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Joseph Vissarionovich Djougachvili (en russe ru-Stalin.ogg, en géorgien : იოსებ ბესარიონის ძე ჯუღაშვილი Iosseb Bessarionis dze Djoughachvili) (18 décembre 1878 - 5 mars 1953), généralement connu sous le nom de Joseph Staline (Иосиф Сталин), a dirigé l'Union soviétique pendant près de trente ans. D'abord surnommé Sosso (fade) pendant son enfance. Aussi appelé Koba (d'après un héros populaire géorgien). Le nom Staline a été le sien durant les années de clandestinité, il provient du mot russe сталь (stal) qui signifie acier.

Son personnage et son action sont encore source de vives voire violentes polémiques. Son souvenir est néanmoins associé à la victoire militaire de l'URSS contre l'Allemagne nazie dont Churchill dit à la fin de la guerre : « nous avons tué le mauvais cochon (wrong pig) », thème repris par Orwell. Continuateur du système mis en place sous Lénine, il contribua à faire de l'URSS un pays développé non sans excès : déportations massives, exécution d'opposants, dont Léon Trotsky.

Enfance et apprentissage


Né à Gori, en Géorgie le 18 décembre 1878 (d'après notamment son certificat de naissance : le 6 décembre 1878 en calendrier julien) ou le 21 décembre 1879 (date qui est apparue après sa prise du pouvoir) de mère couturière et de père savetier, son caractère difficile serait selon certains la conséquence du tempérament oppressif de son père Vissarion, créant en lui un désir de rébellion, encore absent à l'époque de l'enfance. Sa mère, fervente orthodoxe, le pousse vers la prêtrise, et tente par tous les moyens de financer ses études qu'il poursuit jusqu'en 1898 avec succès. Après la réussite de ses examens, Iossif (Joseph) Vissarionovich entre au séminaire de Tbilissi (Tiflis) et y reste jusqu'à vingt ans.

Au Séminaire, il suit divers cours, dont lectures des textes saints, religion, droit, etc. Iossif (Joseph) Vissarionovich n'entre pas encore en contact avec le marxisme. Ce n'est qu'en 1899 qu'il commence à se montrer rebelle à l'autorité du Séminaire. Mais son attitude ne peut encore être qualifiée de révolutionnaire. Après avoir reçu plusieurs corrections pour lecture de livres interdits et malgré les faveurs que lui accorde le recteur du Séminaire, il est expulsé en 1899 pour absence à l'examen de lectures bibliques ; l'expérience au Séminaire marqua le futur dirigeant soviétique jusqu'à la fin de sa vie, comme par exemple, dans un texte de 1905, paru dans la Proletariats Brdzola, où il écrit :

« Ce serait profaner ce qu'il y a de plus sacré dans le parti que de donner à un bavard le nom de membre du parti, c'est-à-dire de dirigeant de l'armée des prolétaires. Le Parti, par l'entremise du Comité Central conduit dignement en avant cette armée sacrée. »

Iossif (Joseph) Vissarionovich commence alors sa carrière de révolutionnaire, de manière clandestine, sous le surnom de Koba (Ours). Il se fait arrêter à de nombreuses reprises pour activités suspectes avant d'être déporté plusieurs fois en Sibérie. Il s'évade en 1904 et adhère à la faction bolchévique du P.O.S.D.R.. C'est à cette époque qu'il rencontre pour la première fois Lénine. Il en fit un récit naïf en 1924, une semaine après la mort de ce dernier :

« Lorsque je le comparais aux autres dirigeants de notre Parti, il me semble toujours que les compagnons de lutte de Lénine –Plekhanov, Martov, Axelrod et d’autres encore– étaient moins grands que lui d’une tête ; que Lénine comparé à eux, n’était pas simplement un des dirigeants, mais un dirigeant de type supérieur, un aigle des montagnes, sans peur dans la lutte et menant hardiment le Parti en avant, dans les chemins inexplorés du mouvement révolutionnaire russe. * »

L'accession au pouvoir


Après la chute du régime tsariste lors de la Révolution de février 1917, Staline, à peine de retour d'une longue déportation en Sibérie, prend en main la direction du Parti à Pétrograd. Il prône alors la politique du « soutien critique » au gouvernement provisoire réformiste bourgeois d'Alexandre Kerensky. Néanmoins, dès le retour d'exil de Lénine, il se rangea très rapidement aux Thèses d'Avril. Celles-ci avançaient l'idée que la tâche des bolcheviks était de préparer la révolution socialiste, seule à même, selon Lénine, de donner le pouvoir au peuple et d'arrêter la guerre.

Staline, d'origine géorgienne, est nommé Commissaire aux Nationalités dans la nouvelle administration. Il en gravit les échelons et devient Secrétaire général du parti le 3 avril 1922, poste qu'il transforma rapidement en poste le plus important du pays.

Le stalinisme


Voir articles détaillés Stalinisme et URSS de Staline.

