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Bibliothèques
 

Une fr:bibliothèque - du grec bibliotêkê, lieu de dépôt de livres - est une collection organisée de livres, généralement accessible au public. Les bibliothèques proposent souvent d'autres documents (journaux, périodiques, enregistrements sonores, enregistrements vidéo, cartes et plans, partitions...) ainsi que des accès à internet et sont parfois appelées médiathèques ou informathèques. Certaines bibliothèques (municipales, par exemple) autorisent le prêt de certains ouvrages, ou de tous ; d'autres (par exemple la Bibliothèque publique d'information) leur consultation sur place seulement. Aujourd'hui, avec plus de 128 millions de documents, la plus grande bibliothèque du monde est la bibliothèque du Congrès à Washington.

On nomme également bibliothèque :

  • le meuble constitué d'étagères dans lequel on range les livres,
  • un local servant à entreposer et parfois consulter les livres (dans un logement ou dans une entreprise),
  • un ensemble homogène de sous-programmes compilés utilisés sur un système informatique : bibliothèque logicielle.

Histoire


Antiquité

Les bibliothèques existent dès l'Antiquité. À Ninive, les archéologues ont retrouvé dans une partie du palais des rois d'Assyrie, 22 000 tablettes d'argile, correspondant sans doute à la bibliothèque et aux archives du palais. En Égypte, les maisons de vie, situées à proximité des temples, abritaient des bibliothèques où officiaient des bibliothécaires-enseignants dont les cours étaient réputés, y compris hors du pays. La plus célèbre bibliothèque antique est celle d'Alexandrie, en Égypte, créée au . Les rois hellénistiques ayant du mal à légitimer leur pouvoir aux yeux des Égyptiens autochtones, ils se devaient de mener une politique d'évergétisme afin d'apparaître comme bienfaiteurs. Ils constituaient et entretenaient de grandes bibliothèques, ouvertes au public, dans des complexes culturels (musée, gymnase). Le coût de ces équipements était très élevé car, outre le prix d'achat ou de copie des livres et du papyrus, que l'on ne trouvait qu'en Égypte, il fallait recopier les ouvrages régulièrement puisqu'ils s'abimaient rapidement. Les rois entretenaient également des esclaves lecteurs pour faciliter le travail des usagers de la bibliothèque. Athènes et Pergame possédaient aussi de grandes bibliothèques, comptant plusieurs centaines de milliers de volumes. Des bibliothèques un peu plus modestes existaient à Rhodes et à Antioche. À Rome, Certaines maisons privées pouvaient avoir une bibliothèque à côté du triclinium. Il existait aussi des bibliothèques ouvertes au public, souvent gérées de manière privée ou, en tout cas, fondées sur des initiatives individuelles. Ces créations étaient largement justifiées par des objectifs de prestige politique. Par exemple, Lucullus en a installé une dans ses jardins, Jules César voulait en ouvrir une pour les mêmes raisons. Du temps d'Auguste, Rome comptait trois grandes bibliothèques. Sous l'Empire, ce nombre s'accroît : en 377, on comptait ainsi 28 bibliothèques. Si certaines étaient des établissements autonome, des bibliothèques étaient souvent intégrées aux thermes. Dans d'autres grandes villes de l'Empire, il existait aussi des bibliothèques. Les bibliothèques de la Chine ancienne sont mal connues, mais la bibliothèque impériale remonte à la dynastie Qin. Pendant la dynastie Han, un bibliothécaire impérial aurait conçu une classification des collections.

Moyen Âge

La tradition de la Rome antique n'a pas totalement disparu au Haut Moyen Âge. Cassiodore crée en 550 une importante bibliothèque à Vivarium en Calabre. La ville de Constantinople se voit dotée d'une bibliothèque par Constantin Ier. Cependant, la querelle iconoclaste provoque une dispersion des livres (730-840). Toutefois, au Moyen Âge, les bibliothèques sont essentiellement l'affaire des monastères. Les bénédictins consacrent souvent leur temps de travail obligatoire à des scriptoria (singulier : scriptorium), ateliers de copie des livres devenus extrêmement rares en Occident. Ce travail a permis la transmission d'œuvres antiques qui auraient peut-être disparu aujourd'hui, même si les moines censuraient certaines œuvres ou certains passages. Les scriptoria étaient généralement couplés à une bibliothèque. La plus importante d'Occident, celle du monastère du Mont-Cassin, comptait deux à trois mille volumes. Il faut citer aussi celles de Saint-Gall ou de Cîteaux. Dès leur création au , les universités prennent le relais et complètent l'action des monastères. Les universités qui se créent peu à peu dans toute l'Europe ont souvent leurs propres bibliothèques. Il convient d'y ajouter les nombreux collèges, qui sont aussi des lieux d'études et ont des bibliothèques. Plusieurs d'entre elles ont pu faire l'objet de travaux d'historiens grâce aux sources conservées. Les rois créent à leur tour leurs propres bibliothèques, qui prennent parfois une grande ampleur, comme celles de Saint-Louis ou de Charles V. Certaines d'entre elles sont à l'origine des bibliothèques actuelles, comme la Bibliothèque vaticane, fondée par Sixte IV. D'importantes bibliothèques se créent également dans le monde islamique, permettant notamment la diffusion de la culture grecque.

