MAD est un magazine satirique américain créé par l'éditeur William Gaines et le rédacteur et auteur Harvey Kurtzman, en 1952.
Ouvertement destiné aux jeunes lecteurs, il caricature la culture pop américaine, dégonfle les baudruches et se moque des petits travers de chacun. Il est le dernier survivant d'un ensemble de titres appréciés de la critique et du public, les EC Comics. Leur éditeur William Gaines a beaucoup souffert de la censure qui a littéralement fait disparaitre ses précédentes parutions, des magazines de science-fiction et d'horreur (les EC horror comics).
Le premier numéro du magazine est paru en octobre-novembre 1952 et était presque entièrement rédigé par Harvey Kurtzman.
Il était principalement consacré à la satire de la presse quotidienne et magazine de l'époque ou encore des films à la mode.
On raconte souvent que MAD est passé du format comic book (juillet 1955, numéro 24) au format magazine dans le but d'échapper aux règles strictes du Comics Code Authority, que s'étaient imposés certains éditeurs de bande dessinée en 1955, sous la pression du Sénat américain qui rendait la bande dessinée responsable de l'augmentation de la délinquance juvénile et menaçait d'imposer à l'industrie de la bande dessinée un dispositif législatif. Mais il semble qu'en réalité, cette mutation a été imposée par Harvey Kurtzman qui, courtisé à l'époque par un autre magazine, n'acceptait de continuer MAD que si le journal devenait un magazine plus luxueux. La conséquence immédiate de ces changements fut que MAD élargit à la fois sa taille et le domaine des sujets traités. Il élargit au passage son lectorat et voit s'étendre la tranche d'âge de ses lecteurs.
Un conflit permanent opposant Harvey Kurtzman à son éditeur à propos du contrôle du contenu de la publication aboutit, en 1956, à une interruption définitive de la collaboration entre Kurtzman et EC Comics. C'est Albert Feldstein qui prend la direction du journal à partir du numéro 29 (août 1956).
Bien qu'il y ait eu des précédents tant dans la presse qu'à la radio ou encore dans les films, à l'époque MAD était unique en son genre, un pavé bien agité dans la mare tranquille de son époque.
Durant les années 1950, MAD fut l'image même de la parodie de la culture pop américaine, illustré par des artistes tels que Jack Davis, Bill Elder et Wally Wood, chacun dans un style qui lui était propre. Ils ont mélangé l'affection sentimentale pour la culture familiale américaine (Par exemple Archie, ou Superman) avec un plaisir malicieux d'exposer la supercherie derière l'image (Par exemple Starchies ou Superduperman) (Superduper peut se traduire à peu près par "plus que Super" donc Plus-que-Superman)
Mad a longtemps résisté aux publicités dans ses pages, ce qui lui a permis d'embrocher les excès d'une culture matérialiste sans crainte de représailles de la part des annonceurs. Le magazine a souvent parodié les campagnes publicitaires américaines de son époque. Pendant les années 1960, MAD se penche sur des sujets tels que les hippies, la Guerre du Viêt Nam ou encore l'abus de drogues. Le magazine passait autant de temps à critiquer les drogues comme le cannabis que les drogues comme l'alcool et le tabac. Bien que l'on puisse considérer le ton de MAD comme étant «libéral» (ce que l'on peut traduite par «gauchiste»), le magazine n'a épargné ni les Républicains ni les Démocrates. Contrairement à certains de ses concurrents comme le National Lampoon et contrairement à certaines des ses éditions étrangères, Mad a toujours évité tout contenu pouvant être jugé comme obscène.
En clin d'œil à la célèbre page centrale dépliable du magazine Playboy, chaque numéro de MAD depuis 1964 contient une page extérieure "pliable", due à l'artiste Al Jaffee. Sur chacune de ces pages, une question est posée, illustrée par une image qui occupe la largeur de la page. Mais lorsque l'on rabat la page en suivant les indications données, une nouvelle image et un nouveau texte, qui répondent au texte d'origine, apparaissent.
D'autres parties récurrentes du magazines incluent "The Lighter Side of..." (le côté plus lumineux de...), par Dave Berg, qui caricaturait souvent le mode de vie de la banlieue, l'indescriptible "Spy vs Spy" (Espion contre Espion) d'Antonio Prohias qui décrit la guerre sans fin que se mènent l'espion blanc et l'espion noir (tellement "sans fin" qu'elle a duré plus longtemps que la Guerre Froide dont elle était inspirée). Don Martin qui fut qualifié d'artiste le plus fou de MAD (MAD's Maddest Artist), dessinait régulièrement une page mettant en scène des personnages ??? pauvres, clochards et vulgraires dont on pouvait voir les pieds articulés. Il s'agissait de gags visuels qui se terminaient souvent par un ensemble d'onomatopées telles que GLORK, PATWANG-FEE ou GAZOWNT-GAZIKKA. Sergio Aragones, dont le travail est presque uniformément silencieux, écrit et dessine "Looks At..." ("Regards sur...") depuis plus de 40 ans. Aragones réalise également les "MAD Marginals" : de petites images gag qui apparaissent un peu partour dans le magazine, dans les coins, les marges, les espaces libres.
De nombreux scénaristes et dessinateurs humoristiques y ont puisés leur inspiration.
Dans la série Les Simpsons, Bart y est abonné. Un clin d'œil de Matt Groening.
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