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Le Moyen Âge occidental est l'époque de l'Histoire située entre l'Antiquité et l'Époque moderne, donc grossièrement entre 500 et 1500 après Jésus Christ. Elle s'étend donc sur une période de 1000 ans.

Traditionnellement, on fait commencer le Moyen Âge à la déposition du dernier empereur romain d'Occident Romulus Augustule (* vers 460 – † après 511) par Odoacre en 476. Cependant, beaucoup d'historiens contemporains font perdurer l'Antiquité au-dela de cette date traditionelleVoir à ce sujet l'article Antiquité tardive. Il est à noter que tout événement unique ne peut jouer qu'un rôle symbolique dans un changement d'époque, qui en fait est un processus. Certains historiens retiennent aujourd'hui la mort de Clovis Ier au 27 novembre 511 comme date conventionelle de la fin de l'Antiquité. Ainsi, ils font commencer le Moyen Âge symboliquement avec la mort de Sainte Geneviève le 3 janvier 512.

La fin du Moyen Âge est généralement située entre 1440 et 1500 ; plusieurs dates symboliques ont été proposées par les historiens :

Plus généralement, les grandes découvertes marquent le début de ce qu'on peut déjà appeler la mondialisation (accroissement des échanges entre différents pays distants, permis par de nouvelles inventions et découvertes…). Les limites exactes du Moyen Âge font encore l'objet de débats entre historiens.

Le terme « Moyen Âge » fut inventé par Flavio Biondo de Forlì. En français, l'adjectif correspondant à « Moyen Âge » est « médiéval ». « Moyenâgeux », quant à lui, est péjoratif, ou du moins vieilli. L'histoire du Moyen Âge, en tant que discipline, se nomme aussi « Histoire médiévale ». Un historien qui étudie le Moyen Âge est appelé « médiéviste ».

Le Moyen Âge a longtemps été défini par opposition à la Renaissance qui l'aurait suivi. L'historiographie contemporaine a plutôt tendance à considérer la Renaissance comme une période de transition entre époque médiévale et époque moderne, aux limites chronologiques assez floues (grosso modo de 1420 à 1630). On peut donc parler à bon droit d'une période médiévale de la Renaissance.

Quelles limites pour le Moyen Âge ?


Limites extrêmes

Afin de découper l'Histoire en périodes cohérentes, les historiens ont tenté de s'appuyer sur des événements majeurs illustrant ou provoquant une modification profonde de la politique et de la société. Mais il est rare qu'il y ait un consensus sur telle ou telle date pour définir une limite de période. C'est le cas en ce qui concerne les limites du Moyen Âge, particulièrement son commencement. Les plus communément admises vont de la chute de l'Empire romain d'Occident en 476, jusqu'à 1492, date de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb et de la chute de Grenade (fin de la Reconquista).

Mais d'autres dates repères sont possibles, pour le début du Moyen Âge :


Ces différentes options indiquent combien une césure événementielle claire est difficile à trouver pour marquer le début du Moyen Âge : par certains traits, l'Empire romain avait déjà fortement changé avant la fin de l'Antiquité. Par exemple, les empereurs du abandonnent la toge et les tuniques classiques, adoptant les braies des légionnaires, majoritairement d'origine celte ou germanique. C'est également au que l'amphore est abandonnée pour le tonneau, bien plus économique. Enfin, c'est à cette époque que nombre de peuples barbares deviennent fédérés, établissant des relations durables avec le monde romain. L'Empire romain avait donc déjà perdu certains caractères antiques.



L'unité politique, monétaire, linguistique et culturelle du monde romain sur le grand territoire que représente la Méditerranée a subi trois disloquations:

  1. sur l'axe Est-Ouest, puisque la division d'abord uniquement administrative de l'Orient et de l'Occident est devenue très politique;
  2. sur l'axe Nord-Sud, puisque les Vandales, puis les Arabes conquièrent l'Afrique du Nord;
  3. interne, puisque l'Europe se scinde en plusieurs entités nationales.

Aussi, certains historiens – en premier lieu l'historien allemand A. Riegl au début du – ont repoussé la limite d'une période dénommée « Antiquité tardive » (Spätantike), en mettant justement l'accent sur la permanence de traits caractéristiques de la fin de l'Antiquité jusqu'au règne de Charlemagne. Une telle conception s'est d'abord imposée chez les historiens des « franges » du monde romain, où sa pertinence était plus évidente. À l'inverse, en France, il fallut attendre 1977 avec Henri-Irénée Marrou (dans Décadence romaine ou Antiquité tardive ?) pour qu'on s'interroge sur l'utilité d'une telle période, notamment pour mettre fin à l'appellation péjorative de « Bas Empire ». Et aujourd'hui encore, histoire ancienne et médiévale se partagent la connaissance des temps qui vont du au .