Renaissance et époque moderne

L'invention de l'imprimerie, au , permet le développement des bibliothèques, en particulier celles des rois et des personnages importants. François Ier institue le dépôt légal, obligation pour les éditeurs de déposer un exemplaire de chacune de leurs publications à la bibliothèque du roi. Les bibliothèques s'ouvrent progressivement au public à partir de la fin du (à Salins en 1593), très timidement au début, assez largement au . Les grandes bibliothèques connaissent une réputation prestigieuse et deviennent un lieu de visite obligée pour les voyageurs de marque, en particulier celles du nord de l'Italie. Plusieurs bibliothèques privées, données ou léguées par leurs propriétaires, deviennent des bibliothèques publiques, comme la bibliothèque inguimbertine de Carpentras. Le modèle européen de bibliothèques se transpose dans les colonies, en particulier dans les futurs États-Unis, où de nombreuses bibliothèques universitaires actuelles sont issues des établissements d'enseignement fondés dès le sur le modèle de ceux du Vieux continent.

Époque contemporaine

Le développement des bibliothèques de tous types s'accélère entre la fin du et le . Le transfert de collections privées au public se poursuit. En France, ce transfert se fait en partie contre la volonté des propriétaires : en confisquant les biens du clergé et des nobles émigrés, la Révolution française constitue la base des bibliothèques municipales et des bibliothèques d'enseignement du . Toutefois, si certaines villes construisent un bâtiment spécifique (Amiens, 1823), en général la bibliothèque fait partie de la mairie et n'occupe qu'un espace réduit. Parallèlement, un mouvement associatif développe des bibliothèques populaires. Déterminant fut le rôle d'Alexandre Vattemare (1796-1864), fondateur du premier système d'échanges culturels internationaux et promoteur des bibliothèques publiques. Le développement des études supérieures entraîne celui des bibliothèques universitaires, en particulier en Allemagne qui y consacre de grands efforts ; la France suit, mais avec un retard important. Les bibliothèques connaissent un réel développement au , sous l'impulsion de l'Américain Melvil Dewey et du Français Eugène Morel. Il se traduit notamment par une amélioration des catalogues et des classifications, mais aussi par une volonté de renforcer l'accueil et le service auprès du public. Aux États-Unis, les bibliothécaires instaurent ainsi, dès qu'ils le peuvent, l'accès direct aux documents. Cette politique d'accès libre se répand et s'exporte, mais lentement : dans les années 1980, la plupart des documents des bibliothèques universitaires françaises seront encore en communication indirecte. Dans le même esprit, les bibliothèques diversifient peu à peu leurs activités, avec des expositions, des lectures (heure du conte), des conférences et colloques, des animations diverses. Toujours sous l'impulsion de ces deux personnes, se développe, dès la fin du , une formation professionnelle des bibliothécaires, couplée avec une meilleure coopération entre bibliothèques. Ces deux phénomènes favorisent l'émergence d'une profession autonome de mieux en mieux formée, ce qui ne supprime toutefois pas le bénévolat. Le développement des bibliothèques publiques s'amplifie à partir des années 1970, en relation avec l'augmentation de la part de la population poursuivant des études supérieures, la politique culturelle de l'État et des collectivités territoriales et les possibilités offertes par l'informatique. En effet, dès les débuts de cette nouvelle technique dans les années 1950, les ingénieurs ont eu l'idée de l'adapter aux bibliothèques. Toutefois, les phases d'expérimentation ont duré assez longtemps, de sorte que l'informatisation effective ne date souvent que des années 1980, et ne s'est imposée que lentement. Désormais, la plupart des bibliothèques des pays développés sont informatisées, mais ce n'est pas le cas général ; en revanche, de nombreuses bibliothèques en sont à la réinformatisation. Le voit aussi la construction de bâtiments spécifiques, parfois de grande taille comme la bibliothèque de La Part-Dieu, à Lyon.

