Le Moyen Âge occidental est l'époque de l'Histoire située entre l'Antiquité et l'Époque moderne, donc grossièrement entre 500 et 1500 après Jésus Christ. Elle s'étend donc sur une période de 1000 ans.
Traditionnellement, on fait commencer le Moyen Âge à la déposition du dernier empereur romain d'Occident Romulus Augustule (* vers 460 – † après 511) par Odoacre en 476. Cependant, beaucoup d'historiens contemporains font perdurer l'Antiquité au-dela de cette date traditionelleVoir à ce sujet l'article Antiquité tardive. Il est à noter que tout événement unique ne peut jouer qu'un rôle symbolique dans un changement d'époque, qui en fait est un processus. Certains historiens retiennent aujourd'hui la mort de Clovis Ier au 27 novembre 511 comme date conventionelle de la fin de l'Antiquité. Ainsi, ils font commencer le Moyen Âge symboliquement avec la mort de Sainte Geneviève le 3 janvier 512.
La fin du Moyen Âge est généralement située entre 1440 et 1500 ; plusieurs dates symboliques ont été proposées par les historiens :
Plus généralement, les grandes découvertes marquent le début de ce qu'on peut déjà appeler la mondialisation (accroissement des échanges entre différents pays distants, permis par de nouvelles inventions et découvertes…). Les limites exactes du Moyen Âge font encore l'objet de débats entre historiens.
Le terme « Moyen Âge » fut inventé par Flavio Biondo de Forlì. En français, l'adjectif correspondant à « Moyen Âge » est « médiéval ». « Moyenâgeux », quant à lui, est péjoratif, ou du moins vieilli. L'histoire du Moyen Âge, en tant que discipline, se nomme aussi « Histoire médiévale ». Un historien qui étudie le Moyen Âge est appelé « médiéviste ».
Le Moyen Âge a longtemps été défini par opposition à la Renaissance qui l'aurait suivi. L'historiographie contemporaine a plutôt tendance à considérer la Renaissance comme une période de transition entre époque médiévale et époque moderne, aux limites chronologiques assez floues (grosso modo de 1420 à 1630). On peut donc parler à bon droit d'une période médiévale de la Renaissance.
Mais d'autres dates repères sont possibles, pour le début du Moyen Âge :
Ces différentes options indiquent combien une césure événementielle claire est difficile à trouver pour marquer le début du Moyen Âge : par certains traits, l'Empire romain avait déjà fortement changé avant la fin de l'Antiquité. Par exemple, les empereurs du abandonnent la toge et les tuniques classiques, adoptant les braies des légionnaires, majoritairement d'origine celte ou germanique. C'est également au que l'amphore est abandonnée pour le tonneau, bien plus économique. Enfin, c'est à cette époque que nombre de peuples barbares deviennent fédérés, établissant des relations durables avec le monde romain. L'Empire romain avait donc déjà perdu certains caractères antiques.
L'unité politique, monétaire, linguistique et culturelle du monde romain sur le grand territoire que représente la Méditerranée a subi trois disloquations:
Aussi, certains historiens – en premier lieu l'historien allemand A. Riegl au début du – ont repoussé la limite d'une période dénommée « Antiquité tardive » (Spätantike), en mettant justement l'accent sur la permanence de traits caractéristiques de la fin de l'Antiquité jusqu'au règne de Charlemagne. Une telle conception s'est d'abord imposée chez les historiens des « franges » du monde romain, où sa pertinence était plus évidente. À l'inverse, en France, il fallut attendre 1977 avec Henri-Irénée Marrou (dans Décadence romaine ou Antiquité tardive ?) pour qu'on s'interroge sur l'utilité d'une telle période, notamment pour mettre fin à l'appellation péjorative de « Bas Empire ». Et aujourd'hui encore, histoire ancienne et médiévale se partagent la connaissance des temps qui vont du au .
