Une munition d'arme à feu est constituée au minimum d'un explosif appelé charge et d'un projectile. Ce terme désigne souvent un ensemble destiné à charger une arme à feu.
Les premières armes à feu tiraient de simple cailloux, puis rapidement des balles sphériques en plomb. La poudre était chargée séparément par la gueule. Jusqu'au siècle, il était nécessaire de calepiner les balles, c'est-à-dire de les enrouler dans un morceau de coton, de tissu ou de papier graissé afin d'assurer le meilleur rendement possible du tir en ajustant mieux le projectile au canon afin d'y réduire les interstices par lesquels les gaz s'échappent au lieu de pousser la balle.
Avec l'apparition des poudres sans fumée ni résidu et des capsules s'enflammant à la percussion, les munitions ont gagné en facilité d'usage et en fiabilité. L'étui (arme) est un réceptacle muni d'une capsule à sa base et rempli d'une charge tandis que la balle, ayant pris différentes formes d'ogive, est enchâssée à l'autre extrémité. L'ensemble nommé cartouche est étanche et offre une facilité de chargement qui a ouvert la voie à toute une série de systèmes automatiques de chargement de l'arme, améliorant ainsi sa puissance de feu.
Les cartouches modernes présentent des calibres de plus en plus petits avec des balles plus légères mais aussi beaucoup plus rapides.
Les munitions sont généralement désignées par un chiffre correspondant quasi toujours au calibre (au moins approximatif) du projectile suivi d'un nom propre. Un second système de notation plus rigoureux exprime le calibre et la longueur de l'étui, plus éventuellement quelques lettres établissant diverses caractéristiques.
Les chapitres suivant expliquent pourquoi les munitions modernes ont tendance à être d'un calibre inférieur, plus légères et rapides que les munitions plus anciennes.
L'énergie d'un projectile en mouvement correspond à son énergie cinétique et augmente sa portée et son efficacité. La formule en mécanique classique est :
Notons que l'énergie cinétique au moment de l'impact dépend de l'énergie qui lui est donnée au moment du tir, et de l'énergie perdue par le frottement de l'air. L'énergie donnée au moment du tir dépend de la charge explosive et du frottement dans le canon (donc de sa longueur), mais pas de la masse du projectile ; ainsi, pour une charge explosive donnée, un projectile plus lourd ira moins vite qu'un projectile léger, mais les deux auront la même énergie cinétique.
Le frottement de l'air dépend lui de la forme du projectile et de sa vitesse : plus un projectile est rapide, plus le frottement est important et donc plus il ralentit. L'inertie, donc la masse, du projectile s'oppose à ce freinage. Ainsi, pour une énergie cinétique intiale donnée, un projectile plus lourd sera moins sensible au freinage qu'un projectile léger, car moins rapide initialement (le frottement est donc moins important) et moins sensible au ralentissement (inertie plus grande).
Le recul d'une arme est une poussée inverse à celle de la balle, selon le principe d'action-réaction. Elle est fonction de la quantité de mouvement p développée par la balle soit :
À la quantité de mouvement de la balle partant dans un sens correspond, pour l'arme dont le coup est parti, une quantité de mouvement identique en sens contraire.
La gravité terrestre entraîne irrémédiablement le projectile vers le sol et la trajectoire d'un projectile prend nécessairement la forme d'une courbe. Les tirs à longue distance nécessitent de compenser cette chute en visant au-dessus de la cible. Plus la balle aura d'énergie, plus sa trajectoire semblera plate pour une distance donnée. Le vent devra être compensé de la même manière en décalant la ligne de visée sur le côté.
La plupart des armes à feu présentent un canon pourvu de rayures internes destinées à imprimer un mouvement de rotation à la balle pour améliorer la stabilité de sa trajectoire. La vitesse à la bouche d'une balle est très variable en fonction des munitions et de la longueur de canon des armes. Les munitions d'armes de poing sont relativement lentes, leurs vitesses ne dépassent guère celle du son soit environ 340 m/s. Les munitions d'armes d'épaule sont nettement plus rapides, entre 400 et 1 000 m/s. Un tir à longue distance implique également un décalage temporel entre le tir et l'arrivée du projectile qu'il peut être nécessaire de compenser.
