Le terme de fresque est le plus souvent utilisé improprement dans le langage courant et désigne la peinture murale en général et rarement la technique. Le mot fresque vient de l'italien « a fresco » qui signifie « dans le frais ». C'est une technique particulière de peinture murale dont la réalisation se fait sur un enduit appelé INTONACO qui n'est pas encore sec.
Le fait de peindre sur un enduit qui n'a pas séché permet aux pigments de pénétrer dans la masse, et donc aux couleurs de durer plus longtemps qu'une simple peinture. Son exécution nécessite une grande habileté, et se fait très rapidement, entre la pose de l'enduit et son séchage complet.
Sur un mur, sain et robuste, l'artiste préparait un mortier à base de chaux et de sable, qu'il étalait par la suite en le laissant rugueux (d'où son nom "arricio"). Le choix de la chaux comme mortier n'etait pas seulement du à ses qualités artistiques mais à ses grandes capacités de conservation des pigments.
L'enduit était constitué de sable(silice) et de chaux en proportions variables (on ajoute plus ou moins de chaux en fonction de la finesse voulue pour l'enduit). La dernière couche était constituée à parts égales de chaux et de sable (c'est la couche la plus lisse et la plus fine).
On faisait généralement trois couches d'enduit successives. Chaque pose doit être séparée de quelques heures dans un ordre décroissant de temps. La première couche doit être faite plusieurs jours avant le départ de la peinture, la seconde la veille et la dernière en moyenne 12H avant. La periode où l'artiste peut peindre se situe sur un intervalle très court de quelques heures.
Si la surface à peindre est importante il est indispensable que les maçons et peintres travaillent ensemble mais dans des sections séparées du mur. C'est le maçon qui en général indique au peintre que le mortier est prêt, la technique pour le déterminer est simple mais repose uniquement sur l'experience de celui-ci. Le mortier doit encore être humide et ne plus coller au doigt. La peinture pourra alors recouvrir le mortier sans trop le pénétrer pour perdre de son intensité, on dit que le mortier est "amoureux".
Les pigments réagissent avec la chaux et pénétrent en profondeur tant que le mélange n'est pas encore sec (chaque zone est appelée giornata car elle devait être pigmentée dans la journée). Ce procédé ne permet pas de faire de grandes surfaces au départ.
La peinture s'effectue rapidement, le peintre est adroit et précis, chaque erreur est le plus souvent irréparable. La peinture est le plus généralement commencée en haut à droite de la surface peinte afin que les coulures et les éclaboussures ne détériorent pas le travail déjà éffectué.
Auparavant le peintre effectue une première couche de peinture au "Verdaccio" ombrant et entourant les esquisses réalisées au préalable sur l'ariccio. Il peut également reporter son dessin préparatoire à l'aide de 2 techniques :
Les fresques étaient polychromes mais les problèmes d'argent limitaient souvent le nombre de couleurs. À Saint-Savin dans la Vienne par exemple on trouve 4 couleurs sauf dans le chœur où l'on rajoute du bleu plus cher sur une surface moindre. L'eau par exemple était souvent peinte en blanc et mise en évidence par des traits ondulés.
En France, la technique connaît son apogée dans l’art romain qui aime la plénitude, la puissance, la monumentalité. Saint-Savin-sur-Gartrempe, la « Chapelle Sixtine de France » en est le parfait exemple. Mais le style gothique réduit les surfaces planes et la fresque disparaît.
En Italie au contraire, au temps de la Renaissance, de Giotto à Michel-Ange, c’est un âge d’or. Mais dès le , l’éclat et le modelé d’un nouveau procédé concurrence la fresque : la peinture à l’huile. La peinture murale décline lentement mais inexorablement. Au et au début du , quelques artistes nostalgiques d’un art monumental essaient de faire revivre la fresque – avec des succès très inégaux. Mais les réalisations de Diego Rivera au Mexique ou de Ducos de la Haille au Musée des Arts Africains et Océaniens à Paris prouvent l’intérêt d’une conception moderne de cet art.
Aujourd'hui, on peut trouver un enseignement technique dans certaines écoles d’art, des stages, des traités techniques comme ceux de Baudouin, Petresco, Prieur.
Le plus grand obstacle est le manque de commande. La fresque, art public et social depuis des millénaires, n’intéresse plus les pouvoirs publics. La mode urbaine des « murs peints » recourt à d’autres techniques comme l’acrylique. La fresque trouve donc un refuge dans les maisons des particuliers qui savent apprécier sa résistance, sa luminosité, sa beauté intrinsèque.
La renaissance de la fresque nécessiterait la formation des artistes, des commandes privées et publiques mais surtout la conscience d’un art accessible et inégalable qui nous vient des origines de l’humanité.
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