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Louis (Louis-Dieudonné), le Roi-Soleil (Saint-Germain-en-Laye, 5 septembre 1638Versailles, 1 septembre 1715) est, du 14 mai 1643 jusqu'à sa mort, roi de France et de Navarre, le troisième de la maison de Bourbon de la dynastie capétienne. Il reste le chef d'État qui a gouverné le plus longtemps sur la France.

L'enfance


Louis Dieudonné

AnnaofAustria03.jpg Fils de Louis XIII et d'Anne d'Autriche, Louis est le fruit d'unions multiculturelles puisque ses grands-parents paternels Henri et Marie de Médicis, étaient français et italien. Son grand père maternel, Philippe était espagnol et sa grand mère maternelle, Marguerite d'Autriche autrichienne, bien que tous deux Habsbourg, proches parents l'un de l'autre.

Le petit Louis reçoit le titre de premier fils de France et le titre plus traditionnel de Dauphin de Viennois. Il est suivi, deux ans plus tard, par Philippe, d'abord titré duc d'Anjou, puis duc d'Orléans.

À la mort de Louis , Louis hérite de la couronne. Il a cinq ans. Sa mère, Anne d'Autriche, devient régente mais confie tous les pouvoirs à son premier ministre, le Cardinal Mazarin en dépit de la désapprobation des cercles politiques français de l'époque dont beaucoup parmi eux n'apprécient pas qu'un fidèle de Richelieu dirige la France.

L'éducation du roi

En plus de ses fonctions ministérielles, Mazarin, parrain de Louis , se voit attribuer par la reine en mars 1646 la responsabilité de l'éducation du jeune monarque et de son frère. Il devient donc « surintendant au gouvernement et à la conduite de la personne du roi et de celle de M. le duc d'Anjou ». Malgré les efforts des différents précepteurs engagés pour prodiguer cours de latin, histoire, mathématiques, italien et dessin, Louis ne sera pas un élève très travailleur. Mais, suivant l'exemple du grand collectionneur d'art qu'est Mazarin, Louis se montre très sensible à la peinture, à l'architecture, à la musique et surtout à la danse qui est à l'époque une composante essentielle de l'éducation d'un gentilhomme : on dit que le jeune Louis s'entraîne à danser environ deux heures par jour de l'âge de 7 à 27 ans ! Il est aussi grand amateur de chasse et du jeu de paume.

Louis, le miraculé

Dans son enfance, Louis échappe à plusieurs reprises à la mort :
  • à 5 ans, il manque de se noyer dans un des bassins du jardin du Palais-Royal. Il est sauvé in extremis.
  • à 10 ans, le 10 novembre 1647, il est atteint de la variole. Dix jours plus tard, les médecins n'ont plus aucun espoir mais le jeune Louis se remet miraculeusement.
  • le 30 juin 1648, le Roi est victime d'une grave intoxication alimentaire lors de la prise de Bergues dans le Nord. Le lundi 8 Juillet, on lui donne les derniers sacrements et on commence à préparer la succession mais Guénaut, le médecin d'Anne d'Autriche lui donne un émétique à base d'antimoine et de vin qui guérit encore une fois miraculeusement le Roi.

L'épreuve de La Fronde

Après avoir célébré sa première communion à l'église Saint-Eustache le 25 décembre 1649, Louis qui n'a alors que 12 ans entre au conseil en 1650. C'est l'époque de la Fronde, une contestation de l'autorité royale par la haute noblesse qui allait marquer durablement Louis . Dès 1648, le Prince de Conti, frère de Condé, et quelques autres décident de renverser Mazarin à qui on reproche ses trop lourds impôts. En 1650, les princes sont arrêtés puis relâchés en 1651 suite à des émeutes. La Fronde des Princes oblige Mazarin à deux courts exils en l'espace de quelques mois. Le 8 février 1651, la Reine et le jeune Louis essaient de le rejoindre en exil mais le peuple envahit le Palais du Louvre et empêche la famille royale de partir. En réaction à ces événements, Louis s'appliquera plus tard à continuer le travail initié par Richelieu : affaiblir les membres de la noblesse d'épée en les obligeant à servir comme membres de sa cour en transférant la réalité du pouvoir à une administration très centralisée et à la noblesse de robe.