L'accès au pouvoir suprême

Comme Léon Trotski, Staline se réclame à la fois du marxisme et du léninisme. Dans les années 1920, Staline s'empare progressivement du pouvoir en excluant du Parti ceux qui s'opposent à lui et en éliminant - politiquement, puis physiquement - ses éventuels rivaux. En 1926, il est à la tête de l'URSS et du Komintern (III Internationale rassemblant l'ensemble des partis léninistes). En 1928, il expulse Trotski de l'URSS qui s'exile et trouvera asile au Mexique.

La suite de la dictature

Staline a continué l'oeuvre enteprise par Lénine, tout en durcissant la dictature déjà existante. Staline met fin au timide libéralisme économique entamé en 1922 par Lénine sous le nom de Nouvelle politique économique (NEP). Commence alors une politique de nationalisation systématique ; on envoie les opposants politiques (y compris léninistes) dans des camps de travail : les goulags. Staline théorise sa politique sous le nom de marxisme-léninisme : socialisme dans un seul pays, centralisme démocratique à l'intérieur du Parti, priorité accordée à l'accumulation du capital, au développement des moyens de production et à l'industrie lourde. En 1928, Staline crée le Gosplan, un organisme d'état rigide chargé de veiller au bon fonctionnement d'une politique économique basée sur le système de rendements quinquennaux (plan quinquennal, le premier : 1928-1933) Un tournant réactionnaire est également effectué dans le domaine des mœurs : interdiction de l'avortement (qui était aussi interdit dans tous les autres pays), rétablissement des peines de prison contre les homosexuels (ce qui était également pratiqué dans quelques pays occidentaux), culte de la « famille socialiste ». Enfin, dès 1934, Staline ramène l'âge limite pour la condamnation à mort à 12 ans. Certains marxistes se réclamant de Lénine s'opposent alors au marxisme-léninisme de Staline : les trotskistes dénoncent la dictature à l'intérieur du Parti, les bordiguistes dénoncent la politique économique de Staline comme une forme de capitalisme d'État. Voir Procès de Moscou. En 1938, Trotski fonde la IV Internationale rassemblant tous les partis trotskistes. Il est assassiné par Ramon Mercader, un agent de Staline, en 1940 au Mexique.

La Seconde Guerre mondiale

Staline décide préalablement d'agresser la Finlande, mais ses armées échouent à prendre ce pays. Après les accords de Munich entre la France, l’Allemagne nazie et le Royaume-Uni qui ont mis fin à l’indépendance de Tchécoslovaquie, Staline cherche à protéger son pays, en août 1939, il signe avec Hitler le pacte germano-soviétique alors qu'il avait essayé depuis le milieu des années 1930 de se rapprocher de la France et du Royaume-Uni. L'URSS envahissant la Pologne avec l'Allemagne en 1939. Ce pacte prend fin en juin 1941 avec l'invasion de l'URSS par la Wehrmacht. Staline est tout d'abord prostré et demeure sans réaction face à l'agression nazie, il faut dire que les purges de l'avant-guerre, en particulier en 1937, ont littéralement décapité l'Armée rouge, puisque la quasi-totalité des généraux et maréchaux ont été éliminés. De plus, Staline a refusé les rapports qui le prévenaient depuis de longs mois de l'imminence de l'invasion, allant même jusqu'à faire liquider ceux qui s'en font écho avec trop de véhémence. Il tient beaucoup à l'époque à conserver de bons rapports avec Hitler. Ce n'est qu'en se fiant plus à ses officiers supérieurs qu'il parvint à renverser le cours de la guerre. De 1943 à 1945, l'URSS arrête puis finit par repousser les troupes de Hitler. L'Armée rouge finit par prendre Berlin et met fin à la guerre.

L'après-guerre

Les pays d'Europe de l'Est traversés sont placés sous le contrôle de l'Armée rouge et y restent après la Conférence de Yalta. Staline leur impose le modèle soviétique, notamment par le coup de Prague en 1948 et des gouvernements fantoches. Il crée en 1947 le Kominform, une nouvelle Internationale dirigée par le PCUS (Parti Communiste d'Union des républiques socialistes soviétiques) et rassemblant quelques partis communistes européens. En Asie, la politique stalinienne de l'après-guerre suit un cours sinueux : soutien au sionisme entre 1946 et 1950, accueil très réservé fait à la révolution chinoise, politique prudente en Corée.

Le « legs politique »

Staline meurt en mars 1953 d'une hémorragie cérébrale. Après une longue période de flottement, qui se soldera entre autres par l'exécution du chef du KGB, Lavrenti Beria, Nikita Khrouchtchev arrive à la tête du pays. En 1956, l'URSS rompt officiellement avec le stalinisme au cours du XX congrès du Parti communiste d'Union soviétique. Par la suite, seules la République populaire de Chine de Mao Zedong et l'Albanie de Enver Hodja continuent à se réclamer ouvertement de Staline, et jusqu'à la mort de Mao Zedong en 1976. Même aujourd'hui (2005), la critique de Staline n'est pas à l'ordre du jour en Chine populaire.

