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Chronologie


Premiers vestiges Toulousains

Le site de Toulouse a été occupé par l'homme dés le VIIIe et le VIIe siècle av.J.-C, comme en témoignent la nécropole du quartier Saint-Roch (Place des Carmes, vers la rue Fénétra), mise à jour en 2002.

Cependant, les origines de la ville de Toulouse sont mal connues. Sans doute est-ce le gué du Bazacle qui favorisa l’installation des premiers habitants. Cette version est cependant contestée par certains historiens. Une épée de bronze témoigne pourtant de la présence d’hommes 2000 ans avant notre ère.

Du II au I siècles avant J.-C.

La première civilisation connue fut celle des Volques Tectosages, au siècle avant J.-C. Toulouse était sans doute la cité principale de cette peuplade venue d’Allemagne qui dominait le sud de la France.

Travaillant une terre fertile, les Toulousains connurent peu après une expansion démographique sans précédant. Cette expansion atteignit Vieille-Toulouse, ville connue pour ses nombreux vestiges antiques, et où certains voient les véritables origines de la cité.

La ville ne devait pas seulement sa prospérité à l’agriculture. Lorsque l’invasion romaine approcha de Toulouse, les Tectosages avaient déjà ramassé un véritable trésor en exploitant l’or de l’Ariège et des Montagnes Noires.

Le peuple toulousain garda 10 ans une indépendance de façade vis-à-vis du pouvoir romain. En 106 avant J.-C., une révolte contre la garnison entraîna une riposte immédiate de Rome. La ville fut conquise par traîtrise et pillée. D’après la légende, 70 tonnes d’or furent dérobées. Nul ne sait ce qu’est devenu ce trésor, connu sous le nom de l’« Or de Toulouse ».

Du I siècle avant J.-C. au II siècle après J.-C.

Peu de gens savent que le premier commerce de Toulouse fut celui du vin. Le sous-sol fourmille pourtant de morceaux d’amphores. Ce n’est pas le vin du Languedoc qui assura la prospérité de la cité, c’est celui d’Italie, acheminé via Narbonne.

Une bonne partie des cargaisons étaient consommées sur place. Les garnisons romaines, les Gaulois et les citoyens romains étaient, en effet, particulièrement assoiffés. Le restant était dispersé vers l’Aquitaine et tout autour de Toulouse.

D’autres produits de luxe suivirent le chemin tracé par le vin romain, de la vaisselle notamment. Pour disposer de toutes ces richesses, la province s’adonnait, en vrac, à la vente de produits agricoles, et à la vente d’esclaves.

Maintenant ralliée à la vie romaine, le Toulouse des années 70 avant J.-C. n’était guère qu’un poste militaire avancé. Chacun trouvant son compte dans la paix imposée par la domination romaine, c’est sans états d’âmes que la cité refusa la Gaule de Vercingétorix.

Tolosa connut alors une forte progression démographique, atteignant 20 000 habitants au après J.-C. Théâtres, temples, écoles et égouts firent de Toulouse une cité moderne et docile, toujours au centre d’un commerce régional.

Au milieu du après J.-C., un rempart long de trois kilomètres fut bâti afin de souligner la prospérité de la nouvelle colonie romaine. Il encerclait la ville et s’ouvrait sur la Garonne. Aucune brique ne vint dénaturer la noblesse de l’édifice, haut d’un mètre cinquante. C’est des Pyrénées, à 70 kilomètres de là, que l’on achemina la pierre de construction. On retrouvera désormais cette enceinte tout au long de l’histoire de Toulouse.

Du III au IV siècle

La fin du marque, pour l’Europe, la fin de la domination romaine. Relativement protégée des brigands par ses remparts, la ville de Toulouse échappe à la poussée franque en 260. Le christianisme prend pied autour de la ville grâce aux efforts de l’évêque saint Saturnin.

Puis ce sont les Wisigoths qui envahissent la cité en 418. La population verra toujours d’un mauvais œil la présence germanique. Les Gallo-romains christianisés et les Wisigoths n’ont pas les mêmes habits, ni les mêmes coutumes. Les envahisseurs se passeront rapidement du soutien romain pour prendre leur indépendance.

Pourtant, préférant Toulouse à Bordeaux, les goths font de Tolosa la capitale de leur nouveau royaume. Connue sous le nom de « royaume de Toulouse », la domination s’étend de la Loire à Gibraltar.

Ce nouveau statut profitera longtemps à la ville. Seule la culture rapprochera les Wisigoths des Gallo-romains. Clovis mit fin à l’invasion arienne en 507, et ramena Toulouse à un rang inférieur. Coupée de Narbonne, la ville fut déclarée aquitaine.