Le 7 septembre 1651, le lit de justice déclare la majorité du roi. Tous les grands du royaume viennent lui rendre hommage sauf Condé qui, de Guyenne, lève une armée pour monter sur Paris. Louis est sacré officiellement roi le 7 juin 1654 à Reims mais il laisse les affaires politiques à Mazarin, tandis qu’il continue sa formation militaire auprès de Turenne.

Personnalité du Roi-Soleil


Un amant fougueux

Louis a de très nombreuses maîtresses, parmi lesquelles Louise de La Vallière, Angélique de Fontanges, Madame de Montespan, et Madame de Maintenon (qu'il épousera secrètement après la mort de la reine, sans doute à l'automne 1683). Adolescent, il fait la rencontre d'une nièce de Mazarin, Marie Mancini, une grande passion, contrariée par le cardinal, qui, conscient des intérêts de la France et des siens, préfère lui faire épouser l'infante d'Espagne. En 1670, Jean Racine s'inspirera de l'histoire du Roi et de Marie Mancini pour écrire "Bérénice".

On dit souvent que Mademoiselle Catherine de Beauvais, surnommée Cateau La Borgnesse, a eu l'honneur de déniaiser le roi, mais les historiens en doutent fortement. Cependant, cette femme issue de peu aura l'extrême honneur de recevoir un cadeau étonnant d'Anne d'Autriche (la Reine mère) : elle est payée en pierres prévues initialement pour les travaux du Louvre et avec lesquelles elle s’est construit un hôtel particulier à Paris, aujourd’hui situé au 68 rue François Miron, l'hôtel de Beauvais.

Plus tard, grand amateur de femmes, il fait aménager des escaliers secrets dans Versailles pour rejoindre ses différentes maîtresses. Ces liaisons irritent la compagnie du Saint-Sacrement, un parti de dévots. Bossuet, Madame de Maintenon tentent de ramener le roi à plus de vertu.

L'affaire des Poisons

En 1679 éclate une affaire, l'affaire des poisons qui touche la marquise de Montespan : Catherine Deshayes, épouse de Monvoisin, est arrêtée car soupçonnée de sorcellerie. Une commission, la Chambre Ardente, est alors constituée pour éclairer ses agissements.

Louis décide de créer une cour d'exception pour juger des actes commis par La Voisin et ses complices. L'affaire sera tout de même étouffée par le roi lorsqu'il apparaîtra que Mme de Montespan aurait pris part à ces agissements. La favorite du roi ne pouvant être compromise sans compromettre les enfants qu'elle a eus avec le Roi. Toutefois, cette affaire consommera la disgrâce dans laquelle la favorite était tombée quelques mois auparavant.

Un mariage de raison


Le 7 novembre 1659, les Espagnols acceptent de signer le Traité des Pyrénées qui fixera les frontières entre la France et l'Espagne. De son côté, Louis accepte bon gré, mal gré de respecter une des clauses du traité : épouser l'infante Marie-Thérèse d'Autriche (1638-1683), fille de Philippe , roi d'Espagne, et d'Élisabeth de France. Ce mariage a pour but de rapprocher la France de l'Espagne. Il a lieu le 9 juin 1660 à Saint-Jean-de-Luz. Louis ne connaît sa femme que depuis 3 jours, celle-ci ne parle pas un mot de français mais le Roi l'honore fougueusement et devant témoins dès la nuit de noce.

