En héraldique, le blasonnement, dans son sens le plus fréquent, est l'action de lire (décrire), voire déchiffrer les blasons.
Cette lecture s'exécute selon un ordre très rigoureux, qui en principe fait qu'à un blason donné il correspond un texte, et un seul.
La pratique confirme assez bien ce principe.
Dans son sens plus étendu, le blasonnement décrit l'ensemble des armoiries. Dans ce cas, hormis l'écu obligatoirement premier décrit, l'ordre de citation est plus flou.
Si l'écu accompagné de ses ornements, est la représentation graphique des armoiries, le blasonnement en est sa représentation verbale.
Né de la pratique des tournois, des hérauts (qui donneront leur nom à l'héraldique) et de la nécessité de constituer de véritables annuaires (les armoriaux) à double fonction de recueil d'identités et de dépôt d'exclusivité, à une époque où l'illustration, surtout en couleur est une entreprise de longue haleine, le blasonnement se développe en véritable langue, avec vocabulaire et syntaxe, étonnant de rigueur et de précision, permettant de décrire rapidement et sans ambiguïté les blasons les plus complexes.
L'identité héraldique, s'étant longtemps limitée aux éléments portés par l'écu, le blasonnement se contente souvent de ne décrire que celui-ci. Les ornements n'ont pris de l'importance que tardivement, et le blasonnement complet se doit de les intégrer.
Chaque élément de la composition peut recevoir un champ différent, sans être contraint par la deuxième règle du blason.
Pour blasonner des armes composées, on énonce d'abord la partition, puis les armoiries élémentaires se blasonnent les unes après les autres, dans l'ordre de la partition, en les faisant précéder de leur rang (au premier… au deuxième…). On aura ainsi un blason «Parti, au premier d'argent à un tourteau de gueules, au deuxième d'or à une fasce d'azur».
Les armes alternées se blasonnent en énonçant la partition, puis les deux émaux qui alternent, en commençant par celui qui est à la dextre du chef (et en cas d'égalité, au chef de la dextre du chef) : «Écartelé de gueules et d'argent». Alternativement, pour mieux marquer leur spécificité géométrique, on peut énoncer d'abord les deux émaux qui alternent, puis la partition qui les fait alterner «De gueules et d'argent, gironné».
Pour blasonner des armes simples, on énonce d'abord le champ, puis les figures : «D'or à une fleur de lys de gueules».
Il faut décrire complètement une figure (pièce ou meuble), avec son fond d'émail, ses modifications et les pièces qui la chargent, avant de passer à la figure suivante.
On décrit en premier les figures principales, puis les figures secondaires éventuelles qui l'accompagnent.
Ces tableaux se blasonnent comme des ornements extérieurs, comparer Ajaccio qui porte «d'azur à une colonne sommée d'une couronne d'argent, accostée et supportée par deux lions affrontés d'or, le tout posé sur une terrasse de sinople» avec «d'azur à une colonne d'argent, l'écu étant sommé d'une couronne d'argent, accostée et supportée par deux lions affrontés d'or, le tout posé sur une terrasse de sinople».
La composition du tableau peut être paysagiste, comme les armes coloniales attribues à Alger, qui figurent une plage côtière entre champ et mer : «tiercé en barre, au premier d'azur à une nef contournée d'argent, au deuxième d'or au lion contourné d'argent, au troisième de sinople à une gerbe d'or».
La description de l'écu se fait en commençant par le fond et ses partitions éventuelles, puis par couches successives, du fond vers le spectateur. Il faut se fonder sur ce qui cache quoi, ou sur ce qui doit être dessiné en premier pour dimensionner le reste, pour déterminer l'ordre de l'énoncé.
Sur un même niveau, la description énonce d'abord la figure principale (pièce honorable, meuble noble,…), puis les figures secondaires éventuelles qui s'ordonnent par rapport à celle-ci.
À titre accessoire, le blason décrit ensuite, dans le même langage, les ornements extérieurs (casque, couronne, lambrequin, colliers, supports, tenants, etc.).
La description d'armes simples et suffisamment connues peut se faire soit en blasonnant les armes, soit en nommant le titre correspondant à ces armes. Par exemple, tous les blasons des bonnes villes "au chef d'azur à trois fleurs de lys d'or" peuvent être blasonnés "au chef de France", qui est équivalent. Cependant, la description du blason par son titulaire ne doit pas être employée quand il y a un risque qu'elle soit ambigüe. Dans le doute, il est préférable de blasonner de manière complète "au chef d'azur à trois fleurs de lys d'or, qui est de France", donnant à la fois la description et sa signification.
Les ornements extérieurs (coiffures, collier et cordelières, tenants et terrasse, manteaux, drapeaux, armes, bâtons, sceptres et mains de justice, clefs, crosses, devise, etc.) entourent l'écu proprement dit pour former les armoiries complètes, et précisent généralement les attributs du titulaire (son rang, sa fonction…).
Ces ornements extérieurs peuvent être très variés, et le langage qui permet leur description doit plus chercher à être efficace qu'à préserver un style héraldique qui y serait souvent artificiel. Dans des armoiries entourées de drapeaux, il est théoriquement possible de blasonner chaque drapeau, mais cet exercice serait d'autant plus artificiel que le drapeau est connu : il est beaucoup plus clair et simple d'indiquer la présence des drapeaux «de France, d'Allemagne et de Pologne», plutôt que d'en faire la description individuelle.
Certaines figures sont typiques des ornements extérieurs (drapeaux, manteaux), mais en dehors de ces cas particuliers, tous les ornements extérieurs peuvent être figurés sur des armes.
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