+ gagaouze et russe en region autonome de Gagaouzie
La Moldavie, la République de Moldavie en forme longue (Republica Moldova en roumain), est un pays d'Europe orientale enclavée entre la Roumanie et l'Ukraine, occupant le territoire géographique de la partie est de la région de Moldavie sauf la Bessarabie historique et plus la région de Transnistrie.
Les Roumains de Roumanie et ceux de République de Moldavie n'utilisent pas le terme « Moldavie » pour parler de la République de Moldavie :
Le gouvernement communiste actuel a été élu a une grosse majorité (61 députés sur 101) lors d'élections libres validées par la communauté internationale. Le seul parti envisageant un futur possible rattachement avec la Roumanie a fait moins de 10 % des voix.
Dans cette logique, la Bessarabie, située dans le sud-est européen, aux confins des Balkans, entre les Carpates, les grandes plaines ukrainiennes et la mer Noire, se trouve au cœur d’une zone géostratégique de premier ordre. Le fait que, dans l’Histoire récente, son territoire ait été disputé par les grandes puissances autour d’elle (Autriche, Russie, Turquie) le prouve. De plus, la présence militaire russe en Transnistrie (casques bleus) permet de maintenir un statu quo et évite la reprise des hostilités.
Région de Criuleni
La Transnistrie, région entre le Dniestr et l'Ukraine, et la Gagaouzie sont considérées régions à administrations autonomes. Capitale de la Transnistrie : Tiraspol. Président : Vladimir Smirnov.
La République de Moldavie occupe un territoire, la Bessarabie, qui est une enclave, au sens économique du terme, du fait des obstacles qui freinent les échanges : obstacles physiques (insuffisance d’infrastructures, de points frontières) ou économiques (coûts de transport prohibitifs, sous-développement).
La région est au carrefour de trois civilisations : la latinité, le monde slave et la civilisation musulmane. La proximité de la mer Noire lui offre aussi une ouverture sur le bassin économique de l’Asie centrale et par extension sur la route de la soie. Cette situation se traduit par une grande diversité ethnique, linguistique, et culturelle (par exemple, selon le dernier recensement de 2004 les Moldaves représentent 76 % de la population, le reste étant formé par les Ukrainiens, Russes, Gagaouzes, Bulgares, Juifs, etc.), due tout autant au brassage de cultures qu'aux grandes vagues migratoires au long des siècles. En outre, le recensement a été effectué sur des bases curieuses : toute personne parlant roumain était classée roumanophone ce qui a eu pour effet de classer dans cette catégorie les très nombreuses personnes bilingues. Il serait sûrement plus juste de dire que 70 % de la population est bilingue (roumain – russe), le reste étant moitié-moitié unilingues (roumain seul ou russe seul). Le pays, hors la Transnistrie, est circonscrit par deux fleuves : le et le Dniestr, ce qui accentue son isolement.
Le Bureau National de Statistique de Chişinău a publié les résultats officiels du récensement. Selon Moldpres, seuls 8 % des citoyens se déclarent ukrainiens, 5,9 % russes, 4,4 % gagaouzes (turcophones chrétiens), roumains 2,2 %, la très grande majorité (près de 80 %) se désignant comme « moldaves » (roumanophones). Ces résultats ne concernent pas la Transnistrie, où la population roumanophone constitue seulement une majorité relative (un peu plus de 40 % de la population, contre 25 % ukrainiens et 20 % des russes). La population de Transnistrie est estimée entre 750 000 et 900 000 personnes (selon les sources).
Selon des chiffres officieux, environ 1/4 de la population (surtout parmi les minorités ukrainienne et russe) a émigré à l'étranger (Pays d'Europe occidentale principalement, Russie et Ukraine) pour des raisons économiques, soit un taux migratoire net de -25 %.
Patrimoine culturel:
La perte de certains marchés traditionnels, la dépendance énergétique au gaz russe, l'émigration importante des cadres russes et ukrainiens et la sécession de la principale région industrielle, la Transnistrie, ont provoqué la chute dramatique du PIB.
Les premiers signes de redressement en 2000 sont suivis des plusieurs années de forte croissance économique (plus de 8 % en première partie du 2005).
Toutefois, le manque de réformes structurelles et une économie souterraine évaluée à près de 40 % du PIB, provoquent une inflation à deux chiffres (entre 12 % et 15 % par an) et un déficit commercial important (financé en partie par les transferts d'argent des Moldaves qui travaillent à l'étranger).
Le Parti des communistes de la République de Moldavie (PCRM), de « pro-russe » lors des dernières élections, a effectué un net virage pro-européen lors des élections du 6 mars 2005. Le PCRM a recueilli 46 % des suffrages et remporte 56 sièges sur 101. Il est cependant en recul de 4 % et perd 15 siéges par rapport au précédent scrutin du 25 février 2001. Le Bloc "Moldavie démocratique" (BMD) arrive en deuxiéme position et obtient 28,5 % des voix et 34 sièges. Cette coalition de centre-droite été composée de trois formations : l'Alliance "Notre Moldavie" présidée par Serafim Urechean, maire de la capitale Chişinău, le Parti démocratique de Moldavie, présidé par Dumitru Diacov, ancien président du Parlement et le Parti social-libéral, dirigé par le politologue Oleg Serebrian. Le Parti populaire chrétien-démocrate, formation de droite, dirigé par Iurie Rosca, recueille 9,1 % des suffrages et remporte 11 siéges.
