On appelle pays baltes trois pays de l'est de la mer Baltique :
L'Estonie est généralement regroupée avec la Lettonie et la Lituanie dans un ensemble géopolitique appelé pays baltes mais dont l'appellation exacte devrait être pays baltiques (car les pays baltes, à proprement parler, sont uniquement la Lettonie et la Lituanie).
Le relief de cette région est relativement peu accidenté, ponctué de nombreux lacs et étangs, notamment au nord, et de collines en Lituanie.
Voir aussi : histoire de l'Estonie, histoire de la Lettonie, histoire de la Lituanie.
Dans les années 1190, la papauté apporte son soutien à l'accroissement d'une église missionnaire chez les Livoniens, c'est le début du processus de christianisation.
En 1230, l'évêque Albert de Riga, avec les Chevaliers porte-glaives, ordre militaire mineur, conquiert la Livonie.
De leur côté, les Danois ont entamé une série de conquête en Poméranie, en Prusse et en Estonie - où ils prennent Reval.
Les Chevaliers de Dobrzyn, un autre ordre mineur, tentent de convertir les Prussiens païens mais échouent. Ils sont bientôt remplacés par les Chevaliers Teutoniques venus à l'appel de Conrad de Mazovie dont le duché est menacé par ces Prussiens.
Les Chevaliers ne tardent pas à se constituer un État, leur maître est reconnu prince de l'Empire en 1226 par l'empereur Frédéric II et leurs terres fief papal en 1234 par le pape Grégoire X.
En territoire estonien le progrès des Teutoniques est stoppé par le prince Alexandre Nevsky de Novgorod le 5 avril 1242 à la bataille du lac Peïpous.
Du au , les pays baltes feront partie de la zone d'influence de la Hanse, avec notamment Riga qui en était le principal comptoir oriental. En 1260, suite à leur défaite à Durben les Prussiens se révoltent un temps.
À partir de 1252, Mindaugas crée un duché qui s'étendra au de la Baltique à la Mer Noire. En 1410, Lituaniens et Polonais parviennent à défaire les Chevaliers teutoniques à Tannenberg. L'union de Lublin de 1589 entraîne la fusion de la Lituanie avec la Pologne alors que l'Estonie et la Lettonie restent sous l'influence de la Ligue hanséatique
L'union avec une Pologne catholique militante sonne la fin de la tolérance religieuse. Si la noblesse lituanienne suit l'exemple de son prince et se convertit rapidement au catholicisme ce n'est pas le cas du petit peuple qui reste attaché à ses croyances. Face au prosélytisme catholique officiel les populations orthodoxes vont se tourner progressivement vers le voisin russe.
La Russie et la Pologne-Lituanie s'affrontent lors des siècles suivants pour le contrôle politique et religieux des peuples de l'ancienne Rus' de Kiev. Entre 1610 et 1612 des troupes polonaises occupent Moscou et une union slave catholique semble imminente. 1612 marque l'apogée de l'expansion polono-lituanienne à l'est. Le rétablissement russe sera suivi d'un mouvement inverse vers l'ouest, s'appuyant sur les populations des territoires orthodoxes de la Pologne-Lituanie.
Dès le 23 août 1939, l'URSS signe avec l'Allemagne le traité Ribbentrop-Molotov (ou traité de Brest-Litovsk) de non-agression réciproque qui délimite les pôles d'influences des deux puissances. Ce traité place les États baltes à l'intérieur de la sphère d'influence de l'URSS. Celle-ci débute donc la Seconde Guerre mondiale comme alliée de l'Allemagne et annexe une partie de la Pologne, la Finlande, puis les États Baltes. Les trois pays resteront annexés par l'Union Soviétique entre 1944 et 1990, et deviennent des républiques de l'Union. Cette annexion, même après guerre, n'est pas reconnue internationalement, et les trois pays sont considérés comme territoires occupés. L'URSS qui réclame une voix à l'assemblée genérale de l'ONU pour chacune de ses quinze républiques n'en obtient que douze. Mais la non reconnaissance n'a pas d'autre conséquence pendant la guerre froide.
La politique de glasnost de Mikhail Gorbatchev, introduite en 1986, a permis à des mouvements contestataires de prendre la parole et exprimer des critiques à l'égard du pouvoir central. Des groupes d'opposition baltes commencent alors à réclamer l'indépendance de ces pays en demandant des explications sur l'annexion dont ils ont fait l'objet en 1940 et en pointant ainsi l'absence de légitimité de la domination soviétique sur les pays baltes.
