François Mitterrand, né le 26 octobre 1916 à Jarnac (Charente), mort le 8 janvier 1996 à Paris, homme d'État français, fut président de la République française de 1981 à 1995.
Il détient actuellement le record de longévité (14 ans) à la tête de la République française.
Famille
De son mariage avec
Danielle Gouze, Présidente de la
Fondation France-Libertés[http://www.france-libertes.fr./], il a eu deux fils:
De sa relation avec
Anne Pingeot:
Biographie
François Marie Adrien Maurice Mitterrand est né dans une famille
catholique et conservatrice de province. Son père, Joseph, était agent d'une Compagnie de Chemins de fer, puis vinaigrier et Président de la fédération des syndicats de fabricants de vinaigre. Il a trois frères (Robert, Jacques, et Philippe) et quatre sœurs.
1925-1934 : Études secondaires au collège Saint-Paul d'Angoulême où François Mitterrand devient membre de la JEC, structure étudiante de l'Action catholique.
1934-1937 : École libre des sciences politiques (diplôme obtenu en juillet 1937).
1935-1936 : Il milite pendant deux ans aux Volontaires nationaux du colonel de La Rocque sans le suivre au Parti social français. Il n'adhère à aucun mouvement politique mais écrit quelques articles dans des journaux de droite, notamment L'Écho de Paris. Ses relations d'amitiés ou de famille avec des membres de la Cagoule lui ont été reprochées bien qu'il n'ait pourtant jamais adhéré à cette organisation d'extrême droite et jamais fait l'apologie de la violence ou de la dictature.
1937-1939 : Service militaire dans l'Infanterie coloniale.
1938 : Il se lie avec Georges Dayan (juif et socialiste) après l'avoir sauvé d'agressions d'antisémites de l'Action française et devient son meilleur ami. Cette relation est primordiale dans le parcours politique de François Mitterrand après 1945.
Septembre 1939 : À l'engagement de la France dans la Seconde Guerre mondiale, il est sergent-chef et envoyé sur la ligne Maginot à proximité de Montmédy.
Mai 1940 : Il se fiance avec Marie-Louise Terrasse (future Catherine Langeais). Elle rompt en janvier 1942.
Le 14 juin 1940, après avoir été blessé, il est fait prisonnier. C'est durant son séjour dans les camps de prisonniers en particulier le Stalag IXA situé à Ziegenhain (aujourd'hui Trutzhain, hameau de la commune de Schwalmstadt) près de la ville de Kassel, que ses positions politiques évoluent au fil de ses rencontres avec des prisonniers issus de toutes classes ainsi qu'au contact d'une organisation sociale interne au camp très différente de tout ce qu'il avait pu voir dans sa jeunesse. Après deux tentatives d'évasion ratées, en mars et en novembre 1941, il finit par réussir à s'évader le 10 décembre 1941 et retourne en France.
Sous le régime de Vichy, il travaille de janvier à avril 1942 à la Légion française des combattants et des volontaires de la révolution nationale en tant que contractuel (sous l'autorité du commandant Favre de Thierrens, taupe des services secrets de Londres), puis au Commissariat au reclassement des prisonniers de guerre. Il publie un article sur sa captivité dans le périodique doctrinal du régime France, revue de l'État nouveau, sans allusion au régime, à son chef ou à son idéologie. Il démissionne du Commissariat en janvier 1943, après le remplacement de Maurice Pinot, résistant, par André Masson, un collaborateur.
Au printemps 1943, parrainé par deux membres de la Cagoule (Gabriel Jeantet, membre du cabinet de Pétain, et Simon Arbellot), il est décoré de la francisque (Voir le chapitre Polémiques).
Résistance
Peu de temps après, il entre dans la clandestinité. Dès le printemps 1942, sous l'influence d'anciens évadés (Jean Roussel, Max Varenne et le Dr Guy Fric), il avait commencé son basculement vers les rangs de la Résistance. Ainsi, en avril, il provoque, avec Guy Fric, un chahut lors d'une réunion publique du savant Georges Claude, un ardent collaborateur. François Mitterrand participe aux réunions du château de Montmaur, le 12 juin puis le 15 août 1942, qui jettent les premières bases de son réseau de Résistance, fondé en février 1943.
À partir de la mi-1942, il fournit de faux papiers pour faciliter des évasions de prisonniers en Allemagne. Dès le mois de septembre de cette année, il prend contact avec la France libre, mais les relations personnelles avec Michel Cailliau, neveu du général de Gaulle, sont exécrables. D'autres gaullistes, rencontrés par la suite, auront une bien meilleure impression de François Mitterrand, à l'instar de Philippe Dechartre (de son vrai nom Jean Duprat-Geneau, adjoint de Michel Cailliau). Fin 1942, il rencontre un ami d'enfance, Pierre Guillain de Bénouville, futur compagnon de la Libération et député gaulliste, résistant lié à Combat et à Noyautage des administrations publiques (NAP).
En janvier 1943 et de plus en plus à partir du printemps, il se rapproche de la puissante Organisation de résistance de l'armée (ORA), en cours de formation. L'ORA finance le réseau Mitterrand-Pinot. En mars, F. Mitterrand rencontre Henri Frenay et le convainc aisément de travailler avec lui. Grâce à Frenay, la Résistance intérieure soutient François Mitterrand contre Michel Cailliau.
Le 10 juillet, François Mitterrand et le militant communiste Piatzook sont les auteurs d'un coup d'éclat lors d'une grande réunion publique à Paris, salle Wagram, consacrée à la « relève » des prisonniers par les ouvriers. Au moment où André Masson flétrit la « trahison des gaullistes », François Mitterrand l'interpelle de la salle et lui dénie le droit de parler au nom des prisonniers de guerre, qualifiant la relève d'escroquerie. François Mitterrand n'est pas arrêté, sa fuite ayant été facilitée par Piatzook. Cet évènement est relaté le 12 juillet 1944 par Maurice Schumann, la voix de la France libre, sur les ondes de la BBC, lors d'une émission spéciale.
Quatre mois plus tard, le Sicherheitsdienst (SD) perquisitionne au domicile de François Mitterrand, absent. Deux de ses amis sont arrêtés, déportés ; l'un ne revient pas du camp de concentration. Peu après, il est sauvé par la femme du colonel Pfister, dirigeant de l'ORA, d'une arrestation par la Gestapo.
Sous le nom de code « Morland », François Mitterrand part pour Londres le 15 novembre 1943 puis se rend à Alger où il est reçu par le général de Gaulle. La rencontre laisse un très mauvais souvenir aux deux hommes. Après un deuxième passage à Londres, il revient le 24 février 1944 en France diriger le Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés (réseau de résistance).
D'après ses mémoires, il a lui-même organisé ce mouvement avec ses proches durant la période où officiellement il travaillait pour le régime de Vichy, ce qui lui permettait de tout connaître des prisonniers de retour en France. Il participe à la libération de Paris en août 1944.
L'ascension de la roche de Solutré effectuée chaque année depuis 1946, témoigne de l'attachement de François Mitterrand, à ses amis résistants.
L'ascension, le glissement vers la gauche et le libéralisme colonial (1944-1954)
Peu après, il participe au gouvernement des secrétaires généraux voulu par le général de Gaulle avant l'installation du gouvernement provisoire à Paris.
Le 27 octobre 1944, il épouse Danielle Gouze.
En février 1946, il adhère à l’Union démocratique et socialiste de la Résistance (UDSR), qu'il préside ensuite de 1953 à 1965 et qui lui offre, dans sa quête du pouvoir, un premier laboratoire politique.
Le 10 novembre 1946, François Mitterrand est élu député de la Nièvre à la tête d'une liste « Unité et action républicaine », au discours très anticommuniste.
En 1947 François Mitterrand devient le plus jeune ministre de France avec le portefeuille des Anciens Combattants dans le gouvernement du socialiste Paul Ramadier. Dans les années qui suivent, il détient plusieurs portefeuilles ministériels, dont ceux de l'Information, de la France d'outre-mer, et le ministère délégué au Conseil de l'Europe.
En mai 1948, avec 800 délégués, dont Konrad Adenauer, Winston Churchill, Harold Macmillan, Paul-Henri Spaak, Albert Coppé et Altiero Spinelli, il participe au Congrès de La Haye, à l'origine du Mouvement européen, auquel il adhère.
En 1950, René Pleven le nomme ministre de l'outre-mer. Il est partisan de l'instauration d'une union franco-africaine où les territoires d'outre-mer jouiraient d'une autonomie négociée et librement consentie et s'efforce d'améliorer le sort des Africains, encore soumis à un régime très dur. Il est alors traité de « bradeur d'empire » : il s'attire dès cette époque une vive hostilité de la part des colons conservateurs et du RPF, le parti gaulliste de l'époque, qui s'exprime notamment par la voix de Jacques Foccart, Édouard Frédéric-Dupont et Maurice Bayrou.
