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La lecture est l'activité de déchiffrement d'une information écrite.

Histoire


On peut estimer que les premiers hiéroglyphes furent dessinés il y a 5 000 ans. Les alphabets phonétiques les plus anciens ont environ 3500 ans.

On pourrait penser que l'histoire de la lecture est la même que celle de l'écriture. Pourtant, l'évolution des supports a également eu une grande influence. Les premiers ouvrages étaient écrits sur des rouleaux de papyrus enroulés en volumen dans un cylindre. Ils n'autorisaient donc qu'une vision partielle du texte à lire. À partir du , l'introduction du parchemin entraîne la rédaction des ouvrages en codex composés de feuilles pliées et cousues ensembles. Le livre ne subira alors pratiquement plus de modification de structure. Cette nouvelle présentation permet de consulter les ouvrages de façon moins linéaire.

Jusqu'aux environs du les mots étaient écrits les uns à la suite des autres, sans blancs ni ponctuation (scriptio continua). {| align="center" width="80%" UNETELLEECRITURENEFAVORISEPASLADETECTIONRAPIDEDESMOT
SETOBLIGEAUNDECHIFFREMENTLABORIEUXLETTREALETTREDESOU
VRAGESLAVITESSEDELECTUREESTDONCTRESLENTE |} La lecture à haute voix était donc quasi systématique. Si des textes datant du Ve siècle avant J.C. attestent que la lecture silencieuse était pratiquée en Grèce, elle resta probablement exceptionnelle pendant de longs siècles. Dans ses Confessions Augustin d'Hippone explique sa stupéfaction quand il voit Ambroise de Milan pratiquer la lecture silencieuse. La lecture demeure une activité collective dans les milieux bourgeois jusqu'au milieu du XVIIIe siècle. Parmi les ouvriers, le roman-feuilleton continue d'être lu à voix hautejusqu'au lendemain de la Première guerre mondiale. En Europe, la lecture orale occupe une place centrale aujourd'hui encore dans les cérémonies des religions juive, chrétienne et musulmane. La vitesse de parole est d'environ 9 000 mots à l'heure. Un pratiquant moyen de la lecture silencieuse est environ trois fois plus rapide.

Principe physiologique


Le processus physiologique de la lecture a été étudié pour la première fois à la fin du par Emile Javal, directeur du laboratoire d'ophtalmologie de l'université de la Sorbonne. La lecture n'est pas un balayage continu du texte mais une succession de photographies : pendant 250 millisecondes l'œil fixe un ensemble de lettres puis l'œil se déplace en 25 millisecondes vers un nouveau groupe de lettres. La vitesse de déplacement est relativement constante d'un individu à l'autre. Par contre, alors qu'un lecteur lent ne peut fixer que cinq à dix lettres, un bon lecteur peut fixer plus d'une vingtaine de lettres à la fois. Des mesures sur des lecteurs chinois, japonais ou arabes ont montré que l'alphabet utilisé n'avait pas d'influence majeure sur le mécanisme de la lecture.

La pause de l'œil lors de la « photographie » s'appelle un point de fixation. La mesure du nombre de lettres perçues simultanément est nommée l'empan.

L'apprentissage de la lecture


L'apprentissage de la lecture est un sujet qui a intéressé de nombreux pédagogues. Après des années de controverses, il semblerait qu'aucune des différentes méthodes d'apprentissage n'apporte un avantage décisif. Pour certains spécialistes, si leur influence est marginale c'est parce que dans aucune d'entre elles on ne retrouve ce qui constitue l'acte même de lire.

Méthode syllabique

Également appelée méthode synthétique ou alphabétique, elle repose sur les propriétés phonétiques de notre alphabet. Déjà pratiquée dans la Grèce antique elle consiste à partir des éléments les plus simples: les lettres et les sons. Une fois que ceux-ci sont maîtrisés, l'enfant apprend à les composer en syllabes puis en mots. C'est le fameux " B - A : BA " (oû les lettres B et A donnent la syllabe BA).

Les méthodes Boscher (utilisée au début du siècle), Daniel et Valérie, méthode du sablier sont de type syllabique. Actuellement, il existe de nouvelles méthodes comme "lire avec Léo et Léa" ou "La planète des alphas".

Méthode globale

Décrite dès 1787 par Nicolas Adam, également appelée méthode analytique, la Méthode globale a été popularisée au début du par Ovide Decroly. Elle consiste à utiliser directement des mots entiers simples et familiers, voire des phrases entières, sous forme de différents jeux de devinettes. La lecture se fait par la reconnaissance d'un mot en entier (sa silhouette), et non par le code de l'écrit.

