Les leucémies sont un ensemble de cancers affectant le sang. Au , ce terme ne désignait qu'une seule maladie mortelle. Le sang extrait des patients atteints par cette maladie était d'aspect blanchâtre. On distingue aujourd'hui de nombreux types de leucémies qui demandent chacune un traitement spécifique.
En 1847, Rudolf Virchow, un médecin histologiste allemand, fut l'un des premiers à décrire la leucémie. Cette maladie débute dans la moelle osseuse. Les cellules leucémiques se comportent de manière anormale en raison d'une modification de leur génome avec une accumulation, au niveau de leur ADN, de mutations acquises qui permettent la transformation de la cellule.
Les cellules souches de la moelle osseuse produisent quotidiennement des milliards de globules rouges, de globules blancs et de plaquettes.
La leucémie est caractérisée par une prolifération anormale et excessive de précurseurs des globules blancs, bloqués à un stade de différenciation, qui finissent par envahir complètement la moelle osseuse. S'installe alors un tableau d'insuffisance médullaire avec production insuffisante de globules rouges (source d'anémie), de globules blancs normaux, polynucléaires principalement, (leuconeutropénie, source d'infections graves) et de plaquettes (thrombopénie, source d'hémorragies provoquées ou spontanées).
Les cellules leucémiques peuvent également envahir d'autres organes comme les ganglions lymphatiques, la rate, le foie, les testicules ou le système nerveux central.
D'après une conférence du professeur Degos (hématologie, hôpital Saint-Louis à Paris) à la Fondation pour la recherche médicale, les progrès en matière de leucémie sont plus rapides que pour d'autres formes de cancer. L'une des raisons en est la facilité de tester l'effet des médicaments : « il est nettement plus facile en effet de multiplier les prélèvements sanguins ou médullaires que d'effectuer des ponctions ou des biopsies de tumeurs du poumon ou du foie. Aujourd'hui (2004) on dispose même de produits dits différenciants qui permettent de normaliser le comportement d'une cellule leucémique. Le meilleur exemple en est le traitement des LAM3 par l'acide tout-trans rétinoïque. Le rôle préventif de ces médicaments différenciants est discuté. Sans constituer à proprement parler une "vaccination" contre les leucémies, elles en représenteraient une sorte d'équivalent fonctionnel » (exposé du professeur Degos à la Fondation pour la recherche médicale, 9 septembre 2004, publié en octobre 2004 dans les comptes-rendus du cycle de conférences).
Historiquement, on distingue, selon la vitesse d'évolution, les leucémies aiguës et les leucémies chroniques. Selon l'aspect des cellules au microscope optique, ces leucémies vont être classées en différents sous-types cytologiques.
Au début des années 1970, un groupe international constitué de chercheurs français, américains et britanniques a travaillé sur une nouvelle classification des leucémies aiguës en compulsant des centaines de dossiers médicaux de malades leucémiques. Il en a résulté la classification franco-américano-britannique, toujours utilisée aujourd'hui pour classer les leucémies aiguës.
Cette classification reconnaissait 3 sous-types de leucémie aiguë lymphoblastique (LAL): L1, L2 et L3, et 7 sous-types de leucémie aiguë myéloblastique (LAM) : M1, M2, M3, M4 et M4Eo, M5 et M6. Secondairement ont été ajoutés les types M0 et M7. Sur le plan thérapeutique les LAL L1 et L2 sont traités dans les mêmes protocoles ; le type L3, appelé également Leucémie de Burkitt, relève d'un traitement différent.
Pour les LAM, le type M3 (leucémie aiguë promyélocytaire) a bénéficié de progrès récents (utilisation de l'acide tout-trans rétinoïque et des sels d'arsenic) et est traitée selon des protocoles spécifiques ; les autres sous-types de LAM se traitent de façon identique.
La classification FAB tend actuellement à être remplacée par une nouvelle classification élaborée sous l'égide de l'OMS (WHO classification).
La caractérisation des cellules leucémiques est complétée par l'étude :
La principale est la leucémie myéloïde chronique (LMC) caractérisée par un chromosome anormal identifié par l'étude du caryotype des cellules leucémiques, le chromosome de Philadelphie (Ph1). Il est dû à une translocation chromosomique entre les chromosomes 9 et 22.
Les autres types sont la Leucémie myélomonocytaire chronique (LMMC), initalement classée par le FAB dans le groupe des myélodysplasies, et une forme de l'enfant, très rare, la leucémie myélomonocytaire juvénile.
La plus fréquente est la leucémie lymphoïde chronique (LLC) qui est en général une prolifération B. Il existe d'autres proliférations lymphoïdes : par exemple, prolymphocytaire T de Galton, Mycosis fungoïde, à lymphocytes T suppresseurs, etc.). Les LLC sont parfois classées, non sans raison, parmi les lymphomes.
Leucémies aiguës myéloblastiques ou LAM :
Leucémies aiguës lymphoblastiques ou LAL :
Le type L3 correspond toujours à des proliférations B. Les types L1 et L2 peuvent correspondrent à des proliférations pré-B, avec des degrés variables de différenciation, ou à des proliférations T.
Personne n'est à l'abri de la leucémie : tout le monde peut avoir une leucémie, quasiment de la naissance jusqu'au 4 âge. Cependant, certains types de leucémies se développent chez un certain type de patients :
Il n'y a pas de différence notable d'incidence entre les hommes et les femmes.
Il existe certains facteurs de risque unanimement reconnus :
En revanche, les champs magnétiques (près des lignes électriques à haute-tension, par exemple) ne semblent pas être pourvoyeurs de leucémies, même si ceci est toujours très débattu alors même qu'il existe des arguments biologiques forts en faveur de leur innocuité (pour ce qui est des leucémies du moins).
La chimiothérapie proposée nécessite généralement une hospitalisation assez longue, et en plusieurs cures. Le but est de détruire les cellules anormales (les blastes), mais les cellules "normales" sont aussi détruites. Le malade est alors en phase dite d'aplasie. Il ne peut pas renouveller seul les cellules de son système immunitaire : d'où l'importance d'un support transfusionnel.
La medecine progresse et permet actuellement une guérison de certaines leucémies (70 à 80%).
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