En 1952, il prend en charge le dossier tunisien dans le gouvernement d'Edgar Faure et esquisse un plan d'autonomie interne. Mais le gouvernement Faure est renversé six semaines seulement après sa formation. Les libéraux en matière coloniale (c'est-à-dire ceux qui refusent la répression systématique, et prônent l'égalité des droits entre colons et colonisés, puis l'autonomie, voire l'indépendance si elle est réclamée avec force par la population et un interlocuteur crédible) sont provisoirement écartés du pouvoir.
Après la formation du gouvernement d'Antoine Pinay, François Mitterrand critique la participation systématique de l'UDSR aux gouvernements et demande un recentrage à gauche. Il dénonce à l'Assemblée la politique répressive du gouvernement et défend avec vigueur le droit des Tunisiens à l'autonomie.
En 1953, il devient ministre délégué au Conseil de l'Europe, mais démissionne rapidement en raison de son hostilité à la répression menée au Maroc et en Tunisie. Il préconise vis-à-vis de ces pays, ainsi que pour l'Indochine, une politique plus libérale.
À l'automne, il devient président de l'UDSR. Il impose une ligne libérale pour l'outre-mer : arrêt de la guerre d'Indochine, constitution d'un ensemble franco-africain, fédéral puis confédéral (ce qui revient à accorder l'autonomie puis l'indépendance-association aux territoires colonisés).
Aux premiers rangs et dans la tourmente de la guerre d'Algérie (1954-1958)
En 1954, il est nommé ministre de l'Intérieur dans le gouvernement de Pierre Mendès France. Immédiatement, il s'intéresse aux questions algériennes. Mais s'il est alors opposé à l'indépendance, François Mitterrand se montre pleinement conscient des problèmes de l'Algérie liés à la colonisation, davantage que la majorité des hommes politiques. Ses tentatives de muter le gouverneur général Léonard et le directeur de la Mosquée de Paris, puis d'augmenter le SMIG d'Algérie, se heurtent au profond conservatisme des colons et de l'administration.
Du 19 au 23 octobre 1954, il se rend en Algérie, où il rencontre une nette hostilité de la part des partisans de l'Algérie française.
Le 5 novembre de cette même année, à la tribune de l'Assemblée nationale, alors que les premiers conflits de la guerre d'Algérie éclatent, il déclare : Ces propos sont surtout destinés à calmer l'aile colonialiste des députés centristes (radicaux et démocrates-chrétiens), qui peuvent renverser le gouvernement.
Toujours en novembre 1954, il annonce une forte augmentation des investissements sociaux en Algérie dans l'agriculture et l'éducation, et entend préparer En accord avec le président du Conseil, il fusionne la police d'Alger avec celle de Paris pour empêcher l'utilisation de la torture : ce sont les décrets du 20 janvier 1955, qui mettent fin à l'autonomie de la police d'Algérie et permettent la mutation de deux cents agents fortement soupçonnés de s'être livrés à la torture ou de l'avoir encouragée. Parmi eux, le directeur des Renseignements généraux d'Alger. Les députés conservateurs en matière coloniale critiquent fermement cette décision. D'après François Mitterrand, la suppression de ce est à l'origine de la chute du gouvernement Mendès-France, un mois plus tard (lettre à Pierre Mendès-France, 31 août 1959). L'historien Jean-Pierre Peyroulou, dans sa contribution à l'ouvrage collectif sur La Guerre d'Algérie (voir bibliographie) n'est pas loin de partager ce point de vue.
François Mitterrand assiste Pierre Mendès France dans les négociations qui aboutissent à l'autonomie de la Tunisie et du Maroc.
En 1956, il est nommé garde des Sceaux dans le gouvernement Guy Mollet. C'est une étrange période, encore plus paradoxale que pour le reste du cabinet. François Mitterrand participe aux travaux du gouvernement, qui accorde l'indépendance à la Tunisie et au Maroc, l'autonomie à l'Afrique noire. Sur la question algérienne, il critique fermement (en privé) la dérive répressive qui suit l'échec de la tentative de libéralisation, en février 1956. Néanmoins, c'est lui qui est chargé par le Conseil de ministres, malgré ses réticences, de défendre le projet de loi remettant les pouvoirs spéciaux à l'armée (voté par presque tous les groupes parlementaires, y compris le groupe communiste). François Mitterrand a reconnu devant Jean Lacouture que c'était là une faute. Les témoignages recueillis par son biographe montrent tous un François Mitterrand hésitant, bouleversé quand il apprend les méthodes de torture (notamment par Jean Bérard, magistrat travaillant en Algérie, ou par Paul-Henri Teitgen) ne sachant pas vraiment que faire. Ses collaborateurs ne l'avaient jamais vu ainsi. François Mitterrand reste au gouvernement malgré ses réticences croissantes, car il veut accéder à la présidence du Conseil où, pense-t-il, sa marge de manœuvre serait plus large, où il pourrait donc rendre plus libérale la politique algérienne.
Dans un tout autre domaine, il fait adopter le statut de l'Agence France-Presse (AFP), encore en vigueur aujourd'hui.
Après la démission de Guy Mollet, François Mitterrand refuse de participer à un gouvernement, à moins de le diriger. Il n'y parvient pas, bien que le président René Coty ait sérieusement envisagé de faire appel à lui.
En septembre 1958, opposant déterminé à Charles de Gaulle, il appelle à voter non au référendum sur la Constitution, qui est néanmoins adoptée puis promulguée le 4 octobre 1958. Mitterrand compare alors le général de Gaulle à un .
François Mitterrand est battu aux élections législatives le 30 novembre 1958 (législature mise en congé jusqu'à la mise en place des nouvelles institutions en janvier 1959).
Récapitulatif de ses fonctions gouvernementales pendant la Quatrième République
Survie politique et premières tentatives d'unir la gauche (1959-1971)
En mars 1959, il est élu maire de Château-Chinon (il le reste jusqu'à mai 1981), et un mois plus tard sénateur de la Nièvre.
En octobre 1959, a lieu l' « Attentat de l'Observatoire » qui mènera François Mitterrand à être inculpé pour outrage à magistrat. La loi d'amnistie de 1966 mettra fin à la procédure.
Le 18 mai 1962, François Mitterrand est appelé à témoigner à décharge au procès du général Salan par Jean-Louis Tixier-Vignancour. Le témoignage de Mitterrand porta sur l'« affaire du Bazooka », tentative d'assassinat perpétrée contre le général Salan le 16 janvier 1957 et qui avait fait un mort, le colonel Rodier. Mitterrand appuya la thèse de Salan à propos du complot gaulliste fomenté (plus ou moins indirectement, c'est selon) par Michel Debré (D'autres personnalités comme Roger Frey et Alain Griotteray furent aussi cités comme prenant aussi plus ou moins part au complot). Cette thèse du complot gaulliste fomenté directement par Debré fut reprit par Mitterrand dans un éditorial du Courrier de la Nièvre. Les auteurs et commanditaires de l'attentat, Philippe Castille, Michel Fechoz et René Kovacs notamment, avaient motivé leur action par la nécessité de remplacer le Général Salan, considéré avec Pierre Mendès France comme le liquidateur de l'Indochine, par un général authentiquement favorable à l'Algérie française. Pour François Mitterrand, . Une partie de la gauche alors s'en pris alors à Mitterrand, lui repprochant d'être intervenu dans un règlement de compte au sein de la droite française, d'avoir été jusqu'à saluer Salan dans son box et d'avoir pris place au milieu de ses partisans.
Le 25 novembre 1962, Mitterrand retrouve son siège de député de la Nièvre et abandonne celui de sénateur de la Nièvre.
Lors du référendum de 1962, il appelle à voter contre l'élection du Président de la République au suffrage direct. Le oui l'emporte avec 62,25 % des suffrages exprimés (46,66 % des inscrits).
En 1964, il devient président du conseil général de la Nièvre. Il prend la tête de la Convention des Institutions Républicaines (CIR) et publie Le Coup d'État permanent, qui renforce sa position d'opposant de gauche à Charles de Gaulle.
En 1965, bien que représentant d'une petite formation politique (la CIR), il est le candidat unique de la gauche à l'élection présidentielle. Son résultat est inespéré (en seconde position avec une dizaine de millions de voix) tout comme celui du candidat centriste Jean Lecanuet (15 % des suffrages). François Mitterrand reçoit alors l'appui pour le second tour de toute la gauche mais aussi du centriste Jean Monnet, du conservateur modéré Paul Reynaud et d'une partie de l'extrême-droite : Jean-Louis Tixier-Vignancour et des partisans de l'OAS. Au soir du second tour, Mitterrand est battu mais obtient 45 % des suffrages.