Le 23 août 1989, la voie balte réuni les habitants des trois nations pour l'indépendance. Cet acte, fortement relayé en Occident, fut la manifestation la plus visible du mouvement de fond réclamant l'indépendance de ces trois pays. Dès 1989, l'indépendance économique y est déclarée, entraînant en réaction un embargo économique drastique de Moscou sur la Lituanie, afin d'en faire un exemple, et de fortes pressions sur tous les pays pour exiger leur maintien dans l'Union Soviétique.
Mais Moscou rechigne à employer la force militaire et l'unique fait d'arme intervient en janvier 1991. Les bâtiments stratégiques des capitales, tels les sièges des télévisions, sont pris d'assaut par les troupes du ministère soviétique de l'Intérieur, alors que de nombreux civils sont massés autour pour les défendre. Les tirs qui s'ensuivent tuent quinze personnes et en blessent une centaine.
Peu après (février-mars 1991), des référendums officiels sont organisés, montrant la forte mobilisation des Baltes pour leur indépendance : 90% en Lituanie, 77% en Estonie et 73% en Lettonie. L'échec du putsch soviétique d'août 1991 - où la ligne dure des communistes ne parvient pas à prendre le pouvoir - permet aux pays baltes de déclarer leur indépendance politique, que de nombreux pays occidentaux s'empressent de reconnaître. Ayant perdu toute marge de manœuvre, Moscou se voit obligé de suivre le mouvement et reconnaît leur indépendance le 4 septembre 1991, trois mois avant que ne disparaisse l'Union Soviétique.
Aujourd'hui, les relations avec la Russie restent complexes, les trois pays possèdent d'importantes minorités russophones (12% en Lituanie, 26% en Lettonie et 46% en Estonie). Cette minorité, qui souffre quelquefois d'exclusion, redoute l'intégration à l'Union européenne qu'elle voit comme une rupture supplémentaire avec la patrie russe, après l'indépendance de 1990. L'enclave de Kaliningrad est également une source de différends entre la Lituanie et la Russie.
Les pays scandinaves ont établi des liens privilégiés avec les états baltes qui ont un statut d'observateurs aux réunions du Conseil nordique. Les trois états sont également membres du Conseil des États de la mer Baltique créé en 1992.
Depuis 1991, la volonté politique partagée de ces trois pays est de tourner le dos à la sphère d'influence russe pour ancrer définitivement les pays baltes au sein du monde européen. Ceci s'est traduit par le refus d'intégrer la Communauté des États indépendants (CEI), structure floue formée sur les cendres de l'URSS en décembre 1991, par la candidature à une adhésion à l'OTAN, qui se heurte à une forte opposition de la Russie, et par la candidature à une adhésion à l'Union européenne. Les trois pays baltes se sont prononcés positivement par référendum en 2003 sur leur adhésion à l'Union européenne, qui a eu lieu le 1 mai 2004.
Avant l'éclatement de l'URSS, le niveau de vie de ces pays était supérieur à celui de toutes les autres républiques socialistes soviétiques. La transition vers l'économie de marché a été difficile puisque entre 1989 et 1996 le PIB avait baissé de 28,3 % pour l'Estonie, 46,55 % pour la Lettonie et de 58,4 % pour la Lituanie. En 2004, le PIB par habitant de ces trois pays était inférieur à la moyenne des pays ayant adhéré à l'Union européenne cette même année, avec respectivement 91,3 %, 69,5 % et 80,4 % de cette moyenne en 2003. Ces pays ont été les premiers en Europe à adopter de nouveau un impôt à taux unique au milieu des années 1990.
Les échanges commerciaux vers l'Union européenne sont privilégiés depuis 2001. L'approvisionnement énergétique (pétrole et gaz naturel) est toujours dépendant de la Russie, du fait de l'existence d'un réseau de pipelines. Aujourd'hui, un tiers des échanges commerciaux se font avec les pays nordiques, Islande exceptée.
Pour l'avenir ces pays possèdent plusieurs atouts : un haut degré de formation, l'héritage urbain et la situation géographique ou encore la qualité des infrastructures. Au rang des handicaps on peut citer une pollution importante héritée de l'URSS.
Il existe néanmoins une unité culturelle balte, visible par exemple dans l'architecture hanséatique des grandes villes comme Tallinn, Riga, Vilnius ou Kaunas.
Des populations russophones sont encore présentes, voir ci-avant.
Baltské státy Baltimaad Baltic state Estados bálticos 발트 3국 Baltijas valstis Pe̍h-kok Baltische landen バルト三国 Kraje bałtyckie Stat baltic Прибалтика Baltic States Baltiška država Baltian maat
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