L'obstétrique est une spécialité médico-chirurgicale qui a pour objet l'étude et la prise en charge de la grossesse et de l'accouchement.
Le médecin qui la pratique s'appelle un obstétricien.
En raison de l'évolution de la technique, le fœtus est devenu un patient et la médecine fœtale est apparue comme une spécialité à part entière.
Elle doit ses lettres de noblesse à François Mauriceau, du XVII siècle. Elle est sans doute, dans sa forme moderne, bien plus que cela. L'obstétricien est en effet confronté à la surveillance de deux « patients » : la femme enceinte et son (futur) enfant, et cette prise en charge nécessite une approche à la fois médicale, iconographique (échographies), psychologique, pédiatrique (en cas de dépistage d'une maladie fœtale). La chirurgie n'intervient finalement qu'en dernier lieu, dans les circonstances qui encadrent la naissance.
Il est normal que l'obstétricien voie régulièrement une femme enceinte au cours de sa grossesse. Ce qu'il fera dépendra des circonstances et des facteurs de risque, comme le diabète.
La raison principale de ces visites est la surveillance des maladies de grossesse qu'il peut détecter, comme
L'obstétricien peut recommander de hâter l'accouchement s'il estime que sa continuation serait plus dangereuse pour la mère, pour l'enfant, ou pour les deux. Il peut y être amené pour
On peut provoquer un accouchement à n'importe quel moment après 24 semaines de gestation si les risques pour le fœtus ou pour la mère sont plus élevés que le risque de mettre au monde un foetus dont les poumons ne sont pas encore entièrement formés. Quand la gestation n'a pas encore atteint 32 semaines, on donne à la mère des stéroïdes pour aider à la maturation des poumons du fœtus.
Si au bout du terme normal e 41-42 semaines de grossesse une femme n'a pas encore commencé le travail, on provoque l'accouchement, car le placenta risque de se décoller après cette date.
L'accouchement peut être provoqué par trois méthodes :
Suivant les pays et les traditions, l'accouchement peut être aidé par un médecin généraliste ou une sage-femme. La présence directe auprès de la parturiente d'un obstétricien n'est en aucun cas indispensable dans les conditions optimales. Par contre ce dernier doit pouvoir intervenir rapidement en cas de problème (Application de forceps ou de ventouses, césarienne).
Les deux cas d'urgence principaux sont l'éclampsie et la grossesse extra-utérine.
Il a fallu attendre les temps modernes pour que l'obstétrique cessât d'être un domaine entièrement réservé aux femmes et dont les hommes ne s'occupaient que dans des ouvrages théoriques, comme le fit Hippocrate. La fameuse encyclopédie allemande Meyers Konversationslexikon (1889) porte le jugement suivant sur l'aide qu'on pouvait apporter au Moyen-Âge aux femmes qui accouchaient : « Dans l'Occident chrétien, l'obstétrique se trouvait exclusivement entre les mains de femmes qui ne savaient rien, ou au plus d'hommes qui ne s'intéressaient guère à leur travail. Dans les cas difficiles on se contentait le plus souvent d'appeler le prêtre et l'aide qu'il pouvait apporter relevait plutôt de la superstition. (...) C'est seulement au 16ème siècle que l'obstétrique a commencé à se présenter sous une forme digne de ce nom. » En 1513 a paru un manuel destiné aux sages-femmes sous le titre Der swangern Frawen und Hebammen Rosengarten (Le Jardin de roses des femmes enceintes et des sages-femmes) On y indique comme la meilleure position la naissance par la tête - ce qui n'est pas une grande trouvaille - la seconde serait la présentation par le siège.
Les accoucheurs étaient encore une rareté à l'époque et Louis XIV a agi de façon inhabituelle en appelant pour l'accouchement de sa maîtresse, madame de Lavallière, un chirurgien d'Arles qui par la suite fut nommé officiellement accoucheur de la cour. En Allemagne, l'obstétrique resta au contraire le domaine des sages-femmes qui n'avaient reçu aucun enseignement pratique. Les connaissances se transmettaient oralement, si l'on excepte quelques ouvrages spécialisés. À en croire le Meyers Konversationslexikon, le premier ouvrage scientifique à ce sujet serait Neues Hebammenlicht (La nouvelle Lumière des sages-femmes) (1701) du Hollandais van Deventer ; on y lit : « * cherchait à réduire l'utilisation meurtrière des instruments qui servaient à mettre l'enfant en morceaux ». Au XVIII siècle était inventé le forceps dont seuls les médecins avaient le droit de se servir, ainsi que des autres instruments. Ils en étaient d'ailleurs les seuls capables. Au milieu du XVIII siècle, on réussit en Angleterre à provoquer artificiellement les naissances afin d'éviter les césariennes. Certes la césarienne était une méthode connue dès l'antiquité, mais jusqu'à l'époque moderne on ne pouvait y avoir recours que si la mère était déjà morte afin d'essayer de sauver l'enfant.
En cas de complication pendant la naissance, il ne restait à la sage-femme ou au médecin qu'à essayer de tourner l'enfant avec la main dans le ventre maternel afin qu'il se présentât par la tête ou par les pieds. Au XIX siècle, la femme fut d'abord anesthésiée au chloroforme; cependant cela compliquait une naissance normale, voire la rendait impossible. Et encore une fois il fallait souvent utiliser les forceps. C'est seulement la découverte de l'asepsie à la suite des travaux de Louis Pasteur qui permit de pratiquer avec sécurité les césariennes, autrefois toujours mortelles, seuls les bons chirurgiens pouvant s'en charger. Au XX siècle, encore, la plupart des naissances avaient lieu à la maison, en présence seulement d'une sage-femme et il était très difficile de faire quelque chose pour l'enfant. L'encyclopédie Meyers Konversationslexikon écrivait : « Le pire c'est la présentation par le visage si le médecin-accoucheur ne peut pas par retournement la transformer en présentation par le crâne ou par le siège. Mais si la tête de l'enfant au contraire est déjà coincée dans le bassin, il ne lui reste plus qu'à la briser par perforation ou cranioclasie et d'achever au forceps avec les tenailles. Légalement l'exécution du retournement n'est permise à la sage-femme que si elle sait que le médecin n'arrivera pas à temps. Le forceps ou la cranioclasie n'appartient qu'au médecin. »
Au XVIII siècle apparurent les premiers centres d'accouchement ainsi que des écoles pour sages-femmes et accoucheurs. A Strasbourg s'ouvrit en 1728 la première institution de ce genre, à Londres en 1739. En Allemagne, en 1751, apparurent les premières maternités à l'hôpital berlinois de la Charité. Cette année encore vit l'ouverture d'une maternité à Göttingen. Parmi les médecins, éclata au début du XIX siècle une discussion pour savoir si la naissance par forceps présentait de si grands avantages par rapport à la naissance naturelle. À cette époque on attachait si peu d'importance à l'hygiène que la fièvre puerpérale tuait plus de mères dans les maternités qu'à la maison. L'usage du phénol a permis une baisse considérable des décès.
Depuis le XVIII siècle, les sages-femmes ont été de plus en plus éliminées par les médecins du domaine de l'obstétrique. Par la suite l'idée s'est de nouveau imposée qu'une naissance naturelle et sans complications ne réclame pas d'intervention médicale. Ainsi, depuis les dernières décennies, l'obstétrique n'est plus considérée comme un des secteurs de la chirurgie, et on a vu apparaître le slogan de la naissance sans violence.
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