L'obésité se définit comme un état caractérisé par un excès de masse adipeuse répartie de façon généralisée dans les diverses zones grasses de l'organisme. Cela peut entraîner de graves inconvénients pour la santé.
Les graisses (lipides), comme les sucres (glucides), servent à stocker l'énergie dans le corps. Les sucres fournissent une énergie utilisable rapidement, les graisses permettent de stocker beaucoup d'énergie dans peu d'espace ; en fait, c'est 95 % de l'énergie qui est stockée sous forme de graisse : si toute l'énergie était stockée sous forme de sucre, nous pèserions 800 kg !
La graisse est stockée dans des cellules appelées lipocytes ou adipocytes. On distingue deux situations :
Pour évaluer l'obésité, il faut tenir compte de la masse (ce que l'on appelle de manière impropre le « poids ») et de la taille. Une personne qui pèse 100 kg n'aura pas la même corpulence si elle mesure 2 mètres plutôt qu'1 mètre 60.
Le principal indicateur de mesure utilisé est l'indice de masse corporelle (IMC). Il tient compte de la morphologie de l'individu.
L'indice de masse corporelle est égal à la masse (exprimée en kilogramme) divisée par le carré de la taille de la personne (en mètre) :
En 2004, l'obésité touche 300 millions de personnes dans le monde.
| pays | surpoids | dont obésité | population totale |
|---|---|---|---|
| États-Unis | 193 millions (65,7 %) | 89,8 millions (30,6 %) | 293,5 millions |
| Mexique | 64,8 millions (62,3 %) | 25,1 millions (24,2 %) | 104 millions |
| Royaume-Uni | 37 millions (62 %) | 13,7 millions (23 %) | 59,7 millions |
| Australie | 11,7 millions (58,4 %) | 4,4 millions (21,7 %) | 20,1 millions |
| République Slovaque | 3,1 millions (57,6 %) | 1,2 million (22,4 %) | 5,4 millions |
| Grèce | 6,3 millions (57,1 %) | 2,4 millions (21,9 %) | 11 millions |
| Nouvelle-Zélande | 2,2 millions (56,2 %) | 0,8 millions (20,9 %) | 4 millions |
| France | 23,2 millions (37,5 %) | 5,8 millions (9,4 %) | 62 millions |
Une étude de la Direction régionale des affaires sociales (DRAS) datant de 2002 et menée en région parisienne permet d'affiner ce constat : 6,2 % des élèves de grande section (4 à 5 ans) scolarisés en école publique souffrent d’une obésité de degré I et 3,3 % de degré II. 11,8 % des enfants de réseaux d'éducation prioritaire (REP, populations défavorisées), contre 8,7 % de la population globale, sont atteints d’obésité de degré I ; 4,5 % contre 2,9 % de degré II.
On dénombre 115 millions d'obèses dans les pays en voie de développement ; on a paradoxalement des personnes souffrant à la fois d'obésité et de malnutrition. Ceci s'explique par deux phénomènes :
L'obésité est le résultat d'un déséquilibre entre l'apport calorique quotidien et les dépenses énergétiques. Quand l'organisme reçoit plus qu'il ne dépense, il stocke une partie de l'apport.
L'explosion récente du nombre d'obèses est attribuée à plusieurs facteurs liés au mode de vie :
Il apparaît néanmoins que l'obésité est multifactorielle, et parmi les causes, le rôle de l'hérédité est mieux connu : des gènes responsables ont été identifiés, qui interviennent sur la production par les adipocytes de leptine, une protéine agissant au niveau du système nerveux central sur le contrôle de l'appétit et de la dépense énergétique. On a remarqué également l'influence des modes de vie sur les facteurs génétiques. Notre corps a été habitué pendant des millénaires à faire face au manque, il n'est pas adapté à l'abondance ; par ailleurs, avec une même alimentation et une même pratique physique, la prise de masse varie selon les individus.
