La dynastie Han (c.t. : 漢朝, c.s. : 汉朝, p.y. : Hàncháo) régna sur la Chine de 202 av. J.-C. à 220 ap. J.-C. Fondée par Liu Bang, paysan révolté contre la dynastie Qin, elle compta vingt-huit empereurs. Première dynastie impériale par sa durée, cette période est traditionnellement divisée en Han occidentaux (1) ou Han antérieurs (2) (202 av. J.-C. - 9), capitale Chang'an, et les Han orientaux (3) ou Han postérieurs (4), (25 - 220), capitale Luoyang, séparés par la courte dynastie Xin fondée par Wang Mang.
Bien que -202 soit l’année de sa proclamation officielle par Gaozu, les historiens la font parfois débuter en -206, lorsque celui-ci entre à Xianyang, ancienne capitale des Qin. Le nom Han, par lequel on en viendra à désigner l’ethnie chinoise, est à l’origine celui du fief donné à Liu Bang par Xiang Yu après la chute des Qin, englobant les actuels territoires du Sichuan, de Chongqing et le Sud du Shaanxi, dont la capitale était près de l’actuelle Hanzhong (5) au Shaanxi, dans la vallée de la Han, affluent du Chang Jiang.
Affirmant son autorité, ne serait-ce que pour une courte période, sur l’Annam, l’île de Hainan, la Mongolie, le Sud de de la Mandchourie et la Corée, Han Wudi définit à peu de chose près l’étendue des prétentions territoriales des futurs gouvernements chinois.
Sous Mingdi et Zhangdi, le général Ban Chao étend l’influence chinoise dans le bassin du Tarim et poursuit l’ouverture de l’extrémité orientale de la route de la soie entamée par Zhang Qian sous Wudi.
Pendant les périodes de paix intérieure, au début des Han occidentaux et des Han orientaux, le pays prospère ; la population de l’empire est estimée à 50 millions d’habitants à son maximum. L’empereur Wudi donne la primauté au confucianisme comme système politique, instaurant une longue tradition reprise par la majorité des dynasties chinoises, et impose des épreuves d’accès à la fonction publique préfigurant les examens impériaux qui auront cours du jusqu’en 1905.
Cette longue dynastie fut féconde pour le développement de la pensée, de la littérature, des arts et des techniques, avec en particulier l’invention du papier par Cai Lun. C’est sous les Han orientaux que le bouddhisme pénétra en Chine.
(1) 西漢 (2) 前漢 (3) 東漢 (4) 後漢 (5) 漢中
Gaozu conserva la structure centralisée de l’empire Qin divisé en commanderies (ou districts) jun et comtés xian dépendant directement du pouvoir central, mais aussi les dix-neuf principautés (ou royaumes) créés par Xiang Yu. Une partie des titres princiers fut distribuée à des compagnons d’armes, qui furent progressivement remplacés pour cause de rébellion réelle ou supposée par des membres du clan Liu. Cette mesure de consolidation du pouvoir ne porta pas ses fruits longtemps. Gaozu mort, les princes du sang manifestèrent peu de considération pour l’empereur qu’ils leur jugeaient redevable. Dès l’époque de Wendi, troisième empereur, il y eut plusieurs manifestations d’indépendance de grands féodaux, particulièrement en -177. Jingdi dut affronter en -154 la révolte des sept princes (Wu, Chu, Zhao, et quatre principautés du Shandong) dont l’instigateur était Wang Pi (1) de Wu. Elle fut réduite au bout de trois mois. Les principautés revinrent ainsi progressivement sous contrôle impérial.
Wudi, successeur de Jingdi, fut par sa longévité et son tempérament autoritaire, voire légèrement paranoïaque sur la fin de ses jours, l’empereur le plus puissant de la dynastie. Pour tenter de consolider les finances lourdement grevées par ses guerres extérieures, il réinstaura le monopole d’État sur le sel et le fer. Il restructure l’administration, délaissant le Huanglao de ses trois prédécesseurs et donnant la primauté absolue au confucianisme. Il doit néanmoins encore mater la révolte de ses oncles Liu An, prince de Huainan, et Liu Ci (2), prince de Hengshan.
Après Wudi, les princes ne constituent plus une menace importante pour le pouvoir impérial, mais les besoins financiers nés en particulier des nombreuses expéditions militaires et de l’inadéquation du système fiscal conduiront à la vente de terres de l’État, et donc à la formation d’une aristocratie terrienne échappant aisément à l’impôt, qui saura, tout comme les eunuques et les familles des impératrices et concubines, défendre ses intérêts contre les tentatives de réforme.