Politique


L'apogée de l'absolutisme

Également connu sous le nom de Louis le Grand, Louis renforce la monarchie absolue de droit divin. Le 13 avril 1655, le Roi décrète 17 édits visant à renflouer les caisses de l’état. La légende raconte qu'à cette occasion, il aurait déclaré aux parlementaires réticents le célèbre mais contesté : "l’Etat c’est moi !". En fait, il ne l'a jamais déclaré. Il dira même le contraire sur son lit de mort, en 1715 : "Je m'en vais, mais l'Etat demeurera toujours". Louis se dissocie de l'Etat, dont il se définit lui même comme, seulement, le premier serviteur.

L'élimination de Fouquet

À la mort de Mazarin, le 9 mars 1661, la première décision de Louis est de supprimer le poste de premier ministre et de prendre personnellement le contrôle du gouvernement mais l'entourage du roi n'est pas convaincu de sa stature d'homme d'état. Louis doit faire ses preuves et prouver son autorité.

Six mois plus tard, le 5 septembre 1661, jour de ses 23 ans, le roi, suivant les conseils de Jean-Baptiste Colbert, fait arrêter Nicolas Fouquet par d'Artagnan et supprime également le poste de surintendant aux finances. Même si Fouquet a effectivement commis quelques malversations, il n'en a pas commis plus que Mazarin ou Colbert. Il s'est même montré plutôt efficace durant les huit ans passés à son poste et, grâce à lui, les finances de la France se sont un peu remises des dépenses liées à la guerre de Trente Ans et à la Fronde de 1648. Mais le roi a besoin de montrer qui dirige et d'éliminer celui qu'il considère comme un trop grand ambitieux.

Après 3 ans d'un procès truqué par le roi, Fouquet sera remplacé par Colbert en 1665. Le règne personnel du Roi-Soleil commence.

Les grandes réformes

La première partie du règne de Louis est marquée par de grandes réformes administratives et principalement l'augmentation de la pression fiscale.

Il crée le Code Louis en 1667, sorte de code civil, le Code Criminel en 1670, le Code forestier, l'édit sur les classes de la marine en 1669, l'ordonnance de commerce en 1673.

Au fil du temps, deux clans vont se mettre en place aux cotés du roi et cohabiter tout en rivalisant l'un avec l'autre. Le clan Colbert va gérer tout ce qui touche à l'économie, la politique étrangère, la marine et la culture alors que le clan Le Tellier-Louvois va avoir la main mise sur la défense. Le roi fait ainsi sienne la devise « Diviser pour mieux régner ». En ayant deux clans rivaux sous ses ordres, il est certain que les deux s'auto-controleront et que cela empèchera toutes dérives permettant à un de ses ministres de réussir un coup d'état contre lui.

Jusqu'en 1671, le clan Colbert domine mais, quand commencent les préparatifs de la guerre de Hollande, les réticences de Colbert qui rechigne à se lancer à nouveau dans de grandes dépenses commencent à le discréditer aux yeux du roi. De plus, l'écart d'âge entre Colbert (52 ans à l'époque) et le roi (33 ans) fait que le roi se rapproche naturellement de Louvois qui n'a que 30 ans et la même passion : la guerre. Jusqu'en 1685, c'est le clan Louvois qui aura la haute main sur le roi.

Image:Fouquet.jpg|Nicolas Fouquet, le flamboyant surintendant sera écarté du pouvoir pour permettre au Roi-Soleil de mieux briller. Image:Colbert-nanteuil.jpg|Jean-Baptiste Colbert succèdera à Fouquet après avoir organisé son "élimination". Image:Fm-le tellier-voet.jpg|François-Michel Le Tellier, marquis de Louvois, secrétaire d'État à la guerre, rival de Colbert au sein du conseil royal

Sa politique étrangère


Depuis la naissance de Louis , la France a continuellement été en guerre contre l'Espagne et plus généralement contre l'hégémonie des Habsbourg en Europe. Elle participe directement au dernier tiers de ce qu'on a appelé ensuite la guerre de Trente Ans conclue en 1648 par les traités de Westphalie. La France doit ensuite gérer des conflits intérieurs liés à la Fronde menés par le Prince de Condé mais dont l'Espagne est le principal soutien.

