La vénerie, ou chasse à courre, est un mode de chasse ancestral qui consiste à poursuivre un animal sauvage (traditionnellement cerf, sanglier, renard ou lièvre) avec une meute de chiens, jusqu'à sa prise éventuelle. Seuls les chiens chassent grâce à leur odorat et leur instinct naturel de prédateur, l'homme n'étant là que pour les assister. On chasse à courre en France le cerf, le chevreuil, le sanglier, le renard, le lièvre et le lapin. La chasse à courre est aussi pratiquée aux États-Unis, au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Irlande, et en Angleterre.
On parle de grande vénerie pour une "meute" chassant les grands animaux comme le cerf, le daim, le chevreuil, le sanglier ou le loup. La petite vénerie désigne une meute chassant le lièvre, le renard, le lapin, ou le blaireau.
Le terme d'équipage désigne l'entité disposant d'un territoire de chasse et composée d'une meute de chiens et d'un certain nombre de veneurs.
L'animal poursuivi utilise différentes tactiques pour échapper à ses poursuivants. Elles sont regroupées sous le terme de ruses et elles sont catégorisées :
Si l'animal traqué est pris, les veneurs sonnent l'hallali qui annonce la mort. L'animal, selon sa nature est soit pris par les chiens, soit servis par un homme armé d'une dague. S'en suit la curée, au cours de laquelle la chasse est retracée.
Depuis une vingtaine d'année la vénerie française s'est fortement développée ; avec près de 400 équipages, 17 000 chiens et près de 100 000 suiveurs et veneurs, elle est présente dans 69 départements. La France offre en effet des conditions très favorables à l'exercice de la vénerie : la densité des espaces boisés est plus élevée que partout ailleurs en Europe et notre climat tempéré fournit des conditions propres à ce mode de chasse où tout repose sur le travail des chiens. On pratique ce mode de chasse sur tous les continents dans une vingtaine de pays à travers le monde.
Le nombre des membres d'équipages appelés « boutons » et autres pratiquants, est de l'ordre de 10 000, le nombre de sympathisants en vélo, à pied, ou en voiture est 10 fois plus élevé : 30 000 « suiveurs » assidus et 70 000 suiveurs occasionnels, aux périodes de vacances notamment. Le public est accueilli gratuitement - depuis le rapport jusqu'à la curée. Et il est de plus en plus nombreux.
Jadis apanage de l'aristocratie et d'une toute petite minorité, la vénerie s'est ouverte au sur un public beaucoup plus vaste. Une majorité des équipages sont aujourd'hui constitués en associations, dont les membres paient une cotisation à l'image des sociétaires de clubs sportifs. Ces cotisations sont d'un ordre de grandeur comparable aux actions des sociétés de chasse à tir et aux dépenses consacrées à leurs loisirs, de toutes natures par la plupart des français (de 762 à 2 287 euros).
Les équipages accueillent tous les suiveurs, puisque suivre une chasse est gratuit. Elle ne devient payante que pour les boutons ou sociétaires. La seule requête valable pour tous est celle de la courtoisie envers tous, veneurs ou non, suivant la chasse ou se promenant en forêt.
On peut suivre une chasse à courre à pied, à vélo, à cheval ou en voiture. D'autre part, l'usage d'armes à feu y est proscrit (sauf par mesure de sécurité dans de rares cas extrêmes).
Mais aussi quelques :
La vénerie entretient un ensemble de traditions qui constituent un aspect original de notre culture nationale. La connaissance des animaux, la science du chien, s'apprennent sur le terrain au prix d'une longue expérience et se transmettent de génération en génération. Elles représentent une forme de savoir cynégétique remarquable.
La vénerie utilise un langage qui lui est propre, à la fois utile et imagé, qui n'a pas varié depuis des siècles. De nombreuses expressions sont fréquemment utilisées dans le langage courant : donner le change, sonner l'hallali, marcher sur les brisées, être aux abois etc.
Elle n'a jamais cessé, depuis qu'elle existe, d'inspirer les artistes. Ceux d'antan lui ont consacré des œuvres majeures qu'on peut voir dans de très nombreux musées. Aujourd'hui, de nombreux peintres animaliers s'intéressent à la vénerie grâce à trois grands musées (Senlis, Gien, Montpoupon) de nombreuses expositions sont organisées. Le succès des fêtes de la chasse animées par les équipages de vénerie démontre l'attachement du public à ce patrimoine culturel : elles accueillent au total plus d'un 1 million de visiteurs par an.
Au sein d'une meute composée de 20 à 100 chiens, Les soins apportés aux chiens vont bien au-delà de la nourriture ; il s'agit de vivre quotidiennement au milieu d'eux et de créer une réelle intimité et complicité entre le veneur et ses chiens. La reproduction représente un élément fondamental et c'est l'occasion pour le passionné de réfléchir au meilleur croisement, de rêver au chien idéal.
Les qualités recherchées sont la finesse de nez, l'intelligence de la chasse, l'ossature, la vitesse, la résistance et la gorge (aboiement).
Il faut noter qu'à la chasse à courre, les chiens crient et n'aboient pas. On utilise le verbe aboyer que lors de l'hallali sur pied, lorsque l'animal tient tête à la meute. Les principales races de chiens courants sont:
Le cheval de chasse est particulier, devant être robuste, calme et endurant. Il est soumis parfois à rudes épreuves, devant supporter la distance, jusqu'à 50km, le climat et le relief.
