Metz (qui se prononce ), la capitale administrative de la Lorraine, est une commune française située dans le département de la Moselle et la région Lorraine. Ses habitants sont appelés les Messins.
Les plus anciennes traces d'occupation du site de Metz remontent à 200 000 ans av. J.-C. On a fait, en 1882, la trouvaille la plus importante et la plus ancienne effectuée en Moselle : il s'agit d'un coup de poing ou biface, exhumé d'une sablière de Montigny-lès-Metz remontant au paléolithique, et qui daterait de la période du Riss. Les hommes vivant à cette période étaient des chasseurs-cueilleurs, vivant selon le mode de vie non sédentaire propre aux nomades et se déplaçant en fonction des trouvailles de nourritures.
Des peuples venus de l'est arrivent il y a 10 000 ans. Certaines de leurs traces ont été retrouvées dans le lit de la Moselle, notamment un polissoir de pierre, des bijoux et des silex à Longeville-lès-Metz.
Vers 3 000 av. J.-C., la région est habitée par les Ligures, le peuple oublié, inventeur du bronze, des alliages de cuivre et d'étain et, plus généralement, des hauts fourneaux. Ces éleveurs, cultivateurs et pêcheurs, sont les premiers à exploiter le sel dans le Saulnois. Ils entretiennent des échanges avec les Grecs. Inventeurs de la charpente, ils sont aussi les constructeurs des premiers bourgs. La fin de leur empire se situe entre 1200 à 1000 av. J.-C. On a retrouvé leurs traces à Montigny, Rudemont et Marly-sur-Seille. Ces hommes deviennent sédentaires. Le sous-sol messin nous a restitué plusieurs outils datant de cette période, notamment trois haches polies et un magnifique marteau-hache découverts dans les années 1900 à Longeville-lès-Metz.
En 1200 av. J.-C., Divodurum (la ville au « mont sacré ») devient la cité principale du peuple celte des Médiomatriques, auxquels elle doit son nom latinisé. Âge du fer, des Médiomatriques (au centre, entre l’Argonne et le Rhin), des Belges, des Leuques (au sud de la forêt d’Argonne, jusqu’aux Vosges, au Donon et au ballon d’Alsace) et des Trévires (au nord, dans le bassin inférieur de la Moselle, depuis Coblence jusqu’à Sierck) ; Metz est alors appelée Divodunum, la ville « entre deux rivières », et elle est l'oppidum des Médiomatriques, tribu alors maîtresse de la vallée de la Moselle, de Pont-à-Mousson à Sierck ; de la vallée de la Meuse de Pagny-sur-Moselle à Dun ; de la vallée de la Sarre, depuis ses deux sources (Sarre rouge et Sarre blanche) jusqu’à Sarreguemines ; et de la totalité des vallées de l’Orne, du Rupt de Mad, de la Seille, des deux Nieds et de la Rosselle. Ses chefs sont issus des chefs des principales familles. Cette tribu est de type oligarchique, et son organisation sociale repose sur trois classes principales, les chevaliers/nobles, la plèbe et les esclaves, auxquelles s'ajoute celle des druides. L'oppidum en est le centre économique permanent, groupant les ateliers d’artisanat de terre cuite (telle cette découverte d’un atelier découvert lors de fouilles dans le sous-sol de la plus ancienne basilique connue de France : « Saint-Pierre-aux-Nonnains » et de métaux. L'oppidum peut être assimilé à un rôle de capitale car il abrite une population en partie sédentaire, et il est lieu d’échanges (laine, sel recueilli dans la partie de la vallée supérieure de la Seille contre vins issus des pays méridionaux), puisque situé au carrefour des principales voies qui parcourent le pays. Pour les échanges, les Médiomatriques utilisent une monnaie, comme celle qui apparaît vers le , imitant grossièrement celles des Macédoniens d’Alexandre le grand et en or (un métal qui ne se corrompt pas). Une autre forme de monnaie existe, fabriquée avec un mélange de cuivre de zinc et de plomb (on parle de « potin ») ou en bronze représentant souvent un cavalier ou un cheval. Mais il est à parier que le troc est la manière d’échanges la plus usitée.
