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Les Merina forment un peuple occupant la partie nord du centre de Madagascar, gravitant autour de la région d'Antananarivo. Le pays merina ou imerina est traditionnellement divisé en trois grandes régions :

  1. l'Est avec Antananarivo, jusqu'aux falaises descendant vers les régions côtières ;
  2. L'Ouest ou Imamo allant jusqu'au Bongolava ;
  3. Le Sud ou Vakinankaratra, dont la limite traditionnelle est la rivière Mania.

Structure de la société


Le noyau traditionnel du peuple merina (initialement, les merina-ambaniandro) est constitué par les deux grandes subdivisions dites « Hova » et « Andriana », établies par le roi Ralambo au . Ses membres se caractérisent par leur aspect asiatique (indonésien) prononcé : chevelure droite, couleur de peau allant du brun foncé au jaune très clair, corpulence plutôt fine, etc. À ces deux groupes s'ajoute, à partir du , l'ensemble des Mainti-enindreny regroupant les esclaves noirs affranchis, ou plutôt consacrés uniquement au service de la royauté. Avec l'établissement du pouvoir colonial, les Français y incluent également, à titre de Hovavao ou « nouveaux merina », la masse des esclaves nouvellement affranchis, originaires des régions périphériques ou même d'Afrique dans le cas des Masombika ou Mozambicains.

La civilisation merina traditionnelle est dominée par la riziculture. Les villages étaient souvent bâtis en hauteur et équipés de solides fortifications, constituées de fosses défensives de plusieurs rangées (adivory) et des murailles (tamboho) pouvant atteindre plusieurs mètres de hauteur, fermées par d’énormes disques de pierre. Pour perpétuer les traditions indonésiennes ancestrales, les habitations des nobles étaient en bois tandis que celles des gens du commun étaient en terre battue. L’habillement était à base de coton ou de soie indigène (landy). La structure sociale connaissait une forte hiérarchisation, allant du roi (mpanjaka) au sommet jusqu’aux esclaves (andevo) au bas de l'échelle sociale, en passant par les différentes catégories de nobles (andriana) et les gens du commun (hova). Les mariages étaient en principe endogamiques, les unions devant s’effectuer uniquement à l’intérieur de chaque grande subdivision : les Andriana avec les Andriana, en suivant certaines règles précises, les Hova entre eux et les Mainti-enindreny avec d’autres mainty ou avec des andevo. Les villages étaient gérés de manière démocratique et jouissaient d'une large autonomie dans le cadre de l’institution du fokonolona, une sorte de commune se reposant sur une base clanique.

La Culture


On suppose que la culture Mérina est d'origine indonésienne avec de forte influances africaines.

La religion

La religion traditionnelle merina était une sorte de polythéisme avec à son sommet un principe créateur appelé Andriamanitra ou Zanahary. Le sacré ou masina tenait une place centrale dans tous les aspects de la vie sociale. Les hommages au souverain, assimilé à une divinité était qualifié de fanasinana, sacralisation (plutôt que de « sanctification »!). Les merina croyaient que c'était son esprit qui faisait l'essence même de l'être humain (Ny fanahy no olona). Ils pensaient aussi qu'après la mort, les esprits des défunts rejoignaient le monde des ancêtres, un monde parallèle localisé parfois sur une haute montagne. Ces esprits en rapport avec les êtres vivants (y compris parfois les animaux) étaient de plusieurs sortes, parmi lesquels les « doubles » (ambiroa, avelo), les « ombres » (tandindona) ou les « fantômes » (matoatoa).

Il n'existait pas de prêtres spécifiques mais des shaman-guérisseurs (ombiasy) ou des astrologues (mpanandro) faisant office de spécialistes du sacré et des relations avec les « forces obscures ». Ces derniers combattaient également les mpamosavy, considérés comme des sorciers maléfiques. En rapport avec le service de la royauté se développa ensuite tardivement le culte des sampy ou palladiums sacrés.

Les coutumes comprenaient la circoncision des jeunes garçons (entre 5 et 12 ans) et, pour les funérailles, la pratique du famadihana ou réinhumation périodique des restes mortuaires dans des caveaux mégalithiques collectifs. Les activités sociales merina culminaient avec la célébration annuelle du Fandroana, à la fois fête du Bain sacré, de la sacralisation de la royauté, de la famille et du nouvel an.

Depuis la conversion de la reine Ranavalona II en 1868, la totalité du peuple merina est devenue nominalement chrétienne, avec une nette majorité protestante. Nombres d'anciennes croyances ou des pratiques traditionnelles continuent cependant à se perpétuer et semblent même maintenant retrouver une nouvelle vigueur parmi les membres de l'élite post-moderne.

La langue

La langue merina est une langue austronésienne. Elle est à la base du « malagasy » ou « malgache officiel » est parlée de nos jours à titre de langue maternelle par environ le quart de la population de Madagascar. Comme langue de l'administration, elle est cependant virtuellement comprise par l'ensemble des habitants de l'île, lesquels continuent localement à pratiquer leurs propres langues (ou dialectes) qui peuvent être assez différentes du merina, et davantage encore entre elles.

La musique

Les instruments de musique traditionnels des Merina comprenaient le valiha, le sodina (flûte), le lokanga (sorte de violon), la guimbarde et différents types de tambour. Les Merina appréciaient beaucoup les poèmes qu'ils arrangaient sous forme de hain-teny, un genre littéraire que l'on retrouve également chez tous les autres peuples malayo-polynésiens.

L'Histoire


Les traditions merina ont perdu le souvenir du passé maritime des ancêtres du groupe, et même de leur long séjour dans les régions côtières au cours du premier millénaire. Les premiers souverains qu'ils se reconnaissent sont ainsi des princes de l'intérieur des terres, ayant régné semble-t-il vers le ou le . L’unification du territoire commence au avec le roi Andriamanelo et ses successeurs, Ralambo et Andrianjaka. Celle-ci ne devient cependant définitive qu’avec Andrianampoinimerina au début du . À partir de Radama, fils et successeur de ce dernier, le pays merina s’ouvre aux influences européennes et étend rapidement son contrôle sur la majeure partie de Madagascar. C’est ce royaume merina agrandi qui se voit ainsi reconnu comme royaume de Madagascar par les puissances européennes au , jusqu’au moment de l’établissement du pouvoir colonial à partir de 1896. La société merina subit de profondes transformations, en se modernisant, au cours de la même période grâce notamment au développement de l’enseignement, introduit par les missionnaires protestants britanniques. En 1869, avec la conversion du Premier ministre Rainilaiarivony, le protestantisme devient la religion officielle du royaume.

Avec le mouvement des VVS (Vy Vato Sakelika) en 1915 et ensuite du MDRM (Mouvement démocratique de la rénovation malgache) en 1946, les Merina jouent un rôle prépondérant dans la lutte pour la restauration de l’indépendance de Madagascar. Mais l’échec du MDRM, suivi de la terrible répression de 1947 affecte durablement leur dynamisme politique. Ils durent ainsi assister en témoins plus ou moins passifs à l’établissement de la République malgache indépendante à partir de 1960 et ne commencent véritablement à se réveiller qu’au cours des années 1990. Marc Ravalomanana, le président de la République de Madagascar en poste depuis 2002 est d’origine merina.

Voir aussi


Liens externes

Ethnie de Madagascar

Merina | Merina (Madagascar)

 

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