Pour la fin du Moyen Âge, d'autres dates que 1492 ont été proposées, mais fondamentalement elles ne remettent pas en cause la limite supérieure de la période :
La fin du Moyen Âge est également marquée par l'instauration d'États centralisés gouvernés par les grandes monarchies : la France de François I (1515-1547), l'Espagne de Charles Quint (1515-1556), l'Angleterre de Henri VIII (1509-1547) et l'Empire ottoman de Soliman le Magnifique (1520-1566).
Pour les historiens français, le Moyen Âge est traditionnellement subdivisé entre Haut Moyen Âge et Bas Moyen Âge ; au Bas Moyen Âge succédant le Haut Moyen Âge (sic).
Les historiens allemands et anglais subdivisent le Moyen Âge traditionnellement en trois parties. Ils placent entre un « Moyen Âge précoce » (all. de:Frühmittelalter, angl. en:Early Middle Ages) et un « Moyen Âge tardif »Voir l'article allemand de:Spätmittelalter et l'article anglais en:Late Middle Ages à ce sujet, une époque centrale qu'ils appellent le « Haut Moyen Âge »Voir l'article allemand de:Hochmittelalter et anglais. en:High Middle Ages à ce sujet.
Dans leur conception, il n'existe pas de « Bas Moyen Âge ».
Jacques Le Goff propose :
Robert Fossier propose :
| '''Nom de l'époque | '''Dates | '''Durée | '''Évènements marquants les points extrêmes de l'époque | |||
| Moyen Âge précoce |
| 512 | – | 768 |
| 768 | – | 1024 |
| 1024 | – | 1280 |
| 1280 | – | 1492 |
1. Après la disparition de Romulus Augustule en 511 et la mort de Clovis Ier la même année, l'histoire du « Moyen Âge précoce » en Occident – suivant ce découpage proposé – est l'histoire du royaume mérovingien après sa conquête par Clovis Ier, puis, après Childéric III, l'histoire des premier caroliniens arrivés au trône en 751, jusqu'à la mort de Pepin le Bref.
2. L'époque du « Haut Moyen Âge » serait l'histoire depuis le couronnement de Charlemagne et de son frère Carloman jusqu'au dernier empereur ottonien Henri le Saint.
3. Le « Bas Moyen Âge » commencerait, selon ce découpage, avec l'avènement de la dynastie franconienne en 1024 et aurait duré jusqu'à la mort d'Albert le Grand en 1280.
En tout, neuf croisades – entre 1096 et 1272 – marquent l'époque du Bas Moyen Âge. En France, Louis IX meurt en 1270, donc toute à la fin de ce Bas Moyen Âge.
4. Après la mort, en 1250, du dernier empereur de la dynastie Hohenstaufen Frédéric II, l'empire germanique et toute la civilisation médiévale connaît une crise grave et longue qui se manifeste dans l'interrègne de 1257 à 1273. Les villes germaniques s'unissent en fondant des ligues – dont la plus connue est la Hanse – l'Empire latin de Constantinople est disloqué en 1261, tout comme le Royaume latin de Jérusalem en 1291. La même année, en 1291 la Confédération hélvétique se forme. Les vêpres siciliennes – provoquées indirectement par cette instabilité – avait lieu en 1282. L'ordre des Templiers, créé lors des croisades, disparaît finalement en 1312.
Voir aussi : Antiquité tardive
Le mot "occident" désigne à la fois un territoire et une civilisation au Moyen Âge. Le territoire de l'Occident couvre l'ouest de l'Europe (le terme Europe est très peu employé avant la Renaissance), sans recouper exactement les limites de l'empire romain d'occident.
Les limites orientales de cet ensemble sont floues et mouvantes au cours de la période. En tant que civilisation, l'Occident est le domaine du christianisme romain, dont la langue est le latin. Il s'oppose aux territoires des païens, des infidèles musulmans.
A partir de l'époque carolingienne, et surtout après le Grand Schisme d'Orient (1054), l'occident chrétien et l'empire byzantin se séparent, pour des raisons qui sont bien davantage politiques que théologiques. Cette séparation donne deux branches du christianisme, catholicisme et orthodoxie. cette dichotomie culturelle correspond aux deux anciennes moitiés de l'empire romain issues du partage de 395 : l'orient (culture grecque), et l'occident (culture latine). La rupture avec Byzance est consommée en 1204, lorsque Constantinople est prise par les croisés de la IVe croisade. Cet épisode laissera des blessures profondes.