Concernant l'alimentation, il n'y a pas que la teneur en graisses qui entre en compte, il y a aussi leur qualité. Les types de lipides de l'alimentation sont les suivants, avec les propriétés suivantes pour l'organisme :
De manière paradoxale, les régimes peuvent favoriser l'obésité. En effet, de mauvais régimes favorisent la perte de masse musculaire, qui est directement liée au métabolisme. Après ces mauvais régimes, il y a ralentissement du métabolisme et reprise accélérée du poids. Ces mauvais régimes sont carencés, principalement en apport protéique.
Une personne souffrant d'obésité court plusieurs risques :
L'obésité est un problème qui se traite sur le moyen et le long terme, avec éventuellement un suivi médical voire psychologique. À titre préventif, il convient d'adopter une alimentation régulière, c'est-à-dire de respecter les heures des repas, ce qui permet de contrôler ce que l'on consomme.
Les industriels agro-alimentaires ont tendance à mettre des matières premières bon marché dans les plats préparés afin de réduire le coût de fabrication, et notamment du sel, des sucres et des graisses. Il est donc conseillé de préparer sa nourriture soi-même à partir de produits frais, en utilisant de préférence l'huile de colza, riche en Ω3, comme matière grasse.
Il est recommandé de manger beaucoup de fruits et de légumes, au moins 5 par jour.
Enfin, il est recommandé d'avoir une activité physique minimale. À défaut de pratiquer un sport, faire au moins une demi-heure de marche à pied par jour, par exemple en allant faire ses courses à pied dans les commerces de proximité, ou si l'on doit emprunter les transports en commun, marcher jusqu'à la station suivante et ne pas descendre à la station la plus proche mais à celle d'avant.
La prévention auprès des enfants est importante puisqu'ils sont les plus sensibles aux sollicitations publicitaires pour les aliments, qu'ils sont naturellement attirés par les goûts sucrés. En raison du mode de vie moderne, il devient de plus en plus difficile de surveiller la consommation des enfants :
La chirurgie bariatrique regroupe actuellement un ensemble de techniques qui peuvent être classées en deux types principaux d’interventions. Les premières visent à réduire la capacité gastrique, c’est-à-dire le volume utile de l’estomac. Les secondes, dites mixtes, associent à cette restriction gastrique la création d’un système de dérivation dans le tube digestif afin de diminuer l’absorption des éléments nutritifs par l’intestin. Ces techniques sont pratiquées par incision de la paroi abdominale (laparotomie) et, depuis quelques années, presque toutes peuvent aussi être réalisées par laparoscopie.
L’analyse des données disponibles indique que les différentes techniques de chirurgie bariatrique sont efficaces et sécuritaires. Dans l’ensemble, les techniques mixtes, qui associent restriction gastrique et malabsorption intestinale, sont plus efficaces que les interventions qui ne font que réduire la capacité gastrique. Les techniques laparoscopiques offrent quant à elles de nombreux avantages, comme une réduction de la durée d’hospitalisation, bien qu’elles ne soient pas exemptes de complications. Seules deux approches laparoscopiques sont assez au point et leurs effets assez connus pour ne plus être considérées comme expérimentales. Cependant, il faudra recueillir davantage de données pour confirmer leur efficacité à long terme.
Les patients qui subissent une importante perte de poids doivent être suivis annuellement par une équipe multidisciplinaire qui, en plus de l’équipe chirurgicale (notamment attentive aux complications précoces et tardives), inclut des nutritionnistes, des psychologues et des médecins spécialistes. Une chirurgie plastique est souvent nécessaire. Dans l’ensemble, la chirurgie bariatrique s’avère une intervention coûteuse. Par contre, ses coûts pourraient être compensés en grande partie par la diminution de la prévalence des maladies associées à l’obésité (maladies cardiaques et diabète, par exemple), par la réduction de leurs conséquences sur l’utilisation des ressources du système de santé et des pertes de productivité causées par l’incapacité, de même que par l’amélioration de la qualité de vie des patients.
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