Pour la fin du Moyen Âge, d'autres dates que 1492 ont été proposées, mais fondamentalement elles ne remettent pas en cause la limite supérieure de la période :

  • la chute de Constantinople (1453), qui est la fin de l'Empire byzantin et l'entrée de l'empire ottoman (turc) sur l'échiquier européen (utilisée en histoire de l'art surtout). La chute de Constantinople provoque en outre l'afflux vers l'Italie de moines apportant avec eux des manuscrits qu'ils conservaient depuis l'Antiquité. La redécouverte de ces manuscrits marque le début de la Renaissance ;
  • l'invention de l'imprimerie à caractères métalliques mobiles par Gutenberg (1453), dont aurait découlé une révolution culturelle selon Marshall McLuhan dans La Galaxie de Gutenberg (privilégiée par l'historiographie allemande)
  • la promulgation par Martin Luther de ses 95 thèses (1517), qui marque les débuts de la Réforme qui fera voler en éclats la relative unité religieuse de l'Occident médiéval.

La fin du Moyen Âge est également marquée par l'instauration d'États centralisés gouvernés par les grandes monarchies : la France de François I (1515-1547), l'Espagne de Charles Quint (1515-1556), l'Angleterre de Henri VIII (1509-1547) et l'Empire ottoman de Soliman le Magnifique (1520-1566).

Découpages internes

Pour les historiens français, le Moyen Âge est traditionnellement subdivisé entre Haut Moyen Âge et Bas Moyen Âge ; au Bas Moyen Âge succédant le Haut Moyen Âge (sic).

Les historiens allemands et anglais subdivisent le Moyen Âge traditionnellement en trois parties. Ils placent entre un « Moyen Âge précoce » (all. de:Frühmittelalter, angl. en:Early Middle Ages) et un « Moyen Âge tardif »Voir l'article allemand de:Spätmittelalter et l'article anglais en:Late Middle Ages à ce sujet, une époque centrale qu'ils appellent le « Haut Moyen Âge »Voir l'article allemand de:Hochmittelalter et anglais. en:High Middle Ages à ce sujet.
Dans leur conception, il n'existe pas de « Bas Moyen Âge ».

Autres découpages proposés
= Découpage interne en deux parties
= Ivan Gobry distingue :
  • le Moyen Âge ancien (du au ), pendant lequel les peuples se déplacent ainsi que les frontières.
    C'est aussi la période d'expansion des Francs, avec l'apogée de l'empire de Charlemagne (800-814).
  • Puis arrive le Moyen Âge récent ( au ) au cours duquel ont lieu la Reconquista en Espagne,
    la constitution puis l'effondrement de l'État Plantagenêt et l'affirmation de la dynastie capétienne.

= Découpage interne en trois parties
= Régine Pernoud propose :
  • Le Haut Moyen Âge (de la chute de l'Empire romain à Charlemagne),
  • l'époque carolingienne, l'âge féodal (milieu du à la fin du ) et
  • le Moyen Âge pour les et s.

Jacques Le Goff propose :

Robert Fossier propose :

= Découpage interne en quatre parties
=   Récemment, le polymathe contemporain Michael Florencetime proposa le découpage suivant :

  '''Nom de l'époque   '''Dates '''Durée  '''Évènements marquants les points extrêmes de l'époque
  Moyen Âge précoce
512 768
256 ans  De la mort de Sainte Geneviève à la mort de Pépin III. dit le Bref.

  Haut Moyen Âge

768 1024
256 ans  De Charlemagne à la mort de l'empereur Henri II, dernier ottonien.

  Bas Moyen Âge

1024 1280
256 ans  De Conrad II, premier empereur salien à la mort d'Albert le Grand

  Moyen Âge tardif

1280 1492
212 ans  Jusqu'à la dite découverte de l'Amérique par Christophe Colomb.

1. Après la disparition de Romulus Augustule en 511 et la mort de Clovis Ier la même année, l'histoire du « Moyen Âge précoce » en Occident – suivant ce découpage proposé – est l'histoire du royaume mérovingien après sa conquête par Clovis Ier, puis, après Childéric III, l'histoire des premier caroliniens arrivés au trône en 751, jusqu'à la mort de Pepin le Bref.

2. L'époque du « Haut Moyen Âge » serait l'histoire depuis le couronnement de Charlemagne et de son frère Carloman jusqu'au dernier empereur ottonien Henri le Saint.

3. Le « Bas Moyen Âge » commencerait, selon ce découpage, avec l'avènement de la dynastie franconienne en 1024 et aurait duré jusqu'à la mort d'Albert le Grand en 1280.
En tout, neuf croisades – entre 1096 et 1272 – marquent l'époque du Bas Moyen Âge. En France, Louis IX meurt en 1270, donc toute à la fin de ce Bas Moyen Âge.

4. Après la mort, en 1250, du dernier empereur de la dynastie Hohenstaufen Frédéric II, l'empire germanique et toute la civilisation médiévale connaît une crise grave et longue qui se manifeste dans l'interrègne de 1257 à 1273. Les villes germaniques s'unissent en fondant des ligues – dont la plus connue est la Hanse – l'Empire latin de Constantinople est disloqué en 1261, tout comme le Royaume latin de Jérusalem en 1291. La même année, en 1291 la Confédération hélvétique se forme. Les vêpres siciliennes – provoquées indirectement par cette instabilité – avait lieu en 1282. L'ordre des Templiers, créé lors des croisades, disparaît finalement en 1312.