Louis , le guerrier

Le 23 juin 1658 à Dunkerque, les Français récemment alliés des Anglais (gouvernés à l'époque par Lord Oliver Cromwell) remportent une victoire importante contre Condé et l'Espagne lors de la bataille des Dunes. Ce sera une des premières grandes victoires du jeune Louis qui n'a que 20 ans à l'époque.

Louis a consacré 32 années sur 54 à faire la guerre. Le roi laisse Colbert gouverner et avec l'aide de Michel Le Tellier puis du Marquis de Louvois, il réorganise l'armée : unification des soldes, création de l’Hôtel des Invalides en 1670, réforme du recrutement. Cette nouvelle impulsion politique limite la désertion et augmente le niveau de vie de la gente militaire. Il demande à Vauban de construire une ceinture de fortifications autour du territoire (politique du pré carré). Il dispose alors d'une armée de 300 000 hommes et, pour renforcer le pouvoir de la France dans le monde, engage la France dans une multitude de guerres et batailles :

Ces guerres agrandissent considérablement la France. Sous le régne de Louis , la France s'enrichit de la Haute-Alsace, de Metz, Toul, Verdun , du Roussillon, de l'Artois, de la Flandre française, de la Franche-Comté, de la Sarre, du Hainaut, et de la Basse-Alsace. Ces conquêtes consacrèrent l'hégémonie française en Europe et ceux qui, comme le doge de Gênes, se risquent à défier le roi ne tardent pas à en payer les conséquences.

Cependant, l'état de guerre permanent mène l'État au bord de la banqueroute, le forçant à lever de lourds impôts sur le peuple, mais aussi sur la noblesse (impôts de la Capitation, du Dixième). Même la famille royale doit payer des impôts. Sous Louis , la noblesse devient courtisane et soumise. Le roi accorde le pouvoir politique à des bourgeois, Colbert en est le meilleur exemple. Louis ne donne que peu d'initiatives politiques à la noblesse, dont il se méfie. Malheureusement, son successeur, Louis , ne poursuivra pas cette politique.

Au début de son règne l'autre grande puissance en Europe est l'Espagne alors que le Royaume-Uni, en particulier l'Angleterre, est devenu le concurrent le plus redoutable à la fin.

La Marine

A la mort de Mazarin, la Marine royale, ses ports et ses arsenaux sont en piteux état. Seule une dizaine de vaisseaux de ligne est en état de fonctionnement correct. A la même période, la marine anglaise compte 157 vaisseaux (dont la moitié sont des vaisseaux importants, embarquant de 30 à 100 canons), soit un rapport de 1 à 8 avec la marine française. Les flottes de la république des Provinces-Unies en comportent 84.

Contrairement à une idée très répandue, Louis XIV s’intéressa personnellement et contribua avec Colbert à l’essor de la marine de guerre française. Dès 1662, il crée le corps des galères, qui a l'avantage de constituer une flotte à la fois militaire et commerciale. Il préside une fois par semaine le Conseil de la Marine et suivit avec le plus grand soin les détails de la mobilisation des ressources, fixant chaque année l’ampleur des armements, nommant en personne tous les officiers de vaisseau ou encore choisissant le nom de chaque vaisseau fabriqué.

Le roi souhaite que son armée de mer devienne aussi puissante et redoutée que son armée de terre, pas tant pour combattre mais plutôt pour disposer d'un instrument de dissuasion permettant de ne pas combattre.

Le 7 mars 1669, il crée le titre de Secrétaire d’État à la Marine et nomme officiellement Colbert comme premier titulaire du poste. Dés lors, Colbert et son fils vont mobiliser des ressources humaines, financières et logistiques sans précédent qui ont permis, pratiquement ex nihilo, de faire de la France une puissance militaire navale de premier rang.