Fort de ce résultat honorable (personne ne pensait que de Gaulle pourrait perdre), il prend la tête de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS), qui regroupe la gauche non communiste (essentiellement la SFIO, le parti radical, la CIR et divers clubs). Aux élections législatives de mars 1967, le scrutin uninominal à deux tours et la nouvelle disposition qui relève le seuil et élimine du second tour tous les candidats n'ayant pas obtenu au premier tour au moins 10 % des inscrits, favorise la majorité sortante face à une opposition hétéroclite (PC, PS et centristes de Jacques Duhamel) et désunie. Mais avec 194 sièges, l'ensemble des partis de gauche (FGDS, Parti communiste) parvient à gagner 63 sièges, le parti communiste restant la principale force de gauche avec 22,5 % des suffrages. Selon, René Rémond dans son ouvrage général Notre siècle[1988, Fayard], si les transferts de voix se sont bien effectuées à gauche, celle-ci a aussi bénéficiée de l'apport des voix de l'extrême-droite proche de l'OAS et (en dépit du soutien à la droite de groupuscules comme Occident, apporté par anticommunisme) et d'une . Néanmoins, la coalition gouvernementale est reconduite avec une majorité réduite à un seul siège à l'Assemblée nationale (247 sièges sur 487 dont 231 sièges en métropole) . En Métropole, au premier tour, l'ensemble de la gauche (FGDS, PSU, PC) obtient même plus de voix que les seuls partis gouvernementaux gaullistes et giscardiens (46 % contre 42,6 %) alors que le Centre démocrate de Duhamel recule de trois points à 7 % des voix. Mais avec le taux exceptionnel en France de 38 % des suffrages (en hausse de deux points par rapport au précédent scrutin), l'Union pour la V république reste le premier parti de France[René Rémond, Notre siècle, 1988, Fayard, p664 et s.].
Le 28 mai 1968, il déclare : Cette déclaration fait suite à l'absence du général de Gaulle, parti consulter le général Massu en Allemagne et plus généralement à une réelle vacance du pouvoir, décrite notamment par Jacques Foccart dans son Journal de l'Élysée. Il propose le nom de Mendès France pour former le gouvernement provisoire et annonce qu'il est candidat à la présidence de la République au cas où une élection anticipée aurait lieu.
Le discours du 30 mai de De Gaulle réplique de façon sèche. Les élections législatives anticipées de juin 1968 se soldent par un raz de marée gaulliste (293 sièges pour la seule UNR et 61 sièges aux républicains indépendants) et une majorité à droite jamais vue depuis le Bloc National de 1919 alors que la gauche s'effondre de 194 à 91 députés.
En 1969, discrédité, Mitterrand ne peut se présenter à la présidence de la République : Guy Mollet refuse de lui accorder le soutien de la SFIO. La gauche, représentée par Gaston Defferre pour les socialistes et Jacques Duclos pour les communistes, est éliminée du second tour de l'élection présidentielle, qui voit la victoire de Georges Pompidou face au centriste Alain Poher.
Premier secrétaire du PS (1971-1981)
En juin 1971, lors du Congrès d'Épinay, la Convention des Institutions Républicaines fusionne du Parti socialiste (créé en 1969 en remplacement de la SFIO). François Mitterrand est élu Premier secrétaire du PS, avec l'appui de l'aile gauche du parti, le CERES mené par Jean-Pierre Chevènement, et celui de deux puissantes fédérations, le Nord de Pierre Mauroy, les Bouches-du-Rhône de Gaston Defferre. Comme l'a rapporté Pierre Mauroy dans ses Mémoires, François Mitterrand n'envisageait pas initialement de devenir Premier secrétaire : cette tâche devait revenir au dirigeant du Nord, et François Mitterrand lui-même devait exercer un rôle comparable à celui de Léon Blum entre 1921 et 1938. Mais Augustin Laurent a réclamé que Pierre Mauroy fût son successeur à la mairie de Lille sans exercer de responsabilités nationales.
En juin 1972, il signe le Programme commun de gouvernement avec le Parti communiste de Georges Marchais et le Mouvement des radicaux de gauche de Robert Fabre.
En mars 1973, aux élections législatives, le Parti socialiste obtient presque autant de voix que le Parti communiste au premier tour et davantage au second, mettant fin à une supériorité qui remontait à 1946. Les élections cantonales qui ont lieu en septembre de la même année confirment cette évolution.
Le 2 avril 1974 est annoncée la mort de Georges Pompidou, président de la République en exercice. Comme le défunt président lui-même l'avait noté, François Mitterrand fut le seul homme politique à s'être montré vis-à-vis de sa maladie.
Le 19 mai 1974, candidat unique de la gauche à l'élection présidentielle, François Mitterrand perd face à Valéry Giscard d'Estaing avec 49,2 % des voix au second tour. L'ambassadeur soviétique à Paris et le directeur de L'Humanité ne cachent pas leur satisfaction devant cette défaite. D'après Jean Lacouture, Raymond Aron et François Mitterrand lui-même, le gouvernement soviétique et les dirigeants du parti communiste ont tout fait pour l'empêcher d'être élu : ils le trouvaient trop anticommuniste et trop habile dans sa stratégie de rééquilibrage au détriment du PCF. L'historien Jean-Pierre Azéma, sans écarter cette explication, a insisté dans son intervention au colloque « Changer la vie » de 1999 (voir bibliographie) sur le jeunesse du nouveau parti socialiste et la faiblesse de son implantation locale, deux handicaps qui ont disparu en 1981.
Aux élections cantonales de mars 1976 et aux élections municipales de mars 1977, le PS devance largement le PCF.
En septembre 1977, a lieu la rupture de l'Union de la gauche, les communistes mettant des conditions sciemment exorbitantes à l'actualisation du Programme commun.
Aux élections législatives de mars 1978, la gauche qui était majoritaire au premier tour est néanmoins battue par la Droite (UDF-RPR). Toujours d'après Lacouture, Aron et Mitterrand, cette défaite est largement imputable aux roueries du Parti communiste. — Michel Rocard remet alors en cause François Mitterrand et la direction du Parti socialiste.
En avril 1979, il s'allie avec le CERES de Jean-Pierre Chevènement contre Michel Rocard (la deuxième gauche) pour remporter le Congrès de Metz du Parti socialiste.
En janvier 1981, au congrès extraordinaire de Créteil, il est désigné comme candidat du PS et adopte les « 110 Propositions » comme programme.
Premier septennat (1981-1988)
Le 24 avril 1981, au premier tour des élections présidentielles, François Mitterrand talonne le président sortant avec 25,85 % des voix contre 28 % à VGE. Jacques Chirac est troisième avec 18 % des suffrages.
Au soir du 10 mai 1981, François Mitterrand est élu Président de la République avec 51,8 % des suffrages exprimés contre 48 % à Valéry Giscard d'Estaing. Le soutien de Jacques Chirac au président sortant est resté extrêmement ambigu : il déclare ne pouvoir voter, à titre personnel, que pour Valéry Giscard d'Estaing mais refuse de donner une consigne de vote.
Le 21 mai 1981, le septennat du nouveau président s'ouvre par une cérémonie au Panthéon durant laquelle François Mitterrand rend hommage, par un dépôt de roses rouges à Jean Jaurès, Jean Moulin et Victor Schoelcher. Puis il nomme son premier gouvernement dirigé par Pierre Mauroy.
Le lendemain, il dissout l'Assemblée nationale. Les élections qui suivent, les 14 et 21 juin 1981, lui donnent la majorité absolue au Parlement. Un deuxième gouvernement de Pierre Mauroy fait entrer quatre ministres communistes.
Quelques excès verbaux ont lieu chez les militants et sympathisants de gauche, qui font écho aux déclarations antérieures de plusieurs dirigeants de droite, comme Michel Poniatowski qui avait affirmé lors de la campagne électorale que si François Mitterrand était élu, les chars russes arriveraient à Paris le mardi suivant. Jack Lang déclare par exemple que le 10 mai 1981 est un jour historique où .
Gouvernements Mauroy (mai 1981-juillet 1984)
- 1981 :
- Augmentation du SMIC de 10 %, des allocations familiales et logement de 25 %, handicapés de 20 %.
- Suppression de la Cour de sûreté de l'État et abolition de la peine de mort, deux bêtes noires de François Mitterrand. Robert Badinter a expliqué aux auteurs de La Décennie Mitterrand : F. Mitterrand est toujours du côté de son ministre de la Justice entre 1981 et 1986.
- Abrogation de la loi dite « anti-casseurs », qui établissait notamment le principe d'une responsabilité pénale collective.
- Autorisation des radios locales privées.
- Discours de Cancùn : François Mitterrand défend la démocratie et le développement dans les pays du Tiers-monde. Les États-Unis sont critiqués pour leur embargo contre Cuba.
- Première fête de la musique.
- Boycott du Festival du cinéma américain de Deauville par le ministre de la culture Jack Lang.
- Régularisation de la situation de tous les immigrés sans papiers qui exercent un métier et peuvent le prouver.
- Création de l'impôt sur les grandes fortunes (supprimé en 1987, rétabli en 1988 sous le nom d'ISF, Impôt de solidarité sur la fortune).
- Le budget 1982 double les crédits du ministère de la Culture, augmente de 512 % ceux du ministère de la Recherche, de 112 % ceux du ministère du Travail et de 37 % ceux du ministère du Logement.
- Robert Badinter double le rythme annuel de la construction de places en prison pour lutter contre la surpopulation carcérale (42 000 détenus, 28 000 places).
- Premier blocage des prix pendant six mois à partir d'octobre 1981.
