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Oran, (arabe:وهران, Wahran) ville et port du nord-ouest de l'Algérie, chef-lieu de la wilaya du même nom, sur le golfe d'Oran. Située à 450 km d’Alger, on l'appelle aussi El Bahia "la radieuse" ou Wahran, emprunt arabe au berbère , signifiant "des deux lions", dont Oran est la transcription européenne.

Son nom se réfère aux lions qui vivaient un certain temps dans la Montagne des lions, se trouvant à quelques kilomètres de la ville.

Oran est située au fond d'une baie ouverte au nord et dominée directement à l'ouest par la montagne de l'Aïdour, d'une hauteur de 375 m. L'agglomération s'étage de part et d'autre du profond ravin de l'oued Rhi, maintenant couvert.

Oran est un pôle industriel (zone industrielle d'Arzew, de Hassi Ameur, Béthioua etc.) et une ville universitaire (Université d'Oran, Université des sciences et de la technologie, Faculté de Médecine, etc.)

Seconde ville d'Algérie, Oran compte aujourd'hui environ 800.000 habitants (1.500.000 hab. avec l'agglomération).

Histoire


Oran, par sa situation sur la Méditerrannée face à l'Espagne, proche de Carthagène et d'Almería, n'est vers l'an 900 de notre ère, qu'un petit village que fréquentent des marins andalous, émissaires des Omeyyades de Cordoue. Il offre surtout un refuge aux contrebandiers et aux pirates.

Période préhistorique et antiquité

Période arabo-islamique

  • 910-1082 : Oran devient un perpétuel objet de conflit entre Omeyyades d'Espagne et Fatimides de Kairouan.
  • 1082-1145 : Présence des Almoravides du Maroc. En 1145, Ibrahim Ben Tachfin périt à Oran en luttant contre les troupes Almohades déjà victorieuses devant Tlemcen.
  • 1145-1238 : Présence des Almohades de Marrakech. 1147 marque le début des persécutions contre les juifs d'Oran.
  • 1238-1509 : Présence des Zianides de Tlemcen puis des Mérinides de Fes. La protection de l'émir, le système douanier (tarifs), le commerce avec Marseille, et les républiques italiennes de Gênes et de Venise, avec lesquelles Oran signe en 1250 un traité de Commerce, pour une durée de quarante ans, font des Oranais des gens riches, à tel point que vers la fin du XIV siècle le célèbre historien arabe Ibn Khaldoun pouvait s'exprimer ainsi : « Oran est supérieure à toutes les autres villes par son commerce. C'est le paradis des malheureux. Celui qui arrive pauvre dans ses murs en repart riche ». La ville excelle dans l'exportation du plomb, de la laine, des peaux, des burnous fins, des tapis, des haïks, du cumin, des noix de Galle, sans oublier la traite des esclaves noirs.

Période espagnole

Nous sommes au début du XVI siècle. Au mois de juillet 1501, bien avant les Espagnols, les Portugais lancent une expédition pour tenter d'accoster sur la plage des Andalouses.

Il faudra cependant attendre le débarquement de Mers-el-Kébir, en 1505, pour voir l'Espagne s'engager dans la première expédition organisée contre Oran. La cité comptait alors six mille feux, soit environ vingt-cinq mille habitants. La prise de la ville par l'armée du cardinal Francisco Jiménes de Cisneros commandée par Pedro Navarro, est effective le 17 mai 1509.

Don Pedro Garcerán de Borja, qui était le grand maître de l'ordre de Montesa, capitaine général, est nommé à Oran depuis un an lorsque le 14 juillet 1568, don Juan d'Autriche, fils bâtard de Charles Quint, frère du roi Philippe II, arrive dans le port de Mers-el-Kébir.

Les espagnols procédèrent à des travaux de restauration de la forteresse destinée à loger les gouverneurs de la ville. « Les fortifications de la place se composaient d'une enceinte continue, surmontée de fortes tours espacées entre elles, du château proprement dit, ou casbah ». Le gouverneur espagnol « établira son quartier général dans ce donjon ». Longues de plus de deux kilomètres et demi, ces fortifications comprenaient de nombreux forts, bastions et tours-vigies.

