Genève est une commune suisse du canton de Genève dont elle est le chef-lieu. C'est la 2 plus grande ville de Suisse derrière Zurich. La commune compte 185 073 habitants (2005) mais son aire urbaine forme une agglomération transfrontalière, qui s'étend sur le canton de Vaud et la France (départements de l'Ain et de la Haute Savoie), et compte environ 760 000 habitants.
Selon une étude menée par Mercer Consulting, c'est la métropole qui offre la meilleure qualité de vie au monde avec Zurich et devant Vancouver et Vienne. Genève fait également partie des villes mondiales.
Peu avant 400, Genève est érigée en évêché au centre d'un grand diocèse. En 443, les Burgondes se fixent dans la région et font de Genève la capitale de leur royaume. En 534, les Francs occupent Genève - sainte Clothilde, épouse de Clovis, est une princesse genevoise - et la ville est incorporée dans le royaume mérovingien, puis dans l'empire carolingien. La cathédrale Saint-Pierre et son baptistère sont érigés sur la colline de la vieille-ville.
Lorsque l'empire de Charlemagne se désagrège, Genève fait partie du second royaume de Bourgogne qui passe en 1032 au Saint Empire romain germanique. A partir du , Genève est gouvernée par ses évêques, devenus seigneurs de la ville.
Genève prend une importance internationale au , avec d'importantes foires (concurrencées plus tard par Lyon). La ville est convoitée par les princes de Savoie, qui cherchent à s'en emparer (du XIII au ) pour en faire leur capitale. La cinglante défaite du duc Charles-Emmanuel I de Savoie face aux citoyens genevois, l'Escalade (1602), est encore commémorée de nos jours. Le duc de Savoie est ensuite contraint d'accepter une paix durable scellée par le traité de Saint-Julien du 12 juillet 1603. Les négociations sont placées sous la médiation des cantons suisses de Bâle, Schaffhouse, Soleure, Glaris et Appenzell.
Entre temps, Genève passe à la Réforme protestante en 1535. Jean Calvin fait de la république une Rome protestante et y accueille de nombreux protestants (français et italiens surtout) qui donnent un nouveau dynamisme économique à la ville (horlogerie et banques), les foires ayant décliné. Une nouvelle vague de réfugiés français coïncide avec la révocation de l'Édit de Nantes. L'Université de Genève (l'une des plus anciennes du monde) est fondée en 1559 par Théodore de Bèze et la ville acquiert alors un grand rayonnement intellectuel.
Le est un siècle de grande prospérité et Genève devient un centre scientifique où l'imprimerie bénéficie d'une assez grande liberté. Toutefois, ce siècle est marqué par des troubles politiques. Le système politique en place repose sur la distinction entre deux groupes : ceux qui bénéficient des droits politiques (aristocrates et bourgeois) et ceux qui n'ont pas tous les droits (habitants et natifs). Les natifs peuvent accéder à la bourgeoisie en payant une taxe. Or, celle-ci augmente beaucoup dès la moitié du . L'aristocratie tend à s'accaparer le pouvoir au détriment de la bourgeoisie par un système de cooptation au Petit Conseil et au Conseil des Deux-Cents et en ne demandant plus l'avis du Conseil Général comme c'est le cas en 1737 à propos du financement des fortifications. Une échauffourée provoque 11 morts. Le gouvernement demande l'aide de la France qui intervient en imposant le Règlement de la médiation en 1738 qui sert pendant 30 ans de constitution. Ce règlement accorde davantage de droits aux natifs et oblige de passer par le Conseil Général pour toute nouvelle loi ou tout nouveau projet d'impôt. En 1781, les bourgeois et les natifs occupent la ville et proclame une loi donnant l'égalité civile aux natifs et aux habitants. L'aristocratie fait de nouveau appel à la France. Louis XVI, qui craint que les troubles à Genève ne donne un mauvais exemple à ses sujets, intervient. Les troupes assiègent la ville qui capitule le 2 juillet 1782. L'aristocratie retrouve le pouvoir. Si les natifs gardent l'égalité civile, on bloque leur accession à la bourgeoisie et 400 natifs devenus bourgeois sont rétrogradés. Les clubs sont dissous et la liberté de la presse est supprimée. Un millier de personnes partent vers Paris, Bruxelles et Constance. La prospérité économique pose aussi des difficultés car les prix augmentent alors que les salaires restent assez stables à partir de 1720. En 1788, s'ajoute à cela une mauvaise récolte. Le gouvernement, toujours dominé par l'aristocratie, veut augmenter le prix du pain. Cela provoque de nouvelles émeutes, qui entraîne une libéralisation du régime de 1782. En 1794, une constitution plus démocratique est adoptée, sacralisant le contrôle des citoyens sur le gouvernement. Cependant, le notion de la citoyenneté rejette une partie de la population, car pour être citoyen, il faut être un homme et être protestant. En juillet, des clubs extrémistes, qui redoutent un complot contre-révolutionnaire et le rejet d'une loi qui doit créer un impôt destiné à financer les occasions de travail, lancent une insurrection. Un tribunal révolutionnaire est constitué et condamne à mort 37 personnes (pas uniquement des aristocrates), mais seul 11 d'entre elles sont exécutées.
En 1798, la république perd son indépendance et est annexée par la France. Elle devient le simple chef-lieu du département du Léman. La défaite des armées napoléoniennes lui rend sa liberté le 31 décembre 1813 : c'est la Restauration qui est célébrée comme une fête patriotique marquant la renaissance de la république. Cependant, les magistrats sont conscients que Genève ne peut plus former un état isolé et se tournent vers les anciens alliés suisses en demandant l'entrée de la république dans la Confédération. Ce qui est fait le 1815.