Types de bibliothèques


Les bibliothèques présentent une grande diversité. Ce sont tantôt des établissements à part entière, tantôt des services faisant partie d'un autre établissement. Certaines sont très largement ouvertes, d'autres accessibles à un public restreint. Certaines bibliothèques sont gérées par les pouvoirs publics, d'autres par des organismes de droit privé.

Cependant, le critère principal dans la typologie des bibliothèques est celui de leur fonction.

Les bibliothèques nationales recueillent et conservent les documents qui font l'objet du dépôt légal ; elles conservent souvent d'autres documents.

Le terme de bibliothèque publique est calqué sur l'anglais public library ; on parle aussi en français de bibliothèque de lecture publique. Ces bibliothèques sont destinées à l'ensemble de la population locale pour lui permettre de s'informer et de se divertir. Elles sont souvent gérées par les collectivités locales ou par des associations mais peuvent l'être par l'État.

Les bibliothèques d'enseignement et de recherche apportent leur appui aux activités pédagogiques et scientifiques qui se déroulent dans l'établissement dont elles font partie. Il s'agit d'une part de bibliothèques d'école, de collège, suivant les noms employés dans les différents pays, ainsi que des bibliothèques universitaires.

Les bibliothèques spécialisées, comme leur nom l'indique, développent des collections dans une discipline ou autour d'un thème. Il existe ainsi des bibliothèques musicales, médicales, juridiques, etc.

Ces types de bibliothèques ne sont pas toujours cloisonnés et une même bibliothèque peut avoir plusieurs fonctions :

  • une bibliothèque nationale peut s'ouvrir à un large public et jouer le rôle d'une bibliothèque publique.
  • certains pays ont des bibliothèques publiques et universitaires.
  • une bibliothèque de lecture publique peut disposer d'une section spécialisée.

Les bibliothèques à travers le monde


Aux États-Unis d'Amérique

Voir l'article détaillé Bibliothèques aux États-Unis d'Amérique.

En France

La Bibliothèque nationale de France
La Bibliothèque nationale de France (BnF) est un établissement public sous tutelle du Ministère chargé de la culture. Elle a pour mission de constituer des collections, notamment dans le cadre du dépôt légal, de veiller à leur conservation et de les communiquer au public. Elle produit un catalogue de référence, coopère avec d'autres établissements au niveau national et international et participe à des programmes de recherche. La BnF abrite aujourd'hui environ 4 millions de documents répartis sur plusieurs sites et s'enrichit d'environ 50000 documents par an, essentiellement grâce au dépôt légal. À noter que si la BnF est dépositaire des livres et des imprimés, le dépôt légal des bandes dessinées est fait au Centre National de la Bande Dessinée et de l'Image (CNBDI) à Angoulême.

Les bibliothèques publiques
Il existe en France trois sortes de bibliothèques publiques.
  • La Bibliothèque publique d'information (BPI), à Paris, située dans le Centre Georges Pompidou, est un établissement public sous tutelle du Ministère chargé de la culture. Ouverte à tous, elle est réservée à la consultation sur place.
  • Les bibliothèques municipales ou intercommunales, dépendent des communes ou groupements de communes concernés. Elles sont ouvertes à tous et permettent la consultation sur place et le prêt à domicile. Certaines conservent des collections patrimoniales.
  • Les bibliothèques départementales de prêt (BDP), dépendent des conseils généraux des départements. Ce sont principalement des services d'aides aux petites bibliothèques municipales. Dans les plus petites communes rurales, les bibliothèques aidées par la BDP sont tenues par des bénévoles.

Les bibliothèques d'enseignement
  • Les bibliothèques d'enseignement supérieur, sont appelées Service Commun de la Documentation (SCD) ou Bibliothèque universitaire (BU). Elles sont principalement destinées aux étudiants, aux enseignants et aux chercheurs.
    Voir : http://www.sup.adc.education.fr/bib/
  • Les bibliothèques des lycées et des collèges sont appelées Centre de Documentation et d'Information (CDI) et sont tenus par des professeurs documentalistes.
  • Les bibliothèques des écoles élémentaires et maternelles sont appelées Bibliothèque Centre de Documentation (BCD). Elles ne disposent généralement pas de personnel permanent. Au cours des dernières années les BCD ont souvent été réorganisées, rénovées et animées grâce à la présence d'aide-éducateurs (emplois-jeunes).

La page Gestion d'un centre de documentation et d'information développe quelques méthodes et outils pour gérer de manière adéquate et pertinente une bibliothèque scolaire de type CDI (Centre de Documentation et d'Information) ou BCD (Bibliothèque Centre de Documentation)

Le tiers-réseau
On appelle habituellement tiers réseau les autres bibliothèques. Il s'agit des bibliothèques établies dans les hôpitaux, les prisons et les comités d'entreprises, ainsi que de petites bibliothèques de prêt gérées par des associations. Sauf exception, ces bibliothèques disposent de peu de moyens et sont tenues par des bénévoles.