L’objectif fixé par Colbert était d’atteindre une flotte de 120 vaisseaux dont 72 d’au moins 50 canons. A sa mort en 1683, la Royale comptait 117 vaisseaux, 1 200 officiers et 53 000 matelots. De 1661 à la mort de Louis XIV en 1715, 381 vaisseaux et frégates furent construits.

Sa politique économique


Économie

La politique économique de Louis est simple: le roi dépense à la guerre tout l'argent que Mazarin puis Colbert s'évertuent à faire rentrer dans les caisses de l'état.

Sous Mazarin, cette pression fiscale est à l'origine de nombreuses rebellions aussi bien au niveau de l'aristocratie (la Fronde) que du peuple (les jacqueries) :

Après Mazarin, Colbert a lui aussi multiplié les initiatives économiques :

Le développement des colonies

Malgré tout, les colonies sont plus une priorité pour Colbert que pour le Roi. On a besoin de chair à canon pour mener les guerres en Europe et on envoie que très peu de gens aux colonies : les engagées et les jeunes orphelines surnommées « les filles du roi » au Canada (Nouvelle-France). Colbert entrevoit, lui, les ressources potentielles dans le développement des colonies mais dans sa correspondance avec les intendants de la Nouvelle-France, il est strict : les colonies servent au royaume et ne doivent pas se développer au détriment de l'industrie française. Pour favoriser l'acroissement naturel, il crée des amendes pour les colons masculins célibataires de plus de 20 ans et les filles de plus de 16 non mariés. En outre, il alloue la somme de 300 livres aux familles de plus de 10 enfants.

Le Code noir

En Mars 1685, Louis promulgue le « Code noir », autorisant le plein usage des esclaves dans les colonies. Le code noir, vu par ses détracteurs comme une institutionnalisation de l'esclavage, est conçu pour limiter les sévices et donner un statut aux esclaves qui n'étaient avant ce code qu'un bien, au même titre qu'une chaise. Avec ce code, il leur est reconnu un droit à la propriété limité mais existant, un droit à la retraite avec la vieillesse, une obligation de bon traitement pour les propriétaires et l'obligation de bien les nourrir. Le code aura donc au moins accordé un cadre à la traite des noirs de l'époque.

Sa politique religieuse


Les réformes religieuses

Louis est partisan du gallicanisme, une France chrétienne unifiée mais indépendante du pape. Le 13 décembre 1660, la roi fait savoir au Parlement qu’il a décidé d’éradiquer le jansénisme, ce qui ne l'empêche pas de choisir Simon Arnauld de Pomponne pour secrétaire d'État, en 1671, après la Paix de l'Eglise. Pour les mêmes raisons, il combattra également le protestantisme et la compagnie du Saint-Sacrement.

Si au début de son règne, Louis connait quelques différents avec la papauté (Alexandre VII a même été menacé de guerre en 1662), le règne du Roi-Soleil connait une orientation plus religieuse à partir de 1684. La Reine Marie-Thérèse et Colbert meurent en 1683 et l'austère Madame de Maintenon devient l'épouse secrète du monarque. On dit qu'elle fut une des farouches partisanes de la révocation de l'édit de Nantes. Aujourd'hui, cet argument est de plus en plus contesté par les historiens.

Révocation de l'édit de Nantes

L'Edit, signé à Nantes le 13 avril 1598 par le roi de France Henri , autorisait la liberté de culte aux protestants dans certaines limites, et leur accordait la possession de certaines places fortes militaires.

Le versant militaire de l'édit de Nantes, à savoir la possibilité pour les protestants de conserver des places fortes militaires, avait été révoqué sous le règne de Louis lors de la paix d'Alès en 1629.

