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Introduction


Le christianisme est issu du judaïsme, soumis à l'influence du monde gréco-romain depuis Alexandre le Grand. Le nom « christianisme » vient de la traduction du mot hébreu Messie, "Oint", en grec Khristos, soit le Christ. Selon les Actes des apôtres 11 - 26, ce fut à Antioche sur les rives orientales de la Méditerranée, que, pour la première fois, les croyants en Jésus-Christ furent appelés chrétiens .

Le christianisme emprunte au judaïsme des éléments fondamentaux :

  • la croyance en un Dieu unique (monothéisme) qui se montre sur Terre de façon transcendante et immanente ;
  • la croyance en la venue d'un Messie ;
  • la croyance en la Résurrection des morts et dans le Jugement dernier.

Mais il modifie ces fondements de la manière suivante :

  • En Jésus, Dieu s'est montré en tant qu'être humain (notons que certains groupes se déclarant chrétiens, comme les Témoins de Jéhovah, ne seront pas d'accord ici).
  • Jésus est le Messie attendu des Juifs ;
  • la résurrection de Jésus a déjà eu lieu et, comme Jésus, les humains morts en ayant foi en Lui ressusciteront.

Et il se distingue du judaïsme sur deux éléments clés :

  • Depuis Jésus, Dieu veut créer une famille d'enfants de Dieu , non limitée aux seuls Juifs ;
  • C'est la foi en Jésus-Christ qui définit cette famille, et non la pratique de la loi mosaïque (œuvres).

Ce n'est que vers la fin du 4eme siecle que le Christianisme devint la religion officielle de l'Empire romain, remplaçant ainsi le ’Paganisme.

Les Écritures


Outre les écritures issues du judaïsme regroupées par les Chrétiens dans l'Ancien Testament, la tradition des premiers siècles du christianisme y a adjoint le Nouveau Testament. On lit plus souvent aujourd'hui l'appellation « Premier » Testament au lieu d'Ancien, pour signifier que le Nouveau Testament ne vient pas remplacer l' « Ancien » mais le compléter. Le Nouveau Testament est composé de quatre évangiles, selon Matthieu, selon Marc, selon Luc et selon Jean, des actes des apôtres, des épîtres et de l'Apocalypse. On considère que leur rédaction s'étend sur la seconde moitié du 1 siècle de notre ère. Les évangiles sont regroupés quand ils sont étudiés : on appelle « évangiles synoptiques » les évangiles de Matthieu, Marc et Luc ; l'évangile de Jean reste à part, on l'appelle l'évangile « johannique » (de Jean). Une tradition veut que l'évangile de Marc soit le premier écrit. Autrement, les épîtres de Paul semblent être les plus anciennes (on daterait la première d'entre elles, l'épître aux Thessaloniciens, de l'année 50 environ) ; viendraient ensuite les évangiles et les actes des apôtres. L'Apocalypse semble être l'un des textes les plus récents. Les toutes premières générations de chrétiens ont donc sans doute vécu dans la tradition orale, avant que n'apparaissent ces textes.

Le canon ainsi constitué écarte des textes dits apocryphes ou cachés.

Il est difficile de faire une analyse historique de ces textes et ce pour plusieurs raisons: Ce sont avant tout des témoignages écrits dans une perspective de croyant qui retranscrivent leurs expériences et non un journal d'historien comme le souhaiteraient la plupart de nos contemporains (qui oublient d'ailleurs que pour un même évènement plusieurs personnes témoins émettent souvent plusieurs avis, parfois divergents). D'autre part, il faudrait pouvoir comparer ces textes á d'autres récits relatant des mêmes faits, or par exemple, il y a très peu de sources écrites précises en dehors des évangiles sur la vie de Jésus . Des textes écrits par les romains relatent la présence de Jésus et sa présence générant des controverses au sein du peuple juif, mais rien d'assez précis ne permettant une réelle confrontation avec le contenu des évangiles.

En ce qui concerne les éventuelles modifications volontaires du texte ou involontaires dûes aux traductions, le premier testament donne un bon exemple de ce qui se passe: Le respect dû aux textes sacrés était á un point difficilement imaginable pour nos sociétés modernes. Ainsi, on trouve le plus souvent des ajouts. Pour ce qui concerne la reproduction des textes á travers les âges, il faut citer le cas du manuscrit d'Isaie retrouvé á Qumran près de la Mer Morte, datant de plus de mille ans, et qui montre que la retranscription n'a pratiquement pas donné lieu á des modifications. Enfin, pour le second testament, même si le texte a été traduit dans plusieurs langues, on a toujours conservé l'original en grec.

L'historien a en tous les cas peu de matériel pour émettre un jugement dans un sens ou dans l'autre sur le contenu de beaucoup de récits bibliques.