Activités des bibliothèques


Les activités des bibliothèques s'articulent essentiellement autour des collections et du public.

Activités liées aux collections

Ces activités sont les plus anciennes :
  • acquisitions : achat ou collecte par don ou dépôt légal de nouveaux documents
  • catalogage : description des documents possédés par la bibliothèque et choix des indices de classement. La classification la plus répandue est la Classification décimale de Dewey. La Classification décimale universelle, autrefois répandue dans les bibliothèques universitaires, est en très forte régression. Les bibliothèques disposent de plus en plus souvent d'un catalogue informatisé de leurs collections, parfois accessible par internet.
  • équipement, reliure, réparation
  • élimination : couramment appelé « désherbage » par les bibliothécaires, cette activité consiste à retirer des collections les documents ne devant être conservés, en raison de leur état physique, de l'obsolescence de leur contenu ou du manque d'intérêt du public. Les bibliothèques de conservation ne pratiquent pas le désherbage.

Activités liées au public

Ces activités se sont fortement développées depuis la fin des années 1970 :
  • prêt, retour et rangement des documents

  • renseignements à la bibliothèque et, parfois, à distance (par téléphone ou internet)
  • animation (expositions, contes pour enfants, rencontre avec des écrivains, conférences, etc.)

Personnel des bibliothèques


Voir article détaillé : bibliothécaire

En France

Le personnel des bibliothèques relève généralement de la fonction publique d'État (FPE) pour la Bibliothèque nationale de France, la Bibliothèque publique d'information, les bibliothèques d'enseignement supérieur, et les bibliothèques municipales classées ou la territoriale (FPT) pour les bibliothèques publiques.

Les corps (FPE) ou cadres d'emplois (FPT) sont les suivants :

  • conservateurs généraux (FPE) et conservateurs (FPE et FPT) : encadrement supérieur et conception (catégorie A)
  • bibliothécaires (FPE et FPT) : encadrement et expertise (catégorie A)
  • assistants (FPE et FPT), assistants qualifiés (FPT) et bibliothécaires adjoints spécialisés (FTE) : tâches techniques (catégorie B)
  • agents et agents qualifiés (FPT) ou magasiniers et magasiniers en chef (FPE) : tâches d'exécution (catégorie C)

Des personnels administratifs et techniques travaillent également dans les bibliothèques.

Les centres de documentation et d'information de l'enseignement secondaire sont tenus par des professeurs documentalistes.

Les plus petites bibliothèques publiques, ainsi que la majorité des bibliothèques du tiers réseau sont tenues par des bénévoles.

Le personnel des bibliothèques françaises est majoritairement féminin.

Les grandes bibliothèques


Voici la liste des plus grandes bibliothèques (source : Quid 2005).

Il faut cependant nuancer ces chiffres. Certaines bibliothèques, notamment en Europe de l'Est, comptent chaque périodique comme un volume.

Depuis quelques années, ces établissements, mais aussi des moteurs de recherche sur internet développent une pratique de numérisation de livres ou des sites web qui obligera bientôt à relativiser l'importance de ces données.

Les bibliothèques imaginaires


De nombreux écrivains ont développé le thème d'une bibliothèque idéale, donc imaginaire. Le poète et nouvelliste argentin Jorge Luis Borges en est l'un des exemples les plus illustres.

Quelques exemples :

Voir aussi


Articles connexes

Bibliographie

  • Histoire des bibliothèques françaises, Promodis / Éditions du Cercle de la Librairie, Paris, 1988-1990, 4 vol. I., les bibliothèques médiévales, du à 1530, ISBN 2-903181-72-1 ; II., les bibliothèques sous l'Ancien Régime (1530-1789), ISBN 2-903181-68-3 ; III., Les bibliothèques de la Révolution et du (1789-1914), ISBN 2-7654-0472-0 ; IV., Les bibliothèques au (1914-1990), ISBN 2-7654-0510-7.
  • Les Bibliothèques publiques en Europe sous la dir. de Martine Poulain, Éditions du Cercle de la Librairie, Paris, 1992. ISBN 2-7654-0494-1.
  • Raphaële Mouren et Dominique Peignet (sous la dir.), Le métier de bibliothécaire / Association des bibliothécaires français, Ed. du Cercle de la Librairie, 2003, ISBN 2-7654-0866-1
  • Lucien X. Polastron, Livres en feu. Histoire de la destruction sans fin des bibliothèques, Denoël, 2004, ISBN 2-2072-5573-5

Liens externes

Sciences de l'information et des bibliothèques

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