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Melungeon
 

Melun est une commune française, située dans le département de la Seine-et-Marne et la région Île-de-France. Elle est le siège de la préfecture. Ses habitants sont appelés les Melunais (ou Melodunois).

Géographie


Melun est situé à une quarantaine de kilomètres au sud-est de Paris, dans un méandre de la Seine, entre Brie et Gâtinais. La ville est constituée de trois parties :
  • l'île Saint-Étienne, sur la Seine ;
  • la rive sud, convexe, constituée de la plaine de la Varenne, qui monte doucement vers la forêt de Fontainebleau ;
  • la rive nord, concave, qui voit confluer avec la Seine un petit affluent, l'Almont, et qui, de chaque côté de la vallée de l'Almont, monte à l'assaut du plateau de la Brie : à l'ouest ce sont les quartiers Saint-Aspais et Saint-Barthélemy, à l'est c'est le quartier Saint-Liesne.

Localités limitrophes : Le Mée-sur-Seine, Dammarie-les-Lys, La Rochette, Vaux-le-Pénil, Maincy, Rubelles, Voisenon, Vert-Saint-Denis

Économie


La ville produit le brie de Melun, un fromage proche du brie de Meaux mais plus petit et plus corsé.

L'École des officiers de la gendarmerie nationale est implantée à Melun depuis 1945.

L'Université Paris II - Panthéon-Assas y dispose d'une antenne préparant aux premiers cycles de droit, de sciences économiques et d'AES (île Saint-Etienne).

Les principales activités économiques de la ville sont l'industrie pharmaceutique, l'aviation (usine SNECMA de Villaroche).

Melun abrite une prison pour longues peines (la « centrale » sur l'île Saint-Étienne).

Histoire


C'est une ville dont les traces remontent à 52 avant J.-C. (Melodunum). Son nom moderne date du (latin Meluneum). saint Savinien et saint Aspais prêchent l'évangile à Melun dès le .

Clovis élève Melun au rang de duché. Il fait fortifier la ville qui connaît un renouveau. Sa richesse engendra quelques malheurs tel les raids vikings qui touchent également cruellement la ville. Citons ici les raids de 852 et de 886 pour l'exemple.

En 991, avec la complicité du vicomte de Melun, Eudes Ier de Blois s'empare de la ville qui appartenait à Bouchard le Vénérable, comte de Vendôme et de Melun depuis son mariage avec Elisabeth de Melun. Ce dernier étant un fidèle d'Hugues Capet, une alliance fut montée avec Foulque Nerra, gendre de Bouchard et Richard Ier de Normandie qui permis la reprise de la ville.

Les premiers Capétiens résident souvent à Melun tandis que Montereau se dote d'un château-fort en 1026. Quand Abélard est chassé de Paris en 1138, c'est à Melun qu'il vient poursuivre son enseignement.

En 1420, Melun soutient un siège mémorable devant les Anglais et les Bourguignons. La famine cause la chute de la ville. La devise de la ville est :(Fides muris usque ad mures ) « Fidèles aux murs jusqu'à manger des rats ». Cette devise vient du fait que les habitants de Melun résistèrent lors du siège anglais en mangeant les rats.

Le département de Seine-et-Marne est formé le 4 mars 1790 par assemblage de parties de l'Ile-de-France, de la Brie, de la Champagne et du Gâtinais. Melun devient préfecture.

Voir aussi : Liste des comtes de Melun

Blasonnement


  • D'azur semé de fleurs de lis d'or, au château donjonné de trois tours d'argent maçonné de sable, brochant sur le tout.

Personnes célèbres


  • Jacques Amyot y est né. Un lycée et un collège portent son nom.
  • Laure Manaudou Championne Olympique 2004 s'est entraînée pendant plusieurs années à la piscine municipale. L'un des bassins porte son nom.
  • Chimène Badi, chanteuse française, est née à Melun en 1982.