Méthode naturelle

Célestin Freinet a créé en 1925 la méthode naturelle. Fondée sur le processus du tâtonnement expérimental et les interactions entre l'individu et le groupe, elle s'appuie sur les intérêts réels de l'enfant et lui permet de mettre en œuvre simultanément toutes les approches qui lui sont nécessaires : syllabique, globale, corporelle, sociale... La méthode naturelle n'utilise pas de manuel, mais les écrits des enfants eux-mêmes, riches de sens pour eux.

Méthode mixte

Appelée également méthode semi-globale, cette méthode tente de combiner les avantages de la méthode analytique et synthétique, les mots appris par l'analytique étant utilisés pour découvrir les syllabes et sonorités, permettant ainsi le déchiffrage de nouveaux mots. La répartition entre la partie syllabique et la partie globale dépend en partie de l'utilisation qui en est faite par l'enseignant. Les méthodes Gafi le fantôme, Ratus(influence syllabique), Ribambelle(méthode interactive), Abracadalire, Mini-loup, Grindelire, Vocaligram sont des méthodes mixtes. La méthode mixte est une méthode synthétique car elle rassemble la méthode syllabique et la méthode phonique; en effet elle aborde la lecture par les graphèmes et les phonèmes sans privilégier l'un ou l'autre.

Autres méthodes

Il existe d'autres méthodes, utilisées en particulier pour la rééducation :

  • La méthode gestuelle (ou "phonético-gestuelle") de Suzanne Borel-Maisonny pour la rééducation des sourds et malentendants ainsi que des enfants souffrant de troubles du langage.
  • La méthode tactile, encore expérimentale
  • La méthode Bordesoules, créée 1961 par Roger-Henry Bordesoules pour lutter contre la dyslexie. Les lettres deviennent des idéogrammes, chargés de sens, qui s'impriment dans la mémoire et déjouent l'esprit trop logique qui souvent fait obstacle à l'apprentissage du code arbitraire.
  • La méthode phonique a comme point de départ les sons de langue: les phonèmes. Après l'apprentissage d'une conscience phonologique, le travail consiste à mettre en relation ces sons avec les graphèmes puis les mots et enfin les repèrer dans les phrases.
  • La méthode interactive est celle qui est préconisée par les programmes Français de 2002: travailler à la fois le sens et le code car lire ne signifie pas déchiffrer et le décodage est pourtant nécessaire à l'apprentissage de la lecture.

Techniques


Le repérage consiste à retrouver rapidement une information en se basant sur les ressources typographiques du texte. Il est particulièrement adapté aux ouvrages comme les dictionnaires ou les annuaires et aux textes avec un plan très hiérarchisé.

L'écrémage est lui utilisé quand la structure du texte n'est pas suffisamment marquée. Il consiste à lire le texte en diagonale en s'arrêtant sur les mots clefs porteur d'information.

La lecture rapide combine la technique de l'"écrémage" et la lecture verticale de lignes entières saisies d'un seul coup d'oeil chacune à leur tour. L'œil doit rester à une distance suffisante de la page.

Illettrisme


Pour l'UNESCO l'analphabétisme est l'incapacité de lire et d'écrire des textes simples en rapport avec la vie quotidienne. En 1980 on estimait que 30% de la population mondiale était analphabète. Dans les pays industrialisés, environ 4% de la population souffre d'illettrisme: bien qu'ayant appris à lire, ces personnes en ont progressivement perdu l'habitude. Toutefois, de nombreuses polémiques existent sur les critères définissant ces populations. Les chiffres peuvent varier du simple au triple. On restera donc prudent sur les estimations quantitatives. Le terme « illettrisme » a été crée en 1978 par l'association ATD Quart Monde afin de décrire la situation des personnes qui ayant pourtant été scolarisées, n'ont pas la capacité d'utiliser l'écrit d'une manière aisée. Ce terme est en concurrence avec celui d'alphabétisation fonctionnelle que l'on trouve hors des frontières françaises. Le terme de litératie prend actuellement une place plus importante. Il pose de manière explicite la question des capacités à traiter l'écrit dans « une économie de la connaissance ». Si la question de l'alphabétisation est portée par l'UNESCO, celle de la litératie est portée par l'OCDE.

La dyslexie est un trouble fonctionnel de l'apprentissage de la lecture.

Liens externes


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