Le Nakhitchevan (en azéri Naxçıvan, ce nom est à la fois celui de la principale ville et du chef-lieu de la région) est un territoire de la région du Caucase, d'une superficie de 5 500 km², presque totalement enclavé entre l'Iran et l'Arménie à l'exception d'une très courte frontière avec la Turquie. Jadis peuplé en majorité d'Arméniens, il appartient aujourd'hui à la République d'Azerbaïdjan mais sans continuité territoriale entre l'Azerbaïdjan et le Nakhitchevan. Les tensions persistantes entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie entravent toute communication directe entre l'Azerbaïdjan et le Nakhitchevan, accentuant l'isolement de ce dernier.
Il est situé entre le fleuve Araks et les montagnes du Zanguézour. D'une superficie de 5 500 km² il est peuplé de 280 000 habitants, aujourd'hui en majorité d'origine turcs (au sens large) et tatars, de religion musulmane chiite et de langue proche du persan. Une petite minorité kurde subsiste.
Historiquement province arménienne et peuplé d'Arméniens, les Khanats Nakhitchevan et Erevan avaient été annexés par la Russie en 1826.
Au moment de l'intégration de l'Arménie orientale dans l'Union soviétique, le Nakhitchevan fut annexé par l'Azerbaïdjan, sous statut de territoire autonome. Cette annexion fut faite avec l'accord de Lénine et confirmée par Staline dans l'accord signé en mars 1921 entre la République socialiste soviétique de Russie et la Turquie (voir *). Les nouveaux maîtres programmèrent un très important nettoyage ethnique de la population d'origine arménienne, et détruisirent toutes traces de l'existence de la population arménienne — même les cimetières qui furent rasés — et de sa culture. Ces destructions font partie intégrante du Génocide des Arméniens.
Les 30 et 31 décembre 1989, près de 4 000 manifestants détruisent les installations frontalières avec l'Arménie et l'Iran sur 130 kiliomètres, et exigent des terres et la libre circulation. Au départ la réaction du gouvernement soviétique est inexistante et les insurgés croient en leur impunité. En une semaine la révolte embrase tout l'Azerbaïdjan et la chasse aux Arméniens commence. Le 15 janvier 1990, l'état d'urgence est décrété et le KGB envoie des renforts — 15 000 hommes des troupes d'élites.
Le 20 janvier 1990, le Nakhitchevan proclame son indépendance « totale ».
Dès le début des années 1990, l'enclave est devenu la plaque tournante de nombreux trafics, un des passages les plus fréquentés des filières de l'opium à destination des laboratoires turcs. Fief du clan de Heydər Əliyev, le territoire est devenu une « terre non conflictuelle », où cohabitent les filières des Loups Gris (pro-turques), celles du parti Dachnak arménien et du PKK (anti-turques), toutes jouissant de hautes protections qui permettent de pérenniser leurs trafics (voir *).
Le 27 septembre 1997, le gouvernement d'Azerbaïdjan a soumis au Conseil de l'Europe le projet de Constitution de la République autonome du Nakhitchevan. À cet effet, la Commission européenne pour la démocratie par le droit (Commission de Venise) a été saisie (voir *).
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