Le primat unificateur de la culture ne doit pas faire oublier les divisions politiques et linguistiques qui émergent dès l'époque carolingienne. L'apparition des langues vulgaires et plus tard du protestantisme remet en question la prétendue unité occidentale. L'Occident est donc au Moyen Âge synonyme de Chrétienté latine et s'étend de façon remarquable grâce à l'action des missionnaires et des croisés, avant de conquérir des mondes nouveaux, avec les grandes découvertes du .
Le christianisme est au cœur de l'histoire médiévale : il modèle la pensée de la période, principalement en raison de son universalisme et à cause de la montée en puissance de l'Église catholique organisée autour de la papauté de Rome. Les frontières de l'occident médiéval qui échappe à toute unité politique, se confondent aussi avec celles de la chrétienté.
Devenu religion d'État dans l'Empire romain pendant l'Antiquité tardive (à partir de l'édit de Milan, en 313), le christianisme, en effet, se diffuse au haut Moyen Âge à partir de plusieurs foyers : l'Irlande, les royaumes francs, les royaumes anglo-saxons et Rome.
La dilatation de la chrétienté s'accompagne de la mise en place de la hiérarchie ecclésiastique — l'Église en venant à désigner cette dernière — et la papauté, qui se hisse à la tête de celle-ci, devient un des principaux pouvoirs en occident : l'évêque de Rome, dont l'autorité spirituelle s'appuie sur la primauté du siège de l'apôtre Pierre, devient le souverain pontife.
Cette évolution est lente (V – ) et se heurte à de nombreux obstacles :
Bientôt, le christianisme romain doit s'imposer face à Byzance, notamment pendant la crise iconoclaste ( 726 – 843). Au , la rupture avec le christianisme oriental est consommée, mettant fin au problème.
Presque aussi importante est la question de l'adoption d'une liturgie unique : les Églises nationales possèdent leurs propres traditions qui ne se fondent que progressivement : la liturgie irlandaise, qui fixe la fête de Pâques à une date différente, l'emporte dans les îles britanniques jusqu'au synode de Whitby (664). En développant la mission chrétienne (à partir de 610) et en tissant des relations privilégiées avec les souverains « barbares » (notamment, en s'appuyant sur les rois anglo-saxons et sur l'expansion des Francs en Germanie), Rome parvient partout à unifier les traditions de l'Église et dans le même temps, à affirmer son rôle à la tête de celle-ci, sauf chez les Slaves qui demeurent dans la sphère d'influence byzantine.
L'essor de l'Église ne peut être dissocié de l'effort de christianisation de la société et des consciences : cette dernière demeure un combat constant durant tout le Moyen Âge.
Selon les conceptions chrétiennes, conformément au modèle des apôtres dans les évangiles, l'Église conçue comme l'assemblée des fidèles unis dans la foi doit se répandre « jusqu'aux confins de la terre ». Pour cela, elle peut s'appuyer sur le soutien de ses membres influents — comme en Germanie, où elle accompagne le conquérant franc — mais surtout, elle doit reposer sur un acte d'adhésion volontaire et, en cela, elle ne peut compter que sur les effets de la prédication : cet état de fait est à l'origine du double visage de l'expansion chrétienne au Moyen Âge : à la fois pacifique et d'ordre spirituel, mais aussi marquée par la guerre et par la violence.
À cette fin, l'Église se heurte également à des résistances à l'intérieur même de la chrétienté, où le clergé séculier est à la tête de l'encadrement des fidèles, surtout dans les campagnes : symptomatique, le mot « païen » — paganus, celui qui habite la campagne — désigne celui qui pratique l'ancienne religion polythéiste avant de désigner tout ce qui n'est pas chrétien. Le respect de la morale chrétienne, en particulier, fait l'objet d'injonctions des conciles, des synodes mérovingiens, puis carolingiens. Ces derniers ne cessent de rappeler les interdits, notamment l'esclavage, de condamner les coutumes païennes et de tenter de limiter la violence privée.