1563 : Construction au sommet du pic de l'Aïdour, du fort de Santa-Cruz par Don Álvarez de Bazán y Silva, marquis de Santa-Cruz.

Malgré ces fortifications, la ville était l'objet d'incessantes attaques jusqu'au pied même des remparts. C'est ainsi qu'en 1707 le Chérif marocain Mouley-Ismaël ayant tenté de forcer la défense, voit son armée décimée. La ville dès lors, connaît une croissance continue : il lui faut gagner de l'espace et de l'air. Elle voudra faire éclater l'insupportable corset de pierres qui l'étouffe. La démolition des murailles est menée à bien sur plusieurs années.

Période ottomane

Les Espagnols restent maîtres de la cité jusqu'en 1708; ils en sont chassés par le Bey turc Mustapha Ben Youssef, dit Bouchelaghem . Ils reviennent en 1732 avec l’armada du duc de Montemar et la victoire d'Aïn El Turk.

Le mois d'octobre 1790 va plonger, d'une façon foudroyante, la ville d'Oran dans la désolation et dans le deuil. Dans la nuit du 8 au 9, un violent séisme fit plus de trois mille victimes en moins de sept minutes. À la suite de ce terrible événement, le roi d'Espagne Charles IV ne vit plus l'intérêt d'occuper Oran, qui devenait de plus en plus onéreuse et périlleuse; il entame des discussions avec le Bey d'Alger. Un accord est conclu, et le 6 mars 1792, le Bey Mohammed El Kébir prend possession d'Oran. En 1792, la Mosquée, dite du Pacha, est construite par les Turcs avec l'argent provenant du rachat des prisonniers espagnols, après le départ définitif de ces derniers.

Jusqu'en 1830, les Beys firent d'Oran leur capitale au détriment de Mascara.

Période française

La ville est encore possession de la Sublime Porte (Empire Ottoman) lorsqu'une escadre sous les ordres du capitaine de Bourmand s'empare de Mers-el-Kébir, le 14 décembre 1830.

C'est dans une ville en ruine et misérable, peuplée de deux mille sept cent cinquante âmes, que, le 4 janvier 1831, s'installent les Français commandés par le général comte Denys de Damrémont. Dès septembre 1830, un Commissaire du Roi, faisant fonction de Maire, est installé à Alger. En septembre 1831, le Général Berthezène nomme à Oran, avec les mêmes attributions, M. Pujol, capitaine de cavalerie en retraite, blessé à la main droite sous l'Empire.

En 1832, à la tête de cinq mille hommes, un jeune Emir répondant au nom d'Abd El-Kader marche sur Oran.

En avril 1833, à la suite d'un dissentiment avec le duc de Rovigo, commandant en chef, le général Boyer, qui vient d'enlever Arzew, quitte Oran et est remplacé par le baron Louis Alexis Desmichels. La ville, attaquée par Abd el Kader, tient bon.

  • 1836 : Le général de Létang transforme les glacis du Château-Neuf en une promenade qui porte son nom.
Début 1837, le général Bugeaud débarque à Oran pour négocier un nouveau traité (la convention de la Tafna, 20 mai) avec l'Emir Abd El-Kader. Le 14 novembre, l'émir signe un traité avec Desmichel, qui reconnaît son autorité sur l'ouest de l'Algérie, sauf Oran, Mostaganem et Arzew.

  • 1845 : Construction du "Village Nègre" par le général Lamoricière.
  • 1847 : Suite à une sécheresse dramatique de plusieurs mois, une terrible épidémie de choléra frappe et décime une large part de la population d’Oran.

  • À partir de 1848, Oran devient préfecture du département homonyme. Création du petit Bassin du Vieux Port (quatre hectares), Un hôpital civil est édifié.

  • 1849 : Construction de la chapelle de la Vierge pour se débarrasser du choléra.

Les membres du premier Conseil général d'Oran, nommés par l'empereur Napoléon III, se réunissent le 5 décembre 1858 à la Préfecture, sous la présidence de M. Jules du Pré de Saint-Maur.

