Le haschisch (ar: حَشيش *, foin ; herbe) est le nom courant de la résine de cannabis. L'étymologie de ce mot est contestée mais il est avéré que le mot haschisch est d'origine arabe. Étymologiquement, il est peut-être à l'origine du surnom de hachichins donné aux nizârites.
En argot, le haschisch se dit hasch, chichon, teuteu, matos, shit, teushi, bédo, charrass, zat, porro, sum, sanin, etc.
Depuis l'Antiquité, les humains consomment le haschisch par ingestion. Les quantités ingérées sont de l'ordre de quelques grammes par prise et la consommation moyenne est d'environ dix grammes par jour.
Au , ce psychotrope connaît une certaine vogue dans les milieux artistiques parisiens. Des médecins, des artistes et écrivains se réunissent pour l'expérimenter, dans un hôtel particulier parisien au 17 du quai d'Anjou. C'est le Club des Hashischins, qui fut fondé en 1845 par le médecin Moreau de Tours. La mode est alors à la consommation sous forme de dawamesk, c'est-à-dire une confiture orientale confectionnée à partir de l'extrait gras des inflorescences. Plusieurs œuvres littéraires témoignent de ces séances : Club des Hashischins de Théophile Gautier est l'une d'elles. Arthur Rimbaud ou Paul Verlaine sont également réputés pour avoir été des consommateurs invétérés, ils associaient de plus la consommation du haschisch avec celle de l'absinthe. Charles Baudelaire lui a consacré un opuscule (Le haschish) et les 5 premiers poèmes des Paradis artificiels. Aujourd'hui, le haschisch n'est plus beaucoup consommé par ingestion dans les pays occidentaux car ce mode de consommation modifie la cinétique de l'ivresse cannabique. Les premiers effets ne se font ressentir que plusieurs dizaines de minutes après la prise. Ils sont beaucoup plus long à se dissiper que ceux obtenus par une consommation sous forme de cigarette. Cet important laps de temps entre la prise et les effets et entre l'arrêt de la consommation et le retour à un état normal cantonne la consommation par voie orale à de rares occasions.
Compte tenu de l'affinité entre le THC et les matières grasses et l'alcool, le haschisch se prête toutefois bien aux expériences culinaires. Laurence donne d'ailleurs une cinquantaine de recettes dans Je cuisine au cannabis.
Quand aux assertions comme quoi le taux de THC contenu dans le produit serait très largement supérieur à ce qu'il était à l'origine (environ dix fois), elles sont invérifiables. Que l'évolution de la consommation mondiale ait poussé les fabricants et les intermédiaires à élaborer des recettes plus rentables en coupant le produit avec des substances pas forcément nobles est en revanche avéré.
Ce qui donne au haschisch son goût âcre et amer, c'est la matière végétale dont il est tiré.
La consistance, soit très grasse et collante, soit très sèche et solide, est étroitement liée au mode d'obtention du produit.
Le haschisch est depuis sa démocratisation de la deuxième moitié du surtout fumé, sous diverses formes telles que joint, pipe à eau, pipe en terre cuite en métal ou en bois, chalice, etc.
Diverses techniques d'élaboration du haschisch sont employées dans le monde. La plus répandue, utilisée dans le monde arabe, consiste à faire sécher les plantes, puis à les tamiser afin de séparer les gouttes de résine de la matière végétale. Selon la finesse du tamis, plusieurs qualités sont obtenues. Henry de Monfreid, dans La Croisière du haschisch, décrit de manière précise et littéraire cette méthode qu'il a eu l'occasion d'observer dans une ferme grecque, où il s'était rendu pour acquérir du haschich destiné à la contrebande vers l'Egypte. La résine peut être ensuite stockée afin qu'elle se bonifie (en Afghanistan, où la résine est conservée dans des sacs en peaux de chèvre, le stockage avant pressage peut aller jusque 10 ans !). La résine poudreuse est ensuite pressée, après chauffage. Au Maroc, on utilise des presses hydrauliques, ce qui donne les fameuses plaquettes dures, de couleur jaunâtre/vert/marron. En Afghanistan, on peut également presser la garda (nom local de la résine non-pressée) à la main. Sinon, celle-ci est versée dans un grand mortier sous lequel est allumé un feu. Lorsqu'elle est suffisamment chaude, une lourde pierre est actionnée afin de presser la résine. Le produit obtenu, appellé charas, est de couleur verte foncée à noire, très mou et très odorant.