De foi chrétienne, les Francs seront mieux accueillis que leurs prédécesseurs. Ceux-ci feront de la cité une ville militaire, dernier rempart contre le royaume de Tolède, et ce jusqu’au .

Du VII au IX siècle

À partir du , l’histoire de Toulouse est assez obscure. À la faveur des successions mérovingiennes, la ville devient la capitale d’un important territoire, s’étendant des Pyrénées jusqu’à la Loire, et connu sous le nom de « duché de Toulouse ».

En 720, Charles Martel reconnaît l’indépendance de ce duché. Le duc Eudes repousse l’envahisseur arabe lors du siège de Toulouse en 721. Venue d’Espagne, l’armée d’El-Samah subira une cuisante défaite. Moins connu que celui de Poitiers, en 732, ce siège aurait été déterminant pour l’avenir de la France.

Le roi franc Pépin le Bref mit fin à l’indépendance du duché en 768. Mis en danger à la bataille de Roncevaux en 778, Charlemagne décida la création du Royaume d’Aquitaine. Il confia le comté de Toulouse à Chorson, puis à son propre cousin Guillaume. Ce sont les deux premiers comtes toulousains.

Le péril sarrasin fit de la ville une place militaire forte d’où partaient au printemps les conquérants carolingiens. L’armée de Charlemagne ira jusqu’à Barcelone et l’empereur créera une zone de sécurité au sud des Pyrénées, « la marche d’Espagne ».

Pépin Ⅰer, le petit-fils de Charlemagne, tenta de prendre son indépendance et amorça la reconstruction de l’Aquitaine. Charles le Chauve, dont l’autorité était ainsi bafouée, décida en 844 le siège de Toulouse et s’opposa à Pépin ⅠⅠ. Il réitérera sa tentative en 849 et profitera de la trahison du comte Frédélon pour reconquérir la ville, et rattacher ainsi Toulouse à la Francia occidentalis.

Du IX au XI siècle

La fin des Carolingiens marque le début de la féodalité. Durant tout le Moyen Âge, Toulouse sera dirigé par ses comtes.

Au début du millénaire, l’attitude dérivante du clergé et la confiscation de l’église par le pouvoir toulousain entraînent une dégradation du culte. L’église Saint-Sernin, la basilique de la Daurade et la cathédrale Saint-Étienne sont mal entretenues. De nouveaux courants religieux apparaissent, telle la réforme clunisienne.

L’évêque Izarn, soutenu par le pape Grégoire VII, tenta de mettre bon ordre à tout cela. Il confia la Daurade aux abbés clunisiens en 1077. À Saint-Sernin, il rencontra une forte opposition en la personne du prévôt Raimond Gayrard, lequel venait de bâtir un hôpital pour les pauvres et proposait de bâtir une basilique.

Soutenu par le comte Guilhem ⅠⅤ, saint Raymond obtint finalement du pape Urbain II de consacrer l’édifice en 1096. Les querelles religieuses venaient de réveiller la foi des Toulousains. Cette renaissance s’accompagna d’une nouvelle progression démographique, favorisée par une agriculture techniquement plus performante.

C’est à cette occasion que les faubourgs de Saint-Michel et Saint Cyprien furent bâtis. Le Pont de la Daurade permit en 1181 de relier Saint-Cyprien aux portes de la ville. Les faubourgs de Saint-Sernin et de Saint-Pierre des Cuisines connurent également une expansion notable.

XII siècle

La fin du ⅩⅠe siècle marque le départ du comte Raymond IV pour les croisades. Toulouse sera assiégée plusieurs fois, au fil des guerres de successions qui s’en suivirent. En 1119, le peuple toulousain hisse Alphonse Jourdain au pouvoir comtal. Ce dernier lui en sera reconnaissant puisqu’il allégera taxes et impôts.

À la mort du comte, une administration de 8 capitulaires est créée. Sous la houlette du pouvoir comtal, elle a la charge de réglementer les échanges et de faire appliquer les lois. Ce sont les Capitouls, dont les premiers actes datent de 1152.

En 1176, le chapitre comportait déjà 12 membres, chacun représentant un quartier de Toulouse, ou un faubourg. Le pouvoir des consuls s’opposa rapidement à celui du comte Raimond Ⅴ. Les Toulousains furent divisés sur le sujet, et c’est après 10 ans de lutte, en 1189, que le conseil municipal obtint la soumission du comte.

En 1190 débuta la construction du futur Capitole, la maison commune, le siège du conseil municipal. Maintenant au nombre de 24, et vraisemblablement élus, les Capitouls s’octroient les droits de police, de commerce, d’imposition et provoquent des conflits avec les villes voisines. Toulouse en sortira généralement vainqueur, étendant ainsi la domination de la patria tolosana.

Malgré l’intervention du pouvoir royal, l’administration des Capitouls fera de Toulouse une ville relativement indépendante pendant près de 600 ans, jusqu’à la Révolution.