  • 1866 : 25 juillet. Création du diocèse d'Oran.
  • 1880 : Début de la construction de la Synagogue. Oran connaît une grande extension à partir de la place d'Armes. Le ravin de l'Oued Rouina est comblé.
  • 1881 : Apparition des premiers omnibus trainés par deux chevaux.
  • 1886 : Inauguration de l'Hôtel de Ville.
  • 1899 : Premiers trams électriques.
  • 1907 : Édification du théâtre.
  • 1909 : 14 décembre : sur un terrain de la Sénia, Julien Serviès effectue le premier vol retentissant en Oranie, avec un monoplan Sommer. Le 9 janvier suivant, un grand meeting rassemble quarante mille personnes, toujours à la Sénia, en présence du Maréchal Lyautey.
  • 1913 : Ouverture au culte de la Cathédrale du Sacré-Cœur.
  • 1930 : Création de nouveaux quartiers, moins denses et plus luxueux, achevant l'urbanisation de la première couronne, dans sa partie orientée vers l'intérieur du pays ; ces quartiers sont Gambetta supérieur, Bon Accueil, les Castors, Médioni, Boulanger, Cité Petit… Ce développement se poursuit tout azimut avec la création de quartiers encore plus somptueux, débordant la première couronne (quartier de Saint-Hubert, Les Palmiers, Point du Jour, Gambetta…)
  • 1930-32 : Oran-La Sénia est l'aérodrome utilisé sur lequel sont établis plusieurs records mondiaux de durée et de distance en circuit fermé.
  • 1940 : Début de la construction de la nouvelle Préfecture.
  • 1940 : 3 juillet : la flotte française de l'Atlantique du gouvernement de Vichy basée à Mers el Kébir, est bombardée par la flotte britannique, en provenance de Gibraltar, entraînant la perte de trois cuirassés : le Dunkerque, le Provence et le Bretagne. Mille deux cents marins périssent.
  • 1942 : 8 novembre : prélude au débarquement en Italie ; c'est au tour des Britanniques et des Américains de débarquer à Arzew et sur les plages des Andalouses. Le 10 novembre, Oran capitule.
  • 1950 : Oran compte 256661 habitants. La population oranaise originaire d'Espagne est estimée à 65 % du total des Européens, eux-mêmes majoritaires face aux musulmans.
  • 1957 : Construction du stade municipal baptisé "Fouques-Duparc", d'une capacité de quarante-cinq mille places.
  • 1958 : 6 juin : visite du général de Gaulle.
  • 1960 : Premières barricades.
  • 1961 : Août : apparition de l'O.A.S.. Les statistiques donnent à Oran 400 000 habitants : 220 000 européens et 180 000 musulmans.
  • 1962 : Recrudescence des attentats. L'un des chefs de l'O.A.S., Edmond Jouhaud, est arrêté le 25 mars. Juin : incendie du port. Dix millions de tonnes de carburant en feu obscurcissent le ciel de la ville. Massacre du 5 juillet. Fin de la présence française.

Oran aujourd'hui

Au lendemain de l'indépendance, les plans d'équipement des communes, le plan triennal et le premier quadriennal eurent très peu d'influence sur l'extension et l'urbanisation de la ville, vidée de la majorité de ses habitants ; on y acheva les programmes du plan de Constantine et on reconvertit quelques espaces militaires en équipements universitaires.

C'est avec le deuxième plan quadriennal, le PMU en 1975 et le PUD en 1976, que l'urbanisation allait prendre un nouvel essort, sous les mêmes formes et axes que ceux tracés pendant l'époque coloniale : on assiste à la poursuite du même type d'urbanisation ; malgré l'énorme effort de construction, les résultats et les tendances sont les mêmes que ceux hérités de la période coloniale. De 1978 à 1991, le développement urbain est marqué par :

  • L'urbanisation de la deuxième couronne, achevée en 1986, par la construction des ZHUN et de quelques lotissements.
  • L'extension vers l'est.
  • La marginalisation de la zone ouest (Planteurs, Ras El Ain et Sidi El Houari).
  • Le dépérissement du tissu urbain.
  • L'absence de planification urbaine et la poursuite de l'exclusion des populations vers les agglomérations périphériques.
  • La conurbation d'Oran avec quelques agglomérations de création coloniale récente (Alberville, Fernanville, Bir El Djir).