Dans la région de l'Himalaya, le haschisch s'appelle également charas, mais l'influence Hindoue fait que l'on ne coupe pas les plantes (le cannabis est sacré dans l'Hindouïsme). La résine est récoltée en frottant les sommités fleuries avec les mains. Au bout d'un certain temps, la résine s'accumule sur les paumes et les doigts. Celle-ci est alors grattée, et forme le fameux charas de l'Himalaya. Comme pour la résine tamisée, le charas produit de cette façon nécessite une période de bonification avant de pouvoir révéler toute sa palette de saveurs et d'effets.
Chaque région possède ses excipients spécifiques. À noter que la présence de tels produits n'est pas systématique, et c'est généralement le haschisch destiné à l'exportation qui est coupé.
C'est dans le haschisch marocain que l'on trouve le plus d'adultérants nocifs, tels que médicaments psychotropes, cirage/cire, colle, huile de vidange, henné. La fameuse "savonette" qui était très répandue en France dans les années 1990, était souvent composée de feuilles de cannabis pulvérisées, liées avec de la paraffine ou de l'huile de vidange, auxquelles on ajoutait des médicaments pour l'effet.
Dans les pays du sous-continent Indien, on utilise surtout du Ghî (beurre clarifié), mais les déjections d'animaux, le jus de tabac, l'essence de térébenthine, la datura, le café, etc.
Depuis quelques années, la production de haschisch est en forte augmentation en Occident, et de nouvelles techniques de production sont apparues. Le Skuff n'est en fait qu'une appellation commerciale donnée au haschisch fabriqué aux Pays-Bas dans les années 1990. Le mot skuff vient d'une contraction du mot "Skunk" (terme générique sous lequel était désignée la marijuana hollandaise, mais à l'origine un petit méphitidé du Nouveau-Monde, le sconse ou mouffette) et de "stuff" qui signifie "matos" en anglais. C'est un mot qui n'est quasiment plus utilisé depuis l'apparition de techniques de production telle que le water-hash, l'Ice-hash, le bubble-hash. Ces trois appellations font appel à la même technique : les fleurs sèches sont mises dans une série de sac-tamis spécialement élaborés pour cette usage, puis le tout est plongé dans un seau d'eau et de glace. La température basse modifie les propriétés rhéologiques de la résine, qui de visqueuse et collante devient dure et cassante, ce qui permet de la séparer plus facilement de la matière végétale. Le mélange est remué vigoureusement afin de permettre une bonne séparation. La matière végétale flotte à la surface, tandis que la résine plus lourde traverse le premier tamis et se dépose dans un autre sac enveloppant celui contenant les fleurs. La résine peut alors être retamisée afin de séparer les différentes qualités. Celle-ci est ensuite séchée, puis pressée ou laissée sous la forme de poudre, selon les préférences du consommateur. Ce mode de fabrication donne un produit non-altéré et de très forte puissance.
Attention, de la même manière que la résine du cannabis n'a aucune parenté avec la sève des cônifères, ce que l'on désigne comme pollen n'a rien à voir avec le pollen des plantes mâles. Il s'agit en fait du nom donné à la résine sous forme de poudre, ou très légèrement pressée (la garda d'Afghanistan par exemple).
Les plaquettes sont entourées de cellophane en essayant de rendre l'emballage hermétique à l'eau et à l'air. Ensuite, les plaquettes sont cachées dans des paquets eux-mêmes dissimulés par les trafiquants.
Dans les pays où la consommation de cannabis est réglementée mais tolérée comme les Pays-Bas, des commerces se sont spécialisés dans la vente de conditionnements discrets et secrets spécialement pour le haschisch. Il existe ainsi des bombes aérosol de réparation de chambre à air dont le socle se dévisse pour laisser apparaître un double fond, des fausses canettes de soda sont également réalisées sur le même principe ainsi qu'une quantité d'autres objets hétéroclites.
En France, du fait de sa prohibition et donc de l'absence de contrôle porté sur la qualité du produit, peu de haschischs sont de bonne qualité. D'après une étude indépendante menée par Le Nouvel Observateur, plus de 70 % des haschischs testés contiennent des substances toxiques pour l'humain à faible dose.
Les haschischs à base d'excipients naturels tels que l'« ia », l'« afghan », le « libanais » ou encore le « pakistanais » sont les seuls de « bonne qualité », notamment en raison de leur moindre teneur en goudrons.
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