(1) 王濞 (2) 劉賜
(3) chìméi 赤眉 (4) lùlín 绿林
Après une dizaine d’années de luttes, Guangwu réussit à imposer son pouvoir contre les grands féodaux et d’autres descendants réels ou prétendus d’empereurs des Han Occidentaux. Il mit en place des réformes destinées à corriger les vices qui avaient causé la perte de ses prédécesseurs, sans toutefois réussir à éliminer le plus grave d’entre eux, le système fiscal faisant reposer l’essentiel du poids de l’impôt sur les paysans libres. Aucun de ses successeurs ne put réellement empêcher les grands propriétaires et les courtisans d’étendre leur pouvoir au détriment du bon fonctionnement de l’État.
Malgré un certain optimisme pendant le règne des trois premiers empereurs, la situation des finances continua de se déteriorer, d’autant que les luttes aux frontières ne cessèrent jamais. Le système des examens, des promotions et démissions de la fonction publique fut corrompu par le népotisme, donnant naissance à un conflit exacerbé entre les eunuques et les fonctionnaires confucéens, ainsi qu’au qingyi (5), débat philosophique sur les qualités requises d’un bon ministre et d’un sage gouvernant.
Comme la courte dynastie Xin, les Han Orientaux disparurent dans un climat de révolte. En 184, sous l’empereur Lingdi, la secte taoïste Taiping (6) fondée par Zhang Jiao, proclamant la fin proche de la dynastie qui devait laisser place au règne de la Grande paix (taiping), donna naissance à un soulèvement organisé, celui des Turbans Jaunes. Leurs attaques militaires, débutées en 185, devinrent une menace très sérieuse entre 189 et 192, qui ne fut éradiquée qu’en 205, laissant les généraux qui l’avaient combattue encore plus conscients de leur puissance. Les principautés périphériques avaient de fait repris leur indépendance. Cao Pi, fils de Cao Cao, ancien secrétaire impérial et prince de Wei, força Xiandi à abdiquer en 220, mettant officiellement fin à la dynastie.
Il se proclama empereur cette même année, mais ses prétentions furent immédiatement contestées par Liu Bei, membre éloigné de la famille impériale et roi de Shu, qui se déclara successeur de Xiandi. Sun Quan, roi de Wu, les imita en 222. De ces Trois royaumes, Wei sortira vainqueur, mais ne réunira pas l’empire pour autant. Il faudra pour cela attendre la dynastie Sui.
(1) 劉縯 (2) 讖緯 (3) 劉玄 (4) 劉秀 (5) 清議 (6) 太平
(1) 郡 (2) 縣 (3) 王 (4) 州 (5) 刺史
La suite montrera surtout qu’aucun système idéologique de l’époque n’est encore apte à saisir convenablement le fonctionnement de l’économie et de la société, car leurs penseurs manquent pour la plupart d’expérience du terrain. Aucun ne sera non plus en mesure de faire contrepoids au jeu des influences personnelles à la cour et des inégalités économiques agravées par le système fiscal inadéquat dans l’ensemble du pays. Confucianisme et taoïsme, les deux courants principaux de l’époque, influenceront beaucoup plus la pensée que les destinées pratiques du pays.
(1)yú mín xiuxí donnons du repos à la population 與民休息 (2) wénjǐngzhizhì régime de Wendi et Jingdi 文景之治
Dès le début de la dynastie, les empereurs avaient adopté une politique de promotion des sages, mais appliquée de façon assez vague et occasionnelle. Le système commença à se préciser sous Wudi. En -128, il donna l’ordre aux chefs de districts de sélectionner des talents qui seraient envoyés à la cour pour y être employés après avoir subi des tests vérifiant leurs capacités. Comme l’ordre était assorti d’une mesure très stricte de responsabilité du recommandeur, qui serait dans l’avenir bénéficiaire des mêmes récompenses mais soumis aux mêmes sanctions, le cas échéant, que le recommandé, la prudence l’emporta et personne ne fut présenté. L’empereur dut lancer un nouvel ordre obligeant à présenter des candidats sous peine de sanctions. Pour encourager l’afflux de sang nouveau dans l’administration, Wang Mang tombera dans l’excès inverse en abaissant considérablement les garanties requises mais aussi la valeur candidats. Un degré de responsabilité raisonnable sera enfin atteint à l’époque des Han orientaux.