Le versant religieux de l'édit de Nantes fut révoqué par Louis en octobre 1685 (édit de Fontainebleau, contresigné par le chancelier Michel Le Tellier). Le protestantisme devient dès lors interdit sur le territoire Français. Cette révocation entraîne l'exil de beaucoup de huguenots vers des pays protestants qui les ont accueillis (Angleterre, Etats protestants d'Allemagne, cantons protestants de Suisse, Provinces-Unies et ses colonies, comme celle du Cap). On parle d'environ 200.000 exilés, dont beaucoup d'artisans ou de membres de la bourgeoisie.

Les plus pauvres étaient soumis depuis 1679 aux dragonnades. Ainsi, sans violences ou presque, le catholicisme était rétabli, les temples transformés en églises; mais chez beaucoup, l'adhésion au catholicisme restait superficielle. Les récents travaux de Michel Morrineau et de Jannine Garrisson ont beaucoup nuancé les conséquences économiques de la révocation. Ainsi, on s'aperçoit qu'en 1686 l'économie française a été particulièrement faste. La formation de diasporas française en Europe a permis de créer de nouveaux marchés d'exportations, mais aussi d'asseoir l'essor européen de la langue française, au siècle suivant. La révocation de l'édit de Nantes a aussi pour conséquences indirectes des soulèvements de protestants dans le Languedoc dont la guerre des camisards constitue le paroxysme et une conversion progressive au Catholicisme.

Le protestantisme était à l'époque de Louis XIV minoritaire en France, et n'a jamais constitué plus de 10 % de la population française y compris lors des guerres de religion au XVIe siècle.

En domestiquant la noblesse, le roi-Soleil domestiqua aussi la religion. Si de nombreux nobles s'affichèrent protestants au XVIe siècle, c'était davantage affaire de politique que de foi, bien que certains adhèrèrent pleinement à la religion de Calvin. Louis XIV, en créant une cour reposant sur l'équilibre des forces entre factions nobiliaires, réussit à convertir bon nombre de nobles protestants, qui, pour acquérir une charge à la Cour durent se convertir à la religion du roi : le catholicisme. Le protestantisme en France sur le plan symbolique contredisait ce qu'Elisabeth Labrousse a bien formulé sur son ouvrage portant sur la révocation : le royaume de France ne devait être que sous le règne de l'Unique "un roi, une foi, une loi". A la mort de Mazarin, Louis XIV avec l'appui de ses ministres restreignit petit à petit les privilèges accordés aux Protestants par la Monarchie en 1598, jusqu'à vider le texte de sa substance. La révocation n'est pas un coup de tête soudain du monarque, mais une lente et douce agonie du parti protestant en France qui, sans chefs et polémistes charismatiques, ne pouvait rivaliser à la propagande et aux moyens mis en place par les catholiques, qu'ils soient dévôts, gallicans ou même jansénistes.

Sa politique culturelle


Louis le Bâtisseur

Dans l'esprit du Roi, la grandeur d'un royaume doit aussi se mesurer par l'embellissement de celui-ci. Outre le château de Versailles que Louis fait agrandir petit à petit tout au long de son règne, il fait aussi construire le château de Marly afin d'inviter ses intimes. Dans ces deux châteaux tout comme à Saint germain, le château qui vit le début de son règne, il confiera la restauration des jardins à Le Nôtre.

Dans Paris, on lui doit aussi, entre autres, le Pont Royal (financé sur ses propres deniers), l'observatoire, les Champs-Elysées, les Invalides, la place Vendôme, mais aussi la place des Victoires qui commémore la victoire sur l'Espagne, l'Empire, le Brandebourg et la Hollande. Deux arcs de triomphe rues Saint-Denis et Saint-Jacques célèbrent les victoires du Roi-Soleil lors de ses guerres européennes.

Il va aussi profondément modifier la structure de villes françaises telles que Lille, Besançon, Belfort, Briançon en les fortifiant grâce aux travaux de Vauban. Certaines villes telles que Versailles pour la Cour ou Neuf-Brisach pour défendre les acquisitions d'Alsace vont être crées ou développées.