En 1846, une révolution menée par le Parti radical de James Fazy renverse le gouvernement de la Restauration et établit la constitution actuelle. Durant les XIX et XX siècles, Genève accueille de nombreux réfugiés politiques et devient le berceau de la Croix-Rouge (suivant les idées du Genevois Henri Dunant et du comité présidé par le général Guillaume-Henri Dufour).
La mission internationale de Genève s'affirme après la Première Guerre mondiale : Genève devient le siège de la Société des Nations, en 1919, et de dizaines d'organisations internationales. C'est à Genève, au CERN (sur la frontière franco-suisse), qu'est inventé le réseau Internet.
En 1930, une votation populaire approuve l'extension du territoire de la commune de Genève. Elle absorbe l'année suivante les communes voisines des Eaux-Vives, de Plainpalais et du Petit-Saconnex.
Le 9 novembre 1932, de jeunes recrues faisant face à une manifestation ouvrière antifasciste à Plainpalais tirent sans sommation sur la foule faisant 13 morts et 63 blessés (voir l'article détaillé sur la fusillade du 9 novembre 1932). Cette tragédie engendre, quelques jours plus tard, une grève générale en signe de protestation.
Le 2003, une grande manifestation rassemble de 20 000 à 30 000 personnes contre le G8 qui se tient à Évian, les autorités françaises ayant interdit toute manifestation dans le périmètre du sommet. Des incidents se déroulent en marge de la manifestation, notamment avec une descente de groupes de Black Blocs dans la rue commerçante de la ville.
C'est grâce à cette tradition d'accueil et à la neutralité de la Suisse que de nombreuses organisations internationales décident d'y installer leur siège :
Genève donne son nom aux 4 conventions de 1949, instrument fondamental du droit international humanitaire développant la convention de 1864, ainsi qu'à la convention de 1951 sur le statut des réfugiés.
Ils votent le budget municipal et les projets d'arrêtés présentés par le Conseil administratif (CA) qui impliquent une obligation d'exécution. En outre, ils peuvent prendre diverses initiatives :
Il est exercé par le Conseil administratif qui est un collège de 5 membres élus directement et séparément par le corps électoral de la ville au scrutin majoritaire et pour un mandat de 4 ans. Par tournus, le maire est élu chaque année parmi ses membres. Il s'agit toujours d'une coalition et sa composition actuelle est la suivante :
Les citoyens et citoyennes de la ville de Genève disposent du droit de référendum et d'initiative populaire. Ces droits existent aussi au niveau cantonal et fédéral. Ils permettent de soumettre au corps électoral un arrêté voté par le Conseil municipal ou une demande de délibération sur un objet déterminé. Il faut pour ce faire réunir les signatures de 4000 électeurs au moins, dans les 40 jours qui suivent l'adoption de l'arrêté ou le lancement de l'initiative. Si les signatures sont réunies, le corps électoral est obligatoirement appelé aux urnes.
La ville est desservie par les réseaux ferroviaires suisse (CFF) et français (SNCF). Des liaisons TGV directes la relient à Paris. Des trains régionaux circulent également entre Lancy-Pont-Rouge et Coppet et le RER (Rhône Express Regional) la relie à Bellegarde. Le projet du CEVA (Cornavin-Eaux-Vives-Annemasse), planifié depuis 1884, permettra la connexion du réseau suisse avec le réseau de la Haute-Savoie.
Genève est reliée au réseau autoroutier suisse par l'A1 et français par l'A40.
Au sein de la ville, les Transports publics genevois exploitent un réseau dense de bus et de trolleybus ainsi qu'un réseau de tramways en pleine renaissance. Un service de bateau est également assuré par les Mouettes genevoises, reliant entre elles les deux rives de la rade. D'un usage premier essentiellement touristique, leur développement actuel leur permet de plus en plus d'assurer un véritable rôle dans le transport urbain.
80% de l'eau est extraite du lac Léman et 20% d'une nappe phréatique née d'infiltrations de l'Arve.
30% de l'électricité est produite localement par les barrages hydroélectriques sur le Rhône (Seujet, Verbois et Chancy-Pougny) ou par la chaleur induite par la combustion des déchets ménagers à l'usine des Cheneviers. Les 70% restants sont importés d'autres cantons suisses ou d'autres pays européens. Les SIG n'achètent alors que de l'électricité produite par des énergies renouvelables.
Le gaz naturel est importé par la compagnie suisse Gaznat.
De nombreuses radios sont disponibles dont celles de la SSR, en particulier la Radio suisse romande, ainsi que Radio Lac, NRJ Léman, OneFM ou encore World Radio Geneva (en anglais).
En ce qui concerne la télévision, outre la Télévision suisse romande basée dans une tour du quartier de Plainpalais, Genève dispose de sa chaîne locale, Léman Bleu, fondée en 1996.
Genève dispose également d'une équipe de hockey sur glace, le Genève-Servette Hockey Club, qui joue en Ligue Nationale A.
Son accès au lac Léman lui permet d'être un centre nautique important avec sa société nautique, où est basé le syndicat Alinghi, et la régate du Bol d'or.
À la fin du , des études sont entamées en vue de la construction d'un four crématoire au cimetière de Saint-Georges. Le projet aboutit et l'inauguration a lieu en mars 1902. À côté de l'installation, on construit un columbarium (agrandi en 1916). En 1907, un second four est installé. Durant les deux dernières années de la Première Guerre mondiale, les incinérations sont interrompues à cause de la pénurie de combustible. L'installation est modernisée dans son ensemble en 1942.
Par la suite, des centres funéraires sont construits comme la chapelle des Rois en 1956 et le centre funéraire de Saint-Georges en 1976.
Parmi les personnalités qui y reposent, on peut citer :
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