Les balles entrant en contact avec des objets (pierre, arbre, mur, surface de l'eau) sont susceptibles de ricocher et de connaître d'important changements de trajectoires. C'est une source d'accident non négligeable.
Voir aussi Balistique et Trajectoire parabolique.
Les dégâts infligés par une arme à feu dépendent assez peu de l'arme elle-même, mais plutôt de la munition. Les blessures infligées sont essentiellement des plaies (perforation de la peau et des tissus sous-jacent), dont les conséquences dépendent essentiellement de la partie touchée et de la profondeur de pénétration.
La première conséquence est la douleur. Si un muscle ou un tendon est touché, cela va provoquer une impotence fonctionnelle (mouvement gêné ou impossible). Des vaisseaux sanguins seront probablement touchés, provoquant des hémorragies pouvant entraîner rapidement la mort. La destruction partielle ou totale d'organe peut provoquer une mort immédiate (cœur, cerveau) ou retardée (poumons et système respiratoire) ou des infirmités (paralysie ou troubles mentaux en cas d'atteinte du cerveau ou de la moelle épinière, troubles divers selon l'organe atteint, amputation). Comme toutes les plaies , elles présentent un risque d'infection.
La munition peut également provoquer un fracture osseuse.
Une autre conséquence de la pénétration de la munition est le « choc hydrostatique » : la percussion provoque une onde de choc (onde mécanique de pression) qui peut en elle-même provoquer des dégâts.
Le type de munition dépend du but recherché :
Voir ci-après Efficacité des munitions.
L'énergie cinétique augmentant en fonction du carré de la vitesse, alors que son influence sur la quantité de mouvement n'est pas supérieure à celle de la masse, il est généralement intéressant de la privilégier lors de la conception de la munition. Une balle légère et rapide offrira un meilleur rapport entre énergie et recul. À titre d'exemple, une 9mm Parabellum standard de 8 g et présentant une vitesse initiale de 350 m/s aura une énergie de 490 joules tout comme une .45 ACP standard de 14,95 g avec une vitesse de 258 m/s (494 joules). Mais le recul développé par les deux munitions est en revanche très dissemblable puisque la quantité de mouvement de la 9mm Parabellum est de 2,8 kgm/s contre 3,86 kgm/s pour la .45 ACP. En terme de rapport entre énergie conférée au projectile et recul, l'avantage est très nettement en faveur des balles légères et rapides.
De telles balles nécessitent néanmoins des poudres performantes donc de hautes pressions en chambre ainsi que des canons longs, ce qui explique qu'il ait fallu du temps avant de développer des balles rapides et que les munitions d'arme de poing restent relativement lentes. Le poids de la tradition joue néanmoins un rôle important en la matière puisque qu'une 9mm Parabellum THV (Très Haute Vitesse) a été développée par une entreprise française sans rencontrer un succès commercial significatif. Les armées se sont progressivement dotées de munitions légères et rapides à partir des années 1960 et on note également l'apparition de munitions rapides et légère dans des pistolets mitrailleurs récents correspondant au concept de PDW. L'un d'entre eux, le P90 s'accompagne même du Five-SeveN, un pistolet chambré pour ce même genre de munition.
Mais l'énergie et le recul ne suffisent pas à rendre compte de l'efficacité des munitions. La capacité de mise hors combat d'un humain, par exemple, est particulièrement difficile à établir car des tests empiriques sont exclus. Plusieurs notions émergent toutefois :
Balles perforantes : Elles présentent généralement une forme profilée (ogive) et sont composées d'une chemise classique en métal tendre (cuivre) et d'une ogive interne en métal très dur et très dense (tungstène, acier durci). Une pellicule de plomb peut être coulée entre la chemise et l'ogive interne afin de lubrifier lors de l'impact. Lorsque la balle touche une surface dure, le nez de l'ogive s'écrase sur la surface et créé une zone de contact. L'ogive interne beaucoup plus dure glisse sur l'intérieur de la chemise (a fortiori si du plomb fondu par la chaleur de la balle est présent entre l'ogive interne et la jupe), bien calée par la chemise écrasée, l'ogive interne s'enfonce droit dans la surface dure tandis que la chemise vide reste contre la paroi… L'ogive pointue aura tendance à glisser le long des obstacles plutôt que de les fracasser. Certaines balles sont même recouvertes de téflon pour faciliter leur pénétration. De telles balles perdent en puissance d'arrêt car n'expansent pas lors de l'impact. Une balle dont l'ogive est bien ronde aura en revanche tendance à conserver une trajectoire plus droite dans la cible et à briser les os si toutefois elle possède suffisamment d'énergie.