- Emprunt d'État : dix milliards de francs à 16,2 % pour financer les réformes.
- Première des quatre dévaluations du franc (les autres suivront en 1982, 1983 et 1986)
- À la mi-1981, la France compte 1,5 million de demandeurs d'emplois.
Politique étrangère
- Première visite d'un chef d'État français en Israël. Discours de la Knesset dans lequel François Mitterrand déclare que appartient à Israël et appelle au respect des droits des Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie. Il se prononce pour un dialogue entre les deux parties. (Voir Wikiquote.) C'est le premier chef d'État occidental à soutenir officiellement une telle démarche.
- Première visite d'un chef d'État français au Japon.
- Sommet du G7 à Versailles où François Mitterrand tente en vain d'obtenir des grands pays industrialisés une relance concertée. Il y présente un long rapport (Technologie, emploi et croissance) sur les conséquences du développement des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) : sans encadrement permettant une diffusion harmonieuse, les NTIC risquent de creuser les écarts entre pays riches et pays pauvres. Ronald Reagan et Margaret Thatcher, présents au sommet, préfèrent continuer dans la voie du libéralisme et ne tiennent pas compte des craintes exprimées par le socialiste Mitterrand et dérèglementent leurs marchés du téléphone dès 1984 (quinze ans avant la France).
Politique intérieure
- Nationalisation de banques (les 36 premières banques de dépôt, ainsi que Paribas et Suez) et de grands groupes industriels (CGE, PUK, Rhône-Poulenc, Saint-Gobain, Thomson).
- Semaine de 39 heures (durée légale du travail).
- 5 semaine de congés payés.
- Ordonnances sur le cumul emploi-retraite, le travail à temps partiel, et l'insertion professionnelle des jeunes de 16 à 18 ans. De 1982 à 1985, cette dernière ordonnance concerne 600 000 personnes, dont 300 000 en BTS ou CAP et 250 000 embauchés.
- Retraite à 60 ans.
- À partir de juin, la lutte contre l'inflation est privilégiée quand le gouvernement met fin à l'indexation des salaires sur les prix et laisse flotter le franc.
- Au second semestre, sont votées les lois Auroux sur le droit du travail : extension des droits d'expression du personnel, des institutions représentatives (comité d'entreprise), négociation, renforcement de la prévention des risques du travail, extension des compétences des comités d'hygiène et de sécurité.
- Loi Quilliot sur les droits et les devoirs des bailleurs et locataires.
- Loi-cadre Defferre sur la décentralisation. De 1983 à 1985, d'autres textes législatifs précisent les compétences et l'organisation des collectivités territoriales.
- Création des zones d'éducation prioritaire (ZEP).
- Loi Lang sur le prix unique du livre.
- Le conseil des ministres adopte de grands projets culturels : festival de danse de Marseille, festival de la sculpture à Montpellier, la bande dessinée à Angoulême, la photographie à Arles, le Zénith à la Villette, l'Opéra à la Bastille
- Création de la Haute autorité pour la communication audiovisuelle, ancêtre de la CNCL et du CSA.
- Durcissement du contrôle des changes.
- Nouveau blocage des prix et salaires à partir du mois de juin.
- Nouvel emprunt d'État de 10 milliards de francs.
- Taxe sur l'importation des magnétoscopes.
- Abrogation du délit d'homosexualité (instauré par Vichy, oublié sous la IV République, réactivé sous de Gaulle) et des tribunaux permanents des forces armées (TPFA).
- Création de la cellule antiterroriste de l'Élysée, suite aux attentats sanglants du premier semestre et aux réactions rarement nuancées de la droite. De 1983 à 1986, cette cellule abusa du droit légalement conféré de pratiquer des écoutes téléphoniques. C'est le début de l'affaire dite des écoutes téléphoniques.
- Création du Centre Mondial Informatique et Ressources Humaines dont la direction est confiée à Jean-Jacques Servan-Schreiber.
Politique étrangère et européenne
- En janvier, création de l'Europe de la pêche.
- Crise des euromissiles : soutien de François Mitterrand à l'installation de missiles Pershing 2 en Allemagne pour faire contrepoids aux missiles soviétiques. Discours du Bundestag sur l'équilibre des forces le 20 janvier 1983 : En octobre, à Bruxelles, il déclare :
- Août 1983, Opération Manta renforçant l'intervention française au Tchad.
- Expulsion de 47 diplomates soviétiques, accusés d'espionnage.
- François Mitterrand fait confirmer par Claude Cheysson l'arrêt de la coopération nucléaire avec l'Irak, qui avait eu lieu entre 1975 et 1981.
- Attentat du Drakkar le 23 octobre 1983 à Beyrouth. Cinquante-huit soldats français et deux cent trente neufs marines américains sont tués. François Mitterrand se rend au Liban dès le lendemain.
Politique intérieure
- Troisième gouvernement de Pierre Mauroy. Première démission de Jean-Pierre Chevènement alors ministre de l'Industrie qui refuse la rigueur.
- 1 plan de rigueur en mars dit « Plan Delors », visant à réduire l'inflation.
- La Sécurité sociale redevient excédentaire, jusqu'en 1986.
- Abrogation de la loi Peyrefitte, dite Sécurité et Liberté. Très hostile à cette loi, comme à toutes les lois d'exception, François Mitterrand a pesé de tout son poids pour obtenir sa suppression.
- Recul de la gauche aux élections municipales et du parti communiste en particulier (perte de Levallois-Perret, Reims, Nimes, Antony, Brest, Nantes, etc.).
- Loi Roudy sur l'égalité salariale entre hommes et femmes dans les entreprises.
- Loi Badinter sur l'indemnisation des victimes de crimes et délits, qui voient leurs droits fortement étendus.
Politique étrangère et européenne
- Au 1 janvier, la France prend la présidence semestrielle de l’Union européenne. Relance de la construction européenne. Au sommet de Fontainebleau, les 25 et 26 juin, François Mitterrand, fait adopter, grâce au soutien d'Helmut Kohl, une série de mesures décisives : règlement du contentieux avec le Royaume-Uni sur sa contribution au budget de la Communauté européenne, augmentation des ressources propres de la CEE (la part de TVA passe de 1 à 1,4 %), première inflexion de la Politique agricole commune, création d'un comité d'experts, dirigé par l'Irlandais James Dooge, chargé de réfléchir à une réforme des institutions européennes. Cette réflexion aboutit, en 1985, à l'Acte unique.
- François Mitterrand se rend en URSS et y défend publiquement les droits de l'homme et les contestataires, notamment Andreï Sakharov.
Politique intérieure
- Crise sidérurgique dans le nord : plan de modernisation. Fermeture ou reconversion des anciennes mines de charbon, accélération du processus initié depuis les années 1960.
- Le budget de la Culture représente quasiment 1 % du budget de l'État (engagement du candidat Mitterrand en 1981).
- Élections européennes : le Front National perce, avec presque 11 % des suffrages exprimés, le Parti communiste voit son score baisser de moitié par rapport à l'élection précédente de 1979, le Parti socialiste perd des sièges.
- Loi sur la formation professionnelle.
- Abandon du projet de loi Savary sur l'enseignement suite aux manifestations pour l'« enseignement libre », notamment celles du 4 mars à Versailles et du 24 juin 1984 à Paris, rassemblant respectivement 800 000 et 2 millions de personnes. En tout, cinq grands rassemblements avant la manifestation du 24 juin : cette fois, les politiques (Jacques Chirac, Charles Pasqua, Jacques Barrot) sont moins visibles et le FN mène un cortège distinct, encadré par le service d'ordre de l'APEL — contrairement à la manifestation du 4 mars.
Gouvernements Fabius (juillet 1984-mars 1986)
- juillet-décembre 1984 :
- Nouveau gouvernement de Laurent Fabius, fin de la participation des communistes au gouvernement.
- Septembre 1984 : Accord franco-libyen sur qui ne sera pas respecté par la Libye.
- Loi contre la concentration dans la presse, invalidée en partie par le Conseil constitutionnel et abrogée par la droite dès 1986.
- Libéralisation de l'audiovisuel, création des premières chaînes de télévision privées (dont Canal plus).
- Nouveau statut pour la Polynésie.
- Novembre 1984 : début d'affrontements sanglants en Nouvelle-Calédonie.
- Commémoration de la bataille de Verdun, où a lieu la célèbre poignée de main entre le président Mitterrand et le chancelier Helmut Kohl.
Politique étrangère et européenne
- Jacques Delors devient président de la Commission européenne (il le reste jusqu'en 1995).
- Lancement d'Eurêka, l'Europe de la technologie.
- Accords monétaires de l'hôtel Plaza (New York) : François Mitterrand obtient le début d'une véritable concertation monétaire entre les pays occidentaux, qu'il réclamait depuis quatre ans.
- « Doctrine Mitterrand » : les gauchistes et activistes italiens non poursuivis pour crimes de sang et qui ont explicitement renoncé à la violence ne seront pas extradés par la France. Néanmoins, certains comme Cesare Battisti, condamné à la prison à perpétuité en Italie pour plusieurs meurtres, parviendront à bénéficier de cette doctrine
[http://www.republique-des-lettres.fr/1171-cesare-battisti.php] [http://www.lefigaro.fr/debats/20060420.WWW000000296_battisti_se_livre_a_la_justice_mediatique.html].
