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Articles détaillés : Brésil - Histoire du Brésil - Histoire chronologique du Brésil - Présidence de Luís Inácio da Silva

La période précoloniale


Les premiers humains arrivèrent au Brésil, il y a quelque 8 000 ans. À la fin du XVe siècle, tout le territoire était habitée par des tribus semi-nomades. Ces populations vivaient grâce à la pêche, chasse, cueillette et l'agriculture.

L´époque coloniale (1500-1822)


Le navigateur portugais Pedro Alvares Cabral découvre officiellement, comme premier Européen, les côtes brésiliennes le 9 mars 1500. Certains (dont les autorités académiques brésiliennes) attribuent pourtant cette découverte à l´Espagnol Vicente Yañez Pinzon en 1499. Les Espagnols ne revendiquèrent pas cette terre en application du traité de Tordesillas de 1494. Les Portugais ayant l'habitude de planter des croix «padrão» sur toutes les terres qu´ils découvraient, le premier nom de la colonie fut « terre de la véritable croix ». Mais les colons portugais qui s'installèrent sur les côtes l'appelèrent Brésil, du nom d'un bois, le bois de brésil qui donne une teinture vermeil, (Brasil en portugais signifie « braise »).

Les premiers colons portugais mettent les amérindiens en esclavage pour exploiter la canne à sucre, le bois, l'or ou les pierres précieuses. Mais les richesses du Brésil sont telles que les Portugais commencent à déporter des esclaves africains pour exploiter à fond leur colonie. Les esclaves travaillent du lever au coucher du soleil et obtiennent un repas par jour. L'espérance de vie moyenne d'un esclave est alors de 5 ans à partir du moment où il commence à travailler. Ensuite, ils meurent souvent de fatigue, de malnutrition ou de maladie (ils n´ont pas droit à des soins de santé). Ils sont rebaptisés par leurs maîtres et portent le nom de famille de ceux-ci. Les esclaves vivent dans la senzala tout autour de la villa de leur maître. Des contre-maître circulent la nuit pour vérifier si les esclaves ne s´enfuient pas ou ne préparent pas de révolte. Pour s´assurer de l´obéissance de leurs esclaves, les maîtres cherchent à les intimider, ils les font fouetter par les contre-maîtres ou parfois même enterrer vivants. Le dimanche, les esclaves ont un jour de repos. Les maîtres ne se gênent pas pour se réserver plusieurs maîtresses, noires, indiennes ou métisses à côté de leurs femmes blanches. Les enfants métis peuvent aussi être esclaves ou être libres comme serviteur, artisan ou petit paysan. Les portugais différencient alors les différents types de métis ainsi:caboclo(métis de blanc et d´indien),cafuzo(métis d´indien et de noir)et le mulato(métis de noir et de blanc,ce dernier terme qui est dérivé du mot mulet peut-être péjoratif).

Les révoltes d´esclaves sont nombreuses : quasiment une par an. Au XVIIIe siècle, des esclaves travaillant la canne à sucre dans le Pernambouc se révoltent et fuient dans les montagnes. Ils fondent le territoire autonome, ou quilombo, de Palmares. Cette rébellion qui dura près d'un siècle, est le plus long soulèvement d'esclave de l'histoire.

Indépendance et Empire (1822-1889)


Pierre Ier du Brésil proclame l'indépendance du pays en 1822, cette monarchie, s'appuyant sur le peuple pour contrebalancer les riches latifundiaires brésiliens. La monarchie devient constitutionnelle en 1824.

En 1831, les élites propriétaires parviennent à pousser l'Empereur Pierre Ier du Brésil à abdiquer pour son fils de 5 ans : Pierre II du Brésil. Dans les années 1850, il s'engage à lutter contre l'esclavage, dont l'importation en est interdit. La culture du café prend de l'ampleur et augmente l'importance des propriétaires terriens, notamment ceux de São Paulo. La Guerre de la Triple Alliance contre le Paraguay, de 1865 à 1870, est gagnée.

Continuant à lutter contre l'esclavagisme, l'Empire proclame en 1871 que les enfants d'esclaves sont désormais libres à la naissance : l'esclavage brésilien est donc condamné à long terme. Mais la loi Áurea de 1888, qui abolit totalement l'esclavage au Brésil soulève la résistance des propriétaires qui s'engagent alors pour le renversement de l'Empire. L'Empire et Pierre II du Brésil sont renversés en 1889. La République est proclamée, mais l'esclavage ne peut plus être restauré.

Vieille République (1889-1930)


La Vieille République désigne la période de 1889 à 1930. São Paulo monopolise le pouvoir central d'une République Café com leite, oligarchiste, dans laquelle la classe moyenne grandissante pousse au changement.

