La consanguinité est la parenté entre deux personnes (ou plus généralement deux êtres vivants), ou à l'intérieur d'une population (même espèce).
Concept d'abord empirique et lié à l'élevage, ainsi qu'à certaines pratiques matrimoniales, il a été formalisé par la génétique avec la découverte des supports matériels de l'hérédité.
Il a été ensuite étendu, ce qui a conduit au concept de biodiversité, qui ne s'applique pas à une espèce mais à l'ensemble de la biosphère.
Deux clones, deux vrais jumeaux sont bien entendu parfaitement consanguins (100%). Ils ne sont pas pour autant identiques : les empreintes digitales de jumeaux diffèrent, les pelages de chats ou de bovins clonés aussi, etc.
La consanguinité de parent à enfant, en supposant une consanguinité nulle (cas d'école impossible en pratique ) entre les deux parents, est de 50 %. En effet, l'enfant partage dans ce cas la moitié de ses chromosomes (ou plus exactement de ses allèles, pour tenir compte des cas de cross-over) avec chacun de ses parents.
Pour tous les autres cas, il n'est possible de définir qu'une consanguinité moyenne, car c'est chromosome par chromosome qu'il faut faire le test.
Entre deux enfants (de sexe indéterminé, pour passer rapidement sur le cas des chromosomes sexuels) de même parents (toujours dans le cas d'une consanguinité nulle entre eux), la consanguinié peut varier de 0 à 100 %, avec une moyenne de 50 %. Curieusement, donc, la consanguinité de ces enfants entre eux est en moyenne la même que celle vis-à-vis de leur parents. Cela implique qu'un enfant d'un accouplement entre frère et sœur a le même degré de consanguinité qu'un enfant d'un accouplement entre parent et enfant. La multiplication de ce type d'accouplement conduirait rapidement, sans l'apparition aléatoire de mutation parfois significative, à une consanguinité de 100%, c'est à dire à un clonage avec un unique allèle pour chaque caractère non sexuel (il resterait toujours la différence entre les chromosomes sexuels, X et Y) : au départ, chaque gène dispose d'au maximum 4 allèles différents (un pour chacun des deux chromoses de chacun des deux parents), et à chaque accouplement chaque copie à une chance sur deux de disparaitre. Mais, inversement, il suffit d'un seul accouplement exogame pour faire immédiatement tomber la consanguinité à 50%
On peut également définir, sur cette base, une consanguinité moyenne dans une population, comme la moyenne des consanguinités deux à deux. Elle dépendra du nombre de variantes (allèles) du même gène qui sont disponibles dans la population, et donc du nombre d'ancêtres différents qui ont fondé la population considérée et du taux de mutation depuis cette fondation.
Si chaque gène dispose de 10 allèles equifréquents, la consanguinité moyenne sera de 10%. Mais si les 10 allèles ne sont pas équifréquent, la consanguinité moyenne sera bien plus forte : par exemple, si un gène représente la moitié du stock génétique (ou « pool ») et les 9 autres le reste (cas bien plus réaliste), la consanguinité moyenne dépasse 25%. Et pourtant, la diversité génétique reste forte (elle est indépendante de la fréquence de chaque allèle, et ne dépend que de leur nombre.
En pratique, on observe que la consanguinité moyenne dans une population, même très mélangée, est forte, supérieure à 33%, voire 50% dans des petits groupes. De sorte que le mariage « moyen » est à peine moins consanguin qu'un mariage parent-enfant ou frère-sœur. On observe aussi qu'une introduction rare de « sang neuf » (par exemple un accouplement sur 100) permet de maintenir une consanguinité forte mais sans dommage sur la diversité.
Il y a un mythe, popularisé tout le long du XIXe siècle notamment par des écrivains, de la tare héréditaire ou congénitale, et de l'influence néfaste d'une consanguinité importante (considéré comme un facteur explicatif de décadence par exemple dans des familles royales). Mais la réalité est plus simple : il ne s'agit que d'un mythe, certes commode pour ne pas chercher d'autres explications, mais nullement de réalité.
A cet égard on peut faire plusieurs remarques
Certes, il est incontestable que la procréation consanguine concentre certaines caractéristiques génétiques, y compris certaines considérées comme défavorables. Cela ne signifie nullement que les produits aient plus de « tares » que la moyenne de leur espèce, mais seulement qu'ils ont plus souvent les mêmes – qui se voient mais aussi s'éliminent ainsi plus facilement (d'ou l'intérêt des « pur-sang »).
Il n'est pas moins vrai que les petites populations évoluent plus vite et plus brutalement que les nombreuses, une mutation s'y propageant mieux en raison d'un stock de gènes initialement plus faible. Cela se manifestera, par exemple, par une grande variation de taille, vers des formes géantes ou naines. Mais le nanisme ainsi observé ne doit pas être considéré en soi comme une dégénerescence : bien souvent, il s'agit au contraire d'une adaptation, à un milieu plus petit, fournissant donc des ressources plus limitées.
Génétique | Anthropologie de la parenté
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