Le terme addiction est actuellement utilisé comme équivalent à celui de dépendance (ou pharmacodépendance) ou parfois de toxicomanie ; il caractérise une envie irrépressible et une difficulté ou une impossibilité répétée à contrôler le besoin de l'objet addictif. Le sujet se livre à des conduites dites « addictives » et ceci souvent malgré la conscience aiguë des risques d'abus et de dépendance. L'addiction se rapporte autant à des produits qu'à des conduites telles que le « jeu compulsif », les conduites à risques et certaines formes de sports comme le « sport intensif ».
La dépendance est un des facteurs servant à évaluer la dangerosité des drogues (voir article détaillé Classification des psychotropes). Elle s'estime par les efforts déployés pour se procurer le produit et par l'énergie dépensée pour parvenir à l'abstinence. Elle est variable selon deux facteurs importants : les propriétés du produit (propriétés pharmacologiques, mode de consommation, degré de pureté, etc.) et la prédisposition de l'usager (personnalité, antécédant d'usage, situation personnelle, etc.).http://www.senat.fr/rap/r02-321-1/r02-321-16.html#toc193
Les problèmes engendrés par une addiction peuvent être d'ordre physique, psychologique, relationnel, familial, ou social.
Lorsque l'on suspecte de tels comportements, il faut tenter de nouer le dialogue avec la personne concernée afin de l'amener à consulter un spécialiste en addictologie.
Le terme pharmacodépendance est aussi utilisé dans le langage courant pour désigner spécifiquement la dépendance aux produits pharmaceutiques.
Être addicté était ainsi, au Moyen Âge, une ordonnance d'un tribunal, obligeant le débiteur qui ne pouvait rembourser sa dette autrement, à payer son créancier par son travail.
Par la suite, dans la langue anglaise, dès le , addiction a pu désigner la relation contractuelle de soumission d'un apprenti à son maître, puis se rapprocher peu à peu du sens moderne, en désignant des passions nourries et moralement répréhensibles.
Toujours en langue anglaise, le mot addiction est totalement intégré dans le langage populaire pour désigner toutes les passions dévorantes et les dépendances (c'est un sex-addict - un addicté sexuel, a-t-on dit de Bill Clinton du temps de l'affaire Monika Lewinsky), dans le cadre de la culture américaine, d'origine puritaine, qui prône la lutte contre de telles passions rattachées à la recherche effrenée du plaisir. C'est cette popularité du terme chez les anglo-saxons qui explique son ambiguïté : les scientifiques anglophones hésitent souvent à l'utiliser (par exemple, il a été retiré du DSM-IV, le manuel américain et international de diagnostics psychiatriques, au profit du terme de « dépendance »), alors que d'autres scientifiques l'utilisent apparemment sans problème, lui accordant une définition précise et opérationnelle. Dans les pays francophones (à part le Québec), le mot étant nouveau et utilisé par les spécialistes, il possède d'emblée une aura scientifique.
C'est Freud qui le premier a utilisé le terme en illustrant un « besoin primitif » (lettres à Wilhelm Fliess) qui fait parti de la condition de tout être humain : l'infans est dépendant de sa mère pour sa survie. C'est de cet état primordial qui aurait mal évolué que dériveraient les « addictions ».
Karl Abraham en 1908, Sandor Rado en 1933, Otto Fenichel en 1945 et Herbert Rosenfeld en 1968 sont des psychanalystes qui ont contribués à enrichir la définition du terme en l'approfondissant. Il s'agissait pour eux d'en analyser les mécanismes inconscients, pulsionnels, régressifs et autres du point de vue psychothérapeutique et psychanalytique.
La distinction n'est plus tout à fait d'actualité du point de vue des recherches actuelles et surtout pour les traitements, l'une étant intriquée à l'autre de manière parfois indistincte.
Le schéma tiré du béhaviorisme met de son côté en évidence le dysfonctionnement du système de récompense qui serait le pivot des phénomènes de dépendance.
L'interprétation psychanalytique repose sur la question de développements ontogénétiques relatifs à la satisfaction des besoins (faim, amour, etc.) et à leur intrication avec la pulsion sexuelle (libido) et la destructivité. Freud dans la deuxième topique a tenté d'élucider la compulsion de répétition comme une manifestation de la pulsion de mort. Ses successeurs ont repris ces théories sous l'angle des relations d'objet (L'Absence de Pierre Fédida) ou l'ordalie comme mécanisme inconscient à la base du jeu entre vie et mort.
La question de la prédisposition génétique reste encore à élucider.
De nombreuses théories psychiques, neurologiques et biologiques tentent d'expliquer les mécanimes de l'addiction et celui des dépendances.
L'explication simple du cycle défini par la régulation d'endorphines internes et externes est insuffisante et dépassée. Le SNC est probablement plus complexe que ce genre de schéma.
Le SIDA et la lutte contre sa diffusion entraînent le traitement des héroïnomanes dans le champ médical des épidémies. Les traitements de substitution à la méthadone prennent le pas sur toute autre forme de thérapie. On commence à parler de politique de réduction des risques en privilégiant une approche sanitaire par notamment la distribution des seringues, l'élargissement des indications aux traitements méthadone, voire de la distribution controlée d'héroïne dans certains pays (Suisse, Canada) avec mise à disposition de locaux d'injections propres et cadrés par du personnel paramédical.
Jusqu'à l'apparition et la reconnaissance - tardive en France - de l'importance du SIDA et de sa diffusion par partages de matériels d'injections, les traitements de la toxicomanie fut l'objet de nombreuses controverses.
C'est aussi depuis cette époque qu'on parle plus de dépendance et que cette catégorie s'étend à toutes formes de conduites et/ou d'abus. Certains pensent que cette extension a l'inconvénient de jeter le trouble sur la question du point de vue psychopathologique et qu'il est difficile d'établir un lien entre un addict aux jeux vidéos et un cocaïnomanes outre leurs difficultés à lutter contre leur besoin.
Ces deux approches sont à l'origine d'une polémique parfois virulente.
On peut faire une liste non exhaustive des comportements addictifs :
Psychopathologie | Dépendance | Trouble induit par une substance
Addicció | Závislost | Sucht | Addiction | Adicción | Riippuvuus | התמכרות | Ovisnost | Fíkn | 依存症 | 중독 | Verslaving | Avhengighet | Uzależnienie | Dependenţă | Addiction | Beroende
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