Ces dernières se développent sporadiquement (autour de l'an Mil) et, très rarement, s'installent durablement comme en Languedoc, avec le Catharisme ou en Bohême, avec Jean Hus (1369 – 1415), etc. À partir du , la papauté peut s'appuyer pour cette tâche sur les ordres mendiants, franciscains et surtout, dominicains.
Mais la tentation du recours à la force est grande et la violence caractérise souvent, en dernier recours, le combat pour l'unité de l'Église, qu'implique sa première définition : elle marque la « christianisation » forcée de la Saxe par Charlemagne (seconde moitié du ), donne lieu à la croisade des Albigeois, à la naissance du tribunal de l'Inquisition sous le pape Grégoire IX (1227 – 1241), aux guerres hussites, etc.
À travers la renaissance carolingienne, portée par Alcuin, la réforme clunisienne, la réforme grégorienne, puis avec la création des ordres mendiants et l'essor des Universités, au , les renouveaux culturels et spirituels émanent des gens de religion.
L'art roman qui se diffuse avec Cluny et l'art gothique, qui naît à Saint-Denis avant de gagner l'Europe entière sont des arts religieux. Il faut en fait attendre la fin du Moyen Âge ( – ) pour qu'une culture profane se développe à nouveau en France, dans l'entourage royal des légistes et en raison des démêlés du roi avec la papauté.
Enfin, en toute logique dans ce contexte, les textes à partir desquels se forme l'idéologie — en particulier de la société et du pouvoir — au Moyen Âge sont les sources chrétiennes : l'Ancien testament donne son cadre à la royauté médiévale (Charlemagne est comparé au roi David), les œuvres des Pères de l'Église (notamment, saint Jérôme et, surtout, saint Augustin avec La cité de Dieu) encadrent les rapports sociaux et enfin, le Nouveau testament, dont les Évangiles fournissent à la fois l'exemple de vie apostolique qui anime les ordres mendiants et le terreau de l'humanisme à travers l'Incarnation, se trouve à l'origine du renouveau idéologique qui marque la fin de la période. Aussi, dans une large mesure, la religion chrétienne inspire et modèle la société médiévale en lui fournissant à la fois sa hiérarchie (au sommet de laquelle se trouve le roi, intermédiaire avec le Christ qui règne sur la hiérarchie céleste) et la première de ses institutions : l'Église, qui supplée à la disparition de l'État.
L'Occident médiéval est gouverné par des souverains, mais qui n'ont pas tous les pouvoirs. La royauté est contractuelle et non absolue. La monarchie est le régime politique le plus répandu en Europe, même si des républiques apparaissent (République de Venise). Le roi doit tenir compte d'autres acteurs politiques telles que les princes, les seigneurs et l'Église. Au Moyen Âge classique, mais plus sûrement à la fin du Moyen Âge, les rois d'Europe occidentale (Angleterre, France, Espagne) tentent d'unifier leurs états en s'appuyant sur la féodalité et la légitimité définie par les juristes : les historiens parlent de monarchies féodales et de l'émergence des états nationaux.
À l'époque de la disparition du dernier empereur d'Occident (), les rois barbares ont implanté une nouvelle forme de pouvoir, jetant les bases de la royauté médiévale. Si l'élection reste en vigueur de manière théorique, le pouvoir royal se transmet dans les faits au sein d'une même famille d'ascendance noble ou sainte qui forme une dynastie. Le roi du Moyen Âge prend sous sa protection son peuple : pendant le haut Moyen Âge et encore au Moyen Âge classique, les sources écrites évoquent le roi des Francs (rex francorum), par exemple.
Quelques-uns de ces rois sont sacrés (le roi des Wisigoths, le roi d'Angleterre, le roi des Francs à partir de 752), ce qui les place au-dessus des autres seigneurs ; tous sont couronnés et portent des insignes (regalia) symbolisant leur autorité et leur mission. Et surtout, le souverain médiéval gouverne en étroite collaboration avec le clergé chrétien. Dans les états pontificaux, le pape renforce sa puissance et devient un véritable monarque au ; il lui arrive même de s'opposer violemment aux empereurs (Querelle des Investitures avec l'empereur germanique) et d'utiliser l'arme de l'excommunication.