Monuments et lieux touristiques


Île Saint-Étienne

  • Four gallo-romain : square Notre-Dame. En terre réfractaire. Date : Ier ou IIeme siècle. Une fouille opérée après la destruction du manège de cavalerie en 1974 a mis au jour des traces d’habitat d’époque gallo-romaine ainsi que ce four, installé ensuite près de la collégiale Notre-Dame.

  • Jardin botanique : situé sur la pointe Ouest de l’île Saint-Etienne. Don du pharmacien et docteur Alexandre-Victor Roussel, né en 1795, le jardin a subi les bombardements de 1944 et la tempête de 1999.

  • Ancienne poste : place Praslin. En brique. Construit en 1929.

  • Le musée Alexandre DUMAS.

  • Poterne saint Sauveur : rue saint-Sauveur. Jusqu’au milieu du XIX eme siècle, il était possible de voyager par le fleuve. Les voyageurs débarquaient à cette poterne puis se rendaient à la chapelle des coches, dans le prieuré Saint-Sauveur, pour remercier Dieu d’avoir fait bon voyage.

Quartier Saint-Aspais

  • Porche : rue du Presbytère. En pierre. Cette rue comporte d’anciennes maisons.

  • Maison datant du Moyen Âge : rue du Presbytère et au Lin. En pierre. Située dans ce qui fut le quartier le plus pauvre de la commune.

  • Porte de l’Hôtel-Dieu Saint-Jacques : rue Carnot et rue Saint-Jacques. En pierre. L’un des rares vestiges d’un hospice dont l’existence est attestée en 999. Au XIVeme sècle, il n’accueille que quatre malades. De faux malades tentent de s’y faire admettre, créant un certain désordre. Les femmes présentes dans le bâtiment sont, à partir de 1508, admises à l’hôtel-Dieu Saint-Nicolas. Au cours de la Révolution les malades sont transférés au couvent des Recollets transformé en hôpital communal, ainsi que les femmes malades de Saint-Nicolas.

  • Coin Musard : rue Saint-Aspais et rue Paul Doumer. En béton.

  • Vestiges de la porte Saint-Jean : place Saint-Jean. En pierre. Il s’agit de deux pilastres en grès datant de la fin du XVIme siècle, encastrés dans un mur plus récent.

  • Fontaine Saint-Jean : place Saint-Jean. En fonte. Datée de 1864, cette œuvre est due au sculpteur J.-B. Klagmann. Elle comporte deux vasques superposées, séparées par trois statues symbolisant la Seine, la Marne et l’Yonne.

  • Hôtel de ville : rue Paul Doumer. En pierre et brique. Le site était occupé par l’hôtel des Cens, habité par les bénédictines de Trainel de 1629 à 1652. Construction de l’hôtel de ville de 1847 à 1848.

  • Monument à Gabriel Leroy : jardins de l’hôtel de ville. Sculpture en pierre d’Emile Gaulard en hommage à un historien. Le buste en bronze qui l’ornait depuis sa construction en 1909 fut fondue par les allemands en 1943.

  • Caisse d’épargne : rue du Miroir. En pierre. Construit en 1889 par les architectes Haran et Prony, à l’emplacement de l’ancien hôtel du chapeau rouge.

  • Ancienne sous-préfecture : place de la porte de Paris. En brique. Construit vers 1890, cet immeuble est d’abord la propriété du brasseur Barthel, fondateur en 1850 de ce qui sera la brasserie Grüber. La Société d’Assurances Mutuelles de Seine et Marne le rachète en 1903, puis y installe ses bureaux. Il servira ensuite de sous-préfecture et de direction départementale de l’agriculture.

  • Imprimerie Legrand & fils : rue du Bancel. Cette imprimerie est vendue les années 1890 par E. Drosne à Emile Legrand, imprimeur et éditeur. Ses deux fils, puis sa petite fille, reprennent l’affaire.

  • Monument aux morts : quai Foch. En pierre de Meuse. Erigé en 1923 par le sculpteur Jean-René Carrière, le monument est inauguré le 7 juin 1925, en présence du maréchal Foch.

