Jacques Cartier (31 décembre 1491, Saint-Malo France - 19 janvier 1557) est le premier explorateur français en Amérique du Nord.
Lors du premier voyage en 1534, qui compte deux nefs, le Triton et le Goéland, il explore minutieusement le golfe du Saint-Laurent et, le 23 juillet, met pied à terre, plante une croix de trente pieds et revendique la baie de Gaspé pour la France. Là, il rencontre des Iroquois venus sur les rives du fleuve en campagne de pêche et qui l'accueillent chaleureusement. Il attire les deux fils du chef Donnacona, Domagaya et Taignoagny, avec des présents et les emmène en France plus ou moins contre leur gré.
On continue en chaloupes et bientôt Cartier arrive au devant d'un village iroquois, Hochelaga au pied du Mont Royal, l'emplacement de la future Montréal. La bourgade est entourée d'un rempart de bois circulaire, ouvert d'une seule porte d'accès et compte une cinquantaine de maisons communautaires. Le chef du village affirme que l'on peut continuer à remonter le fleuve vers l'ouest durant trois lunes et de la rivière des Outaouais se diriger vers le nord et pénètrer dans un pays où on trouve de l'or. Après cette visite d'un jour, les Français rebroussent chemin et retournent à Stadaconé où se trouve maintenant le fort Sainte-Croix.
Les rapports avec les Iroquois sont bons, malgré quelques disputes sans gravité, qui ne dégénèrent jamais en violence. Cartier découvre cependant les premiers scalps dans la maison de Donnacona. Il y goûte aussi le tabac qu'il n'apprécie guère. L'hiver de l'Amérique du Nord arrive et surprend les Français, le fleuve gèle et emprisonne les navires. Cartier et ses hommes hivernent près de la rivière Sainte-Croix (maintenant la rivière Saint-Charles à Québec). Les hommes souffrent du scorbut, les Iroquois sont frappés aussi, des Français meurent tandis que les Amérindiens s'en tirent beaucoup mieux. Cartier, épargné, découvre que les Iroquois se soignent avec une préparation de feuilles de cèdre blanc. Il applique le traitement à ses hommes et bientôt les guérisons se multiplient. En avril, Cartier s'empare de Donnacona, de ses deux fils et de sept autres Iroquois, puis profitant du dégel, met le cap sur la France, abandonnant la Petite Hermine hors d'usage. Après être passé aux îles Saint-Pierre et Miquelon, il retourne à Saint-Malo en juillet 1536 croyant avoir exploré la partie de la côte orientale de l'Asie.
Le Lieu historique national Cartier-Brébeuf commémore cet hivernage de Jacques Cartier.
Puis la stratégie change subitement. L'organisation de l'expédition est confiée à Jean-François de la Rocque de Roberval, un homme de cour, ce que Cartier n'est pas. Il ne sera cette fois que le second de Roberval. La colonisation et la propagation de la foi catholique deviennent les deux objectifs. Donnacona meurt vers 1539, comme d'autres Iroquois, les autres se sont mariés, aucun ne reviendra. On prépare l'expédition, arme cinq navires, embarque du bétail, libère des prisonniers pour en faire des colons. Roberval, homme de cour, prend du retard dans l'organisation et Cartier s'impatiente puis décide de s'engager sur l'océan sans attendre. Après une traversée calamiteuse, il arrive enfin sur le site de Stadaconé en août 1541 après trois ans d'absence. Les retrouvailles sont chaleureuses malgré l'annonce du décès de Donnacona, puis les rapports se dégradent et Cartier décide de s'installer ailleurs.
Il fait édifier le fort de Charlesbourg-Royal au confluent du Saint-Laurent et la rivière du Cap Rouge pour préparer la colonisation. Bientôt, l'hiver arrive et Roberval est toujours invisible avec le reste de l'expédition. En attendant, il accumule l'or et les diamants qu'il négocie avec les Hurons qui disent les avoir ramassés près du camp. En 1542, il lève le camp, retrouve Roberval à Terre-Neuve. Malgré le commandement de ce dernier à rebrousser chemin et retourner sur le Saint-Laurent, Cartier met le cap vers la France.
Aussitôt arrivé, il le fait expertiser et apprend qu'il ne rapporte que de la pyrite et du quartz sans valeur. Sa mésaventure sera à l'origine de l'expression « faux comme des diamants du Canada ».
Déçu, il se retire dans son manoir de Limoilou, près de Saint-Malo, considéré comme un sage on le consulte parfois et on met à profit ses connaissances du portugais. Il succombe de la peste qui frappe la ville en 1557. Ses restes, retrouvés en 1944, reposent depuis dans la cathédrale de Saint-Malo.
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