Enfin, l'empereur est un souverain particulier : il entend exercer un pouvoir universel, du moins en théorie, et protéger l'Église. Il se réclame de l'héritage romain (Charlemagne, Otton Ier) et se trouve le seul à recevoir sa couronne des mains du pape..
La vassalité existait déjà pendant le Haut Moyen Âge. Le système évolue en relations féodo-vassaliques au cours du .
La cérémonie suit des règles très précises. Le vassal avance devant son futur seigneur la tête nue en signe de respect. Il s'agenouille, devant lui, pour lui exprimer son humilité, les mains jointes. Le seigneur les prend entre les siennes et le relève.
Le jeune vassal reçoit un fief(le plus souvent une terre qui appartient au seigneur ou un droit de prélever des taxes sur un pont par exemple) et, en échange, il jure sur les saintes écritures, ou sur une relique, sa fidélité au seigneur.
La vocation militaire de la ville décline au profit du château-fort mais elle-même s'enferme derrière des murailles. La civilisation urbaine (mise à mal durant l'Antiquité tardive) connaît un nouvel essor au Moyen Âge central. La ville redevient le lieu du pouvoir et les capitales se développent (Paris sous Philippe Auguste). Les villes deviennent des centres de production et connaissent l'émergence d'une nouvelle couche sociale : la bourgeoisie ; auparavant, les villae (grands domaines ruraux) jouaient ce rôle (de l'Antiquité jusqu'à la fin de la période carolingienne).
Pendant le haut Moyen Âge et le Moyen Âge central
Pendant le Bas Moyen Âge (à partir du XIIe siècle)
L'art médiéval est essentiellement un art religieux : en architecture, aux églises romanes de la période rurale, succèdent, dans la phase d'essor urbain, les grands chantiers des cathédrales gothiques. Les sculptures sont déjà présentes dans la période dite romane, avec des thèmes souvent inspirés de l'Ancien Testament. Les thèmes se diversifient, et la statuaire devient un art à part entière dans la période dite gothique (cathédrale de Reims). Le vitrail apparaît dans les cathédrales gothiques.
Contrairement à une idée souvent répandue, on lit beaucoup d'auteurs antiques au Moyen Âge. Cela se passe dans les scriptoria des monastères, qui reproduisent les livres des auteurs latins en écriture caroline, sur des manuscrits enluminés, puis dans les écoles urbaines (à partir du ) et les universités (à partir du ).
D'après les manuscrits dont on connaît aujourd'hui l'existence - ce qui ne préjuge pas de celle d'autres ouvrages - on peut affirmer qu'à l'époque carolingienne, on connaît Platon. À l'époque ottono-clunisienne (920-1000), on trouve lArt d'aimer d'Ovide, lAratea de Cicéron , Tite-Live, Salluste, Térence, Plaute, Catulle. On assiste à un renouveau des études sur Aristote (Abbon de Fleury,...). Gerbert d'Aurillac (Sylvestre II, pape de l'an mil) avait une culture exceptionnelle, et connaissait notamment Stace, Juvénal, Perse, Ovide, Salluste, César, Sénèque, Pline l'Ancien, Cicéron, saint Augustin.
De 1060 à 1200, une véritable renaissance peut être observée, avec la présence d'œuvres de Cicéron (œuvres philosophiques et morales), Suétone, Sénèque, mais aussi des poètes Virgile, Lucain, Stace, Juvénal, Perse, Martial, Ovide. Il s'agit surtout d'auteurs latins, en grande partie en raison des relations avec Byzance sont très distendues.
La musique du Moyen Âge est à la fois profane et sacrée.
A côté de la philosophie et de la religion, la tradition populaire véhicula aussi une culture éminemment riche de récits, de croyances, de coutumes, de moeurs, de légendes, de contes, de musiques, de danses, de jeux, d'habitude de vie... Dont la compréhension est parfois difficilement appréciable à l’heure actuelle. Citons, à titre d’exemple, la faune fantastique qui parcourait les croyances médiévales, telle que le dragon ou la sirène.
