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Le chindogu 珍道具 est l'art japonais d'inventer des objets "utiles mais inutilisables"!

Objets utiles puisqu'ils répondent à des petits problèmes quotidiens de la vie moderne mais qui se révèlent dans la pratique inutilisables du fait des nouvelles contraintes qu'ils génèrent ou du riducule même qu'ils entraînent.

Des exemples de chindogu sont :

  1. La fourchette avec moteur intégré pour enrouler les spaghettis (qui provoque des éclaboussures s'il y a trop de sauce),
  2. Les mini-parapluies pour chaussures
  3. Ou encore la barre pratique "Ctrl-Alt-Suppr" qui permet d'appuyer sur les trois touches fatidiques d'un clavier d'une seule main !

La traduction littérale est "étrange (珍, 'chin') objet (道具, 'dōgu')" : objet étrange, insolite.

Genèse


Le chindogu est en fait un art assez récent : Le mouvement débute dans les années 1980. Son créateur et fervent défenseur est Kenji Kawakami, un ingénieur japonais. Bien qu'ayant deposé plusieurs brevets, il revendique l'idée d'inventer ou d'innover sans que cela soit dans un but commercial ou utilitaire. Il dénonce ainsi "le consumerisme" et "l'utilitarisme" omniprésents du monde moderne.

Une association comptant plus de 10 000 membres de pars le monde existe : l'International Chindogu Society.

Livres


Kenji Kawakami a écrit, sous la direction de Dan Papia, plusieurs livres sur le sujet dont:

  • 101 Unuseless Japanese Inventions (1995) , ISBN 0-393-31369-7
Ce livre a été vendu à plus 200 000 exemplaires au Japon et traduit dans plusieurs langues (version française disponible: ISBN 2869677472)

  • Et sa suite: 99 More Unuseless Japanese Inventions: The Art of Chindogu (1997), ISBN 0-393-31743-9

  • Ainsi que: The Big Bento Box Of Unuseless Japanese Inventions: The Art of Chindogu (avril 2005), ISBN 0-393-32676-4

Les 10 principes du chindogu


L’International Chindogu Society a énoncé dix grands principes à respecter et à suivre, et qui caractérisent un chindogu. Ils sont disponibles en anglais sur la page web de l’association (Les dix principes du chindogu)

En voici une traduction :

  • 1. Un chindogu ne doit pas être conçu pour un véritable usage
Il est fondamental que les inventions réclamant le statut "chindogu" soient, d'un point de vue pratique, (presque) totalement inutilisable. Si vous inventez une chose pratique et utile que vous utiliser constamment, alors il s'agit d'un chindogu raté ! (Tournez vous plutôt vers le bureau de dépôt de brevet.)

  • 2. Un chindogu doit exister
Même si on ne doit pas l'utiliser réellement, le chindogu doit physiquement exister. Il faut pouvoir le tenir de sa main et se dire : " Je peux imaginer quelqu'un en train d'utiliser ça". Avant d'être inutile, le chindogu doit être !

  • 3. Chaque chindogu doit véhiculer l'idée d'une certaine anarchie
Les chindogus sont des objets créés par l'homme mais qui se sont affranchis du concept d'utilité. Ils représentent la liberté de penser et d'agir; la liberté de défier l'ancienne et suffocante dominance de l'utile; la liberté d'être (presque) inutile.

  • 4. Les chindogus sont conçus pour la vie quotidienne
Le chindogu est une forme de communication non verbale. Il doit être compris par tout le monde, et partout. Les inventions extrêmement spécifiques ou techniques ne sont pas classables comme chindogu. Par exemple, un triple pignon permettant de déserrer le cerclage d'un tuyau en se positionnant au centre de la console de dessous d'evier (dont l'inutilité ne peut être appréciée que par un plombier experimenté) ne peut être pris en compte.

  • 5. Les chindogus ne sont pas vendus
Les chindogus ne sont pas faits pour être vendus ou achetés. Si vous acceptez de l'argent contre un chindogu, vous entachez votre intégrité. Ils ne doivent même pas être vendus comme "farce" ou "blague".

  • 6. L'humour ne doit pas être la seule motivation de création un chindogu
La création d'un chindogu est à la base une activité de "résolution de problème". L'humour est simplement le co-produit de la découverte d'une solution élaborée et/ou non conventionnelle à un problème qui n'était pas nécessairement contraignant.

  • 7. Le chindogu n'est pas de la propagande.
Un chindogu est innocent. Il est fait pour être utilisé, même s'il ne le sera pas. Il ne doit pas être créé comme un commentaire pervers ou ironique de la condition humaine.

  • 8. Un chindogu ne peut être tabou
The international chindogu society a défini un certain standard de décence sociale. Les sous-entendus sexuels de bas étages, l'humour de nature vulgaire, les blagues tordues ou cruelles qui porteraient atteinte à toute créature vivante sont inacceptables et donc interdits.

  • 9. Un chindogu ne peut être breveté
Les chindogus sont offerts au monde entier. Ils ne sont donc pas des idées pouvant être protégées, placées sous copyright, brevetées, collectionnées ou possédées. Comme le disent les espagnols : « Mi chindogu, es tu chindogu ».

  • 10. Un chindogu ne doit causer aucun préjudice
Un chindogu ne doit jamais favoriser une ethnie, une race ou une religion. Que l’on soit jeune ou vieux, homme ou femme, riche ou pauvre, chacun doit avoir la même possibilité d’apprécier un chindogu.

Liens:


[(http://www.japaninc.com/article.php?articleID=762&page=1 ) (Interview de Kenji Kawakami datant d'avril 2002)]

(English : Exemples de chindogu (avec photos)) (Français : Exemples de chindogu (avec photos))

(Liens vers des brevets "absurdes" et des sites de chindogu)

Chindōgu | Chindōgu

 

This article is licensed under the GNU Free Documentation License. It uses material from the "Chindogu".

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