  • Sur le plan philosophique, la scolastique tardive, et particulièrement le thomisme domina le Moyen Âge tardif. Néanmoins, très tôt, il fut contesté sérieusement par des penseurs comme Roger Bacon ou Guillaume d'Occam qui laissent entrevoir déjà les prémisses de la Renaissance et les débuts de l'Humanisme.
  • Sur le plan militaire, l'invention de la poudre à canon – en Europe – dans le seconde moitié du XIIIe siècle et sa première utilisation dans les guerres au cours du siècle qui suive signifie également une différence radicale par rapport aux temps précédents.
Michael Florencetime laisse finir le Moyen Âge à sa date traditionnelle en 1492, 300 ans avant la chute de l'Ancien Régime. Suivent les trois siècles de l'Époque moderne antérieure.

Voir aussi : Antiquité tardive

Principales caractéristiques de l'Occident médiéval


Définition de l'Occident

Le mot "occident" désigne à la fois un territoire et une civilisation au Moyen Âge. Le territoire de l'Occident couvre l'ouest de l'Europe (le terme Europe est très peu employé avant la Renaissance), sans recouper exactement les limites de l'empire romain d'occident.

Les limites orientales de cet ensemble sont floues et mouvantes au cours de la période. En tant que civilisation, l'Occident est le domaine du christianisme romain, dont la langue est le latin. Il s'oppose aux territoires des païens, des infidèles musulmans.

A partir de l'époque carolingienne, et surtout après le Grand Schisme d'Orient (1054), l'occident chrétien et l'empire byzantin se séparent, pour des raisons qui sont bien davantage politiques que théologiques. Cette séparation donne deux branches du christianisme, catholicisme et orthodoxie. cette dichotomie culturelle correspond aux deux anciennes moitiés de l'empire romain issues du partage de 395 : l'orient (culture grecque), et l'occident (culture latine). La rupture avec Byzance est consommée en 1204, lorsque Constantinople est prise par les croisés de la IVe croisade. Cet épisode laissera des blessures profondes.

Le primat unificateur de la culture ne doit pas faire oublier les divisions politiques et linguistiques qui émergent dès l'époque carolingienne. L'apparition des langues vulgaires et plus tard du protestantisme remet en question la prétendue unité occidentale. L'Occident est donc au Moyen Âge synonyme de Chrétienté latine et s'étend de façon remarquable grâce à l'action des missionnaires et des croisés, avant de conquérir des mondes nouveaux, avec les grandes découvertes du .

La religion chrétienne

Le christianisme est au cœur de l'histoire médiévale : il modèle la pensée de la période, principalement en raison de son universalisme et à cause de la montée en puissance de l'Église catholique organisée autour de la papauté de Rome. Les frontières de l'occident médiéval qui échappe à toute unité politique, se confondent aussi avec celles de la chrétienté.

Organisation de l'Église

Devenu religion d'État dans l'Empire romain pendant l'Antiquité tardive (à partir de l'édit de Milan, en 313), le christianisme, en effet, se diffuse au haut Moyen Âge à partir de plusieurs foyers : l'Irlande, les royaumes francs, les royaumes anglo-saxons et Rome.

La dilatation de la chrétienté s'accompagne de la mise en place de la hiérarchie ecclésiastique — l'Église en venant à désigner cette dernière — et la papauté, qui se hisse à la tête de celle-ci, devient un des principaux pouvoirs en occident : l'évêque de Rome, dont l'autorité spirituelle s'appuie sur la primauté du siège de l'apôtre Pierre, devient le souverain pontife.

Cette évolution est lente (V – ) et se heurte à de nombreux obstacles :

  • en premier lieu, à des résistances internes : les dogmes de l'Église catholique, formulés lors des conciles, se définissent progressivement et doivent triompher des hérésies (l'arianisme des Wisigoths demeure la foi des rois de la péninsule ibérique jusqu'au ; celui des Lombards menace un temps — jusqu'au milieu du — Rome de disparition).

Bientôt, le christianisme romain doit s'imposer face à Byzance, notamment pendant la crise iconoclaste ( 726843). Au , la rupture avec le christianisme oriental est consommée, mettant fin au problème.

Presque aussi importante est la question de l'adoption d'une liturgie unique : les Églises nationales possèdent leurs propres traditions qui ne se fondent que progressivement : la liturgie irlandaise, qui fixe la fête de Pâques à une date différente, l'emporte dans les îles britanniques jusqu'au synode de Whitby (664). En développant la mission chrétienne (à partir de 610) et en tissant des relations privilégiées avec les souverains « barbares » (notamment, en s'appuyant sur les rois anglo-saxons et sur l'expansion des Francs en Germanie), Rome parvient partout à unifier les traditions de l'Église et dans le même temps, à affirmer son rôle à la tête de celle-ci, sauf chez les Slaves qui demeurent dans la sphère d'influence byzantine.