- Affaire du Rainbow Warrior : le navire de Greenpeace est coulé par des agents de la DGSE, un photographe est tué. Charles Hernu, le ministre de la Défense doit démissionner. Le président aurait été au courant de l'opération.
- Ratification de la Convention européenne des Droits de l'Homme, qui interdit notamment le rétablissement de la peine de mort.
Politique intérieure
- Inauguration de la Géode au parc de la Villette à Paris.
- Loi Montagne : protection du cadre naturel, représentation des montagnards.
- Instauration de la proportionnelle aux élections législatives prévues l'année suivante. C'est une promesse du candidat Mitterrand et en même temps un moyen de limiter les pertes du PS. Michel Rocard démissionne du gouvernement en avril pour protester contre l'instauration de la proportionnelle qui permettrait l'élection de députés issus du Front national.
- Loi limitant le cumul des mandats.
- Réforme du Code pénal.
- Le cap des 2,5 millions de chômeurs est franchi.
Gouvernement Chirac (mars 1986 - mai 1988)
- mars-décembre 1986 :
- L'union de la droite RPR-UDF remporte les élections législatives. Jacques Chirac forme un nouveau gouvernement. Le Front National obtient 35 députés (groupe réduit ensuite par les retours de Bruno Chauvierre, Yvon Briant puis Guy Le Jaouen vers leurs formations d'origine).
- Promulgation de la loi supprimant l'autorisation administrative de licenciement.
- Lancement du percement du Tunnel sous la Manche.
- 1 sommet de la francophonie.
- Inauguration du musée d'Orsay (dont les travaux furent décidés sous le septennat de Valéry Giscard d'Estaing).
- Privatisations et constitution des « noyaux durs ». François Mitterrand refuse de signer les ordonnances sur la privatisation. Le gouvernement doit passer par la voie parlementaire pour reprivatiser (Suez, Paribas, St Gobain…). Les principales figures des noyaux durs sont proches ou membres du RPR, comme Pierre Suard.
- Ordonnances du 1986 relative à la liberté des prix et de la concurrence.
- Vague d'attentats terroristes à l'automne 1986 (attentat notamment rue de Rennes) commis par le réseau Fouad Ali Saleh.
- Manifestations étudiantes contre le "projet Devaquet" de réforme de l'Université. François Mitterrand soutient publiquement les étudiants.
- 1987 :
- Inauguration de l'Institut du Monde Arabe.
- Arrestation des terroristes d'Action Directe puis arrestations des membres du réseau Fouad Ali Saleh (organisateur présumé de quinze attentats qui ont fait 13 morts et 303 blessés à Paris de décembre 1985 à septembre 1986).
- Privatisation de TF1.
- Disneyland choisit le site de Marne-la-Vallée en France contre l'Espagne pour implanter son futur parc de loisir Eurodisney.
- Scandale Chaumet éclaboussant le ministre RPR de la Justice Albin Chalandon.
- Renvoi devant la Haute Cour de l'ancien ministre socialiste de la Coopération Christian Nucci.
- Scandale du vrai-faux passeport d'Yves Chalier qui éclabousse le ministre de l'Intérieur Charles Pasqua.
- Rupture (provisoire) des relations diplomatiques avec l'Iran en juillet après que l'ambassade iranienne en France eut refusé de remettre aux autorités françaises, Wahid Gordji, un interprète de l'ambassade d'Iran, non bénéficiaire de l'immunité diplomatique, et suspecté d'être impliqué dans la vague d'attentats terroristes (Gordjii sera finalement entendu par le juge puis expulsé vers l'Iran).
- Septembre 1987 : référendum en Nouvelle-Calédonie sur le maintien au sein de la République, boycotté par le FLNKS (98,3 % contre l'indépendance, 40 % d'abstention).
- Célébrations du Millénaire Capétien dans la Basilique de Saint Denis par François Mitterrand, en présence d'Henri d'Orléans (dit le « comte de Paris »), prétendant orléaniste au trône de France. Émission d'une pièce de 10 francs à l'effigie d'Hugues Capet.
- La balance du commerce extérieure redevient excédentaire.
- 1988 :
- Inauguration de la pyramide du Louvre.
- Loi sur le financement des campagnes électorales présidentielles et législatives, suite à une proposition de François Mitterrand.
- 22 avril : En Nouvelle-Calédonie, un commando canaque attaque la gendarmerie de Fayawé (île d'Ouvéa), tue quatre gendarmes et prend en otage les autres. Le 5 mai, trois jours avant le second tour des élections présidentielles, l'armée donne l'assaut à la grotte d'Ouvéa : 21 morts (deux militaires et dix-neuf indépendantistes calédoniens).
Second septennat
Bien qu'il sache, depuis novembre 1981, qu'il est atteint d'un cancer de la prostate (les bulletins de santé, régulièrement publiés suite à une promesse électorale, sont mensongers), il se représente en 1988 non sans avoir laissé longtemps planer le doute sur ses intentions. Encore faut-il noter que dès le début de 1982, il avait connu une rémission inespérée et spectaculaire, qui dure jusqu'à la mi-1992.
Le 8 mai, François Mitterrand est réélu Président de la République en emportant l'élection présidentielle contre Jacques Chirac avec 54 % des voix.
Il nomme Premier ministre Michel Rocard et dissout l'assemblée nationale ; la droite est battue aux législatives, malgré des accords locaux de désistement réciproque avec le Front national, mais le groupe socialiste et apparentés n'obtient qu'une majorité relative et les communistes refusent une alliance gouvernementale. Les gouvernements socialistes sont contraints à un jeu de bascule entre le groupe communiste et les éléments modérés de l'opposition, surtout l'Union du centre (UDC, groupe parlementaire autonome issu de l'UDF).
Il remplace en mai 1991 Michel Rocard par Édith Cresson. M Cresson altère son image par certains propos maladroits, notamment sur les Anglais et les Japonais (« des fourmis »). Elle cède la place dix mois plus tard à Pierre Bérégovoy qui ne peut empêcher la droite de remporter très largement les élections législatives en 1993 (le groupe socialiste et apparentés ne compte plus que 67 députés). Édouard Balladur forme un nouveau gouvernement. Le 1 mai, Pierre Bérégovoy se suicide. Le 4 mai, lors de ses obsèques, François Mitterrand dénonce , visant les médias en général.
Parmi les évènements marquants :
- 1988 :
- Accords de Matignon mettant un terme au conflit en Nouvelle-Calédonie.
- Création du Revenu Minimum d'Insertion (RMI). C'est une idée de François Mitterrand, inspirée selon lui d'une mesure sociale comparable prise par Olof Palme quelques années plus tôt.
- Le 14 juillet, François Mitterrand annonce son intention de construire et d'aménager à Paris . L'idée d'une bibliothèque virtuelle est écartée en raison de la progression très rapide de l'électronique et de l'informatique.
- Politique du « ni-ni » (ni nationalisation ni privatisation).
- Réforme de la Politique agricole commune (PAC).
- 1989 :
- Affaire Péchiney: Roger Patrice Pelat, ami de François Mitterrand, et des membres d'un cabinet ministériel, sont impliqués.
- Élections municipales : le PS obtient sa meilleure implantation dans les villes de plus de 20 000 habitants depuis sa création. En Provence, la gauche garde Marseille grâce à Robert Vigouroux mais le PCF perd toutes ses villes de plus de 100 000 habitants au profit de la droite essentiellement, à l'exception du Havre qu'il perd en 1995.
- Inauguration du Grand Louvre.
- Inauguration de l'opéra Bastille.
- Inauguration de la Grande arche de la Défense.
- Loi Jospin sur l'Éducation nationale : forte hausse des crédits (80 milliards de F sur cinq ans), réorganisation de l'enseignement primaire, création des Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM), changement de statut des enseignants du primaire, augmentation du nombre d'universités, modalités de représentation des étudiants, augmentation des salaires des personnels, simplification des grades universitaires (deux grades d'enseignants titulaires, un grade d'assistant).
- Loi Joxe sur l'immigration : abrogation des mesures restrictives de la loi Pasqua, renforcement des garanties de recours et de défense dont disposent les immigrés.
- Élargissement des possibilités pour entamer une procédure de révision d'une condamnation judiciaire.
- Loi d'amnistie pour la Nouvelle-Calédonie.
- Visite de Yasser Arafat à Paris. Suite aux discussions avec François Mitterrand et des diplomates français, le chef de l'OLP annonce, de Libye, que la charte appelant à la destruction d'Israël est .
