuel sur le quai Conti. Le terrain situé derrière la colonnade occidentale fut alors divisé en quatre lots qui furent cédés à des particuliers, à charge pour eux d'élever des hôtels particuliers derrière la façade de Gabriel :
Conformément au dessein de Gabriel, des lettres patentes des 21 juin 1757 et 30 octobre 1758 (toujours en vigueur) prescrivirent que les bâtiments situés aux angles nord-est et nord-ouest de la place soient construits selon des principes similaires.
De nombreux égyptologues ayant fait valoir que le pyramidion (partie supérieure) des obélisques égyptiens était toujours revêtu de feuilles d'or, une restitution a été réalisée en mai 1998, grâce à un mécénat de Pierre Bergé et Yves Saint-Laurent.
L'obélisque se situe sur la ligne de l'axe historique de Paris qui va de l'Arc de Triomphe du Carrousel à l'Arche de la Défense en passant par le jardin des Tuileries et l'avenue des Champs-Élysées.
L'obélisque est aussi un cadran solaire grâce aux lignes tracés sur le sol.
À chacun des coins de la place octogonale se trouve une statue représentant une ville française :
La statue de Strasbourg fut longtemps voilée d'un crêpe noir et fleurie en rappel du deuil de l'Alsace-Lorraine, cédée par la France à l'empire allemand en 1871.
Les corps étaient au début transportés au cimetière de la Madeleine puis en 1794 au cimetière des Errancis.
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