  • Des résistances externes s'opposent à l'influence de la papauté, parce que les pouvoirs laïcs entendent s'immiscer dans les affaires de l'Église et diriger celle-ci dans leur aire d'influence : les rois lombards, tout d'abord, veulent soumettre l'Église romaine. Aussi, le pape fait appel aux Carolingiens (milieu du ), mais ces derniers, comme leurs prédécesseurs, ne se privent pas pour distribuer les terres de l'Église à des laïcs. Lorsque l'Empire chrétien renaît en occident (800), le rapport entre les pouvoirs de l'Empereur et du pape ne sont pas définis autrement qu'en termes de rapport d'influences. Il tourne dans un premier temps au détriment de la papauté, alors que l'Église, mais aussi le pouvoir impérial traverse à tous points de vue une crise grave, au , et il faut attendre la réforme grégorienne (seconde moitié du – premier tiers du ) pour que le pape n'affronte l'Empereur germanique, lors de la querelle des Investitures. Cette dernière, qui s'achève sur un compromis, est déterminante pour assurer l'indépendance du siège apostolique. Au , enfin, la papauté triomphe, grâce à son arme principale : l'excommunication, à son rôle dans l'essor de la chrétienté, à travers la croisade, mais aussi grâce à son pouvoir temporel et grâce à ses richesses. Le pape Innocent III applique lors de son « règne » (11981216) les principes de la théocratie pontificale, qu'avaient formulés pour la première fois les Dictatus Papae (1075).

Christianisation de l'Europe

L'essor de l'Église ne peut être dissocié de l'effort de christianisation de la société et des consciences : cette dernière demeure un combat constant durant tout le Moyen Âge.

Selon les conceptions chrétiennes, conformément au modèle des apôtres dans les évangiles, l'Église conçue comme l'assemblée des fidèles unis dans la foi doit se répandre « jusqu'aux confins de la terre ». Pour cela, elle peut s'appuyer sur le soutien de ses membres influents — comme en Germanie, où elle accompagne le conquérant franc — mais surtout, elle doit reposer sur un acte d'adhésion volontaire et, en cela, elle ne peut compter que sur les effets de la prédication : cet état de fait est à l'origine du double visage de l'expansion chrétienne au Moyen Âge : à la fois pacifique et d'ordre spirituel, mais aussi marquée par la guerre et par la violence.

  • Diffusion du christianisme pendant le Haut Moyen Âge :
Durant le haut Moyen Âge, les missions chrétiennes de prédicateurs isolés, appuyés par Rome lorsqu'elle le peut, repoussent avec succès les limites politiques de la chrétienté en amenant à la conversion des rois barbares et en s'appuyant sur l'influence des rois chrétiens — comme les rois francs, dont l'adhésion au christianisme remonte à Clovis (496 ou 498) — mais leur préoccupation dernière, qui est de faire entendre le message du Christ aux peuples des derniers, demeure un objectif des plus difficiles à quantifier. Elles sont le plus souvent l'œuvre de moines, comme saint Colomban en Gaule, saint Augustin de Canterbury dans le Kent ou saint Boniface en Frise.

À cette fin, l'Église se heurte également à des résistances à l'intérieur même de la chrétienté, où le clergé séculier est à la tête de l'encadrement des fidèles, surtout dans les campagnes : symptomatique, le mot « païen » — paganus, celui qui habite la campagne — désigne celui qui pratique l'ancienne religion polythéiste avant de désigner tout ce qui n'est pas chrétien. Le respect de la morale chrétienne, en particulier, fait l'objet d'injonctions des conciles, des synodes mérovingiens, puis carolingiens. Ces derniers ne cessent de rappeler les interdits, notamment l'esclavage, de condamner les coutumes païennes et de tenter de limiter la violence privée.

  • Réformes, lutte contre la violence et les hérésies Pendant la période féodale, les synodes s'attachent à lutter contre les violences seigneuriales (Paix de Dieu, trêve de Dieu), la vente des sacrements et des fonctions ecclésiastiques (simonie), les clercs indignes (nicolaïsme), et enfin contre les hérésies.

    Ces dernières se développent sporadiquement (autour de l'an Mil) et, très rarement, s'installent durablement comme en Languedoc, avec le Catharisme ou en Bohême, avec Jean Hus (13691415), etc. À partir du , la papauté peut s'appuyer pour cette tâche sur les ordres mendiants, franciscains et surtout, dominicains.

    Mais la tentation du recours à la force est grande et la violence caractérise souvent, en dernier recours, le combat pour l'unité de l'Église, qu'implique sa première définition : elle marque la « christianisation » forcée de la Saxe par Charlemagne (seconde moitié du ), donne lieu à la croisade des Albigeois, à la naissance du tribunal de l'Inquisition sous le pape Grégoire IX (12271241), aux guerres hussites, etc.