En 200 avant J.-C., la région connaît ses premières invasions : la sécurité des Médiomatriques est menacée par des peuplades d’outre-rhin, notamment celles des Suèves d’Arioviste, peuple qui finit par s’installer en Haute Alsace, alors que les Médiomatriques sont contraints de céder la basse Alsace à une autre tribu germanique, celle des Triboques, tandis que les Némètes et les Vangions se fixent dans les territoires dévolus aux Trévires.
En 58 avant J.-C., les troupes romaines interviennent. Jules César s’oppose à l’installation des Germains et bat Arioviste, refoule les Suèves au-delà du Rhin puis entame la conquêtes des Gaules. Durant cette conquête, il n’entame aucune action contre les Médiomatriques et les Leuques. Toutefois, Jules César nous dit dans sa Guerre des Gaules, que, lors du siège d’Alésia, « 5 000 soldats furent envoyés en renfort par les Médiomatriciens au secours de Vercingétorix assiégé dans cette ville ». En 51 avant J.-C. Labienus, lieutenant de César, bat les peuples de la Gaule belgique près de Trèves et soumet donc les Médiomatriques aux lois de l’Empire romain. Divodurum va être à partir de ce moment-là une fidèle alliée de Rome. Elle prend le titre de socia civitas, selon Tacite, et devient une ville très importante de l’Empire, au point de vue stratégique, du fait de sa proximité d’avec la Germanie. Elle devait assurer la défense de la frontière de l'Empire contre les invasions éventuelles des tribus germaniques. Les Romains élevèrent - au confluent des deux rivières - une citadelle, et créèrent un réseau de voies pour faciliter les communications avec les provinces les plus éloignées. On peut en compter six :
Elle conserve son pouvoir et ses lois municipales, ce qui perdurera tout au long des règnes des rois dits de la première race, les Mérovingiens, comme sous ceux dits de la deuxième race les Carolingiens.
Les romains instaurent des décemvirs (une sorte de maire gouverneur) et des décurions, (sorte de gouverneurs militaires), précurseurs de ce que seront les échevins de Metz au Moyen Âge, et qui établissent les impôts, règlent les dépenses de la cité, nomment aux emplois de la cité et administrent la justice.
La Gaule belgique s’étendait de la mer du Nord aux sources de la Saône, de la Moselle et de la Meuse. La capitale devient Reims, sur le territoire des Rêmes.
Après la conquête romaine, Divodurum devient l'une des principales villes de la première Gaule belgique, plus peuplée que Lutèce, disposant d'un des plus vastes amphithéâtres du pays, riche de ses exportations de vin. La ville est pillée par Attila le 7 avril 451.
Article détaillé : Metz au Moyen Âge
Metz est la capitale du royaume d'Austrasie durant deux siècles de la période franque, de 511 à 751. A la mort de Clovis en 511, Thierry Ier reçoit la région nord-est appelée Austrasie. Il a primitivement établi sa capitale à Reims, mais très vite il choisit Metz en raison de sa situation centrale. Il construit un palais sur la colline Sainte-Croix, il abrite aujourd'hui les musées de la Cour d'Or.
La dynastie des Carolingiens est originaire de la ville, et divers membres de la famille de Charlemagne sont enterrés dans l'abbaye Saint Arnould. Siège d'un évêché disposant du pouvoir temporel, Metz reste longtemps une ville libre du Saint Empire romain germanique. Les édifices religieux se multiplient dans la ville, la ville prospère et la bourgeoisie se développe. Au , la bourgeoisie fait de Metz une république oligarchique dirigée par le collège des Échevins.
