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Origine


Les peuples de langue bantoue commencèrent à émigrer par vagues successives depuis le golfe de Guinée et atteignirent la région dans les premiers siècles de l'ère chrétienne. Les premiers habitants de l'actuel Angola parlaient des langues khoïsanes, et ils furent progressivement repoussés vers le sud par les Bantous. Ces derniers se métissèrent au cours des siècles avec les peuples autochtones et fondèrent des royaumes. L'un d'eux, le Kongo (le « pays de la panthère ») finit par dominer la région et était à son apogée lors de l'arrivée des Européens.

Arrivée des Européens


Vers 1482, l'explorateur portugais Diogo Cão atteignit le cap du Loup à l'embouchure du Zaïre. Les relations entre portugais et bakongo d´abord égalitaires(échange d´ivoire contre arme à feu) tournent vers une mainmise des portugais qui, désireux de s'approprier les mines d’or et de se procurer des esclaves pour leurs colonie du Brésil, employèrent la force. Ils enlevèrent deux neuveux du main-kongo(roi) comme esclave et un attentat contre celui-ci échoua.Commence alors la guerre entre bakongo et portuguais qui se tremine en 1668. Le main-kongo fut décapité à la bataille d´Ambulia et le royaume du Kongo disparut.Les bakongo de l´actuel Congo-kinshasa ont éte moins touché par la traite car les négriers portugais avaient peur des cascades et rapides sur le fleuve Congo.Mais les portugais n´étaient pas les seuls esclavagistes, des négriers espagnols et hollandais étaient aussi présent. Les portugais se sont efforcés d´apporter le christianisme au bakongo en envoyant plusieurs missionaires.

Colonisation portugaise (XVème siècle)


L'Angola fut le premier pays africain à connaître le colonialisme européen. Le Portugal se limita à la région côtière et les rives du fleuve Congo.

Le pays devint un vaste territoire de chasse aux esclaves à destination du Brésil et de Cuba. On estime que, du XVIe siècle au XIXe siècle, quelque 16 millions d’Africains auraient été déportés à bord de bateaux portugais, mais seulement quatre millions d’entre eux auraient survécu au voyage et seraient devenus des esclaves au Brésil Durant tout le régime esclavagiste, l'Angola resta lié au Brésil parce qu'il lui fournissait les esclaves pour travailler dans les plantations de canne à sucre et qu’en retour le Brésil envoyaient ses trafiquants, ses fonctionnaires et « son portugais », c'est-à-dire sa variété de portugais : le « portugais brésilien ». Une importante communauté métissée se développa, sa culture mêlant les coutumes africaines et celles des Portugais.

En 1836, les Portugais interdisent la traite des Noirs.

Ce n'est qu'à la toute fin du que les Portugais commencèrent à développer l'intérieur du pays, mais la conquête du reste de l'Angola fut lente. Ce n’est qu'en 1920 après plus de 174 campagnes militaires que le Portugal put contrôler tout le pays.

Régime de l'indigénat


À partir de 1933, date de fondation de l’Estado Novo (« Nouvel État ») par Antonio de Oliveira Salazar au Portugal, le régime colonial se durcit considérablement. À l’exemple de la France dans ses colonies, le Portugal instaura le « régime de l'indigénat ».

Trois catégories d'individus furent instituées :

  • les civilizados, les portugais.
  • les assimilados regroupant les métis et quelques noirs qui ont accès à l’instruction (en portugais)
  • les indígenas, les noirs (98 % de la population) soumis aux travaux forcés, à l’interdiction de circuler la nuit, aux réquisitions, aux impôts sur les «réserves» et à un ensemble d’autres mesures tout aussi répressives telles que les châtiments corporels.

Ce système colonial, qui paraît sans aucun doute odieux aujourd’hui mais semblait normal à l’époque, perdura jusqu’en 1954, alors qu’il fut « allégé », puis définitivement aboli en 1961.

Province d’outre-mer


En 1951, l'Angola devient une « province d'outre-mer ». Les Angolais purent devenir des « citoyens portugais » moyennant certaines conditions.

Cependant, la rébellion nationaliste éclata dès 1956. Ce fut l’attaque de la prison de Luanda le 4 février 1961 dite "l´insurrection de Luanda" par le Mouvement Populaire de Libération de l'Angola (MPLA), un mouvement d’orientation marxiste, qui marqua le début de la guerre d'indépendance. Trois groupes armés se constituèrent, le MPLA d'Agostinho Neto, le FNLA d'Holden Roberto soutenu par l´armée zaïroise sur demande des États-Unis et l´UNITA de Jonas Savimbi. Le Portugal n´envisageait alors pas du tout de décoloniser l´Angola mais de l´intégrer comme province. En effet ce Brésil avorté avait un rôle clé dans l´économie portugaise : fournir des devises fortes (diamant,pétrole), des matières premières peu chères pour l´industrie (coton). Il constituait également un réservoir de travailleurs forcés. Le Portugal envoya donc 100.000 soldats pour tenir l´Angola ; 3300 soldats portugais tombèrent en 14 ans tandis que dans l´autre province-d´outre mer, au Mozambique, se déclencha une guerre du même type. Les soldats portugais, lassés par la guerre, renversèrent le dictateur Marcelo Caetano et transformèrent le Portugal en démocratie et commence à quitter l´Angola. À l'été 1975, les dernières troupes s´en allèrent précipitamment avec les 300.000 colons dans ce qui fut l'un des plus grands ponts aériens au monde.