Quartier Saint-Liesne

  • Ancien couvent des Recollets : les récollets obtiennent le droit de s’établir sur des terres données par le marquis de Rostaing. La construction commence en 1616. Ces moines mendiants importunent les gens, ce qui entraîne l’archevêque de Sens à limiter leur nombre à 8 en 1660. La foudre provoque un incendie qui détruit le couvent en 1760. L’église est bénie en 1763. Les bâtiments accueillent les malades des hôtels-Dieu Saint-Jacques et Saint-Nicolas. Le couvent est transformé en hospice, puis en hôpital mixte jusqu’en 1940, date à partir de laquelle seule sa fonction d’hospice perdure. En 1980, il est fermé pour raison de sécurité.

  • Pont Saint-Liesne : sur l’Almont. En pierre. Ce pont est reconstruit en 1841 en présence du duc d’Aumale dont il prend le nom. Rebaptisé pont Saint-Liesne en 1848.

  • Lavoir de la fontaine Saint-Liesne : rue de la fontaine Saint-Liesne. En pierre et en ciment. La fontaine Saint-Liesne déversait une eau réputée miraculeuse, ce qui lui valut d’être un lieu de pèlerinage jusqu’au XVIIIeme siècle. Charles de Rostaing en accorde la possession au monastère des Recollets.

Quartier Saint-Barthelemy

  • Clocher Saint Barthélemy : place Saint-Père. En pierre. Haut de 35 mètres. L’église Saint Barthélemy est fondée durant le règne de Robert II le Pieux. Elle est détruite par les anglais et les bourguignons au cours de la guerre de Cent Ans. Elle est incendiée en 1590 par les Ligueurs assiégés par Henri IV, afin de retarder la progression des troupes du roi. L’église est rebâtie en 1598, le clocher l’est en 1737. En 1755, Cassini s’en sert comme point de référence pour établir une carte de France. L’église est démolie en 1809. Le clocher en est le dernier vestige.

  • Croix des Vaux-Rondins : avenue du 31eme régiment d’infanterie et avenue du Général Patton. En pierre et en fer. Les reliques de Saint Liesne furent cachées par les moines de l’abbaye de Saint-Père durant les invasions normandes, au IXeme siècle. En 1322, des lépreux auraient remarqué une forte lumière qui brillait depuis plusieurs nuits. En creusant le sol, les bénédictins auraient découvert plusieurs châsses, dont certaines contenaient les restes de Saint Aspais et de Saint Liesne. Ce récit est purement légendaire. La croix aurait été installée sur le lieu de la découverte. Abattue en 1793, elle est rétablie par les fidèles sous la Restauration.

Quartier Saint-Ambroise

  • Cité administrative : boulevard Chamblain. En béton. Construite de 1961 à 1965. Cette cité abrite les services du département, trop à l’étroit dans l’ancienne préfecture. La barre est construite en première. La tour fut ensuite bâtie.

  • Pont de chemin de fer : construit en 1849, dans le cadre de la construction d’une ligne ferroviaire reliant Melun à Montereau. La ligne Montereau-Corbeil ouverte en 1897 passe par Melun.

  • Gare : place Galliéni. En pierre et en béton. Ce bâtiment date du milieu du XIXeme siècle. Elle fut agrandie et modernisée depuis.

  • Monument aux morts de 1870 : boulevard Chamblain et avenue Thiers. En pierre et en bronze. Inauguration le 2 juin 1901.

  • Statue de Jeanne d’Arc : place Chapu. En marbre. Copie de l’œuvre d’Henri Chapu intitulée Jeanne d’Arc écoutant ses voix, parue au Salon des artistes français en 1870. Cette copie est inaugurée le 11 mai 1930.

Dans les autres quartiers

  • Collège Jacques Amyot : rue du général de Gaulle. En pierre et en brique. Le site était auparavant occupé par le couvent des Capucins, fondé en 1606 avec l’autorisation d’Henri IV. Vendu à un particulier en 1791. Le bâtiment actuel est construit en 1885, et accueille un collège réputé.