Sans surprise, le Président de la République de Moldavie, le communiste Vladimir Voronin, a été réélu le 4 avril 2005, à bulletins secrets, par le Parlement pour un deuxième mandat de quatre ans à la tête de l’État. Depuis la réforme constitutionnelle de 2000, le Président de la république doit, pour être élu, recueillir au moins la majorité des trois cinquièmes des cent un députés, soit soixante et un suffrages.
Le Parti communiste ne comptant que cinquante-six députés, Vladimir Voronin a dû rassembler au-delà de sa propre formation, recueillant 75 voix, soit 14 de plus que le seuil minimum requis. Son seul opposant, le président de l’Académie des sciences, Gheorghe Duca a obtenu une seule voix. Ce dernier avait été présenté par le Parti communiste afin que le scrutin puisse se dérouler (le Bloc Moldavie démocratique et le Parti populaire chrétien-démocrate ayant renoncé à présenter un candidat).
Vingt-trois parlementaires du groupe de l’Alliance « Notre Moldavie », membre du Bloc Moldavie démocratique, ont suivi le mot d’ordre de Serafim Urechean, et ont refusé de participer à l’élection. 22 députés appartenant aux deux autres formations de ce Bloc – le Parti démocratique et le Parti social-libéral et les parlementaires du groupe de Parti populaire chrétien-démocrate, ont pris part à l’élection. Enfin, deux bulletins de vote ont été déclarés invalides.
Voir aussi :
La querelle linguistique qui oppose les roumanophones aux moldavophones dépasse largement la question de savoir si le roumain et le moldave sont deux variantes d'une langue commune ou si elles sont la même langue. À ce sujet, la soi-dite langue roumaine de type moldave n'a aucun ethnologue connu et aucune distinction n'est faite entre ces deux langues par les experts.
La parution d'un dictionnaire moldave-roumain de 347 pages, et avec plus de 19 000 entrées en juillet 2003 à Chişinău, sous la direction de Vasile Stati, président du département de la Culture du Parti des communistes de la République de Moldavie (PCRM), pourrait donner à croire que la cause est entendue. Si les deux camps s'accordent pour dire que le fond lexical de base et la structure grammaticale des deux langues sont communs, la vérification est facile : un Roumain et un Moldave qui habitent de l'un et de l'autre côté du Prut, par exemple les deux présidents Ion Iliescu et Vladimir Voronin à Costesti Stânca, s'entretiennent sans problème sans dictionnaire dans leur langue natale, et sans le secours d'un interprète (même si ce dernier était présent au cas où ...).
La vraie question date de la création de la République Autonome Socialiste Soviétique Moldave (RASS de Moldavie), le 12 octobre 1924, entité nationale étatique dont le territoire se trouve sur la rive est du Dniestr. Les autorités de la Russie soviétique prennent alors la décision de créer « une langue et une littérature nouvelle » dans la RASS de Moldavie (la plupart des habitants ne sait ni lire ni écrire), première étape de rapprochement des langues (donc des populations) « moldave » et russe, au détriment du roumain, considéré comme un élément dangereux par le pouvoir soviétique. L'introduction de l'alphabet latin en 1932 (à partir de 1859, le roumain en Roumanie s'écrit avec des caractères latins, le moldave en Bessarabie reste écrit en caractères cyrilliques, et la Bessarabie devient une partie de la Roumanie en 1919), puis son interdiction en 1938 sur le territoire de la RASS de Moldavie (sous la pression soviétique) montrent l'importance de ce rapprochement aux yeux de Moscou.
Depuis, chaque camp aligne ses experts, documents et preuves historiques à l'appui pour accentuer la différence fondamentale qu'il y aurait entre :
En d'autres termes, les autorités communistes du PCM trouvent leur intérêt à bien distinguer les Moldaves des Roumains. Dans la préface du dictionnaire de 2003, par exemple, une carte géographique de la Grande Roumanie (c'est-à-dire de la Roumanie actuelle et de la République de Moldavie) sert de support à la délimitation de la zone où l'on parle le moldave, et qui s'étend bien à l'intérieur du territoire de la Roumanie, jusqu'aux Carpates, ce qui tendrait à montrer que même les Roumains de Roumanie parlent moldave sans le savoir, comme Monsieur Jourdain.
La question linguistique est donc une question de géopolitique, et elle empoisonne les relations entre la Roumanie et la République de Moldavie depuis la création de cette dernière, en 1999. Elle a même repris de la vigueur, depuis que la frontière « virtuelle » de l'Europe se déplace vers l'est, avec l'entrée prévue de la Roumanie dans l'Union européenne en 2007.
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