Frédéric II Hohenstaufen (26 décembre 1194 à Iesi près d'Ancône - † 13 décembre 1250 à Fiorentino près de Lucera) régna sur le Saint Empire romain germanique de 1220 à 1250. Son règne fut marqué par les conflits avec la papauté et il fut excommunié deux fois. Le pape Grégoire IX alla même jusqu'à l'appeler l'Antéchrist.
Il fut le dernier empereur de la famille des Hohenstaufen et après sa mort, il devint légendaire, la stupor mundi (l'émerveillement du monde), au point qu'on attendait même son retour après sa mort (son personnage était alors confondu avec celui de son grand-père Frédéric Barberousse).
Othon IV fut couronné empereur romain germanique par Innocent III en 1209 mais quand Othon IV perdit la faveur du souverain pontife, ce dernier soutint à la Diète de Nuremberg de 1211 l'élection de Frédéric comme roi d'Allemagne et excommunia Othon IV. Mais ce titre de roi d'Allemagne, qui était un préalable à la couronne impériale, ne signifiait rien tant qu'Othon IV était empereur, jusqu'à sa défaite à la bataille de Bouvines en 1214.
Le pape Honorius III couronna finalement Frédéric II empereur à Rome en 1220. Cela devait être la fin de l'entente entre l'Empire et la Papauté puisque Frédéric II n'avait pas l'intention de séparer ses deux héritages, la Sicile maternelle et l'Allemagne paternelle.
Le conflit entre Frédéric et le pape Grégoire IX puis Innocent IV reprit. Les cités italiennes de Lombardie qui prirent parti pour Frédéric constituaient le groupe dit des gibelins et les cités plus nombreuses qui s'opposèrent au pouvoir impérial et s'allièrent au pape était les guelfes (parfois l'opposition entre les factions des guelfes et gibelins traversait la même ville selon les alliances politiques).
Dans les années 1240, il suit de près les affaires en Provence en demandant au comte de Toulouse d'intervenir contre le comte de Provence et l'archevêque d'Arles.
En 1244, Innocent IV fuit Rome et annonce la déposition de l'empereur au Ier concile de Lyon, accordant même à ceux qui partiraient en guerre contre lui le statut de croisés. Frédéric II mourut en 1250 avant d'avoir vu la conclusion de la guerre civile qui déchirait l'Allemagne et la Sicile.
Il indigna son époque en s'habillant parfois en tenue orientale et il avait même un harem pour imiter les princes musulmans. Il écrivit même qu'il enviait que les califes soient à la fois dirigeants spirituels et terrestres.
Il mit en place un système centralisé d'administration en Sicile et tenta de le généraliser (avec moins de succès) dans les États allemands, où il dut octroyer de plus en plus d'indépendance aux princes allemands au fur et à mesure que son conflit en Lombardie se détérioriait.
Il montra parfois une extrême cruauté envers ses ennemis.
Les descendants de Frédéric, son fils légitime Conrad IV, le fils de ce dernier Conradin et son fils illégitime Manfred n'accédèrent pas à l'Empire. Le royaume de Sicile leur fut également enlevé par le pape, qui y installa Charles d'Anjou. Ce fut la fin de la Maison des Hohenstaufen de Souabe, qui laissa la place aux Habsbourg d'Autriche et l'essor des cités italiennes.
Toutefois la lignée se perpétua indirectement en Sicile, à travers les petits-fils de Manfred, enfants de sa fille Constance et de Pierre III d'Aragon-Catalogne, à savoir Jacques Ier de Sicile, puis son frère Frédéric II de Sicile et enfin les descendants de celui-ci, Pierre II, fils du précédent, Louis Ier, fils du précédent, Frédéric III, frère du précédent, Marie Ière, fille du précédent (Maison de Barcelone-Aragon en Sicile).
La biographie la plus connue de Frédéric II est celle d'Ernst Kantorowicz (1927) qui est considérée aujourd'hui comme une exaltation romantique, peu distanciée et parfois anachronique puisque Frédéric II y devient presque un personnage du Siècle des Lumières en plein XIIIe siècle.
La biographie écrite par le romancier Pierre Boulle, L’étrange croisade de l’Empereur Frédéric II, est moins bien connue bien qu'extrêmement agréable à lire. L'écrivain, habitué des personnages aventureux et héroïques, rend bien cette facette de Frédéric II, ainsi que son attrait pour les arts et la science. Il se concentre essentiellement sur la croisade de l'empereur, dans un livre romancé mais soutenu par une remarquable documentation historique.
Enfin, il faut citer le remarquable ouvrage de Jacques Benoist-Méchin "Frédéric de Hohenstaufen ou le rêve excommunié" qui trouve sa place dans la série consacrée par l'auteur aux grands de ce monde qui ont poursuivi ce qu'il appelle "le rêve le plus long de l'histoire".
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