Sur l'astronomie spécifiquement : l'héritage grec développé par l'Islam et transmis à l'occident
A l'époque de Charlemagne eurent lieu les premiers contacts avec les peuples de confession musulmane : essentiellement par les guerres dans les marches d'Espagne.
A partir des premières décennies du , et jusque dans le courant du , l'empire carolingien fut attaqué et envahi de trois côtés :
Lorsque les abbayes furent pillées, ce le fut par les Vikings. Cependant, les hommes de l'époque de Charlemagne ne faisaient pas la différence entre les Sarrasins (qui provenaient de la civilisation musulmane alors en pleine expansion), et les autres peuples envahisseurs. Tous étaient considérés comme "païens" (plutôt péjoratif), ou même "infidèles".
A partir de la fondation de Cluny (909 ou 910) et jusqu'en 950 environ, la situation se rétablit dans les monastères où la vie monastique se restructura progressivement grâce à la règle de saint Benoît remise à jour par Benoît d'Aniane.
On a vu que Gerbert d'Aurillac, futur Sylvestre II (pape de l'an mille) avait une culture exceptionnelle pour son époque. Il était non seulement mathématicien, mais avait une grande connaissance des auteurs antiques.
Gerbert d'Aurillac tenait cette connaissance en grande partie des contacts qu'il eut en Espagne, en Catalogne. Il apprit ainsi l'existence des travaux de grands savants arabes (Al-Khuwarizmi...).
Gerbert d'Aurillac fut le premier à introduire les oeuvres d'Aristote en occident. Comme écolâtre d'école de Reims, il réintroduisit les arts libéraux, et particulièrement le quadrivium, qui n'était presque plus enseigné dans les monastères.
L'expansion musulmane conduisit certains peuples rattachés à l'islam à conquérir Jérusalem. Les Lieux saints du christianisme, qui faisaient partie de longue date de l'espace chrétien (l'empire romain d'Orient à partir de Théodose, puis l'empire byzantin), ne sont alors plus accessibles facilement aux pélerins occidentaux. Quelque temps après l'invasion, les pélerins peuvent encore accéder à la ville sainte, puis vient une époque où cet accès est interdit.
Les autorités religieuses débattent de l'attitude à adopter, et finalement, pour des raisons que l'on ne connaît pas bien, le pape Urbain II, lors du concile tenu à Clermont en novembre 1095 lance un appel à la "croisade" en Terre sainte pour combattre les infidèles. La première croisade se déroule de 1096 à 1099. Jérusalem est prise par les croisés en 1099 dans des conditions atroces.
Une deuxième croisade a lieu de 1147 à 1149, à l'instigation de Bernard de Clairvaux qui prêche à Vézelay. Il faut noter l'attitude de tolérance de François d'Assise, qui intervient pacifiquement lors d'un conflit entre les croisés et les musulmans. Ces premiers contacts ont commencé à faire prendre conscience de l'existence de la science arabe. On commença d'utiliser la médecine arabe pour soigner les blessés.
Progressivement, le champ d'intérêt ira croissant. L'Occident va découvrir la philosophie et la science arabe. Les auteurs grecs, viendront dans une deuxième phase avec Aristote et d'autres auteurs.
Ces échanges se font aux points de contacts entre les deux civilisations : Égypte, Syrie, Espagne (Andalousie), Sicile.
Les savants arabes les plus marquants sont Al-Farabi (philosophe turc, 872-950), Avicenne (Ibn Sina, 980-1037), , et Averroès. Les savants juifs jouent aussi un très grand rôle dans ces échanges, il faut citer le médecin Maïmonide.
Sur la science arabe :
C'est aussi grâce aux contacts avec la civilisation arabe que l'on redécouvrit vraiment la philosophie et les sciences grecques, notamment Aristote, mais aussi d'autres auteurs, soit des philosophes, soit des scientifiques, que la civilisation musulmane s'était appropriée (avec les connaissances issues de l'Inde et de Babylone) avant de développer son propre savoir.