Une foi issue du judaïsme


Le christianisme voit en Jésus le Messie annoncé dans les Écritures. Pour la plupart des confessions chrétiennes, Dieu lui-même s'incarne et devient le libérateur de son peuple Israël, et plus généralement de toute l'humanité, c'est-à-dire de chaque créature humaine. La ligne de partage entre les chrétiens et les juifs passe par la reconnaissance ou non du Messie en la personne de Jésus-Christ. Cette divergence de vue, qui relève d'abord de la foi, peut trouver à s'alimenter dans des interprétations différentes de divers passages de l'Ancien Testament ou Tanakh. Il est important de remarquer que, pour les Évangiles, Jésus « n'est pas venu abolir, mais accomplir » les Écritures. Autrement dit, dans la perspective catholique depuis Vatican II, la première Alliance reste valable ; auparavant, à la suite de Justin Martyr, on parlait plutôt d'ancienne alliance. Certaines dénominations protestantes envisagent encore la nécessité de convertir les juifs.

Le christianisme a repris, de façon plus ou moins importante selon ses courants, plusieurs éléments présents dans le judaïsme de la période suivant la destruction du second Temple, tels que :

  • l'adaptation de la forme du culte synagogal aux églises de paroisses, (le culte synagogal était déjà présent en Galilée) ;
  • l'utilisation de l'ensemble des textes bibliques, au premier rang desquels les psaumes juifs, issus du livre des Louanges ; ces textes peuvent être lus sur des cycles variables, pouvant atteindre jusqu'à trois ans pour l'Église catholique ;
  • un sacerdoce ;
  • un calendrier religieux, partiellement mobile, dans lequel certains événements notables ou certains points de Foi donnent lieu à des célébrations annuelles ;
  • l'utilisation de chants et d'hymnes dans la prière ;
  • dans les célébrations et les réunions communautaires, l'utilisation de certains mots venant de l'hébreu biblique (par exemple : Amen, Hosanna, Alléluia).

Livres saints


Les chrétiens, initialement juifs, reprirent les écrits canoniques de cette religion, en utilisant probablement la traduction grecque dite des septante. Le canon de l'Ancien Testament, fermé en réaction aux hérésies des premiers siècles, s'est élaboré peu à peu et varie entre les différents courants (catholicisme, protestantisme, ...). Ils y adjoignirent très vite les livres dits du Nouveau Testament en relation avec la vie et la tradition de Jésus. Le christianisme se développa également à partir d'un milieu juif hellénisé et l'évolution de la doctrine montre une notable influence de Plotin, philosophe néo-platonicien, ainsi que de Philon, exégète et philosophe juif.

En 2001, Daniel Boyarin, professeur d'Études talmudiques à l'université de Berkeley (Californie) et grand admirateur de Paul de Tarse écrit :

« Judaïsmes et christianismes premier siècle demeurèrent entremêlés bien au-delà de la première partie du second siècle et ce jusqu'à ce que le judaïsme rabbinique, dans sa tentative nativiste de se couper de sa propre histoire avec la théologie du logos chrétien, se mit à s'imaginer lui-même comme une communauté pure de tout hellénisme. »

Articles connexes: Canon (Bible) pour un détail sur les différents canons chrétiens et leur formation.

Extensions : Les chrétiens


  • Le mormonisme né du Rétablissement initié en 1820

Voir aussi


Liens externes


Portails chrétiens

Liens concernant les hypothèses historiques sur l'origine du christianisme

Autres liens historiques

Liens concernant l'apologétique

Bibliographie


  • C.S. Lewis, Les fondements du Christianisme, ISBN 2850313114
  • Ernest Renan, La vie de Jésus, Schoenhofs Foreign Books, 1974
  • Étienne Nodet et Justin Taylor, Essai sur les origines du Christianisme, Éditions du Cerf, Paris, 2002
  • Jean-Pierre Lémonon, sous la direction de Philippe Abadie, Le Judaïsme à l'aube de l'ère chrétienne, XVIII Congrès de l'ACFEB, Paris, Éditions du Cerf, « Lectio Divina, 186 », 2001, 412 p.
  • François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien (30-135), Paris, Éditions du Cerf, « Initiations », 2001, 588 p.
  • sous la direction de S.-C. Mimouni, Actes du Colloque de Jérusalem, 6-10 juillet 1998 - Le Judéo-christianisme dans tous ses états, Paris, Éditions du Cerf, 2001, 462 p.
  • Jaroslav Pelikan À qui appartient la Bible ? Le livre des livres à travers les âges, La Table Ronde, coll. Religions, octobre 2005.
  • fr:Christianisme, article de Diderot sur Wikisource

Christianisme | Jésus de Nazareth

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