La capitale (du latin capitalis, « qui concerne la tête ») est, en typographie, la casse à utiliser pour composer en « grandes lettres » dans les écritures bicamérales. Ainsi, l'œil (tracé apparent du caractère) B est la capitale de b dans l'alphabet latin, de β dans l'alphabet grec et de в dans l'alphabet cyrillique. Le tracé des capitales, que l'on oppose aux minuscules, diffère très souvent non pas seulement par le format mais aussi par l'œil.
On appelle de tels caractères lettres capitales car ils se trouvent en haut de la casse, c'est-à-dire la tête. Par opposition, les minuscules, situées dans le bas de la casse, sont aussi appelées lettre en bas-de-casse ou tout simplement bas-de-casse. Il existe en outre de petites capitales :
La majuscule (du latin majuscula, « un peu plus grande »), quant à elle, est un caractère situé au début de certains mots. Chaque langue en fixe l'usage. Le plus souvent, mais pas exclusivement, les majuscules sont représentées par des capitales (d'où la confusion).
Capitales et majuscules se distinguent par leur fonction :
Les règles d'utilisation des majuscules varient d'une langue à l'autre. Chaque langue utilisant une écriture bicamérale possède ses propres règles concernant l'emploi des majuscules : en français, par exemple, on n'écrit pas les noms de langues avec une majuscule ; c'est pourtant le cas en anglais. En allemand, tous les noms, communs ou propres, prennent une majuscule. Certains digrammes, quand ils doivent être en majuscule capitale, sont notables : en français, la ligature Oedipe est incorrecte ; le digramme capital s'écrit en effet Œ : Œdipe. En néerlandais, le digramme lié ij s'écrit IJ en majuscule capitale : IJsselmeer et non Ijsselmeer.
« Écrivez en majuscules », à cet égard, n'a aucun sens en typographie. C'est pourtant une expression courante, de même que « majuscule initiale », expression intrinsèquement redondante. La confusion entre ces deux termes est tellement fréquente, même dans des ouvrages didactiques comme une encyclopédie, qu'il serait vain de vouloir la corriger à tout prix : de fait, la distinction entre les deux mots appartient surtout au jargon de la typographie.
Noter qu’historiquement certaines minuscules françaises avaient aussi plus que les trois casses encore utilisées aujourd'hui (la "bas-de-casse" communément mais improprement appelée "minuscule" en milieu et fin de phrase, la casse "capitale" qui est un concept différent de la "majuscule" trop souvent employé à tord, et la casse "petite capitale") avec des casses supplémentaires suivant la position dans le mot ou la phrase (cas du s, ou du z qui distingait aussi les casses "médiales" et "finales" parmi les "bas-de-casse", et du i ou du u avant qu'ils soient dissociés orthographiquement des nouvelles lettres j et v).
Les majuscules par contre n'existent généralement qu'en une seule casse aujourd'hui (la "capitale"), mais la "grande capitale" (souvent appelée "lettrine" quand elle est décorative et enjambe plusieurs lignes) existe encore parfois aussi en début de paragraphe (mais uniquement aujourd'hui de façon décorative), alors qu'avant la distinction avait valeur de ponctuation permettant de savoir si la phrase continue le paragraphe précédent ou débute une nouveau paragraphe. Les différentes casses ne sont pas une propriété intrinisèques du mot, au contraire de la distinction très stricte en français entre minuscule et majuscule.
La confusion entre majuscule/minuscule (propriété invariante et intrinsèque de composition des mots) et haut-de-casse/bas-de-casse (propriété mutable des caractères écrits, dans les limites des règles ortho-grammaticales) est courante puisque sur un clavier usuel (ainsi que dans le codage des caractères d’un texte, même avec Unicode), on ne saisit QUE la distinction entre deux des casses possibles (les autres casses étant obtenues par des fonctions de mise en forme des traitements de texte et non codées dans le texte lui-même), mais jamais la distinction (pourtant sémantique et fondamentale) entre majuscules et minuscules qui composent les mots (et on des touches improprement appelées majuscule ou verrouillage majuscule alors que ce sont exactement des touches haut-de-casse et verrouillage haut-de-casse) !!!
Mais les dictionnaires et encyclopédies, eux, font cette distinction (notamment car cela permet de repérer le bon usage orthographique des différentes casses autorisées et interdites).
C’est pourquoi lors de la composition de textes, il faut encore plus redoubler d’attention (notamment dans tout ouvrage à caractère encyclopédique ou dans un dictionnaire) sur le bon emploi des hauts-de-casse (capitales, grandes capitales, lettrines) d’une part, et des bas-de-casse ou petites capitales d’autre part, notamment car cela permet de déterminer (au moins partiellement) la nature intrinsèque des mots composés de minuscules et majuscules invariables, et de repérer les mutations orthographiques, grammaticales et morphologiques et phonétiques autorisées par la langue.
L’article reste nécessaire comme partie du titre, mais sa place ou sa forme (contracté ou non) n’est pas imposée car il est non signifiant au premier niveau seul étant conservé sa sémantique distingant les déterminations définie/indéfinie (et encore pas toujours). Exemples :
Les titre d’œuvres suivent aussi la même logique française, car en tant que tels ce sont des noms propres, même s’ils sont composés de mots communs et propres (Hormis l’article initial non signifiant, tout le reste du titre est invariable).
Les règles sont bien établies dans les ouvrages de référence et notamment les dictionnaires et encyclopédies (même si ailleurs on prend moins soin de la typographie). Wikipédia devrait employer les conventions typographiques des encyclopédies puisque ces conventions sont établies et même normalisées : il y a de nombreux textes légaux et reconnus par des normes internationales (notamment des normes ISO, appliquées en France par des normes AFNOR, au Canada par des normes CSA, etc.) concernant par exemple les références bibliographiques, la toponymie, les noms de personnes et les transcriptions aux fins de références.
Et la confusion est loin de se terminer, au vue de l’inventivité des typographes qui sont parvenus aussi à créer et utiliser la casse "grandes minuscules" comme casse additionnelle pour transcrire des mots composés avec des... majuscules, ou encore utilise la casse petite capitale (qui normalement transcrivent des lettres minuscules) au lieu et place de la casse capitale, pour transcrire en caractères des mots composés avec des majuscules. (voir l’exemple ci-dessous des titres de reliures de certains livres).
On peut dire que le prénom et le nom de l'auteur sont écrits en minuscules ; leur première lettre, cependant, est bien une majuscule : seulement, elle n'est pas en capitale. D'autre part, bien que le nom de l'éditeur soit en capitales, on sait que le E de EDITIONS ainsi que le M de MINUIT sont aussi des majuscules.
L'utilisation systématique des capitales est aggressive et contraire à la netiquette. Voir AOLamer et Kikoololeur.
Norme | Imprimerie | Typographie | Alphabet
Majuskel | Majúscula | Majuskule | Majuskel | Majuskel | Capital letters | Majusklo | Mayúscula | Maiúscula | Verzal | 大文字 | Kapitaal (hoofdletter) | Majuskel | Majuskuła | Majuskel | Маюскул | 大寫字母
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"Capitale et majuscule".
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