L’indépendance (1975)


Le 11 novembre 1975, Agostinho Neto proclame l´indépendance de la République populaire d´Angola. Les troupes du F.N.L.A et leurs alliés zairois menace alors de prendre Luanda. C´est alors que des milliers de soldats cubains affluent à l´aide de Neto et balayent sans difficulté les troupes zaïroises. Le pays s’enfonça aussitôt dans une guerre civile ethnique, entre le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA ou Movimento Popular de Liberação de Angola), soit les métis et les citadins soutenus par l’URSS et Cuba, et d’autre part, l’Union pour l’indépendance totale de l’Angola (UNITA ou União Nacional para a Independencia total de Angola), un mouvement regroupant surtout les Ovimbundus (40 % de la population) et appuyé par les Occidentaux (États-Unis et Royaume-Uni) et l’Afrique du Sud.

Alors que les forces du MPLA était appuyées par des soldats cubains (commandés par le général Arnaldo Ochoa, exécuté par le régime castriste en 1989), celles de l'UNITA l'étaient par des soldats sud-africains.

A la mort de Neto en 1979, Dos Santos prend le pouvoir à Luanda, politicien habile, il désamorce lentement la guerre en se tournant vers l´occident, en écartant l´aile radicale de son parti.

En janvier 1984, l'Afrique du Sud obtient de l'Angola la promesse du retrait de son soutien à la SWAPO (mouvement indépendantiste marxiste-léniniste namibien installé en Angola depuis 1975) contre l'évacuation des troupes sud-africaines d'Angola. Néanmoins, les troupes cubaines demeurent tout comme les militaires sud-africains.

En 1988, si la bataille de Cuito Cuanavale entre soldats angolais et cubains contre forces de l'UNITA ,appuyées par l'armée sud-africaine, aboutit à un échec relatif des forces en présence,elle constitute néanmoins un élément déclencheur pour la reprise des négociations sur l'avenir de la Namibie.

Le 20 juillet 1988, un accord en 14 points est trouvé entre l'Afrique du Sud, l'Angola et Cuba. Parmi ceux-ci, la mise en oeuvre de la résolution 435 prévoyant des élections en Namibie sous le contrôle des Nations-Unies en contre-partie du repli du contingent cubain (manifestant le succès du "linkage" formulée depuis 1979 par l'Afrique du Sud avec le soutien des États-Unis depuis 1981).

Le protocole de Genève est signé le 5 août. Les 8 et 12 août, l'Afrique du Sud et la SWAPO acceptent la cessation des hostilités l'un envers l'autre et le 22 août, l'accord de paix est signé entre l'Angola et l'Afrique du Sud à Ruacana.

Le secrétaire général de l'ONU, Javier Perez de Cuellar se rendit alors aux Union Buildings de Pretoria pour préparer l'accord de Brazzaville qui aboutit à la signature du 22 décembre préparant le calendrier de la mise en oeuvre de la résolution 435 et celui du retrait cubain d'Angola.

En dépit d'une tentative désastreuse d'infiltration de la Namibie par 1200 guérilleros de la SWAPO à partir de ses bases d'Angola le 1er avril 1989, le processus ira à son terme sous l'administration conjointe de l'Afrique du Sud et des Nations-Unies.

Cependant, en Angola, la guerre civile continue avec un peu moins de vigueur. Les accords de Bicesse en 1991 aboutissent à un cessez-le feu et à l'organisation d'élections générales sous la supervision des Nations-Unies. Le MPLA remporta 49% des suffrages contre 40% à l'UNITA. Jonas Savimbi, leader historique de l'UNITA, dénonça des fraudes et reprit les armes, cette fois sans plus aucun soutien international. Un second accord de paix est finalement signé à Lusaka le 20 novembre 1994 prévoyant l'intégration des forces de l'UNITA dans l'armée régulière.

En 1995, l'accord est rompu.

En 1997, un gouvernement d'union nationale est formée avec Jonas Savimbi mais en 1998 les combats reprennent après que Savimbi ait dénoncé, selon lui, le manquement du MPLA à ses obligations. Le 28 août 1997, le conseil de sécurité des Nations-Unies imposa des sanctions contre l'UNITA.

En 1999, le MPLA tente alors le coup de grace et déclenche une offensive militaire massive contre le quartier général de L'UNITA et ses principaux bastions. Les opérations se soldent par un succès général malgré la fuite de Savimbi.

Le 22 février 2002, Jonas Savimbi, est finalement abbatu lors d'un assaut de l'armée gouvernementale.

Le 4 avril 2002, un nouvel accord de cessez-le-feu est signé mettant fin officiellement à 27 ans d'un conflit qui a fait un demi-million de morts et entraîné le déplacement de quatre millions de personnes. Juin 2006:L´Angola participe pour la première fois à la phase finale d´une coupe du monde

Bibliographie


  • Les Guerres Grises, René Pélissier
  • La colonie du Minotaure, René Pélissier
  • Les campagnes coloniales du Portugal, René Pélissier, Pygmalion, 2004

Histoire de l'Angola

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