La Caraque ou nef est un grand navire, de la fin du Moyen Âge, caractérisé par sa coque arrondie et ses deux hauts châteaux avant et arrière. Elle fut l'un des premiers types de navires européens à pouvoir s'aventurer en haute mer. Les espagnols l'appelaient nao (navire) et les portugais nau, elle fut avec la caravelle, le navire des grands explorateurs de ces pays. Selon certaines sources, le mot caraque proviendrait de l'arabe karraka.
En Suisse romande, une (ou un) caraque désigne une petite pâtisserie composée d'une coque en pâte brisée (dont la forme est soit ronde soit vaguement celle d'un petit kayak), fourrée d'une pâte au chocolat et recouverte d'un sucre glace de couleur vert-pistache. L'origine de cet usage remonterait au XIXe siècle, lorsque le chocolatier Kohler utilisa le terme grand caraque pour désigner une sorte de chocolat de bonne qualité.
Origine et évolution
Elle dérive des
cogues qui servaient au commerce et la guerre, en
Mer du Nord et dans la
mer Baltique, en particulier dans les flottes de la
Hanse, depuis le environ. Lors des
croisades, certains cogues durent s'aventurer en
Méditerranée, et durent s'adapter par l'apport d'éléments traditionnels, de la construction navale de cette région bouleversa l'architecture des
cogues, donnant naissance à la caraque. Un des changement les plus importants, fut l'apparition de
mâts supplémentaires. On passa d'abord à deux, puis trois et enfin quatre mâts, celui arrière, dit d'artimon étant gréé avec une voile latine, qui était adaptée à la navigation dans cette mer resserrée, où l'on était souvent obligé de remonter au vent. Du cogue, elle gardait les voiles carrées, très efficaces en vent arrière et une robuste construction issue de son lointain ancêtre le
drakkar viking : une coque arrondie, dont le
bordage était fait à clin , c'est à dire que les planches se recouvraient partiellement pour se renforcer. L'augmentation du nombre de mâts et donc de la surface de voilure, permit une augmentation de la taille, et on atteint à la fin du des bateaux jaugeant pour certains, mille
tonneaux. Comme le cogue, elles servaient de façon assez indifférenciée, au commerce ou à la guerre, pour cette dernière activité, elles étaient donc pourvues de deux tours construites en bois directement sur le
pont qui permettait comme leur équivalent terrestre de surplomber l'adversaire, donnant l'avantage de la hauteur en particulier aux
archers. Ces tours devinrent rapidement de plus en plus hautes, pour conserver cet avantage, nuisant alors grandement à la stabilité du navire en l'alourdissant dans les hauts. Ce défaut fit qu'après l'apparition du
galion au , qui était beaucoup plus maniable, elle se spécialisa dans le transport et abandonna progressivement les activités guerrières. C'est cependant, sur ces navires qu'intervinrent les innovations qui allaient révolutionner la guerre sur mer, comme l'usage de l'
artillerie et le
sabord qui lui est associé, et ils représentèrent une bonne partie des flottes de guerre du , au delà du milieu du siècle. Les dernières caraques construites adoptèrent le bordage, dit à franc-bord, où les planches étaient jointives, mais renforcées de l'intérieur par les
membrures. La
flûte, plus adaptée pour le port de charge, finit par la supplanter pour le commerce au .
Caraques célèbres
Caraque | Type de bateau
Karacke | Carrack | Carraca (navío) | Kraak (schip) | Karaka | Nau