    Les manifestations de la foi chrétienne
    Les fidèles manifestent leur foi de façon ostensible et la religion est omniprésente : des milliers de personnes répondent aux appels à la croisade ou se lancent sur les chemins de pélerinage. Des sommes considérables sont engagées pour ériger des églises par dizaines. On vient toucher les reliques et on les sort pendant les processions. La frontière entre le sacré et le profane est toujours ténue : la peur de l'enfer et du diable motive bien des comportements.

    L'importance économique, sociale et culturelle de l'Église médiévale
    • L'Église perçoit des impôts tels que la dîme dans le royaume de France. Elle reçoit des dons en terres, en meubles ou en argent de la part des puissants qui attendent en retour son aide spirituelle (prières) et politique. Les grandes abbayes disposent de biens fonciers parfois très étendus sur lesquels elles prélèvent des redevances et imposent des tonlieux. Dans le Saint Empire Romain Germanique, les évêques deviennent de véritables seigneurs à la tête de riches principautés.
    • Le clergé se fait obéir et respecter des fidèles. Il distribue les sacrements nécessaires au Salut de l'âme. Le curé qui baptise les enfants, marie les couples, bénit les moissons et entend les confessions est un personnage incontournable de la vie quotidienne. L'église et le cimetière sont au cœur du village et sont des lieux d'asile et de réunion. Les cloches rythment le temps et le calendrier célèbre les temps forts de la vie de Jésus. Le clergé exerce des fonctions sociales telles que la charité, l'éducation (écoles monastiques puis épiscopales), les soins (hôtel-dieu, hospice).
    • Arts et culture
    Un aspect majeur de la religion au Moyen Âge est son rôle dans les arts et la culture : dès l'Antiquité tardive, en effet, la culture latine classique se réfugie dans les monastères, où l'on continue à enseigner le trivium et le quadrivium. Face à l'illettrisme du peuple et des aristocrates barbares, ces derniers et, plus largement, l'Église, demeurent le cadre par excellence où survit l'Écrit : les lettrés, théologiens, hagiographes et chroniqueurs qui témoignent de leur temps, sont des moines ou des évêques. Certaines idées héritées de la Rome antique, comme celle de l'État, qui disparaît au , y sont conservées et pénétrées par le christianisme.

    À travers la renaissance carolingienne, portée par Alcuin, la réforme clunisienne, la réforme grégorienne, puis avec la création des ordres mendiants et l'essor des Universités, au , les renouveaux culturels et spirituels émanent des gens de religion.

    L'art roman qui se diffuse avec Cluny et l'art gothique, qui naît à Saint-Denis avant de gagner l'Europe entière sont des arts religieux. Il faut en fait attendre la fin du Moyen Âge ( – ) pour qu'une culture profane se développe à nouveau en France, dans l'entourage royal des légistes et en raison des démêlés du roi avec la papauté.

    Enfin, en toute logique dans ce contexte, les textes à partir desquels se forme l'idéologie — en particulier de la société et du pouvoir — au Moyen Âge sont les sources chrétiennes : l'Ancien testament donne son cadre à la royauté médiévale (Charlemagne est comparé au roi David), les œuvres des Pères de l'Église (notamment, saint Jérôme et, surtout, saint Augustin avec La cité de Dieu) encadrent les rapports sociaux et enfin, le Nouveau testament, dont les Évangiles fournissent à la fois l'exemple de vie apostolique qui anime les ordres mendiants et le terreau de l'humanisme à travers l'Incarnation, se trouve à l'origine du renouveau idéologique qui marque la fin de la période. Aussi, dans une large mesure, la religion chrétienne inspire et modèle la société médiévale en lui fournissant à la fois sa hiérarchie (au sommet de laquelle se trouve le roi, intermédiaire avec le Christ qui règne sur la hiérarchie céleste) et la première de ses institutions : l'Église, qui supplée à la disparition de l'État.

    La royauté médiévale

    L'Occident médiéval est gouverné par des souverains, mais qui n'ont pas tous les pouvoirs. La royauté est contractuelle et non absolue. La monarchie est le régime politique le plus répandu en Europe, même si des républiques apparaissent (République de Venise). Le roi doit tenir compte d'autres acteurs politiques telles que les princes, les seigneurs et l'Église. Au Moyen Âge classique, mais plus sûrement à la fin du Moyen Âge, les rois d'Europe occidentale (Angleterre, France, Espagne) tentent d'unifier leurs états en s'appuyant sur la féodalité et la légitimité définie par les juristes : les historiens parlent de monarchies féodales et de l'émergence des états nationaux.

    À l'époque de la disparition du dernier empereur d'Occident (), les rois barbares ont implanté une nouvelle forme de pouvoir, jetant les bases de la royauté médiévale. Si l'élection reste en vigueur de manière théorique, le pouvoir royal se transmet dans les faits au sein d'une même famille d'ascendance noble ou sainte qui forme une dynastie. Le roi du Moyen Âge prend sous sa protection son peuple : pendant le haut Moyen Âge et encore au Moyen Âge classique, les sources écrites évoquent le roi des Francs (rex francorum), par exemple.