Cette redécouverte se fit non seulement à Tolède, mais aussi à Palerme, à Rome, à Venise, à Pise. La vision que l'on avait de la philosophie grecque (via saint Augustin) était encore très platonicienne et incomplète. En effet, les contacts directs avec l'Orient étaient peu développés depuis le Grand Schisme d'Orient (1054).
En philosophie, cela concerne notamment tout l'Organon, puis la Physique d'Aristote ; en géométrie, les travaux d'Euclide, et en géographie et cartographie, l'œuvre de Ptomélée, celle d'Almageste, en particulier en ce qui concerne le planisphère, mais aussi l'optique.
Des équipes d'italo-grecs traduisirent aussi à partir de 1150, des ouvrages directement du grec en latin. Cela se produisit en Sicile (Palerme), à Venise, et à Pise. Cela concerna des œuvres d'auteurs grecs : la philosophie de Platon, Galien et Hippocrate en médecine, ainsi que des auteurs orientaux comme Grégoire de Nysse, Saint Jean Chrysostome et Jean Damascène.
Les deux grands savants arabes que sont Avicenne (Ibn Sina, 980-1037), et Averroès, ont beaucoup apporté sur ce point à la civilisation occidentale, ainsi que Maïmonide, dont Thomas d'Aquin s'est fortement inspiré quelques décennies plus tard. En fait, tous les occidentaux n'acceptèrent pas facilement cette philosophie : Bernard de Clairvaux eut des accrochages avec Averroès.
Néanmoins, au , dans les écoles urbaines, on reprit l'étude des œuvres d'Aristote. Les grands principes de cette philosophie sont alors struturés en plusieurs grandes branches, notamment : la logique (Organon), la métaphysique et l'éthique. En particulier , dans l'éthique à Nicomaque, Aristote expose les principes de la téléologie et les quatre causes (dont la cause finale).
Thomas d'Aquin, au , fit une synthèse des textes du christianisme et de la philosophie d'Aristote dans la somme théologique, qui constitue l'une des bases de la théologie chrétienne, encore de nos jours. Les enseignements de cette philosophie furent donnés dans l'école scolastique à partir du . Les nouvelles sciences ainsi acquises prirent place à côté des sept arts libéraux. La rhétorique, dans le trivium, conserva une place importante.
On notera que l'école scolastique sous la forme qu'elle avait au , eut du mal, dans les siècles suivants (au notamment, avec l'affaire Galilée) à se renouveler. En effet, Aristote () adoptait une représentation géocentrique de l'Univers, comme Ptolémée au . À partir du , Descartes combattit la philosophie scolastique, probablement parce qu'elle retenait la théorie du géocentrisme via Aristote.
Pour cette raison encore, la philosophie d'Aristote, avec la métaphysique, fut décriée jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Le géocentrisme n'est pourtant qu'une petite partie du système philosophique d'Aristote.
Middeleeue | عصور وسطى | Edá Media | Средновековие | Krennamzer | Srednji vijek | Edat mitjana | Středověk | Canol Oesoedd | Middelalderen | Mittelalter | Μεσαίωνας | Middle Ages | Mezepoko | Edad Media | قرون وسطی | Keskiaika | Idade Media | ימי הביניים | Srednji vijek | Középkor | Abad Pertengahan | Mez-epoko | Medioevo | 中世 | Oesow Kres | Medium Aevum | Middeliewe | Viduramžiai | Viduslaiki | Среден век | Middelöller | Middeleeuwn | Middeleeuwen | Mellomalderen | Middelalderen | Mouoyen Âge | Średniowiecze | Idade Média | Evul Mediu | Средние века | Middle Ages | Srednji vek | Mesjeta | Средњи вијек | Medeltiden | Zama za Kati | Gitnang Panahon | מיטל אלטער | 中世纪
This article is licensed under the GNU Free Documentation License.
It uses material from the
"Moyen Âge".
Home Page • arts • business • computers • games • health • hospitals • home • kids & teens • news • physicians • recreation• reference • regional • science • shopping • society • sports • world