Pour faciliter le développement de La Royale, il développe les ports et arsenaux de Brest et de Toulon, crée un port de guerre à Rochefort, des ports de commerce à Lorient et Sète et fait construire le port franc et l'arsenal des galères à Marseille.

  • En 1680, création de la Comédie Française.
  • En 1681, ouverture du canal du Midi, qui relie l'Atlantique à la Méditérranée, en passant par Toulouse.
  • En Novembre 1682, le Roi place le collège royal Louis le Grand à Paris sous son haut patronage.
  • En 1702, Paris est divisée en vingt quartiers. Création de l'éclairage public et d'une police, dans les rues de la capitale.

Image:Versailles Garden.jpg|Versailles Image:Invalides.jpg|Le dôme de l'Hôtel des Invalides Image:Desjardins statue Louis XIV pl des Victoires.jpg|Place des Victoires

Louis , mécène des Arts

Après l'arrestation de Fouquet, le Roi Soleil semble vouloir imiter sa vie fastueuse. Il se montre extrêmement dépensier en allouant des sommes immenses aux frais de la cour royale. Il se comporte en mécène et patron des arts en finançant les grandes figures culturelles de l'époque tels que Molière (en signe d'amitié, le roi acceptera d'être le parrain de son premier enfant), le musicien Jean-Baptiste Lully ou le décorateur Charles Le Brun et le jardinier Le Nôtre. Il place l'Académie française sous son contrôle et devient son "protecteur". Il dépense aussi d'importantes sommes dans l'amélioration du Louvre avant de finalement choisir le château de Versailles comme résidence royale. Il y emménagera en 1682 après plus de 20 ans de travaux de rénovation et d'agrandissement.

Fin de règne et succession


Des problèmes de succession et la santé dégradée du roi assombrissent la fin de son règne. En 1711, son fils Louis de France (le Grand Dauphin) meurt de la variole à 49 ans. L'année suivante, son petit-fils devenu dauphin, le duc de Bourgogne (29 ans) et le deuxième fils de celui-ci (5 ans) meurent d'une épidémie de rougeole. Le dauphin avait déjà perdu son ainé en 1705, il ne lui reste qu'un fils, le futur Louis XV.

Branche espagnole

Le deuxième fils du grand dauphin devient roi d'Espagne en 1700 sous le nom de Philippe . Il renonce à ses droits à la succession du trône de France à l'issue de la guerre de Succession d'Espagne, par le traité d'Utrecht. Louis réalise ainsi son rêve de mettre un membre de la dynastie des Bourbons (son petit-fils en l'occurrence) sur le trône d'Espagne. Malgré de nombreux renversements suivis de restauration, la Maison de Bourbon conservera la couronne d'Espagne jusqu'à notre époque. L'actuel roi d'Espagne, Juan Carlos , est ainsi un descendant de Louis .

Branche française

Quant à l'autre, le duc de Berry, il meurt en 1714. Hormis le roi d'Espagne, le seul descendant mâle légitime de Louis est alors le duc d'Anjou, fils cadet du duc de Bourgogne et arrière-petit-fils de Louis , un petit garçon de santé fragile né en 1710. Comme il ne reste qu'un petit nombre de princes du sang dans d'autres branches, Louis décide de renforcer la famille royale en donnant le droit de succession au duc du Maine et au comte de Toulouse, deux fils illégitimes qu'il avait eu de Madame de Montespan. Mais c'est finalement son arrière-petit-fils "officiel" et petit-fils du grand dauphin, le duc d'Anjou, âgé de cinq ans, qui devient roi sous le nom de Louis XV, la régence étant exercée, durant sa minorité, par le duc d'Orléans, neveu et gendre de Louis .