    Quelques-uns de ces rois sont sacrés (le roi des Wisigoths, le roi d'Angleterre, le roi des Francs à partir de 752), ce qui les place au-dessus des autres seigneurs ; tous sont couronnés et portent des insignes (regalia) symbolisant leur autorité et leur mission. Et surtout, le souverain médiéval gouverne en étroite collaboration avec le clergé chrétien. Dans les états pontificaux, le pape renforce sa puissance et devient un véritable monarque au ; il lui arrive même de s'opposer violemment aux empereurs (Querelle des Investitures avec l'empereur germanique) et d'utiliser l'arme de l'excommunication.

    Enfin, l'empereur est un souverain particulier : il entend exercer un pouvoir universel, du moins en théorie, et protéger l'Église. Il se réclame de l'héritage romain (Charlemagne, Otton Ier) et se trouve le seul à recevoir sa couronne des mains du pape..

    La vassalité

    La vassalité existait déjà pendant le Haut Moyen Âge. Le système évolue en relations féodo-vassaliques au cours du .

    La cérémonie suit des règles très précises. Le vassal avance devant son futur seigneur la tête nue en signe de respect. Il s'agenouille, devant lui, pour lui exprimer son humilité, les mains jointes. Le seigneur les prend entre les siennes et le relève.

    Le jeune vassal reçoit un fief(le plus souvent une terre qui appartient au seigneur ou un droit de prélever des taxes sur un pont par exemple) et, en échange, il jure sur les saintes écritures, ou sur une relique, sa fidélité au seigneur.

    La féodalité

    La féodalité se passe du neuvième au 13e siècle. C'est une hiérarchie de la noblesse liant les membres entre eux. Le régime féodal est fait pour se protéger des envahisseurs, des guerres. Chaque seigneur s'engageait envers un seigneur plus puissant: il devenait son vassal. Le pouvoir d'un seigneur se mesurait au nombre de ses vassaux. Chaque vassal, en échange de leur loyauté, recevait un fief, un territoire. Tous les seigneurs sont des vassaux mais tous les vassaux ne sont pas des seigneurs.

    La vie des chevaliers

    La vocation militaire de la ville décline au profit du château-fort mais elle-même s'enferme derrière des murailles. La civilisation urbaine (mise à mal durant l'Antiquité tardive) connaît un nouvel essor au Moyen Âge central. La ville redevient le lieu du pouvoir et les capitales se développent (Paris sous Philippe Auguste). Les villes deviennent des centres de production et connaissent l'émergence d'une nouvelle couche sociale : la bourgeoisie ; auparavant, les villae (grands domaines ruraux) jouaient ce rôle (de l'Antiquité jusqu'à la fin de la période carolingienne).

    La civilisation médiévale


    L'essor urbain

    • La vocation militaire de la ville décline au profit du château-fort mais elle-même s'enferme derrière des murailles.
    • La civilisation urbaine (mise à mal durant l'Antiquité tardive) connaît un nouvel essor au Moyen Âge central. La ville redevient le lieu du pouvoir et les capitales se développent (Paris sous Philippe Auguste).
    • Les villes deviennent des centres de production et connaissent l'émergence d'une nouvelle couche sociale : la bourgeoisie ; auparavant, les villae (grands domaines ruraux) jouaient ce rôle (de l'Antiquité jusqu'à la fin de la période carolingienne).

    L'éducation et la culture

    Pendant le haut Moyen Âge et le Moyen Âge central

    • Les monastères (ordre de Cluny, puis Cîteaux) sont pendant longtemps les dépositaires de la culture écrite au Moyen Âge. La règle bénédictine impose en effet aux moines le travail intellectuel : les copistes travaillent à la production des livres dans les scriptoria.

    Pendant le Bas Moyen Âge (à partir du XIIe siècle)

    • Les écoles monastiques sont concurrencées par les écoles épiscopales au , puis par les universités au .

    • Les sciences et la philosophie acquis de la part de la civilisation arabo-musulmane (voir ci-dessous), ainsi que des auteurs grecs, viennent compléter les sept arts libéraux, sans les supprimer.

    • Dès le , la scolarisation des enfants se développe dans les villes, y compris celle des filles (auparavant l'enseignement était réservé aux clercs).

    L'art

    L'art médiéval est essentiellement un art religieux : en architecture, aux églises romanes de la période rurale, succèdent, dans la phase d'essor urbain, les grands chantiers des cathédrales gothiques. Les sculptures sont déjà présentes dans la période dite romane, avec des thèmes souvent inspirés de l'Ancien Testament. Les thèmes se diversifient, et la statuaire devient un art à part entière dans la période dite gothique (cathédrale de Reims). Le vitrail apparaît dans les cathédrales gothiques.

    Redécouverte d'auteurs antiques

    Contrairement à une idée souvent répandue, on lit beaucoup d'auteurs antiques au Moyen Âge. Cela se passe dans les scriptoria des monastères, qui reproduisent les livres des auteurs latins en écriture caroline, sur des manuscrits enluminés, puis dans les écoles urbaines (à partir du ) et les universités (à partir du ).