Balles à tête creuse ou molle, balles dum-dum : Ces balles sont conçues pour se déformer lors d'un impact sur un organisme vivant, donc « s'épanouir » ou « champignoner » afin d'augmenter leur efficacité. Les tissus vivants sont aqueux, or l'eau est (quasi) incompressible de sorte que ces balles molles sont déformées lors de l'impact, surtout si elles sont rapides, par la résistance rencontrée. Elles perdent en perforation mais augmentent les dommages causés à la cible par simple augmentation de leur surface frontale. Avant l'apparition de ce types de balles, certains entaillaient la tête de leur balle en forme de croix pour obtenir un effet équivalent ou encore l'éclatement de la balle en fragments dans la cible. Les balles dum-dum, produites dans l'arsenal du même nom près de Calcutta, furent les premières spécifiquement conçues pour obtenir cet effet. Ce type de balle est très répandu, dans le monde civil notamment, bien qu'elles furent interdites lors de la première conférence internationale de la paix de la Haye en 1899. Chevrotine et Glaser : Munitions composées de projectiles multiples. Les fusils de chasse à âme lisse l'utilisent pour augmenter la probabilité de toucher une petite cible en mouvement. La Glaser (marque commerciale) est une munition très spécifique utilisée dans les situations de prise d'otage. La balle contient un ensemble de projectiles qui s'égayent dans la cible à l'impact, occasionnant des dommages immédiats et considérables, notamment au système nerveux, destinés à interdire toute réaction de la cible. Les Glaser nécessitent un tir parfaitement localisé pour être efficaces, un impact à l'abdomen pourrait par exemple rester sans effet immédiat donc exposer un otage. Ces deux types de munitions sont très efficaces à courte portée mais présentent une capacité de perforation très faible.
Munitions militaires : Les munitions modernes utilisées par les armées (5,56 OTAN, 5,45 russe) présentent malgré leur faible diamètre des potentiels de destruction importants. Trois phénomènes concourent à cette efficacité. Là encore les données sont contestées, notamment parce qu'elles contreviennent parfois à des accords signés par les gouvernements qui les mettent en œuvre mais aussi parce qu'il est très difficile de faire la part entre la légende et la réalité dans un domaine aussi particulier.
Les abréviations présentées dans les tableaux ci-dessous correspondent aux balles suivantes :
- | Munition | masse de la balle | type de balle | vélocité | énergie | - |
2,6 g | LRN | 220 m/s | 68 J | - | .22WMR — 5,6 mm | 2,6 g | FMJ | 300 m/s | 117 J | - |
2,925 g | JHP | 245 m/s | 98 J | - | .30 Mauser (TT) — 7,62 mm - 7,63 Mauser | 6,18 g | FMJ | 430 m/s | 510 J | - |
3,9 g | JHP | 296 m/s | 170 J | - |
8,13 g | JHP | 442 m/s | 793 J | - | .357 Magnum — 9×33 mmR | 10,27 g | JHP | 377 m/s | 728 J | - | .357 Magnum — 9×33 mmR | 11,7 g | JHP | 332 m/s | 646 J | - | .357 SIG — 9 mm | 8,1 g | FMJ | 411 m/s | 684 J | - | .380 Auto — 9 mm court (9×17) | 5,85 g | JHP | 305 m/s | 272 J | - |