- 1990 :
- François Mitterrand soutient l'unification allemande, en échange de la reconnaissance de la frontière Oder-Neisse et d'un approfondissement de la construction européenne. Le président français a été accusé d'avoir tardé à se rallier à une unité allemande aussi rapide. Pierre Favier, Michel-Martin Roland et l'universitaire allemand Tilo Schabert ont réfuté ces critiques qui sont cependant confirmées par Helmut Kohl dans ses Mémoires (qui fait ce même reproche à Margaret Thatcher) et, dans une autre mesure, par Jacques Attali (C'était François Mitterrand). Dans Le Monde daté du 3 janvier 2006, Tilo Schabert a vivement contesté les affirmations d'Helmut Kohl contenues dans son second volume de souvenirs : il lui reproche notamment de ne pas mentionner l'activité des conseillers des différents chefs d'État et de gouvernement, au rôle décisif, et d'oublier que François Mitterrand l'avait assuré à plusieurs occasions que l'unification allemande était possible d'ici la fin du siècle (Helmut Kohl était alors très pessimiste sur l'attitude des autres pays). Les recherches de l'historien français Frédéric Bozo, professeur à l'université de Paris-III-Sorbonne nouvelle, dans les archives présidentielles, aboutissent à ces conclusions similaires à celles de Tilo Schabert (voir bibliographie). Le journaliste André Fontaine cite l'argumentation du professeur de Stuttgart dans son livre sur la guerre froide, à partir de la correspondance privée entretenue avec l'universitaire, dont il loue « l'exceptionnelle connaissance » des faits.
- Le 20 avril, François Mitterrand et Helmut Kohl publient un communiqué commun sur la « nécessité d'accélérer la construction politique » de la Communauté européenne et estimant que « le moment est venu de transformer l'ensemble des relations entre les États membres en une union européenne ». Cette initiative débouche sur la conférence de Rome, puis sur le traité de Maastricht.
- Signature de la convention de Schengen.
- Discours de La Baule.
- Décision de l'Opération Noroît pour le Rwanda début octobre.
- Création de la BERD, sur une idée de François Mitterrand.
- Création de la Contribution sociale généralisée (CSG).
- Loi favorisant l'action philanthropique.
- Suppression du contrôle des changes.
- L'administration des PTT est transformée en deux établissements publics : La Poste et France Télécom. Les agents conservent leurs statuts et leurs avantages, l'organisation est modernisée.
- Plan Jospin pour les lycées.
- 12 novembre 1990: Deux cent mille lycéens manifestent ans les rues de Paris pour réclamer de meilleures conditions d'études et la fin des violences dans certains établissements. Le gouvernement annonce 4,5 milliards de francs supplémentaires pour les lycées mais moins de la moitié sera débloquée.
- Loi Gayssot interdisant les propos négationnistes et renforçant la législation contre le racisme.
- Loi Arpaillange sur le financement des partis politiques : baisse du plafond des dépenses, augmentation des subventions publiques, obligations de transparence renforcées.
- 1991 :
- Participation de la France à la Première guerre du Golfe. Démission du gouvernement de Jean-Pierre Chevènement, ministre de la Défense, qui voit dans cette guerre la volonté des États-Unis d'écraser l'Irak et de mettre un pied au Moyen-Orient et la main sur les ressources pétrolières.
- Plan quinquennal pour les universités, dit « Université 2000 » : 23 milliards de F d'investissement (dont 17 de l'État et 6 des collectivités locales) pour rénover les universités et en créer six de plus.
- Nouveau statut pour la Corse. Notion de invalidée par le conseil constitutionnel.
- Réglementation des écoutes téléphoniques : interdiction des écoutes administratives, contrôle des écoutes judiciaires.
- Édith Cresson première femme Premier ministre.
- Refus de recevoir publiquement Boris Eltsine, président élu de Russie, afin de ménager les autorités soviétiques.
- En août, après le putsch de Ianaëv en URSS et la séquestration en Crimée de Mikhail Gorbatchev, le président Mitterrand déclare vouloir attendre les intentions des "nouveaux dirigeants" soviétiques reconnaissant de facto le gouvernement issu du putsch. Il n'hésite pas alors à lire en direct à la télévision une lettre que lui a envoyée Ianaëv. De son côté, le président George H. W. Bush, dès le 19 août (14h, heure de Paris, avant l'intervention de François Mitterrand), apportait son soutien à Boris Ieltsine
[http://bushlibrary.tamu.edu/research/papers/1991/91081901.html], suivi par John Major le premier ministre du Royaume-Uni alors qu'Helmut Kohl apportait le sien à Gorbatchev[http://www.dynomind.com/p/articles/mi_m1282/is_n17_v43/ai_11327356] [http://www.pbs.org/newshour/bb/europe/russia/1991/news_8-19.html]. Selon Frédéric Bozo[http://www.mitterrand.org/spip/article.php3?id_article=242], cette attitude de Mitterrand n'était due qu'à un souci d'apaisement et à celui de préserver la sécurité de Mikhail Gorbatchev. Ce dernier argument est repris par le journaliste André Fontaine, dans son dernier livre sur La Guerre froide (p 533) pour expliquer la déclaration télévisée de François Mitterrand : « En réalité, il s'inquiète surtout du sort de Gorbatchev et d'Elstine *. ». Mais Gorbatchev, dans ses mémoires publiés en 1997, regrettera de ne pas avoir reçu en Crimée d'appels de François Mitterrand alors que le président américain et le chancelier allemand s'étaient entretenus avec lui par téléphone.
- Délocalisation d'une vingtaine d'organismes publics en banlieue parisienne ou en province, dont l'École nationale d'administration (ENA) à Strasbourg. Raisons : un coût nettement moindre et une meilleure proximité avec la population.
- Le service militaire est ramené à 10 mois.
- Loi Évin contre le tabagisme et l'alcoolisme.
- Affaire Urba : financement occulte du Parti socialiste par de fausses factures. Henri Emmanuelli, trésorier du PS, sera condamné dans cette affaire. Tous les autres partis politiques sont eux aussi rattrapés plus tard sur leur mode occulte de financement.
- 1992 :
- Loi Joxe sur le maillage administratif et l'aménagement du territoire. Ce texte est le fondement de la législation en vigueur.
- Refonte du Code pénal (achevée en 1994).
- Loi durcissant la répression des violences conjugales.
- Création du Code de la consommation.
- Réforme du statut des dockers, qui remontait à 1947 et ne correspondait plus à leurs activités.
- Moratoire sur les essais nucléaires.
- François Mitterrand se rend à Sarajevo, « forçant » le siège de l'armée serbe, le 28 juin, date de l'attentat contre l'archiduc François-Ferdinand, en 1914.
- Le traité de Maastricht, signé en février, est ratifié à une courte majorité par référendum.
- 1993 :
- Loi Sapin, portant notamment sur le financement des partis politiques et la lutte anticorruption : baisse du plafond des dépenses, durcissement de la répression, amélioration des contrôles.
- Loi Neiertz instituant un délit d'entrave à l'IVG et dépénalisant l'autoavortement.
- Seconde cohabitation.
- Fin de la politique du « ni-ni ». Retour des privatisations.
- Au Rwanda, retrait des forces de l'opération Noroît en décembre.
- Assassinat de René Bousquet, ancien préfet de police du régime de Vichy et qui avait fréquenté François Mitterrand dans des années 1960 à 1986 (à l'instar de plusieurs centaines de personnes appartenant au tout-Paris) et l'avait soutenu lors des deux premières élections présidentielles (de même qu'il avait soutenu Pierre Mendès-France dans les années 1950).
- Affaire OM-VA: Lors de la garden party du 14 juillet 1993, François Mitterrand prend la défense de Bernard Tapie, impliquée dans l'affaire de corruption d'arbitre lors du match entre Valenciennes et l'Olympique de Marseille. L'ancien ministre socialiste Jacques Mellick donnera un faux alibi à Bernard Tapie, précipitant la chute des deux anciens ministres de François Mitterrand.
Fin de mandat et décès
En mai 1995, François Mitterrand achève son second septennat et, le 31 décembre, écoute les vœux de son successeur en simple citoyen, comme il l'avait annoncé un an plus tôt.
Il meurt le 8 janvier 1996 de son cancer de la prostate. Ses obsèques donneront l'occasion d'apercevoir côte à côte ses deux familles, officielle et officieuse. Il repose à Jarnac, Charente, dans le caveau familial.
Polémiques
- Les gerbes déposées au nom du Président de la République par le sous-préfet de Vendée entre 1987 et 1991 sur la tombe du maréchal Pétain furent reprochées à François Mitterrand. Ce dernier n'aurait donné l'ordre que pour les années 1984 et 1986 mais s'est toujours justifié en rappelant que les présidents Charles de Gaulle et Valéry Giscard d'Estaing avaient fait de même, chacun une seule fois, en 1966 et 1976, à l'occasion des commémorations de la bataille de Verdun. C'est à la suite de plusieurs années d'admonestations de Serge Klarsfeld et de la communauté juive que cette pratique cessera.
Dans son dernier ouvrage,
Jacques Attali (
C'était François Mitterrand paru chez Fayard, novembre 2005) ne cache pas son trouble quant aux rapports entretenus avec d'anciens fonctionnaires ayant travaillé sous Vichy (Jean-Paul Martin,
René Bousquet) et ses propos sur
Pierre Laval (le Laval d'avant 1936).