    D'après les manuscrits dont on connaît aujourd'hui l'existence - ce qui ne préjuge pas de celle d'autres ouvrages - on peut affirmer qu'à l'époque carolingienne, on connaît Platon. À l'époque ottono-clunisienne (920-1000), on trouve lArt d'aimer d'Ovide, lAratea de Cicéron , Tite-Live, Salluste, Térence, Plaute, Catulle. On assiste à un renouveau des études sur Aristote (Abbon de Fleury,...). Gerbert d'Aurillac (Sylvestre II, pape de l'an mil) avait une culture exceptionnelle, et connaissait notamment Stace, Juvénal, Perse, Ovide, Salluste, César, Sénèque, Pline l'Ancien, Cicéron, saint Augustin.

    De 1060 à 1200, une véritable renaissance peut être observée, avec la présence d'œuvres de Cicéron (œuvres philosophiques et morales), Suétone, Sénèque, mais aussi des poètes Virgile, Lucain, Stace, Juvénal, Perse, Martial, Ovide. Il s'agit surtout d'auteurs latins, en grande partie en raison des relations avec Byzance sont très distendues.

    L'art du manuscrit

    • L'art des manuscrits s'est aussi développé durant le Moyen Âge avec des enluminures et des miniatures en marge des textes sacrés ou liturgiques.

    La littérature

    La musique

    La musique du Moyen Âge est à la fois profane et sacrée.

    Le folklore

    A côté de la philosophie et de la religion, la tradition populaire véhicula aussi une culture éminemment riche de récits, de croyances, de coutumes, de moeurs, de légendes, de contes, de musiques, de danses, de jeux, d'habitude de vie... Dont la compréhension est parfois difficilement appréciable à l’heure actuelle. Citons, à titre d’exemple, la faune fantastique qui parcourait les croyances médiévales, telle que le dragon ou la sirène.

    Les progrès techniques

    • Le moulin hydraulique se répand dans l'Occident médiéval dès l'époque carolingienne.
    • L'introduction de la jachère, puis l'assolement triennal permettent d'accroître la productivité de l'agriculture.
    • Les rendements s'améliorent à partir de 1000 grâce à la diffusion d'outils en fer et à l'essor de la charrue.
    • La technique d'attelage : le collier d'épaules remplace le « collier de cou » et permet de tirer des charges plus lourdes.

    La guerre

    • Le Moyen Âge central est l'âge de la chevalerie, marqué par la supériorité de la cavalerie sur l'infanterie. Le service armé, appelé ost, fait partie des obligations du vassal envers son seigneur.
    • À la fin du Moyen Âge, les armes de tir (arc long anglais, puis armes à feu) annoncent la fin de la chevalerie.
    • Les premiers châteaux forts en pierre apparaissent à la fin du . Un grand nombre de villes médiévales sont entourées de remparts (Paris, Rouen, Carcassonne).

    Échanges avec la civilisation arabo-musulmane


    Sur l'astronomie spécifiquement : l'héritage grec développé par l'Islam et transmis à l'occident

    Premiers contacts

    A l'époque de Charlemagne eurent lieu les premiers contacts avec les peuples de confession musulmane : essentiellement par les guerres dans les marches d'Espagne.

    A partir des premières décennies du , et jusque dans le courant du , l'empire carolingien fut attaqué et envahi de trois côtés :

    Lorsque les abbayes furent pillées, ce le fut par les Vikings. Cependant, les hommes de l'époque de Charlemagne ne faisaient pas la différence entre les Sarrasins (qui provenaient de la civilisation musulmane alors en pleine expansion), et les autres peuples envahisseurs. Tous étaient considérés comme "païens" (plutôt péjoratif), ou même "infidèles".

    A partir de la fondation de Cluny (909 ou 910) et jusqu'en 950 environ, la situation se rétablit dans les monastères où la vie monastique se restructura progressivement grâce à la règle de saint Benoît remise à jour par Benoît d'Aniane.

    An mil : Gerbert d'Aurillac

    On a vu que Gerbert d'Aurillac, futur Sylvestre II (pape de l'an mille) avait une culture exceptionnelle pour son époque. Il était non seulement mathématicien, mais avait une grande connaissance des auteurs antiques.

    Gerbert d'Aurillac tenait cette connaissance en grande partie des contacts qu'il eut en Espagne, en Catalogne. Il apprit ainsi l'existence des travaux de grands savants arabes (Al-Khuwarizmi...).

    Gerbert d'Aurillac fut le premier à introduire les oeuvres d'Aristote en occident. Comme écolâtre d'école de Reims, il réintroduisit les arts libéraux, et particulièrement le quadrivium, qui n'était presque plus enseigné dans les monastères.

    Echanges par les croisades

    L'expansion musulmane conduisit certains peuples rattachés à l'islam à conquérir Jérusalem. Les Lieux saints du christianisme, qui faisaient partie de longue date de l'espace chrétien (l'empire romain d'Orient à partir de Théodose, puis l'empire byzantin), ne sont alors plus accessibles facilement aux pélerins occidentaux. Quelque temps après l'invasion, les pélerins peuvent encore accéder à la ville sainte, puis vient une époque où cet accès est interdit.