En 1552, le roi de France Henri II devient souverain des Trois-Évêchés (Metz, Toul et Verdun ) après l'annexion de la ville, alors ville libre du Saint Empire romain germanique.
Metz se transforme alors en ville de garnison, importante place forte du royaume de France, tout en continuant à se développer.
Metz est assiégée pendant la guerre franco-allemande de 1870. Abandonnée par la majorité des députés français, y compris les députés lorrains de la Meurthe, qui ont voté à la quasi unanimité son annexion, est rattachée au nouvel Empire allemand, ratifié par le traité de Francfort et devient chef-lieu du district de la Lorraine (Lothringen) dans le Reichsland d’Alsace-Lorraine de 1871 à 1919.
Après l’annexion, et le départ des messins attachés à la France, la ville continue de s'agrandir et de se transformer. On voit apparaître d'immenses bâtiments de style néo-roman ou néo-gothique. Occupée et annexée à nouveau durant la Seconde Guerre mondiale, Metz est libérée en novembre 1944 par la 95e Division d'Infanterie US. Après les durs combats, un général allemand donna le surnom aux soldats américains "The Iron Men of Metz" (Les Hommes de Fer de Metz) pour avoir été la première armée à avoir réussi à capturer cette ville par la force.
De nos jours, le rôle militaire de Metz a décru, et la ville a diversifié ses activités. Elle a ainsi pu poursuivre sa croissance malgré les difficultés économiques qui ont durement frappé la Lorraine.
Voir aussi : Liste des évêques de Metz - Liste des rois d'Austrasie
La population de Metz a augmenté régulièrement depuis la Seconde Guerre mondiale. Cette croissance démographique n'a jamais été interrompue, même si elle a été très lente depuis les années 1970. Cela fait de Metz une exception parmi les grandes villes françaises qui ont presque toutes connu des périodes de recul démographique dans les années 1970 ou 1980. La croissance de la ville s'est accompagnée d'une extension progressive de son agglomération, qui approchait les 200 000 habitants dans les années 1990. Au dernier recensement, à force de s'étendre, l'agglomération de Metz a absorbé celle d'Hagondange-Briey, formant un ensemble de plus de 320 000 habitants. Les limites de l'agglomération messine approchent désormais l'agglomération de Thionville, le long de la Moselle. L'aire urbaine de Metz étant la première de Lorraine avec 420 000 habitants, Metz et Thionville forment désormais une conurbation de plus de 500 000 habitants au dernier recensement.
Metz est aussi le lieu historique de la culture de la mirabelle en Lorraine.
Metz est l’une des quatre villes formant le QuattroPole avec Luxembourg, Trèves (Trier) et Sarrebruck (Saarbrücken). Ce réseau transfrontalier permet la coopération urbaine de ces 4 villes. *
Les Transports en Commun de l'Agglomération Messine (ou Tcrm) appartiennent à la Communauté d’Agglomération de Metz Métropole (CA2M) et à TRANSDEV acteur national du transport urbain, filiale de la Caisse des Dépôts et Consignation.
En 1961, Metz a fusionné avec 3 communes de sa proche périphérie : Borny, Magny et Vallières
Metz est divisée en 4 cantons, qui forment l'arrondissement de Metz-Ville :
Metz est le siège du Conseil régional de Lorraine.
Les armes de la ville sont : " Pour parti d'argent et de sable ". Ce blason est celui du Commun, groupement de familles messines qui ne faisaient pas partie des cinq associations de familles patriciennes, regroupées par quartiers : les paraiges d'Outre-Seille, de Port-Sailly, de Porte-Moselle, d'Outre Moselle et de Jurue.
La devise de la République messine, au Moyen Âge, est : " Si nous avons paix dedans, nous avons paix dehors ".
"Jamais d'aultres armes nous prendrons
Que celles que nous élizons,
Et nous disons pour réconfort
Nous voulons la liberté ou la mort."
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