Pour Hubert Parot, cavalier de renommée mondiale, médaillé d'or olympique et veneur, le cheval de chasse est un athlète, au même titre que celui de concours ou celui de course. " Son travail est dur et nécessite des soins attentifs : A l'entraînement, le cheval doit sortir tous les jours, au moins 5 à 6 km. Il n'est pas nécessaire que cet exercice soit soutenu, une promenade au pas ou quelques heures au paddock suffisent. Pendant la chasse, il faut savoir régler l'allure du cheval, savoir l'équilibrer et éviter de le mettre hors de son souffle. Il ne faut jamais être "à fond", au contraire, en le retenant suffisamment il trouvera de lui-même son rythme et sa cadence. Le bon cavalier trouvera une occasion pour faire uriner son cheval au milieu de la journée; il retrouvera ainsi de la vigueur. Le soir de chasse, le cheval doit être douché à l'eau chaude et séché aussitôt. On lui mettra une couverture pour qu'il ait chaud toute la nuit. C'est aussi l'occasion d'observer minutieusement son cheval et soigner la moindre de ses petites atteintes. Veneurs oui , mais cavaliers aussi!"
L'action de chasse est accompagnée de sonneries de trompe (fanfares) qui permettent aux veneurs de communiquer entre eux et avec les chiens.
La vénerie française a aussi engendré un instrument de musique : la trompe de chasse, qui est spécifiquement française. La pratique de la trompe est maintenue par tous les veneurs, dont elle est l'instrument de communication à la chasse, mais aussi par des artistes qui savent la porter à la perfection. La trompe de chasse (différente du cor de chasse) est indissociable de la vénerie. Elle lui doit son origine, sa signification et son développement. Les premières fanfares de chasse remontent à 1723 où le marquis de Dampierre écrivit les premières des 3 000 fanfares qui constituent aujourd'hui un patrimoine musical exceptionnel.(d'après le recueil de fanfares de chasse de la Fédération Internationale des Trompes de France, Philidor l'Aîné avait publié la "retraite prise" en 1705 et "La Sourcillade" devenue "la vue" en 1707/09).
Les veneurs sonnent des fanfares "de circonstance" pour faire connaître les péripéties de la chasse dont ils sont témoins. Ainsi, le "bien-aller" indique que les chiens chassent "en bonne voie", le "débucher" que la meute est en plaine et se dirige vers un autre massif forestier, le "bat-l'eau" que l'animal de chasse est dans un étang ou une rivière, la "vue" que l'animal de chasse est vu par le sonneur.
Au cours de la "curée", cérémonie destinée à rendre hommage à l'animal de chasse et à récompenser les chiens, on sonne à nouveau les fanfares sonnées au cours de la chasse de manière à en rappeler les épisodes. Puis, pendant que les chiens "font curée", on sonne d'autres fanfares dédiées aux veneurs présents.
Au Moyen Âge, on appelait trompeors les sonneurs de trompe ou de trompette, qui furent baptisés par la suite trompeurs en France et trompetters en Belgique. Le cor a servi au Moyen Âge à corner guerre comme corner menée à la chasse ; dans le château on cornait le jour, l’eau, l’assiette, etc.
Les cors monotones variaient les sons avec des mots courts et des mots longs, et ceux qui avaient plusieurs notes sonnaient du grêle ou du gros ton. En 1730, le marquis de Dampierre disait indifféremment cor ou trompe, et cela changea seulement avec d’Yauville qui n’employa plus que l’expression trompe pour désigner la trompe de Lebrun, modèle 1729, aujourd’hui la Dampierre.
La même longueur de tube fut roulée à trois tours et demi vers 1818 et reçut le nom de trompe d’Orléans, à la suite d’une commande de quarante trompes faite par le fils de Louis-Philippe. Ce modèle fut exécuté par Raoulx et son successeur. Notons cependant que son pavillon a été perfectionné par un ouvrier nommé Périnet, qui a découvert par des essais successifs quel était le modèle le plus favorable à l’émission du son (1855).
| Nom | Longueur | Enroulement |
|---|---|---|
| La Dampierre (1729) | 4,545 m | 1 tour et demi |
| La Dauphine | 4,545 m | 2 tours et demi |
| La d'Orléans (1818) | 4,545 m | 3 tours et demi |
Dans les années 1980, en France, nombreux sont ceux qui auraient voulu voir interdire la chasse à courre. Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot ont alors décidé d'aller y regarder de plus près. D'où une enquête de terrain qui a duré plus de trois ans et dont ce livre est issu. Première surprise : la chasse à courre est une tradition bien vivante et même en pleine expansion. Autre surprise : la vénerie se pratique plus souvent à pied qu'à cheval... Troisième surprise : la diversité sociale, puisque ce sont à la fois des ducs, des grands bourgeois, des banquiers, des facteurs, des cantonniers qui, le temps d'une chasse, se retrouvent au coeur de la forêt pour partager leur passion. Et si la chasse à courre était une métaphore du monde social ? Chercheurs au CNRS, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot travaillent au Centre de sociologie urbaine à l'Institut de recherche sur les sociétés contemporaines. Ils sont notamment les auteurs de Grandes Fortunes.
Ces arguments de fond résument assez bien l'opposition entre partisans et opposants de la chasse à courre. Mais ils peuvent être étoffés par :
Fuchsjagd | Fox hunting | Foxo-chaso | フォックスハンティング | Rävjakt