    Les autorités religieuses débattent de l'attitude à adopter, et finalement, pour des raisons que l'on ne connaît pas bien, le pape Urbain II, lors du concile tenu à Clermont en novembre 1095 lance un appel à la "croisade" en Terre sainte pour combattre les infidèles. La première croisade se déroule de 1096 à 1099. Jérusalem est prise par les croisés en 1099 dans des conditions atroces.

    Une deuxième croisade a lieu de 1147 à 1149, à l'instigation de Bernard de Clairvaux qui prêche à Vézelay. Il faut noter l'attitude de tolérance de François d'Assise, qui intervient pacifiquement lors d'un conflit entre les croisés et les musulmans. Ces premiers contacts ont commencé à faire prendre conscience de l'existence de la science arabe. On commença d'utiliser la médecine arabe pour soigner les blessés.

    Découverte des sciences arabes - (XIe-XIIe siècles)

    Progressivement, le champ d'intérêt ira croissant. L'Occident va découvrir la philosophie et la science arabe. Les auteurs grecs, viendront dans une deuxième phase avec Aristote et d'autres auteurs.

    Ces échanges se font aux points de contacts entre les deux civilisations : Égypte, Syrie, Espagne (Andalousie), Sicile.

    Les savants arabes les plus marquants sont Al-Farabi (philosophe turc, 872-950), Avicenne (Ibn Sina, 980-1037), , et Averroès. Les savants juifs jouent aussi un très grand rôle dans ces échanges, il faut citer le médecin Maïmonide.

    Sur la science arabe :

    Sciences et philosophie grecques

    C'est aussi grâce aux contacts avec la civilisation arabe que l'on redécouvrit vraiment la philosophie et les sciences grecques, notamment Aristote, mais aussi d'autres auteurs, soit des philosophes, soit des scientifiques, que la civilisation musulmane s'était appropriée (avec les connaissances issues de l'Inde et de Babylone) avant de développer son propre savoir.

    Cette redécouverte se fit non seulement à Tolède, mais aussi à Palerme, à Rome, à Venise, à Pise. La vision que l'on avait de la philosophie grecque (via saint Augustin) était encore très platonicienne et incomplète. En effet, les contacts directs avec l'Orient étaient peu développés depuis le Grand Schisme d'Orient (1054).

    En philosophie, cela concerne notamment tout l'Organon, puis la Physique d'Aristote ; en géométrie, les travaux d'Euclide, et en géographie et cartographie, l'œuvre de Ptomélée, celle d'Almageste, en particulier en ce qui concerne le planisphère, mais aussi l'optique.

    Des équipes d'italo-grecs traduisirent aussi à partir de 1150, des ouvrages directement du grec en latin. Cela se produisit en Sicile (Palerme), à Venise, et à Pise. Cela concerna des œuvres d'auteurs grecs : la philosophie de Platon, Galien et Hippocrate en médecine, ainsi que des auteurs orientaux comme Grégoire de Nysse, Saint Jean Chrysostome et Jean Damascène.

    Les deux grands savants arabes que sont Avicenne (Ibn Sina, 980-1037), et Averroès, ont beaucoup apporté sur ce point à la civilisation occidentale, ainsi que Maïmonide, dont Thomas d'Aquin s'est fortement inspiré quelques décennies plus tard. En fait, tous les occidentaux n'acceptèrent pas facilement cette philosophie : Bernard de Clairvaux eut des accrochages avec Averroès.

    Néanmoins, au , dans les écoles urbaines, on reprit l'étude des œuvres d'Aristote. Les grands principes de cette philosophie sont alors struturés en plusieurs grandes branches, notamment : la logique (Organon), la métaphysique et l'éthique. En particulier , dans l'éthique à Nicomaque, Aristote expose les principes de la téléologie et les quatre causes (dont la cause finale).

    Thomas d'Aquin, au , fit une synthèse des textes du christianisme et de la philosophie d'Aristote dans la somme théologique, qui constitue l'une des bases de la théologie chrétienne, encore de nos jours. Les enseignements de cette philosophie furent donnés dans l'école scolastique à partir du . Les nouvelles sciences ainsi acquises prirent place à côté des sept arts libéraux. La rhétorique, dans le trivium, conserva une place importante.

    Conséquences

    On notera que l'école scolastique sous la forme qu'elle avait au , eut du mal, dans les siècles suivants (au notamment, avec l'affaire Galilée) à se renouveler. En effet, Aristote () adoptait une représentation géocentrique de l'Univers, comme Ptolémée au . À partir du , Descartes combattit la philosophie scolastique, probablement parce qu'elle retenait la théorie du géocentrisme via Aristote.

    Pour cette raison encore, la philosophie d'Aristote, avec la métaphysique, fut décriée jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Le géocentrisme n'est pourtant qu'une petite partie du système philosophique d'Aristote.

    Notes


    Voir aussi


    Articles connexes

    Histoire médiévale par aire géographique

    Musées et collections du Moyen Âge

    Liens externes


    Bibliographie


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