Art martial japonais le Kyūdō (弓道) est l'art martial japonais (budo) du tir à l'arc. Cette discipline se distingue de sa contrepartie occidentale par sa philosophie (influence du zen), la référence constante à l'étiquette et à la faible importance accordée à la compétition sportive. Elle est donc très distincte de son origine « kyujutsu ».
Comme le Iaïdo, le Kyudo se pratique sans adversaire, et peut être considéré comme un combat contre soi-même. L'objectif du pratiquant est la recherche du mouvement pur, esthétique, demandant le minimum de tension musculaire et le maximum d'énergie. Le fait d'atteindre précisément la cible est une conséquence du désir et ne correspond pas au but du kyudo, mais toucher la cible est l'un des objectifs.
Dans le kyudo sont introduits des buts ultimes. Ce sont la VERITE 真 "shin", la VERTU 善 "zen" et la BEAUTE 美 "bi".
Assez populaire au Japon, le kyūdō compte de plus en plus de pratiquants en Europe (plus d'un millier) et en Amérique.
L'arc fut une des armes de prédilection des guerriers japonais (kyujustu), surtout entre le XIIe et le XVIe siècle. Il disparaît alors peu à peu au profit du mousquet, apporté par les Portugais. Les écoles (ryu) de tir à l'arc évoluent alors vers la forme plus philosophique que l'on connaît aujourd'hui. Le terme Kyudo fait son apparition dans diverses écoles dès le XVIIe siècle.
Mais ce n'est qu'après la Seconde Guerre mondiale qu'une fédération japonaise de Kyudo (la "Zen Nippon Kyudo Renmei") voit le jour. Elle se donne pour objectif de normaliser les enseignements divers donnés par les différentes écoles et ainsi permettre le developpement du kyudo dans le monde mais aussi d'établir une pratique commune entre les différentes écoles et permettre des manifestations communes. Cette normalisation est édité sous forme de livres (volumes) : le "kyudo kyohon". Il sera aussi traduit officiellement en anglais. Une adaptation a été faite en français: "manuel de kyudo". Ce manuel sert aussi bien au débutant qu'au tireur avancé. Rédigé par les maitres de la discipline, il est une source et une référence pour la pratique du kyudo.
Il existe aujourd'hui une fédération de Kyudo aux États-Unis et en Europe, où les pays suivants ont une association ou une fédération affiliée au Japon par l'intermédiaire de la Fédération Européenne de Kyudo: Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France , Grande-Bretagne, Islande, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Suède, Suisse.
Enfin, le 2006 voit la création d'une Fédération Internationale de Kyudo : International Kyudo Federation (IKYF). 17 fédérations de différents pays sont membres de l'IKYF : Le Japon, l'Autriche, la Belgique, la Finlande, la France, l'Allemagne, le Royaume-uni, l'Islande, l'Italie, le Luxembourg, les Pays Bas, la Norvège, le Portugal, l'Espagne, la Suisse, la Suède et les Etats-Unis.
La synthétisation du kyudo par la "Zen Nippon Kyudo Renmei" n'a pas été créée au détriment des écoles ancestrales. Les traditions des différentes écoles sont précieusement entretenues et transmises parallèlement aux objectifs de développement de la fédération japonaise. Dans chaque école, les deux pratiques coexistent sans se nuire.
Cependant, certaines écoles restent indépendantes de tout organisme qui voudrait imposer , par exemple, l'usage des "dan". C'est le cas de l'école Heki-Ryu Bishu Chikurin-ha.
L'utilisation de l'arc japonnais (Yumi) n'est pas limité au Kyudo. Il est aussi utilisé dans d'autres diciplines (yabusame) ou d'autres pratiques (cérémonies shinto).
Le terme Kyudo est composé de 2 kanji signifiant approximativement :
* 弓 Kyû : Arc * 道 Dô : L'art, la Voie
Kyudo peut donc se traduire par La Voie de l'Arc. Distinction entre les mots "kyu" et "yumi". le terme "Kyû" (arc) est l'utilisation d'un terme ancien chinois utilisé pour construire le mot Kyudo, alors que "Yumi" (arc) est le mot japonais désignant l'arc en général.
L'arc japonais, yumi, a une forme particulière. Il est très grand, 2.12m pour une taille standard, mais proportionné au pratiquant d'après son allonge, yasuka, il est asymétrique, c'est-à-dire que sa poignée ne se situe pas au milieu de l'arc, mais environ au tiers inférieur, ceci pour permettre le tir à cheval. Il est traditionnellement en bambou et en bois. C’est un arc composite, constitué de lamelles de bambou et de bois. Il existe aujourd'hui des modèles en matières synthétiques tel que la fibre de verre ou le carbone, à l'intention des débutants. Le Yumi en bambou reste fragile et cher. Les qualités dynamiques des arcs de kyudo en bambou restent inégalées par les matériaux synthétiques de substitutions, c'est pour cette raison qu'il est souvent comparé en occident, à un violon pour son entretient et la virtuosité de sa fabrication.
les flèches YA sont traditionellement en bambou et empennées de plume d'aigle.
Le tir lui même, se déroule en 8 phases consécutives qui permettent l’ouverture de l’arc avec le corps. Ces phases sont précisément identifiées et doivent être assimilées par le corps du tireur. L’ouverture se fait en levant les bras très haut pour ensuite écarter les coudes symétriquement par rapport à l’axe du corps. La particularité de la mise en tension de l’arc est induite par sa forme asymétrique et du déséquilibre de sa résistance pendant l’ouverture. La partie basse de l’arc est courte et forte, elle donne la puissance au tir ; la partie haute est longue et faible, elle donne la précision au tir. Les deux branches s’équilibrent lors de l’ouverture de l’arc. L’ouverture commence au dessus de la tête du tireur afin d’insister sur la partie basse de l’arc , l’ouverture est alors équilibrée. De la même manière, la poussée de la main sur l’arc insiste sur la partie haute de l’arc, la poussée se réalise avec l’espace pouce/index et la paume n’intervient pas.
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