- La décoration de la francisque continuera à être reproché par Maître Serge Klarsfeld malgré les états de service dans la Résistance. Selon Jean Pierre-Bloch dans De Gaulle ou le temps des méprises (pp. 216/218): C'était sur notre ordre que François Mitterrand était resté dans les services de prisonniers de Vichy. Lorsqu'il avait été proposé pour la francisque, nous avions été parfaitement tenus au courant ; nous lui avions conseillé d'accepter cette “distinction” pour ne pas se dévoiler. * Mitterrand fut même proposé pour être compagnon de la Libération, mais les titres de Résistance n'ont quelquefois rien à voir avec cette décoration.D'après l'ancien commissaire adjoint à l'Intérieur de la France libre, les sont à l'origine de cette polémique, dans le but de déstabiliser un chef de réseau considéré comme trop indépendant.
- Jean-Paul Martin, l'ancien collaborateur de René Bousquet, secrétaire général de la police de Vichy, a été son directeur de cabinet au début des années cinquante. Jean-Paul Martin n'a jamais fait l'objet d'une accusation, ni par la justice ni par les familles de déportés. Il sabotait souvent la collaboration policière. Jean-Paul Martin semble avoir été dans la ligne libérale de son ministre en matière coloniale.
- Serge Klarsfeld reprochera également à Mitterrand d'avoir refusé de reconnaître officiellement la responsabilité de l'État français concernant le sort des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, car Vichy n'était pas pour le président, pas plus que pour tous ses prédécesseurs depuis le gouvernement provisoire, l'État français mais une autorité de fait (c'est l'expression utilisée dans tous les textes législatifs faisant allusion aux lois de Vichy, jusqu'aux années 1990). Le 14 juillet 1992, François Mitterrand déclare en revanche que la participation du régime de Vichy aux déportations relève de l'évidence. Le décret de février 1993 instaure le 16 juillet « journée nationale commémorative des persécutions racistes et antisémites commises sous l'autorité de fait du gouvernement de Vichy (1940-1944) » et le monument inauguré à cette occasion mentionne bien que ce sont des Français, et non des soldats allemands, qui ont raflé les Juifs. La déclaration de Jacques Chirac, le 16 juillet 1995 a complété cette reconnaissance. La loi du 29 février 2000, votée à l'unanimité par l'Assemblée nationale, conclura la polémique en reprenant cette .
- L'itinéraire de Mitterrand en 1935 et 1942 sera l'objet de nombreuses interprétations contradictoires quant à sa prétendue participation aux manifestations de l'Action française contre à l'Université, ses liens (strictement personnels) avec des membres de la Cagoule, sa participation aux manifestations des étudiants de droite pour la démission du professeur de droit Gaston Jèze, qui avait accepté d'être le conseiller d'Hailé Sélassié, négus d'Éthiopie, chassé d'Addis-Abeba par les troupes mussoliniennes. La manifestation du 5 mars 1936 de la droite nationaliste était dirigé contre le conseiller d'Hailé Sélassié, chassé d'Addis-Abeba par les troupes italiennes de Benito Mussolini (Quid). Pierre Bergé y évoqua la participation de François Mitterrand (Inventaire Mitterrand, Stock, Paris 2001, p. 33. Or, selon les témoignages recueillis par Jean Lacouture, ces manifestations contre Gaston Jèze étaient un chahut d'étudiants contre un enseignant tyrannique, accusé d'obliger ses étudiants à apprendre les notes de bas de page (souvent conséquentes) de ses ouvrages de finances publiques et qui s'est soldé par des pétitions demandant sa démission et exploité a posteriori par l'Action française (pour défendre un fiscaliste républicain). De même, pour Jean Lacouture, la présence de François Mitterrand dans une foule confuse à la fin de la manifestation contre l'invasion métèque en février 1935 ne signifie pas grand-chose. Or, en 1994, dans une interview télévisée avec Jean-Pierre Elkabach, François Mitterrand n'a pas contesté sa participation à cette manifestation mais seulement le mot d'ordre (comme le démontre le documentaire de Patrick Rotman, deux photos ont été prises de lui à cette manifestation dont l'une a été utilisée en première page de la presse de l'époque où il est aisément reconnaissable face à un cordon de policiers) .
- L'attitude envers le Front National, et notamment l'établissement en 1985 du scrutin proportionnel, par la proposition de droit de vote des immigrés aux élections locales (une des 110 propositions reprise en 1985 et également en 1988 dans la Lettre à tous les Français). Le journaliste Franz-Olivier Giesbert parle d'une stratégie délibérée de déstabilisation de la droite parlementaire. L'historienne Anne-Marie Duranton-Crabol, dans son intervention au colloque « Changer la vie » considère qu'une telle stratégie n'est pas prouvée.
- La « dérive monarchique du pouvoir » : les moyens employés pour protéger la deuxième famille du président de la république (écoutes téléphoniques notamment). Selon Constantin Melnik, dans sa tribune publiée par Le Monde en octobre 1996, la conception sacralisée du pouvoir personnel a été instaurée par de Gaulle dès les premières années de son premier mandat et les moyens employés sous François Mitterrand sont dérisoires à côté de ceux des années 1959-1962, certes pendant la guerre d'Algérie, mais pour des motifs divers (mise sur écoutes d'Hubert Beuve-Méry, Jean-Jacques Servan-Schreiber, de dirigeants syndicaux, d'avocats, d'hommes politiques).
Ouvrages et recueils de textes de François Mitterrand
- 1939 : Pluie amie.
- 1940 : Premier accord.
- 1945 : Les Prisonniers de guerre devant la politique, éd. du Rond-Point.
- 1953 : Aux frontières de l'Union française. Indochine-Tunisie, éd. Julliard.
- 1957 : Présence française et abandon, éd. Plon.
- 1961 : La Chine au défi, éd. Julliard.
- 1964 : Le Coup d'État permanent, Les débats de notre temps. Plon.
- 1969 : Ma part de vérité (livre d'entretiens avec Alain Duhamel, éd. Fayard.
- 1971 : Un socialisme du possible, éd. du Seuil.
- 1971 : La Convention des institutions républicaines : François Mitterrand et le socialisme, Paris, Presses universitaires de France, 1971, 92-* p. (textes recueillis par Danièle Loschark)
- 1973 : La Rose au poing, éd. Flammarion.
- 1974 : L'homme, les idées, le programme, éd. Flammarion.
- 1975 : La Paille et le grain, éd. Flammarion.
- 1977 : Politique I, éd. Fayard.
- 1978 : L'Abeille et l'Architecte, éd. Flammarion.
- 1980 : Ici et maintenant (livre d'entretiens avec Guy Claisse), éd. Fayard.
- 1981 : Politique II, éd. Fayard.
- 1986 : Réflexions sur la politique extérieure de la France. Introduction a vingt-cinq discours (1981-1985), éd. Fayard.
- 1995 : Mémoire à deux voix (avec Elie Wiesel), éd. Odile Jacob.
- 1996 : De l'Allemagne, de la France, éd. Odile Jacob.
- 1996 : Mémoires interrompus (recueil d'entretiens avec Georges-Marc Benamou), éd. Odile Jacob
- 1998 : Les Forces de l'esprit. Message pour demain, éd. Fayard
Discours
Citations
- (Le Coup d'État permanent, II partie, chapitre 2)
- (Le Coup d'État permanent, III partie)
- (Ici et maintenant, chapitre II)
- (Ici et maintenant, chapitre VI)
- (Discours prononcé devant le Parlement européen, le 17 janvier 1995)
Surnoms
- Le Vieux. Surnom donné au sein du PS, notamment par Jean-Luc Mélenchon.
- Tonton. Surnom donné par le Canard enchaîné. Il viendrait pour certains d'un nom de code que François Mitterrand aurait eu pendant la Seconde Guerre mondiale, pour d'autres de l'irruption télévisuelle de son neveu Frédéric Mitterrand, que Roland Topor caricaturera dans son émission Téléchat. L'ancien conseiller en communication de François Mitterrand, Gérard Cole, explique dans son livre Le Conseiller du Prince que Tonton était le surnom donné au président par les agents chargés de sa sécurité personnelle, ce surnom a ensuite été diffusé dans le but de remplacer le surnom « le Vieux » qui était jusque-là généralement utilisé. Il fut repris ensuite par des sympathisants socialistes tels Renaud qui donna ce surnom pour titre d'une chanson consacrée au président.
- Dieu. Célèbre réplique du Bébête Show : , par Kermitterrand. Selon Georges-Marc Benamou dans Le dernier Mitterrand, François Mitterrand avait suspendu une réplique de la marionnette Kermitterrand au robinet de la douche de son appartement privé du palais de l'Élysée.
- La mite. Surnom donné par des détracteurs.
- Florentin. Ses amis lui donnent le surnom de « Florentin » en référence à l'art de l'esquive, illustré sous la période de l'histoire par des natifs de Florence comme Laurent le Magnifique ou Machiavel. Pour ses détracteurs, le surnom évoque plus l'intrigue et le cynisme politiques. L'inventeur de ce surnom semble avoir été François Mauriac, son ami fidèle et une de ses références littéraires.