Le système de Wudi prévoyait une sélection annuelle dans chaque district de candidats “vertueux” et “talentueux”, notions très générales, dont le nombre était déterminé par l’empereur. Selon les besoins, de façon irrégulière, des spécialistes de toute sorte (loi, art militaire, voire divination) pouvaient être requis. L’examen n’était sous les Han occidentaux qu’une simple vérification ne remettant pas fondamentalement en cause l’emploi du recommandé. À l’avènement des Han orientaux, une des premières propositions de réforme de Guangwudi sera de donner plus de poids à l’examen qu’à la recommandation. Un curriculum plus précis sera progressivement élaboré. En 115 eut lieu le premier examen selon le nouveau programme des "Six arts" : musique, tir à l’arc, équitation, arithmétique, composition et connaissance des rites publics et privés. Ce régime appelé chaju (4) sera repris et perfectionné par les dynasties ultérieures, et aboutira au VI siècle au keju (5), véritables examens mandarinaux.
(1) 儒 (2) 董仲舒 (3) bàchùbǎijia dúzun rúshù 罢黜百家,独尊儒术 (4) 察舉 (5) 科舉
Les conflits armés les plus fréquents eurent lieu avec les Xiongnu qui depuis longtemps disputaient aux Chinois les territoires du Nord et du Nord-Ouest. Incapables de les réduire par la seule force militaire, les empereurs Han développent à leur égard une politique d’intermariages et d’alliance, qui fut également appliquée à d’autres peuples frontaliers. Ceux-ci, soumis théoriquement après une victoire militaire Han concrétisée par l’établissement d’une ou plusieurs commanderies, gardaient souvent leur indépendance de fait contre la remise d’un tribut et l’envoi d’ambassades reconnaissant la suprématie de l’empire. Ces relations étaient consolidées par des alliances matrimoniales et l’attribution de sceaux de délégation du pouvoir impérial confirmant l'autorité locale de leurs souverains. L'un de ces sceaux a été découvert en 1983 dans la tombe du roi de Nanyue.
Durant la dynastie Han, des ambassades furent échangées avec des régions aussi éloignés que la Perse, le pays des Parthes ou l’Empire romain. Ces expéditions militaires ou pacifiques enrichirent la culture chinoise. Le bouddhisme pénétra en Chine pour la première fois au sous le règne de Mingdi. Furent introduits sous les Han les légendaires chevaux « à la sueur de sang » du Ferghana, le raisin, les grenades, les noix, la luzerne et le sésame noir.
Les fiancées chinoises étaient le plus souvent des filles de nobles ou même parfois des roturières promues princesses, dont l’histoire inspirera la littérature et le théâtre. La plus connue est Wang Zhaojun (5), héroïne en particulier d’une pièce de Ma Zhiyuan qui deviendra un classique de l’Opéra de Pékin. Entrée comme concubine dans le gynécée de Yuandi, elle fut choisie par le chanyu Huhanye parmi cinq femmes sélectionnées sur portrait par l’empereur lui-même, qui ne s’était pas encore donné la peine de les rencontrer. Yuandi n’avait probablement pas grande considération pour les Xiongnu et avait dû choisir des beautés médiocres. Lorsqu’il la vit en chair et en os le jour de son départ officiel, il eut le coup de foudre, mais il était trop tard.
Malgré les traités, les héritiers de Modu continuèrent à intervalles irréguliers leurs attaques contre les Han. Leur menace ne disparaitra jamais mais se fera moins grande après Wudi. Sous son règne, les généraux Wei Qing (6) (?~-106) et Huo Qubing (7) (-140~-117) les chassèrent du Gansu où furent transplantés des Chinois, occupant définitivement la région et séparant les Xiongnu des Qiang avec qui ils auraient pu s’allier. Après le règne de Wudi, la division des Xiongnu en ensembles rivaux devient de plus en plus évidente. Les empereurs joueront par la suite de ces conflits, soutenant certains chanyus au détriment des autres. Une offensive contre les Xiongnu du Nord aura lieu sous les Han orientaux, menée par Ban Chao.
(1) 冒頓 (2) 白登 (3) 陳平 (4) 和親 (5) 王昭君 (6) 衛青 (7) 霍去病
(1) 張騫 (2) 烏孫
(1) 班超 (2) 甘英
Le royaume de Minyue (5) au Fujian fut lui aussi soumis sous Wudi. Il ne fut pas occupé, mais une partie de sa population fut transplantée dans l’ancien territoire du prince rebelle Liu An, entre la Huai et le Chang Jiang.
En 40 sous le règne de Guangwudi, deux sœurs annamites, Trưng Trắc et Trưng Nhị, prirent la tête d’une révolte qui chassa les Han et établirent une dynastie dont la capitale se trouvait à Mê Linh, actuelle province de Phú Thọ. Le général Ma Yuan fut envoyé l’année suivante pour la détruire et en vint à bout après 2 ans.