L'administration

Jumelage

Oran est jumelée avec les villes : Alicante (Espagne), Bordeaux (France), Dakar (Sénégal), Gdansk (Pologne), Sfax (Tunisie).

Tourisme


Pour y séjourner agréablement, vous trouverez à Oran plusieurs hôtels très confortables, dont le dernier en date est le Sheraton international, la chaine eden dont: hotel eden palace hotel eden phoenix hotel eden airport hotel eden village ainsi que de nombreux restaurants servant des spécialités algériennes.

Les touristes pourront fréquenter les cinémas, les centres culturels, le théâtre national, le théâtre de verdure, les nights clubs, le musée, l'ancienne ville d'Oran, le quartier de Sidi El Houari, le jardin municipal, Médina Djedida avec ses produits artisanaux, la cathédrale, le Djebel Murdjadjo, et les stations balnéaires voisines.

L'aéroport international d'Es-Senia est à 12 km du centre ville. On peut aussi se rendre à Oran par des Ferries depuis les ports de Marseille, Sète, Alicante et Almería.

Promenade dans Oran


Prenons maintenant la direction du vieil Oran ; après avoir quitté la station des autobus, dirigeons-nous vers la rue Amara Boutkbil.

Les escaliers qui jalonnent la légendaire rue de Gênes suivent les vieilles maisons ; on peut observer de là le flan du Bordj el Djebel (Santa Cruz), la Calère, le plus ancien quartier d'Oran, qui servit de décor au grand écrivain Albert Camus pour son célèbre roman La Peste.

Plus bas, à hauteur d'une enceinte d'un blanc éclatant, une superbe entrée en forme de dôme nous indique que nous sommes arrivés à la célèbre mosquée Djamaa El Pacha, dont l'immense minaret domine tout le quartier.

L'une de ses pierres d'origine, précédemment scellée dans la mosquée et aujourd'hui déposée au musée municipal sous le N° 158, nous apprend que l'édifice a été construit à l'époque du 26e bey d'Oran, en 1796.

Entrons dans le tunnel qui débouche de la sortie de la place Kléber vers la Blanca, porte de Canastel.

C'est par cette porte que s'effectuait tout le trafic commercial au temps des Espagnols.

Un tour vers les plages au sable fin, où nous longeons la route de la Corniche qui mène vers Bou Sfer, Bomo plage, Ain el Turck.

Cette route contourne la baie de Mers-el-Kébir, village pitoresquement accroché à l'extrémité d'un promontoire rocheux où trône un vieux fort, le Djebel El Marsa, construit en 1347.

Quittons la corniche est et, pour terminer notre promenade, gagnons le port en pénétrant par la porte Ximenes ; c'est alors la place Kennedy qui nous accueille à bras ouverts.

Image:Oran2.JPG|Oran, la baie, le port, vu depuis "Santa-Cruz". Image:IM000399.JPG|Mairie d'Oran, Place des Lions. Image:IM000394.JPG|Santa Cruz, vue depuis le centre-ville. Image:La Sebkha.JPG|La Sebkha d'Oran étendue d'eau salée.

Voir aussi


Célébrités

Bibliographie

  • E. Cruck : Oran et les témoins de son passé, Heintz Frères, 1959.
  • P. Ruff : La domination espagnole à Oran, 1554-1558, Editions Bouchène.
  • Le roman d'Albert Camus, La peste se déroule à Oran.
  • L'Algérie vue du ciel, par Yann Arthus-Bertrand, 2005.

Cédérom

  • Oran, mémoires en images, par Kouider Métaïr, éditions Association Bel Horizon de Santa Cruz, 2005.

Liens externes

Liens officiels

Médias et accès à l'information

Liens de particuliers

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