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Biographie


Clodion dit « le Chevelu » (395? - 448), était chef des Francs saliens, donc deuxième roi de France de la première dynastie, celle des Mérovingiens. Usuellement, il est dit fils de Pharamond.

Note 1 : Selon certains historiens, à la suite de l'évêque Grégoire de Tours, chroniqueur le plus ancien des mérovingiens, le premier vrai roi des Francs serait en fait Clodion, surnommé « le Chevelu ». Selon l'historien belge Godefroid Kurth, dans son "Histoire Poètique des Mérovingiens", on ne connait pas le nom de son père : « Clodion est le plus ancien roi que les chants populaires des Francs saliens aient fait connaître à Grégoire de Tours. »

Note 2 : Le surnom « le Chevelu » viendrait de cette phrase de Grégoire de Tours à propos des premiers rois Francs : « (Les Francs) ils auraient créé au-dessus d'eux dans chaque pays et chaque cité des rois chevelus appartenant à la première et, pour ainsi dire, à la plus noble famille de leur race. » Clodion serait ainsi le « roi chevelu » de la ville de Dispargum. Cette localité n'est pas identifiée. Les identifications qui ont été proposée - Duysborch en Belgique, Duisburg en Allemagne - sont conjecturales.

En 428, Clodion apprend que les villes de la féconde Belgique, sont sans défense, en effet, le général romain Aetius a prélevé beaucoup de soldats de ces territoires pour combattre ses ennemis les Wisigoths. Surprises, les troupes romaines qui gardaient les passages, sont défaites, Clodion bat facilement les garnisons restantes et s'empare de Tournai, emporte Cambrai du premier assaut et réduit tout le pays des environs jusqu'à la Somme. En fait, plus que des pillages faciles, il cherche à conférer à son autorité de roi guerrier une assise territoriale, qu'il veut voir s'étendre, sur le riche territoire entre Rhin et Somme, entre Meuse et la mer du Nord.

En 431, Clodion qui célébrait les noces d'un grand seigneur de son armée près du bourg d'Helena — sans doute près d'Arras — est attaqué par le général Aetius et son lieutenant Majorien. Le général voulait reprendre les territoires annexés par les Francs. Clodion, qui n'était pas préparé à l'affrontement, est contraint de fuir et perd tout ce qu'il avait conquis sur l'Empire Romain en deçà du Rhin. Cependant, conscient qu'il n'avait pas les moyens militaires pour occuper à nouveau le territoire, Aetius préfère négocier la paix et conclut avec Clodion un traité (fœdus) qui fait des Francs, des « fédérés » combattant pour Rome, et les autorisait à s'installer dans l'Empire, en l'occurrence près du fisc impérial de Tournai. Il s'agit là des origines du futur royaume franc de Clovis Ier.

Après vingt ans de règne, Clodion meurt vers l'an 448, selon quelques-uns, de chagrin de la mort de son fils aîné, qui fut tué au siège de Soissons. On ne sait ni le nom de sa Reine, ni le nombre de ses enfants. Il serait le père de mérovée.

Sources


Voici les deux sources d'époque sur Clodion :

1) Sidoine Apollinaire dans son Panégyrique de Majorien écrit en 458 : « Quand il défendit Tours qui redoutait la guerre, tu (Aetius) n'étais pas là : peu de temps après, vous combattiez ensemble dans les plaines ouvertes de l'Artois, que le Franc Clodion avait envahies. Il est en ces lieux un carrefour où les routes aboutissent à un étroit chemin ; la chaussée resserrée, placée sur pilotis, traverse au bout d'une longue distance le bourg d'Helena dominé par l'arche d'un point et en même temps un court d'eau. C'est là-bas que tu avais pris position et Majorien à cheval combattait au pied même du point. Par hasard, sur une colline proche de la rive, on célébrait bruyamment un mariage barbare et au milieu des danses nordiques la nouvelle épousée était unie à un mari aussi blond qu'elle. Majorien, dit-on, leur fit mordre la poussière ; son casque résonnait sous les coups et sa cuirasse, opposant ses écailles au choc des lances, détournait de lui la blessure, jusqu'au moment où l'ennemi battu tourna le dos. » Traduction d'André LOYEN.

2) Grégoire de Tours dans son Histoire des Francs écrit en 592 : « On rapporte également que Clodion, qui était alors un homme capable et très noble dans sa nation, a été roi des Francs ; il habitait dans la forteresse de Dispargum, qui est dans le territoire des Thuringiens. Dans ces contrées, mais au midi les Romains habitaient jusqu'au fleuve de la Loire. Au-delà de la Loire les Goths dominaient. Les Burgondes qui suivaient aussi la secte d'Arius habitaient de l'autre côté du Rhône qui coule près de la cité de Lyon. Quant à Clodion, il envoya des éclaireurs dans la ville de Cambrai, et quand tout fut exploré ; lui-même lui suivit ; il écrasa les Romains et s'empara de la cité où il ne résida que peu de temps, puis il occupa le pays jusqu'au fleuve de la Somme. Certains prétendent que de sa lignée est sorti le roi Mérovée, de qui Childéric fut le fils. » Traduction Robert LATOUCHE

Etudes


Voici quelques indications donnés par l'historien belge Godefroid Kurth dans son Histoire Poétique des Mérovingiens. Sur la source d'information de Grégoire : « Il existait donc, au temps de Grégoire de Tours, si mes conjectures sont fondées, un chant populaire sur la prise de la Gaule Belgique par les francs de Clodion. Et notre narrateur, fidèle à son procédé, a extrait de ce document la seule chose qu'il considérât comme historique. »

Sur ce qu'on peut tirer des deux textes : « Un fait cependant est certain, c'est que Clodion a en effet guidé les Francs à la conquête de la Gaule Belgique. Clodion avait pénétré avec son armée dans les vastes campagnes de l'Artois. *." target="_blank" >En un clin d'oeil, le désordre des combats succède au désordre de la noce. *" target="_blank" >On ne sait d'ailleurs pas commment les choses se sont passés après le succès remporté par Aetius. Il peut avoir traité avec les barbares immédiatement après sa victoire, et leur avoir laissé le pays où ils s'étaient établis [.... Clodion , d'autre part, peut s'être étendu vers le sud à la faveur de ce traité, avec la qualité d'allié ou de confédéré. »

Sur son ascendance : « Clodion est le plus ancien roi que les chants populaires des Francs saliens aient fait connaître à Grégoire de Tours. »

Le légende sur la naissance de Mérovée


Il existe une légende sur Clodion ou plus exactement sur Mérovée. Grégoire de Tours n'a pas voulu la reprendre car elle était trop païenne. Mais Frédégaire, chroniqueur de VII siècle, moins regardant, nous la donne.

La voici résumée par Godefroid Kurth : « Un jour que la reine, femme de Clodion, se baignait dans la mer, un dieu s'unit à elle, et de cette union naquit Mérovée, le héros éponyme de la dynastie franque. » Le dieu en question est une "Bistea Neptuni", un Quinotaure, un dieu fluvial cornu. Cette fable semble très ancienne, elle nous dit ce que Grégoire de Tours ne nous dit pas : Mérovée avait pour mère la femme de Clodion. Et comme son père ne peut pas être un dieu, c'est sûrement Clodion.

Mérovingiens | Décès en 448

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