Aujourd'hui, sur le plan international, plusieurs partis communistes : PC de Grèce (KKE), divers PC de Russie : Parti communiste bolchevik de Nina Andreeva, Russie laborieuse de Viktor Anpilov, Parti communiste ouvrier de Russie de Viktor Tioulkine, Union des PC russe/biélorusse de Chénine, Parti du travail de Belgique, entre autres ont réévalué hautement l'œuvre et les mérites de Staline. D'autres groupes maoïstes continuent à se réclamer plus ou moins directement de Staline : guérilla népalaise, Sentier Lumineux au Pérou, ou en France l'URCF (Union des révolutionnaires communistes de France). En Russie, le culte de Staline n'est pas exclusivement le fait de nostalgiques du régime. Il est également propagé par des milieux ultra-nationalistes qui considèrent que le mérite essentiel de Staline a été de créer un État fort incarnant le destin de la nation russe. Ce culte est généralement associé à l'antisémitisme. La plupart des staliniens considèrent que ce sont des Juifs qui ont incarné les tendances les plus internationalistes du marxisme (Trotsky, Rosa Luxemburg, Zinoviev, Kamenev, etc.) - il faut d'ailleurs préciser que Karl Marx était lui-même juif...

Bilan des assassinats de masse et déportations commis sous Staline


  • 1922-1953 : déportation continue de centaines de milliers d'opposants réels ou supposés, emprisonnements arbitraires, interdiction de toute contestation de la personne de Staline.
  • 1930-1932 : déportation de deux millions de koulaks (paysans aisés) dans les goulags.
  • 1932-1933 : Staline accule selon certains auteurs délibérément les Ukrainiens à la famine : entre 4,5 et 7 millions de morts. Cependant, cela peut être discutable dans la mesure où les exportations soviétiques en 1932 et 1933 étaient inférieures à deux millions de tonnes, soit moins que la moyenne des années précédentes et suivantes. Selon certains chercheurs (ex : Tauger ou Wheatcroft) la famine est due à une très mauvaise récolte en 1932 et à l’abandon partiel des populations par le régime. La famine était probablement évitable mais peut-être pas organisée.
  • 1937-1938 : la Grande Purge élimine 690 000 personnes.
  • printemps 1940 : massacre de Katy%C5%84 (élimination de près de 22 000 prisonniers de guerre polonais)
  • 1944 : déportation de l'ensemble du peuple tchétchène, soit 400 000 personnes, en Sibérie orientale.

Bibliographie


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  • Roman Brackman, Gérald Messadié, Staline, agent du tsar, L'Archipel (5 mars 2003), ISBN 2841874621
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  • Robert Conquest (Trad. Michèle Garène), Staline, Odile Jacob (8 mars 1999), ISBN 2738101747
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  • Richard Lourie, Martine Leroy-Battistelli (Traduction), Moi, Staline, Noir sur blanc (27 février 2003), ISBN 2882501269
  • Jean-Jacques Marie, Staline, Fayard (15 mars 2003), ISBN 2213608970
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  • Jean-Jacques Marie, Derniers complots de Staline- 1953, Editions Complexe (24 février 1997), ISBN 2870274750
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  • Le Monde, « Staline, une barbarie moderne », Editions de l'Aube (9 mars 2004), ISBN 2876789507
  • Simon Sebag Montefiore, Staline : la cour du tsar rouge (traduit de l'anglais par Florence La Bruyère et Antonina Roubichou-Stretz). Paris : Éditions des Syrtes, 2005. 793 p.-* p. de pl., 24 cm. ISBN 2-84545-112-1. Titre original : Stalin : the court of the red tsar.
  • Boris Souvarine, Staline. Aperçu historique du bolchévisme, Plon, Paris, 1935 ou Editions Gérard Lebovici, Paris, 1985. Nouvelle édition revue par l'auteur. Réédité par Ivréa (Paris, 1992) ISBN 2851840762
  • Adam B. Ulam, Staline, l'homme et son temps - la montée, Gallimard/Calmann Lévy (Paris, 1977) ISBN 2070295141
  • Adam B. Ulam, Staline, l'homme et son temps - le pouvoir, Gallimard/Calmann Lévy (Paris, 1977) ISBN 207029577X
  • Arkady Vaksberg, Staline et les Juifs, Laffont (20 février 2003), ISBN 2221093739
  • Alexandra Viatteau, Staline assassine la Pologne, 1939-1945, Le Seuil (1999), ISBN 2020231719
  • Dimitri Volkogonov, Staline, Flammarion (22 janvier 2001), ISBN 2080663194
  • Le Livre noir du communisme, éditions Robert Laffont

Voir aussi


Liens internes

Liens externes


  • Le testament de Lénine
  • Staline (Trotsky)
  • Comment comprendre Staline L’image de Jossif Vissarionovitch Djougachvili, plus connu sous le pseudonyme de Staline - « l’homme d’acier » -, a suscité pendant des décennies les attitudes les plus contrastées allant de l’adoration à la diabolisation. Par Stéphane Courtois, directeur de recherches au CNRS

Personnalité politique d'URSS | Chef d'État ou de gouvernement de la Seconde Guerre mondiale | Pseudonyme | Naissance en 1879 | Décès en 1953

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