Après le coup d'État de 1889, la République, est aux mains des classes qui détiennent le pouvoir économique et qui refusent l’organisation d’élections libres et tentent de maintenir par la force leur emprise politique. La période entre 1889 et 1930 est celle du règne des grands propriétaires. Elle est dite « République Café com leite » (‘’République Café au lait’’) puisque s'appuyant sur les industries cafetières de São Paulo et laitière-bovine de Minas Gerais. En effet, la fin de l'esclavage a entraîné la diminution du pouvoir de l'industrie sucrière du Nord-Est au profit de l'industrie cafetière du Sud-Est et de l'état de São Paulo qui monopolise finalement le pouvoir central.

Le Brésil s'allie aux alliés en 1917. L'accroissement du commerce permet l'agrandissement d'une classe moyenne mais qui reste soumise à l'oligarchie cafetière, mais s'y s'opposant sur les questions sociales et politiques.

Après la chute des prix des matières premières, de 1906 à 1914, le renouveau d'après guerre ne dure pas longtemps : le Brésil est en crise dès 1922 et aux grèves populaires de 1924 la vieille république répond par l'établissement de la loi martiale. La crise de 1929, ruinant ses marchés extérieurs, ruine le pays et sème donc le discrédit sur l'oligarchie propriétaire et son gouvernement. La République Café au lait est renversée par le coup d'état du 4 octobre 1930 : Getúlio Vargas devient président-dictateur.

Vargas, populisme, et développement (1930-1964)


Le coup d'état du 4 octobre 1930 et Getúlio Vargas permettent la déchéance de l'oligarchie cafetière et la monté de la classe moyenne.

Les classes moyennes et les propriétaires des États périphériques portent Vargas au pouvoir en 1930. Il établit un état et exécutif fort, plus centralisé, engage le pays dans le droit de vote « universel », le vote des femmes, et le vote à bulletin secret, ce qui libère finalement le système brésilien du poids du coronelismo.

Il prend le pouvoir de 1930 du fait d'un coup d'État, devient légalement président en 1934, puis devient un dictateur en 1937, instaurant l'Estado Novo. Il doit finalement abandonner le pouvoir en 1945. Mais il parvient à revenir au pouvoir de 1951 à 1954, où -accusé, discrédité et acculé- il se suicide et retourne massivement l'opinion en sa faveur et en celle de son camp. Vers l'époque de coup d'État de Vargas, commencent les articulations de la gauche armée au Brésil

Vargas a su suivre l'émergence de la classe moyenne en développant son populisme. Malgré son monopole présidentiel de 1930 à 1945, le Brésil teste une période démocratique de 1945 à 1964. La suprématie des 2 états Café au Lait est réduite, mais demeure. Juscelino Kubitschek lui succède.

De 1961 à 1964, le président João Goulart entreprend une politique de réforme sociale. Oligarchies traditionnelles et CIA manœuvrent pour provoquer sa chute. Le coup d'État de 1964 le renverse et établit une dictature militaire répressive.

Régime militaire (1964-1985)


Institué en 1964, il se termine, en 1985 après une volonté de démocratisation.

À partir de 1964, le pays a connu une violente dictature militaire, comme les autres pays d'Amérique Latine aux alentours des années 1960, 1970. Ce régime autoritaire a été mis en place, directement ou indirectement, par les États-Unis, par le biais des agissements de la CIA, afin d'empêcher la diffusion d'idées communistes en Amérique latine, perspective qui effraiait le bloc occidental depuis la révolution cubaine et la prise de pouvoir de Fidel Castro. Ainsi, dès les années 1970, le gouvernement Brésilien a participé à l'Opération Condor, vaste plan de coordination entre les dictatures militaires latino-américaines afin de lutter contre les opposants aux régimes, dans tout le continent. Cette opération, en partie à l'initiative de la CIA, a été à l'origine d'un nombre de morts incalculables. On dénombre, au Brésil, un grand nombre de groupes armés révolutionnaires qui, dès 1964, ont organisé la résistance contre le pouvoir militaire. La plupart d'entre eux ont pris forme dans les milieux étudiants. Parmi eux, on peut citer le MR-8, plutôt basé sur Rio de Janeiro, ou l'ALN (Action de Libération Nationale) , basé sur Sao Paulo. La dictature n'a pris fin qu'en 1984.

Ce régime fut critiqué pour l'augmentation de la dette brésilienne qu'il accumula, ainsi que pour sa nature répressive : des centaines de Brésiliens ont été déportés, emprisonnés, torturés ou tués. La censure était fréquente.

Phase démocratique(1985-2002)


Le Brésil s'engage enfin dans une phase démocratique, rythmée par les élection présidentielle tous les 4 ans.