(1) 趙佗 (2) 唐蒙 (3) 犍為 (4) 滇 (5) 閩越
(1) 倉海 (2) chaoxian 朝鮮/조선 (3) 衛滿
Le seul fait certain est que Mingdi ordonna la construction à l’ouest de Luoyang du Temple du cheval blanc (2), premier temple bouddhiste sur le sol chinois. La tradition prétend que le cheval qui portait les sutras s’arrêta à six lis de la capitale et refusa d'aller plus avant, indiquant l’emplacement du futur temple. Liu Ying (3), prince de Chu et frère de l'empereur, fut le premier bouddhiste chinois connu.
Ultérieurement, la légende prétendra que Wudi des Han occidentaux rendait déjà hommage à des statues dorées du Bouddha rapportées par ses ambassadeurs, mais les documents historiques le concernant ne confirment pas cette version.
(1) 白馬寺 (2) 四十二章經 (3) 劉英
(1) 太初 (2) shanhǎijing 山海經 (3) 班彪 (4) 班昭 (5) 劉向 (6) 劉歆 (7) liuyilüe 六藝略 (8) 許慎 (9) 說文解字 (10) 爾雅 (11) 方言
Leur influence s’exerce sur l’ensemble de la pensée et tous les systèmes de philosophie politique, les principaux étant le huanglao (essentiellement légiste et taoïste) et le confucianisme.
Les penseurs de ce dernier courant, opposés au non-agir (1) comme attitude du bon gouvernant, développent la notion du Ciel comme volonté suprême que le souverain doit observer et qui réagit à sa vertu ou à ses manquements par des bénédictions ou des calamités. Le confucianisme des Han est donc quelque peu différent de celui du temps de Confucius.
Même s’ils sont voués à disparaître ou à se fondre dans le taoïsme ou le confucianisme, beaucoup de courants des Royaumes combattants subsistent. On en a un aperçu dans le Huainan Zi des Han occidentaux.
On continue à éditer, commenter et interpréter les textes anciens, en particulier le Dao De Jing, le Yi Jing, les Annales des Printemps et des Automnes. On découvre en -102 des textes confucéens rescapés de l’autodafé des Qin, donnant naissance à une querelle d’authenticité. La tradition des weishu (2), commentaires exposant le sens caché des classiques, est très répandue chez les confucéens Han, dont Dong Zhongshu qui serait à l’origine du choix du confucianisme comme philosophie politique exclusive (en théorie). Ces commentaires seront unis aux prophéties (3) des mages pour donner les chenwei (4), écrits annonçant des changements de pouvoir, dont certains, Wang Mang par exemple, se serviront à leur avantage. Malgré la détermination en -51 du contenu officiel des Cinq classiques, les interprétations ésotériques jouissent d’un statut quasi-officiel. En 79, l’empereur Zhangdi convoque une sorte de concile canonique, l’assemblée de la Salle du tigre blanc, destiné à déterminer l’authenticité des différents textes. Les chenwei et les weishu y sont traités sur le même pied que les autres classiques. C’est seulement au milieu des dynasties du Nord et du Sud qu’ils tomberont complètement en défaveur et seront détruits.
Sur le plan religieux, apparaissent sous les Han orientaux des sectes importantes, comme les Cinq boisseaux ou la Voie de la grande paix Taiping dao (5), constituant un véritable pouvoir parallèle (les Cinq boisseaux au Sichuan) ou une force séditieuse ( Turbans Jaunes du mouvement Taiping). Imposant l’étude du Dao De Jing et divinisant Lao Zi (Cinq boisseaux) ou s’appuyant sur le huanglao (Taiping), elles constituent les premières exploitations religieuses connues du taoïsme. Démantelées en 215 pour la première et en 205 pour la seconde, elles donneront naissance à d’autres courants, en particulier les Maitres célestes issus des Cinq boisseaux. En dehors des sectes, le recours aux spécialistes fangshi (6) ou sorciers wushi (7), l’alchimie Jindan, la croyance aux immortels sont répandus à tous les niveaux. Les cultes de Huangdi et de la Xiwangmu du mont Kunlun se développent sans être à cette époque spécifiquement liés au taoïsme. Les écrits philosophiques, souvent composés par des confucéens - ou tout au moins des fonctionnaires - contribueront autant au développement du taoïsme philosophique qu’à celui du confucianisme. Yang Xiong met en avant la notion du grand mystère (8) qui sera identifié avec le Dao par le courant Xuanxue des Wei, sur lequel le bouddhisme a peut-être aussi exercé une influence à travers sa notion de vide encore mal comprise. Le qingyi (9), débat sur les qualités requises d’un bon fonctionnaire et d’un bon gouvernant, est à l’origine du qingtan (10) associé au taoïsme des dynasties du Nord et du Sud.
