La discrimination positive est une politique discriminatoire (d'où le nom) affectant un avantage social à une catégorie qui n'est pas jugée à parité dans un domaine par les initiateurs de ladite politique.
La discrimination positive a été créée aux États-Unis non seulement en faveur des descendants d'esclavage mais pour tous les citoyens souffrant de discrimination du fait de leur sexe ou de leur origine ethnique. Certains cherchent à l'étendre de nos jours en Europe à l'intention des plus défavorisés.
En France, la loi du 10 juillet 1987 en faveur de l'emploi des travailleurs handicapés impose à toute entreprise de 20 salariés ou plus d'employer au moins 6% de travailleurs handicapés. Depuis l'année scolaire 2000-2001 des conventions ZEP/Grandes écoles permettent à des lycéens issus d'une zone d'éducation prioritaire d'intégrer certaines grandes écoles sans avoir à passer de concours d'admission. Ces zones avaient été créées en juillet 1981 par le ministre Alain Savary avec l'objectif affirmé de donner plus à ceux qui ont moins.
Si certains y voient un exemple du politiquement correct, le mot "discrimination" conserve cependant une connotation extrêmement négative. On trouve donc souvent l'expression « égalité des chances » pour désigner cette politique. D'autres personnes estiment que l'on devrait plutôt employer l'expression action positive, traduction littérale de l'expression américaine « affirmative action ».
Les principes de justice sociale peuvent conduire à une réorientation des prestation publiques vers les plus nécessiteux. Il s'agit donc de mieux différencier les bénéficiaires de l'État-providence pour donner plus à ceux qui ont le moins…et généralement moins à ceux qui ont plus.
On peut également citer la discrimination territoriale. Il s'agit par exemple dans le domaine de l'éducation des zones et des réseaux d’éducation prioritaire (ZEP, REP) en France ou des education action zone (EAZ) au Royaume Uni.
Il ne s'agit plus ici de prendre en compte directement les inégalités socio-économiques, mais de se placer en amont, en compensant d'autres critères qui sont donc estimés comme handicapant par le législateur. C'est quand ces critères font références a des communautés (ethniques par exemple) que la discrimination positive suscite des réticences. Cela est surtout vrai dans un pays comme la France ou une telle situation heurte la tradition républicaine d'égalité des citoyens. Aux États-Unis par contre l'enjeu du débat est totalement diffèrent: l'appartenance ethnique y a été reconnue ce qui a permis par exemple de prendre en compte le préjudice causé par l’esclavage.
Selon les partisans de la « discrimination positive », le chômage, la précarité d'une partie de la population issue des minorités visibles constituent un terreau fertile à la décomposition de la société et au communautarisme. Comme l'indique Aristote, il n'y a rien de plus injuste que de traiter également des situations inégales.
Selon les adversaires de la « discrimination positive », le chômage actuel frappe les Français eux-mêmes, parmi lesquels de nombreux diplômés de qualité ne trouvent aucun débouché. Il n'est donc pas étonnant que les immigrants éprouvent eux aussi des difficultés, d'autant plus grandes qu'ils maîtrisent mal la langue du pays d'immigration.
Selon les cas, en particulier l'orientation du moment des divers hommes et partis politiques, trois avis principaux se dégagent :
C'est une inégalité formelle destinée à corriger une inégalité de fait (plutôt politiciens de gauche).
C'est une mesure raciste destinée à avantager de fait certains groupes ethniques ou raciaux, puisque de toutes manières même la Discrimination positive basée sur des zones géographiques recoupe des zones possédant une majorité ethnico-religieuse (plutôt politiciens de droite).
Le troisième avis recoupe les deux précédents et les mélange en avantageant l'un ou l'autre point de vue selon la proximité de celui qui l'émet avec les deux extrêmes politiques classiques, droite et gauche, mais également selon des considération électorales ou sociales ("calmer" une partie de la population ou une autre, par exemple). Elle dit généralement que la Discrimination positive, si elle existe, ne doit ni favoriser un groupe suivant des critères ethniques ou religieux, ni se transformer en discrimination négative (racisme, apartheid...) du reste de la population.
Le Ministère de la Défense français a fourni un exemple remarquable de tentative de discrimination positive en 1990, en tentant de favoriser l'accès des "JFOM" (jeunes Français d'origine maghrébine) aux permis de conduire et aux grades supérieurs; c'est l'objet de la directive Chevènement de mai 1990. Un article d'un lieutenant dans "Armées d'Aujourd'hui" en 1991 (Jean-Pierre Steinhofer: "Beur ou ordinaire") contraint le Ministère de la Défense à abandonner ce système novateur en France qui visait à corriger les inégalités sociales en appliquant aux JFOM des conditions d'accès aux grades et aux permis de conduire plus souples.
À partir de 2001, l'Institut d'études politiques (IEP) de Paris a été l'un des premiers établissement a mettre en place un programme de discrimination positive en France, les Conventions éducation prioritaire (CEP), lancées par le directeur Richard Descoings et placées sous la responsabilité de Cyril Delhay. Une procédure spéciale d'admission pour des lycéens venant de ZEP a été instaurée ; ils sont dispensés de concours d'entrée et sont recrutés sur dossier et sur entretien. Ils bénéficient ensuite de la formation normale des étudiants de l'IEP, qui leur permet notamment d'occuper des postes de direction en entreprise et au sein de la haute fonction publique.
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