Pour l’anecdote, les joueurs du Stade Toulousain, l’équipe de rugby locale, arborent aujourd’hui les couleurs rouge et noire des Capitouls.

XIII siècle

Le Catharisme est une doctrine venue de Bulgarie qui professe la séparation du matériel et du spirituel. Elle s’oppose en cela à la confession orthodoxe. Qualifiés d’hérétiques, les Cathares ont trouvé dans le Midi du une forte audience. Simon de Montfort eut la charge de les exterminer.

Toulouse ne fut pas épargné par l’élan cathare. Les blancs orthodoxes pourchassaient les noirs hérétiques dans les rues de Toulouse. L’abbé Foulques profita que les hérétiques étaient ses créanciers pour encourager cette inquisition.

Quelques Toulousains rejoignirent les croisés blancs, d’autres apportèrent leur aide aux assiégés. Les consuls ne souhaitèrent pas diviser davantage la population toulousaine et défièrent l’autorité pontificale en ne désignant pas les hérétiques. Le comte Raimond ⅤⅠ, protégeant les cathares, stigmatisa l’hérésie toulousaine.

En 1211, le premier siège de Toulouse par Simon de Montfort fut un échec mais deux ans plus tard, il infligea à l’armée toulousaine une terrible défaite. Sous la menace d’exécuter de nombreux otages, il entra dans Toulouse en 1216, et se nomma comte.

Simon de Montfort aurait été tué d’une pierre en 1218. Jusqu’au dernier siège, les croisés seront âprement combattus par les Toulousains. Louis ⅤⅠⅠ décidera finalement d’abandonner en 1219. Raimond ⅤⅠ sut gré aux Toulousains d’avoir préservé ses intérêts, et abandonna ses dernières prérogatives aux Capitouls.

En 1229, par le traité de Paris signé entre saint Louis et le comte Raymond VII, l'Université est créée, la seconde après Paris, avec 4 théologiens, 2 décrétistes (canonistes) et 2 grammairiens

Du XV au XVI siècle

Le débute par la création du Parlement toulousain par Charles ⅤⅠⅠ. Promettant une exemption de taxes, le roi renforce ainsi son pouvoir et défie l’administration des Capitouls. Investie de droits de juridiction, le parlement gagnera par la suite son indépendance politique.

Ce siècle est aussi le théâtre de nombreuses disettes. Les routes ne sont plus sûres, et Toulouse subit un terrible incendie en 1463. Les habitations situées entre l’actuelle rue Alsace-Lorraine et la Garonne sont décimées. La ville connaît de plus une nouvelle expansion démographique, entraînant une véritable crise du logement.

Poursuivant l’activité textile de la ville, le commerce du pastel prend son essor à partir de 1463. C’est la période la plus prospère de l’histoire toulousaine. Son plus riche représentant est Pierre d'Assézat.

Au milieu du ⅩⅤⅠe siècle, l’Université de Toulouse comporte près de 10 000 étudiants. Le courant humaniste traverse ses murs et les universitaires sont souvent pris d’agitation. L’inquisition continue d’installer de nombreux bûchers.

En 1553, la Belle Paule reçoit François Ier. En 1562, la réforme protestante provoque des combats de rue entre calvinistes et catholiques, et l’incendie de près de 400 maisons.

D’Assézat sera expulsé, en même temps que débutent trente-deux ans de guerre civile.

XVII

L’accession au trône d’Henri ⅠⅤ mit fin aux troubles toulousains. Le parlement se soumet et l’édit de Nantes est accepté en 1600. Les Capitouls perdent les dernières influences qui leur restent. Un fléau bien plus grave que la Fronde va toucher Toulouse en 1629 et en 1652, faisant des milliers de victimes : la peste.

Pour la première fois, la municipalité et le parlement prennent ensemble des mesures pour assister les malheureux frappés par l’épidémie. Beaucoup des membres du clergé quittent la ville. Les Toulousains les plus aisés s’enfuient aussi, et seuls les docteurs sont contraints de rester. La famine oblige bientôt les quelques Capitouls qui n’ont pas abandonné la ville à appliquer une interdiction de sortie aux bouchers et aux boulangers.

L’hospice de La Grave héberge les pestiférés en quarantaine. Le pré des Sept Deniers accueillera, lui aussi, de nombreux malades dans des conditions précaires. Avant de fermer ses portes, la ville devient un repaire de mendiants attirés par une infrastructure médicale qu’ils espèrent meilleure qu’à la campagne. L’argent manque pour nourrir toute cette population, et des réquisitions sont ordonnées. Aux pires moments de la crise, les riches se voient attribuer la responsabilité des pauvres.