Wang Chong, (11) (27–97), auteur des Essais critiques (12), se distingue de l'ensemble par sa position rationaliste et son explication naturaliste et mécaniste du monde.
Commentateurs confucéens : Xun Shuang (13) (Yi Jing), Jia Kui (14), Ma Rong (15), Cai Yong (16), Zheng Xuan (17) (ensemble des classiques).
Penseurs inspirés par le légisme : Cui Shi (18) et Wang Fu (19) (Discours d’un reclus (20))
Taoïsme : on considère que le Lie Zi a en fait été compilé sous les Han.
(1) wuwei 無為 (2) 維書 (3) chenyu 讖語 (4) 讖維 (5) 太平道 (6) 方士 (7) 巫師 (8) taixuan 太玄 (9) 清議 (10) 清談 (11) 王充 (12) Lun-Heng 論衡 (13) 荀爽 (14) 賈逵 (15) 馬融 (16) 蔡邕 (17) 鄭玄 (18) 崔寔 (19) 王符 (20) qianfulun 潛夫論
L’apparition du papier sous les Han orientaux entraine celle de nouveaux styles calligraphiques plus fluides.
Le style littéraire le plus caractéristique de la dynastie est le fu (1), sorte de long poème déclamé et non chanté, selon la description qu’en fait le chapitre Art et littérature des Annales des Han (2), ce qui le rapproche de la prose. On voit l’origine de ce style dans les Chants de Chu attribués à Qu Yuan et Song Yu, et le chapitre fu (3) du Xunzi. Les fus d’avant les Han et du début de la dynastie, appelés saofu (fu lyrique)(4), sont de style plus libre, le poète exprimant ses sentiments à travers des descriptions de la nature ou des discussions politiques. Ils seront remplacés par un type plus structuré, vers encadrés par une introduction et une conclusion sous forme de questions-réponses, considéré ultérieurement comme le modèle du genre, le gufu (fu ancien) (5), au contenu plus descriptif. Le type le plus connu est le « grand fu » décrivant avec un vocabulaire riche et abondant la splendeur des lieux et modes de vie de l’aristocratie, parfois sur un mode critique. À partir du milieu de la période des Han occidentaux, apparaissent des fus plus courts au contenu plus intime. Le chapitre Art et littérature des Annales des Han mentionne 106 auteurs et 1318 oeuvres, parmi lesquels les quatre grands maîtres : Sima Xiangru, Yang Xiong (6) (Fu de Changyang (7) dans lequel il critique le luxe de Chengdi), Ban Gu, Zhang Heng ; on peut encore citer le Qifa (8) de Mei Sheng (9) (?~-140) et les Réponses (10) de Dong Fangshuo (11)(-154~-93) dont la forme a inspiré beaucoup d’auteurs ultérieurs.
Le gushi (poème à l'ancienne)(12) est, comme le fu, un poème non chanté, en général composé de vers alternativement de 5 et 7 pieds ; il est typique du début de la dynastie. À la même période, un service administratif, le Bureau de la musique yuefu (13), est chargé, sous Huidi et Wudi, de préserver les chants populaires, particulièrement ceux des régions de Qin, Zhao et Chu, comme source d’inspiration littéraire. Il laissera son nom aux poèmes mis en musique. On trouve des exemples de ces deux styles dans les anthologies Dix-neufs poèmes à l’ancienne (14) et Recueil de poèmes du bureau de la musique (15).
Comme on peut le voir avec l’exemple de Ban Gu (historien), Zheng Heng (astronome et mathématicien) ou Yang Xiong (philosophe et linguiste), les hommes de lettres de l’époque Han sont souvent polyvalents. On peut d’ailleurs également compter dans les productions littéraires de l’époque les nombreux écrits philosophiques et les ouvrages historiques (Ban Gu, Sima Qian).
(1) 賦, hanfu 漢賦 ou cifu 辭賦 (2) 漢書 ; 藝文志 (3) fupian 賦篇 (4) )騷賦 (5) 古賦 (6) 揚雄 (7) 長楊賦 (8) 七發 (9) 枚乘 (10) 答客難 (11) 東方朔 (12) 古詩 (13) 樂府 (14) gushi shijiu shou 古詩十九首 (15) yuefushi ji 樂府詩集
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