  • Tribunal administratif : rue du Général de Gaulle. En pierre et en brique. A l’origine, il s’agit d’un couvent fondé en 1406, puis, brûlé en 1420, il est reconstruit sous François Ier. Le couvent est à nouveau incendié par les Ligueurs durant le siège de la ville par leur ennemi, Henri IV. Le couvent est reconstruit au cours du règne de Louis XIII. Une nouvelle chapelle est bâtie en 1735. Le couvent devient bien national sous la Révolution, puis le palais de justice s’y installe en 1816. Le couvent est transformé en 1876, l’église est transformée en théâtre municipal. Il abrite le tribunal administratif depuis 1999.

  • Pont des Trois-Moulins : ce pont, situé sur l’Almont, fut peint par Paul Cézanne sous le titre Pont de Maincy.

  • Ferme de Montaigu : en pierre. Le domaine actuellement exploité date du XVIIeme siècle. Le mur d’enceinte est de cette époque.

Galerie de photos


Image:Melun20.jpg|Jardin botanique Image:Melun14.jpg|Ancienne poste de Melun Image:Melun10.jpg|Facade de la maison natale de Jacques Amyot Image:Melun9.jpg|Monument aux morts Image:Melun12.jpg|Lavoir de la fontaine Saint-Liesne Image:Melun15.jpg|Croix des Vaux-Rondins

Jumelages


Stuttgart-Vaihingen (Allemagne) depuis 1985. Site officiel de la commune Spelthorne (Royaume-Uni) depuis 1990. Site officiel de la commune Crema (Italie) depuis 2001. Site officiel de la commune

Bibliographie


  • Collectif, Art et architecture à Melun au Moyen-Age, Actes du colloque d’histoire de l’art et d’archéologie tenu à Melun les 28 et 29 novembre 1998, Picard, 2000.

  • Yves Gallet, La postérité du chœur de Notre-Dame de Melun, in Monuments et sites de Seine-et-Marne, 1997, n°28, p. 4-20.

  • Elizabeth et Yannick Mollier, La brasserie Grüber, in Les Samedis de l’Histoire, les oubliés, notre patrimoine redécouvert, Dammarie-les-Lys, Comité des Archives et du Patrimoine de Seine-et-Marne, 1998, p. 38-42.

  • Jacqueline et Henri Clayette, Melun pas à pas, 1890-1913, éditions Amatteis, rééd. 1980.

  • André Barrault, L’Eglise Saint Aspais de melun, Mraux, édition Moussay, Gruot et Bonne, 1964.

  • Fernand Bridoux, Melun, ville royale, Melun, Syndicat d’initiative de Melun, 1971.

  • Noël Chapuis, Petit guide pour visiter Saint Aspais, 1990.

  • Jacqueline et Henri Clayette, La collégiale Notre Dame, Melun, Legrand et fils, 1986.

  • Jacqueline Cottard, Le prieuré Saint Sauveur de Melun, GRAM, 1983.

  • Yves Gallet, Notre Dame de Melun, Melun, Gaspard et fils, 1987.

  • Gabriel Leroy, Histoire de Melun, Melun, Gaspard et fils, 1887.

  • Gabriel Leroy, Le vieux Melun, Melun, Albert Huguenin, 1904.

  • Collectif, Melun au temps de Rome, catalogue de l’exposition de Melun, Melun, Ville de Melun, 1991.

  • Collectif, Melun de A à Z, Melun, Ville de Melun, 1981.

  • Daniel Mordant, Saint Père de Melun, Melun, Conseil général de Seine-et-Marne, 2000.

  • René Charles Plancke, Melun à la Belle époque, Melun Amatteis, 1992.

  • Théron, Les Récollets, le couvent et l’hospice, 1995.

  • Collectif, Le patrimoine des communes de Seine-et-Marne, Paris, Flohic, 2000, p. 858-894.

Liens externes


Melun | Commune de Seine-et-Marne

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