En 1654, lorsque la seconde épidémie s’éteint, la ville est dévastée. Les périodes de rémission auront cependant été l’occasion de réaliser deux projets majeurs : le Pont-Neuf en 1632 et le Canal du Midi en 1682. Ce siècle troublé se terminera par une dernière famine, en 1693.

Le ⅩⅤⅠⅠe marque aussi l’arrivée d’une association secrète, l’Aa (associatio amicorum), réunissant des membres du clergé et des universitaires, et prônant une foi exacerbée. L’influence de cette organisation se fera surtout sentir au ⅩⅤⅠⅠⅠe siècle.

XVIII siècle

Il serait difficile de qualifier les années qui ont précédé la Révolution. Divers courant artistiques, religieux, ou architecturaux ont parcouru la cité durant le ⅩⅤⅠⅠⅠe siècle.

Louis de Mondran est l’instigateur d’un nouvel urbanisme, vraisemblablement inspiré par son séjour dans la capitale. Les principales réalisations de cette époque sont le Grand Rond, le Cours Dillon, et la façade du Capitole.

En 1770, le cardinal Loménie de Brienne pose la première pierre du canal qui portera son nom. Terminé six ans plus tard, le canal finit de relier la Méditerranée à l’atlantique, le Canal du Midi au Canal latéral à la Garonne. Le point de jonction est connu sous le nom des Ponts-Jumeaux.

La ville s’embourgeoise, appauvrissant les plus démunis, et enrichissant la noblesse et le clergé. Les architectes locaux et les sculpteurs sont mis à contribution par les particuliers. La Reynerie sera la résidence d’été du mari de la Comtesse Du Barry.

Toulouse n’a pas oublié sa traditionnelle ferveur religieuse, même si la fin du siècle marque un certain déclin. De nouvelles confréries apparaissent, la plus célèbre est celle des Pénitents bleus, officiant à l’église Saint-Jérome. Le parlement, infiltré par l’Aa (voir ⅩⅤⅠⅠe siècle), régule la vie religieuse, et condamne les protestants.

C’est dans ce contexte difficile qu’éclate l’affaire Calas (voir Jean Calas). Cette affaire montre à quel point le parlement a pris la direction de la ville, puisque c’est lui qui prononcera l’exécution de Jean Calas.

Soucieuse pour son autonomie, le peuple toulousain soutient le parlement lorsque celui-ci est menacé par la monarchie. C’est le parlement de Toulouse qui nomme les Capitouls, dont le chapitre est alors réduit à 8 représentants. Il faudra une révolution pour que la ville échappe à l’emprise des parlementaires.

Fin XVIII - début XIX

La Révolution modifie le rôle de la ville, ainsi que sa structure politique et sociale.

La ville a tout d’abord été spectatrice des mouvements parisiens. L’annonce des manifestations du 14 juillet 1789 a un retentissement relatif, ponctué par quelques pillages. 5 mois plus tard, lorsque l’Ancien régime est aboli, il en est tout autrement. Les parlementaires et les capitouls luttent pour conserver leurs privilèges, ils manifestent le 25 septembre, et ne sont guère soutenus par une population qui ne reconnaît plus ses protecteurs passés.

L’emprise régionale de Toulouse, jadis assurée par son parlement, est maintenant réduite aux dimensions d’un département, la Haute-Garonne. Le clergé doit se plier à la Constitution civile imposée par l’Assemblée constituante, laquelle nomme un nouvel archevêque toulousain, au grand dam de Loménie de Brienne. Une partie de la population est hostile à ces réformes qui lèsent ses anciens privilèges.

Les prérogatives des capitouls sont abolies le 14 décembre 1789. Joseph de Rigaud est le premier maire, il est élu le 28 février 1790.

En 1793, pendant la Commune, Toulouse refuse de s’allier à la Provence et à l’Aquitaine pour monter sur Paris. Ensuite, les perspectives de la guerre contre l’Autriche et celles des résistances intérieures entraînent la Terreur, qui élimine à Toulouse une partie des réfractaires à la Révolution.

En 1799, la ville fortifiée résiste à l’assaut des armées royaliste, britannique et espagnole, lors de la première bataille de Toulouse. L’arrivée de Napoléon à la tête du nouveau régime, puis de l’Empire, rétablit partiellement le statut régional de la ville. L’empereur se fend même d’une visite en 1808, confiant notamment le cloître de la Daurade à la manufacture de tabac.

En 1814, l’armée britannique pénètre dans la cité abandonnée par l’armée impériale, lors de la deuxième bataille de Toulouse). L’armée de Wellington y est accueillie par un grand nombre de royalistes, préparant Toulouse à la Restauration de Louis ⅩⅤⅠⅠⅠ.

Voir aussi


Lien externe

Toulouse | Histoire des villes françaises

History of Toulouse

 

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