- Le prince. cf. Florentin.
Hommages
Bibliographie
Ouvrages sur François Mitterrand
Travaux scientifiques
- La Seconde Guerre mondiale et l'après-guerre
- Éric Conan et Henry Rousso, Vichy, un passé qui ne passe pas, éd. Fayard, 1994 ; nouvelle édition revue, corrigée et augmentée, Gallimard, coll. « Folio »-histoire, 1996
- Christophe Lewin, Le Retour des prisonniers de guerre français. Naissance et développement de la FNPG. 1944-1952, Publications de la Sorbonne, 1986
- Olivier Wieviorka, Nous entrerons dans la carrière. De la Résistance à l'exercice du pouvoir, éd. du Seuil, 1994
- IV et V Républiques
- Roland Cayrol, François Mitterrand, 1945-1967, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1967
- François Charmont, François Mitterrand et la Nièvre, Géopolitique de la Nièvre, 1945-1995, (préface de Laurent Fabius), mémoire de maîtrise de géographie politique (Université Paris IV-Sorbonne), Paris, L’Harmattan, 2001, rééd. 2002, 238 p.
- Mohamed Harbi et Benjamin Stora (dir.), La Guerre d'Algérie, éd. Robert Laffont, 2004, rééd. Hachette littératures, coll. « Pluriel »-histoire, 2005
- Daniel Singer, Is Socialism Doomed? The Meaning of Mitterrand, New York, Éditions Oxford Univ Pr, 1988. ISBN 019504925X
- Présidence de la République
- Frédéric Bozo, Mitterrand, la fin de la guerre froide et l'unification allemande. De Yalta à Maastricht, éd. Odile Jacob, 2005
- Stanley Hoffmann, George Ross et Sylvia Malzacher, L’Expérience Mitterrand, PUF, coll. « Recherches politiques » 1988 française des actes du colloque américano-français de science politique tenu en 1986
- Bernard Lugan, François Mitterrand, l'armée française et le Rwanda, éd. du Rocher, 2005, 288 pp. comment la France n’a pas à rougir sa politique rwandaise
- Jean-Marc Regnault (dir.), François Mitterrand et les territoires français du Pacifique (1981-1988) : Mutations, drames et recompositions, enjeux internationaux et franco-français, éd. Les Indes savantes, 2003, 583 pp.
- Tilo Schabert, Mitterrand et la réunification allemande. Une histoire secrète (1981-1995), Paris, Grasset, 2005, 598 p., Prix parlementaire franco-allemand comment François Mitterrand a prévu et pensé la réunification allemande
Études de référence
- Pierre Favier et Michel Martin-Roland, La Décennie Mitterrand, Paris, Éditions du Seuil, 1990-1999, 4 vol., 2713 p., Prix Espaces 89 du meilleur livre politique 1991-1992 sur les quatorze ans de présidence
- Jean-Pierre Filiu, Mitterrand et la Palestine : l’ami d’Israël qui sauva trois fois Yasser Arafat, éd. Fayard, 2005
- André Fontaine, La Tache rouge. Le roman de la guerre froide, éd. La Martinière, 2004 ; rééd. augmentée d'une chronologie, La Guerre froide, éd. du Seuil, « Points »-histoire, 2006
- Pierre Péan, Noires fureurs, blancs menteurs, éd. des Mille et une nuits, 2005 complémentaire de celui de Bernard Lugan
Mémoires, souvenirs et témoignages
- Jacques Attali, Verbatim, Paris, Fayard, 1993-1995, 3 vol., 2257 p. contestable, surtout les volumes 2 et 3
- Michel Charasse et Robert Schneider, 55, faubourg Saint-Honoré : entretiens, Paris, Grasset, 1996, 324 p.
- Jacques Delors, Mémoires, éd. Plon, 2004, rééd. Presses Pocket, 2004
- Gérard-David Desrameaux, Lettre posthume à François Mitterrand, éd. Lanore, 2005
- Claude Estier, Mitterrand président : journal d'une victoire, Paris, Stock, 1981, XXI-219 p.
- Pierre Joxe, Pourquoi Mitterrand ?, éd. Philippe Rey, 2006
- Ali Magoudi, Rendez-vous : La psychanalyse de François Mitterrand, Paris, Maren Sell éditeurs, 2005
- Claude Manceron, Cent mille voix par jour pour Mitterrand, éd. Robert Laffont, 1966
- Pierre Mauroy, Vous mettrez du bleu au ciel. Mémoires, éd. Omnibus, 2003
- Jean Pierre-Bloch, De Gaulle ou le temps des méprises, éd. La Table ronde, 1969 dernier chapitre est consacré à François Mitterrand
- Hubert Védrine, Les Mondes de François Mitterrand : à l'Élysée, 1981-1995, Paris, Fayard, 1996, 784 p.
Essais biographiques
- Alain Duhamel, François Mitterrand, portrait d'un artiste, Paris, Flammarion, 311- * p.
- Franz-Olivier Giesbert, François Mitterrand, ou la tentation de l'histoire, Paris, Éditions du Seuil, 1977, 333 p. ; Le président, Paris, Éditions du Seuil, 1990, 394 p. ; La fin d'une époque, Paris, Éditions du Seuil, 1993, 303 p. ; François Mitterrand, une vie, Paris, Éditions du Seuil, 1996, 762 p. ; Le Vieil Homme et la mort : récit, Paris, Gallimard, 1996, 146 p.
- Jean Lacouture, Mitterrand, une histoire de Français : 1. Les risques de l’escalade, Paris, Éditions du Seuil, 1998, 434 p. ; Mitterrand, une histoire de Français : 2. Les vertiges du sommet, Paris, Éditions du Seuil, 1998, 625 p.
- Pierre Péan, Une jeunesse française : François Mitterrand, 1934-1947, Paris, Fayard, 1994, 615 p. ; Dernières volontés, derniers combats, dernières souffrances, Paris, Plon, 2002, 329 p.
- Stéphane Trano, Mitterrand, une affaire d'amitié, Paris, L'Archipel, 2006, 327 p.
- Paul Webster, Mitterrand : l'autre histoire, 1945-1995, Paris, Éditions du Félin, 1995, 261 p.
Synthèses biographiques
- François Audigier, François Mitterrand, Nouveau monde éditions, 2005
- Danièle Molho, François Mitterrand, Toulouse, Éditions Milan, 1995, 63 p.
- Hubert Védrine, François Mitterrand. Un dessein, un destin, éd. Gallimard, coll. « Découvertes », 2006
Ouvrages journalistiques
- Jean Daniel, Les Religions d'un président : Mitterrand, Grasset, 1988.
- Alain Duhamel, De Gaulle-Mitterrand : la marque et la trace, Paris, Flammarion, 1991, 232 p.
- Thomas Férenczy, Chronique du septennat, 1981-1988, Lyon, La Manufacture, 1988, 129 p.
- Serge July, ''Les Années Mitterrand. Histoire baroque d'une normalisation inachevée, Paris, Éditions Grasset, 1986, 284 p.
Divers
- Laure Adler, L’Année des adieux, Paris, Flammarion, 1996, 342 p.
- Christophe Barbier, Les Derniers Jours de François Mitterrand, Paris, Grasset, 1997, 423 p.
- Jean-François Bayart, La Politique africaine de François Mitterrand, essai, Paris, Karthala, 1984, 149 p.
- Georges-Marc Benamou, Le Dernier Mitterrand, Paris, Plon, 242 p.
- Pierre Bergé, Inventaire Mitterrand, Stock, Paris 2001
- Françoise Carle, Les Archives du président : Mitterrand intime, Monaco, Éditions du Rocher, 1997 312 p.
- C. Demangeat et Florence Muracciole, « Dieu » et les siens. Jacques, Jean-Louis, Georgina et les autres, P., Belfond, 1990.
- Laurence Engel, François Mitterrand : le fil d'Ariane, Paris, Michalon, 1996, 119-* p.
- Emmanuel Faux, Thomas Legrand et Gilles Perez, La main droite de Dieu, enquête sur François Mitterrand et l'extrême droite, Editions du Seuil, 1994, 264 p.
- Christina Forsne, François, Éditions du Seuil, Paris 1997.
- Roger Hanin, Lettre à un ami mystérieux, Grasset, Paris 2001.
- Dominique Jamet (1997), La France tranquille de François Mitterrand : Jarnac, Château-Chinon, Solutré, Cluny, Vézelay, Hossegor, Latche, Belle-Ile-en-Mer, Paris, Balland, 1996, 126 p.
- Caroline Lang, Michel Baverey et Robert Pledge, Le Cercle des intimes : François Mitterrand par ses proches, Boulogne, La Sirène, 1995, 126 p.
- Danielle Mitterrand, En toutes libertés, Paris, Ramsay, 1996, 350 p.
- Catherine Nay, Les Sept Mitterrand ou les métamorphoses d'un septennat, Paris, Grasset, 1988.
Filmographie
Voir aussi
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Liens externes
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