Le 15 janvier, 1985, la majorité des membres du Congrès choisirent Tancredo Neves comme président. Néanmois, il tomba malade la veille de la date prévue pour le serment. Ses problèmes de santé s'aggravèrent et il décéda après avoir subi 7 opérations. C'est donc le vice-président José Sarney qui devint président. D'abord président par intérim le 21 avril 1985, puis officiellement président du 15 mars 1985 au 15 mars 1990. Parmi les difficultés que Sarney dut affronter, citons : la grande dette extérieure, l'inflation galopante, la corruption. Il devait en plus assurer que le procésus de transition démocratique continuait à bien se passer. Ainsi Sarney lança le Plan Cruzado qui permit dans un premier temps de limiter l'inflation, mais après un an, la hausse des prix s'accéléra à nouveau. En 1988, une nouvelle constitution fut promulguée.

En décembre 1989, les Brésiliens désignèrent pour la première fois, depuis 1960, un président par vote populaire. Un second tour fut nécessaire. Fernando Collor de Mello, soutenu alors par Sarney, battit Luiz Inácio Lula da Silva et devint président en 1990. L'inflation n'était alors pas jugulée, elle s'élevait à 25% par mois. Collor lança peu de temps après son entrée en fonction le Plan Collor pour réduire la hausse des prix. Ce plan visait à limitait l'offre de monnaie. Ainsi une grande partie de l'argent placée sur les comptes courants fut convertie de force en bons du Trésor. Mais, curieusement, le gouvernement imprima au même moments de nouveaux billets. Tous les comptes de plus de 1200 Cruzeiros furent gelés pour une durée de 18 mois. Collor proposa aussi de geler les salaires et les prix et de réduire les dépenses du gouvernement. Mais peu de temps après la mise en ouevre du Plan Collor, la hausse des prix s'accélera et atteint 25% par mois. Le gouvernement Collor privatisa aussi des entreprises tel l'aciériste Acesita.

En 1992, son frère Pedro l'accusa de corruption. Les accusations visèrent surtout Paulo Cesar Farias, le responsable de campagne de Coloor, qui s'était enrichi. Le Congrès et la presse se mirent à enquêter et le Congrès vota finalement la destitution de Collor le 29 décembre 1992. Plus tard,il sera reconnu non coupable.

Le vice-président, Itamar Franco succéda à Collor. Franco assura les fonctions présidentielles du 2 octobre 1992 au 1er janvier 1995. Lorsqu'il arriva à la tête de l'État, le Brésil était dans une profonde crise éconimque : l'inflation était à 1 100% en 1992 et à presque 6 000% en 1993. Il choisit Henrique Cardoso comme ministre de l'économie. Celui-ci mettra sur pieds le Plano Real qui permit de juguler l'inflation.

Par la suite, Fernando Henrique Cardoso, ministre de l'économie sous Itamar Franco, remporta les élections deux fois, le 3 octobre 1994 et le 4 octobre 1998. Il remporta les élections de 1998 au second tour avec environ 53% des voix, contre environ 32% des voix pour Lula qui arriva deuxième. Grâce à son Plano Real, Fernando Henrique Cardoso fut élu au premier tour en 1994. Mais des dissensions au sein de la coalition rendirent plus difficil les réformes pônées par Cardoso. Durant ses deux mandats, il se rapprocha de certains dirigeants comme Bill Clinton ou Ernesto Zedillo.

Présent (2002-2006)


Luiz Inácio Lula da Silva, qui se présentait alors pour la quatrième fois aux élections présidentielles, remporta le second tour contre José Serra - le candidat soutenu par Cardosso. Le mandat de Lula débuta le 1er janvier 2003.

Aujourd'hui, le Brésil doit affronter plusieurs problèmes. D'une part, 8,2 pour cent de la population vivait avec moins d'un dollar américain par jour, en 2001. Ce chiffre était de 14,0 en 1990 (Banque mondiale).

D'autre part, le Brésil doit faire face à une énorme dette. La dette extérieure s'élevait à 48,2% du revenu national brute en 2003 (Banque mondiale). Luiz Inácio Lula da Silva, socialiste arrivé au pouvoir en 2002 veut s'employer à restaurer les finances brésiliennes tout en encourageant l'économie par des impulsions sociale (salaire minimum augmenté, etc.)

Cependant, moins de deux ans après son arrivé au pouvoir, le Parti des travailleurs, parti du président, s'embourbe dans un des plus vastes scandales financiers qu'ait connu le pays. Sont directement impliqués des personnalités comme son secrétaire général, Silvio Pereira, son président José Genoino et son trésorier Delubio Soares, tous mis en cause et qui ont du démissionner.

Voir aussi


Brésil - Histoire du Brésil - Histoire chronologique du Brésil - Présidence de Luís Inácio da Silva

Références


Histoire du Brésil

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