Les derniers jours

Louis meurt le 1 septembre 1715 à la veille de ses 77 ans , de la gangrène sénile à la jambe, entouré de ses courtisans, après avoir agonisé pendant deux ou trois jours. Sur son lit de mort, il déclare : « Je m'en vais, mais l'État demeurera toujours. » Son règne aura duré 72 ans et 100 jours. Il est enterré, muni des Sacrements de l'Eglise, comme se doit de l'être le "Roi Très Chrétien", dans la basilique Saint-Denis.

Descendance


Louis a de nombreux enfants légitimes et illégitimes.

De sa femme, Marie-Thérèse d'Autriche, le Roi a six enfants (3 filles et 3 garçons) dont un seul survécut à l'enfance :

  • Louis de France (1661-1711), dit le Grand Dauphin ;
  • Marie-Thérèse (1667-1672) ;
  • Anne-Elisabeth (1662-1662) ;
  • Louis de France (1667-1683) ;
  • Marie-Anne (1664-1664).

De ses maîtresses, il a également 16 ou 17 enfants dont huit furent légitimés : De Mademoiselle de La Vallière naissent :

De Madame de Montespan naissent :

Voir aussi


Articles connexes

Personnalités du règne de Louis

Bibliographie


  • Biographies
    • Yves Marie Bercé, Louis , Cavalier Bleu coll Idées reçues, 2005, (ISBN 2846701229) ;
    • Lucien Bély, Louis premier d'entre les rois, Gisserot, coll. Histoire, 2005,(ISBN 287747772X ) ;
    • François Bluche, Louis , Hachette, coll. « Pluriel », 1999 (1 édition 1986) (ISBN 2012789870) ;
    • Jean-Christian Petitfils, Louis , Perrin, 2002, (ISBN 2235023142 )
    • Gérard Sabatier, Versailles ou la figure du roi, Albin Michel, coll. « Bibliothèque des idées », 1999 (ISBN 222610472).

  • Synthèse
    • Le siècle de Louis par Voltaire - 1751
    • Olivier Chaline, Le régne de Louis , Flammarion, 2005 (ISBN 2082105180) ;
    • Pierre Goubert, Le siècle de Louis , Livre de Poche, coll. « Référence », 1998 (ISBN 2253905453) ;
    • Joel Cornette, Chronique du règne de Louis , SEDES, coll. Regards sur l'Histoire, 1997 (ISBN 2718190116) ;
    • Hubert Methivier, Le siècle de Louis , PUF, coll. Que sais Je, 1995 (ISBN 2253905453) ;
    • André Corvisier, La France de Louis Ordre intérieur et place en Europe SEDES, coll. Regards sur l'Histoire, 1994 (ISBN 2718136766 ) ;
    • François Bluche, Le temps de Louis Hachette, coll Vie quotidienne, 1994 (ISBN 2012351050) ;
    • Ragnhild Hatton, L'Époque de Louis , Flammarion, 1992 (1 édition 1969) (ASIN 2080609904) ;
    • Robert Mandrou, Louis en son temps, PUF, coll Peuples et Civilisations, 1990 (ISBN 2130358640)

  • Monographies
    • Faruk Bilici, Louis et son projet de conquête d'Istanbul,Turk Tarih Kurumu, 2004 (ISBN 9751617014)
    • Daniel Dessert, 1661, Louis prend le pouvoir Naissance d'un mythe ?, Complexe, coll poche, 2000 (ISBN 287027792X) ;
    • Hervé Hasquin, Louis face à l'Europe du Nord, Racines, coll.Racines de l'Histoire, 1995 (ISBN 2873863900 ) ;
    • Peter Burke, Louis : les stratégies de la gloire, Seuil, 1998 (1 édition 1995 (ISBN 2020206382) ;
    • Pierre Goubert, Louis et vingt millions de français, Hachette, coll. « Pluriel », 1998 (1 édition 1970) (ISBN 201278870X) ;
    • Jean Meyer, 1638 la naissance de Louis , Complexe, coll. Mémoire des siècles, 1989 (ISBN 2870273037)

Liens externes

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