8,42 g | JHP | 390 m/s | 690 J | - | .38 special — 9 mm | 7,15 g | JHP | 288 m/s | 296 J | - | .38 special — 9 mm | 10,27 g | JHP+P | 275 m/s | 400 J | - | 9 mm Makarov (9×18 PM) | 6,18 g | FMJ | 315 m/s | 306 J | - | 9 mm Makarov Modifié (9×18 PMM) | 5,54 g | FMJ | 420 m/s | 490 J | - | 9mm Parabellum (9×19) | 5,72 g | JHP | 458 m/s | 598 J | - | 9 mm Parabellum (9×19) | 8 g | FMJ | 350 m/s | 490 J | - | 9 mm SP-10 (9×21 Russian) | 6,7 g | SJ ESC | 420 m/s | 590 J | - | .40SW — 10 mm | 10,08 g | JHP | 360 m/s | 651 J | - | .40SW — 10 mm | 11,7 g | FMJ | 306 m/s | 544 J | - | .400 Cor-Bon — 10 mm | 9,18 g | JHP | 396,5 m/s | 721 J | - | .400 Cor-Bon — 10 mm | 11,22 g | JHP | 381 m/s | 813 J | - | 10 mm Auto | 11,7 g | JHP | 360 m/s | 756 J | - |
11,7 g | JHP | 306 m/s | 544 J | - | .44 S&W special — 11 mm | 15,6 g | LSW | 242 m/s | 423 J | - | .44 Rem. magnum — 11 mm | 15,6 g | JSP | 419 m/s | 1 370 J | - | .44 Rem. magnum — 11 mm | 19,5 g | JHP | 383 m/s | 1 360 J | - |
12,03 g | FMJ | 235 m/s | 326 J | - | .45 ACP — 11,43 mm | 13 g | JHP | 297 m/s | 572 J | - | .45 ACP — 11,43 mm | 14,95 g | FMJ | 258 m/s | 494 J | - | .454 Casull | 19,5 g | JHP | 427 m/s | 1 776 J | - | .50 Action Express (.50AE) - 12,7 mm | 21,13 g | JHP | 427 m/s | 1 923 J | - | 500 S&W Magnum (500 S&W Mag) — (12,7 mm×41) (munition de stand Mag Tech) | 21,06g | FMC Flat | 549 m/s | 3 174 J |
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- | Munition | cartouche | masse de la balle | vitesse initiale | Energie | - | .223 Remington/5,56mm OTAN (USA) | 5,56×45 | 3,56 g (3,95 g SS109) | 1 005 m/s | 1 798 J | - | 5,45 mm M74 (URSS/Russie) | 5,45×39 | 3,25 g | 900 m/s | 1 316 J | - | 6,8 mm Remington SPC (USA) | 6,8×43 | 7,5 g | 850 m/s | 2 700 J | - | .30 US Carbine (USA) | 7,62×33 | 7,1 g | 605 m/s | 1 299 J | - | Kurzpatrone PP43/7,92x33 mm Kurz (Allemagne) | 7,92×33 | 6,95 g | 650 m/s | 1 468 J | - | 7,62 mm M43 (URSS/Russie) | 7,62×39 | 7,9 g | 710 m/s | 1 991 J | - |
7,7×56R | 11,4 g | 745 m/s | 3 164 j | - |
7,62×51 | 9,5 g | 780–840 m/s | 2 890–3 352 J | - | 7,5 mm GP11 (Suisse) | 7,5×55,5 | 11,3 g | 750–840 m/s | 3 178–3 987 J | - | 7,5 mm 1929C (France) | 7,5×54 | 9 g | 820 m/s | 3 206 J | - | 7,62mm M1908/30/ 7,62 mm Mosin-Nagant (URSS/Russie) | 7,62×54R | 9,6–11,8 g | 780–870 m/s | 2 920–4 466 J | - | 7,92 mm Mauser M03/05 (Allemagne) | 7,92×57 | 12,8 g | 750-880 m/s | 3 600–4 956 J | - | .30-06 Springfield (USA) | 7,62×63 | 9,7–10,5 g | 820–850 m/s | 3261–3793 J | - | 9 mm SP-5, SP-6, PAB-9 (URSS / Russie) | 9×39 | 16,2–17,3 g | 280–300 m/s | 660–780 J | - | .338 Lapua (USA/Finlande) | 8,58×71 | 16,2 g | 915 m/s | 6 780 J | - | .50 Browning (USA) | 12,7×99 | 46 g | 765–890 m/S | 13 460–18 218 J | - | 12,7 mm M30/38 (URSS/Russie) | 12,7×108 | 51 g | 830–860 m/s | 17 567–18 860 J | - | 14,5 mm M41/44 (URSS/Russie) | 14,5×114 | 63,4 g | 1 000 m/s | 31 700 J |
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Munition | Ammunition | Munición | תחמושת | Munizioni | Munitie | Ammunisjon | Amunicja | Ammunition
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