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L'estran est, en géographie, la partie du littoral située entre les plus hautes et les plus basses mers connues. L'estran est donc (au moins en partie) couvert lors de la pleine mer et découvert lors de la basse mer.

On utilise aussi pour le désigner le terme « zone de marnage » ou l'anglicisme « zone intertidale » (de l'anglais tidal signifiant « relatif à la marée »).

Précisions


Le terme générique d'estran peut être précisé selon les milieux :
  • Plage sur les côtes d'accumulation
  • Zone méso-littorale lorsque l'on voudra replacer l'estran dans un contexte plus large, entre la zone infra-littorale, toujours immergée, et la zone supralittorale, toujours émergée.

L'estran proprement dit est divisé entre slikke et schorre :

  • La slikke (du néerlandais slijk, signifiant « boue ») est la partie basse de l'estran, qui n'est découverte que lors des basses marées. Elle est elle même divisée en haute-slikke et basse-slikke, cette dernière n'étant émergée que lors des basses mers exceptionnelles.
  • La schorre (du néerlandais scor, signifiant « terrain d'alluvion ») est la partie haute de l'estran, qui n'est recouverte que lors des hautes mers. De la végétation peut pousser dans la schorre et fixer la vase de l'estran (comme dans le cas des prés salés).

(Moyen mnémotechnique pour différencier slikke et schorre : sLikke, « L » comme « Low », bas en anglais, scHorre, « H » comme « Haut ».)

Écologie


L'estran étant alternativement recouvert par la mer et exposé à l'air, il est propice à un écosystème spécifique, adapté à la fois aux conditions maritimes et aériennes, capable de résister aux vagues et à la marée. La faune typique inclut des anémones de mer, des coquillages (moules, berniques, etc.), des étoiles de mer, des crabes, etc. La flore comprend des espèces d'algues qui se répartissent sur l'estran en fonction de leur mode de vie et de la nature du substrat. En milieu tropical, les marais à mangroves peuvent occuper la zone de l'estran.

Cartographie


Le niveau correspondant à la limite basse de l'estran (laisse de basse mer) sert généralement d'altitude de référence pour les cartes marines (ou zéro hydrographique), à la différence des cartes terrestres qui utilisent le niveau de la mer comme référence. En revanche, tous les organismes cartographiques ne considèrent pas la même partie basse : en France par exemple, l'altitude prise en compte est le niveau des plus basses mers (coefficient de marée de 120), tandis que certaines cartes britanniques se réfèrent au niveau des basses mers moyennes de vives-eaux (coefficient de marée de 95).

Considérations juridiques


Tout comme la partie sèche du littoral, la propriété et l'utilisation de l'estran peut donner lieu à des controverses légales et politiques :
  • En Nouvelle-Zélande, plusieurs groupes maoris ont revendiqué leurs droits sur l'estran (et le plancher océanique) sur des bases historiques. Le Foreshore and Seabed Act, qui fut voté en 2004, établit spécifiquement la propriété de l'État sur ces zones. La controverse se poursuit toujours actuellement (et [http://www.justice.govt.nz/foreshore/).
  • Aux États-Unis, pour les plages privées, certains États comme le Massachusetts utilisent le bas de l'estran pour séparer la propriété privée de la propriété de l'État. D'autres État comme la Californie prennent en considération le haut de l'estran.
  • En France, l'estran appartient au domaine de l'État (domaine public maritime, DPM), au même titre depuis 1963 que le fond et le sous-sol de la mer territoriale. Il peut être concédé (autorisation d'occupation temporaire, concession d'utilisation) pour des usages privés (conchyliculture, mouillage, câbles...), mais pour des durées limitées ; ces concessions n'entraînent pas de transfert de propriété de l'estran.

Voir aussi


Cartographie | Marée | Géomorphologie littorale

Foreshore | Hái-phiâⁿ

 

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