Les composants majeurs du lait maternel sont : l'eau (87,5 % env.), les glucides (7% env.), les lipides (4 % env.), les protides (1 % env.), les micronutriments (0,5 % env.). Cette composition évolue du colostrum des premiers jours vers le lait mature mais varie également en cours d'allaitement dans une même tétée, sur 24 heures et selon les besoins et l’âge du bébé.
Une partie des éléments du lait provient de la filtration sélective du sang (eau, sels, albumine, globulines), l’autre d’une synthèse (lactose caséine, matières grasses, acide citrique) par les cellules de l’acinus d’éléments propres au lait.
La composition du lait maternel est relativement stable de par le monde et ne varie que dans une faible proportion en fonction du mode de vie et de l’alimentation de la mère. De par la spécificité de sa composition, et contrairement au lait de vache, le lait humain se conserve relativement bien.
Le colostrum humain contient une proportion importante (12 g/l) de sucres rares, les oligosaccharides. On en a dénombré plus de 130 espèces différentes. Ce sont des prébiotiques, des composés qui exercent une stimulation sur les micro-organismes du côlon et jouent un rôle dans la croissance de la flore protectrice (Bifidus) de la muqueuse intestinale, empêchant l’adhérence des microbes aux parois. Tels sont les oligosaccharides. Ces sucres très particuliers existent dans très peu de sortes de laits de mammifères.
Les lipides du lait humain sont constitués à 98 % par les triglycérides, des graisses polyinsaturées qui jouent un rôle dans la myélinisation du système nerveux, l'acuité de la vision et la synthèse d'hormones. Le lait humain contient également des phospholipides, du (bon) cholestérol, bénéfique au niveau cardio-vasculaire et cérébral. Les acides gras essentiels (linoléique, linolénique) doivent être apportés à la mère par son alimentation.
Le lait maternel est exempt de beta lactoglobuline, une protéine du lait de vache extrêmement allergisante pour l'être humain. Il faut 100 jours (3 mois et demi) pour que l'intestin du bébé mette en place une barrière anti-allergique efficace contre les protéines non humaines. Avant ce moment, tout apport alimentaire différent du lait de mère est reconnu comme étranger par l'organisme et crée un risque d'intolérance.
Dans le lait maternel, la caséine (4 g/l) est particulièrement digeste. Parmi les trois types alpha, beta et k, la caséine beta a un profil particulier pour chaque femme, probablement déterminé par son code génétique. Sa dégradation libère des peptides à activité anti-infectieuse. La caséine k (facteur Bifidus) est une glycoprotéine qui stimule la croissance du Bifidobacterium.
Les immunoglobulines (1-2 g/l) sont des protéines qui fournissent des défenses immunitaires, des anticorps. Le lait maternel contient principalement des immunoglobulines A sécrétoires, IgA, et, dans des proportions moins importantes, des IgG et IgM.
La muqueuse digestive du bébé est immature à la naissance et met au moins 4 mois à s’édifier. Il est protègé des agressions microbiennes par les protéines de défense du lait maternel.
Dans le colostrum, les IgA, sont présentes de façon massive (près de 90 g/l). Ils tapissent la muqueuse digestive, empêchant les bactéries pathogènes de se fixer sur la paroi. Les microbes sont agglutinés par les IgA, leurs toxines et leurs enzymes sont neutralisés et la prolifération locale des virus est empêchée.
La quantité de sels minéraux et oligo-éléments (2 g/l) du lait maternel est adaptée aux possibilités d' élimination rénale du bébé dont les organes ne sont pas encore matures. La concentration des oligo-éléments est élevée dans le colostrum. Ils jouent un rôle essentiel dans la constitution du squelette.
Sel minéraux et oligo-éléments du lait maternel : calcium, chlore, cuivre, fer, iode, magnésium, manganèse, phosphore, potassium, sélénium, sodium, soufre, zinc.
Vitamines liposolubles et hydrosolubles du lait maternel : A, B1, B2, PP, B5, B6, B8, B9, B12, C, D, E, K.
Le contiennent de nombreuses Les leucocytes, ou cellules vivantes (90 % macrophages, 10 % lymphocytes) sont nombreuses dans le colostrum (1 million par millilitre) et le lait maternel.
Le lait humain contient de nombreux facteurs de défense immunitaire antibactériens (diphtérie, tétanos, streptocoques, coqueluche, dysenterie, colibacilles, typhus, etc..), antiviraux (grippe, poliomyélite, etc..). et antiparasitaires. Il contient également des agents de protection contre l'entérocolite ulcéro-nécrosante, de l’interféron et le système de complément (20 protéines de défense contre les agents pathogènes qui pénètrent dans l’organisme).
Les nucléotides ont un effet immunologique. Sont présents dans le lait maternel : cytidine, uridine, adénosine, guanosine, inosine.
De nombreux éléments du lait humain n’ont pas encore été identifiés et leur fonction reste à découvrir.
L'allaitement est un processus interactif où le comportement de l'enfant peut déterminer dans une certaine mesure la composition de sa nourriture.
En période de sevrage, par exemple, la quantité de sodium et de protéines augmente dans le lait maternel. En revanche, la concentration en potassium, et lactose décroît progressivement.
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