Les bâtons du diable font partie de ce que l'on appelle les arts du cirque, et plus précisément de la jonglerie.
Un ensemble de bâton du diable ou golo ou spinstix est composé de trois éléments : Le bâton principal et deux baguettes. Le bâton principal mesure environ 70 centimètres de long (les bâtons du commerce existent en 65cm ou 75 cm), les baguettes 45 cm (pour 1 cm de diamètre) environ. Afin de faciliter la tenue entre les différents éléments, les baguettes sont la plupart du temps recouvertes d'une matière agrippante, un tube de silicone.
Le but de la discipline est de "maintenir le bâton dans les airs" en lui imprimant un mouvement à l'aide des baguettes tenues dans chaque main, et de lui faire parcourir des figures.
Le bâton fleur est souvent utilisé du fait de son aspect visuel attractif et d'une maniabilité accrue. En effet, sa légèreté (il est souvent plus léger que le bâton du diable bi-conique) et les franges qui ralentissent sa vitesse et le stabilisent permet au "bâtonneur" de réaliser des figures plus facilement.
A l’inverse, le fait que le bâton bi-conique soit légèrement plus difficile à manier en fait un bon outil d’apprentissage : une erreur se détecte plus vite sur le bâton conique, et peut ainsi être rattrapée tout de suite. La plus grande stabilité du bâton fleur incite à moins prendre garde aux dérives légère du mouvement, et donc aboutit à un contrôle moins précis.
Le bâton fleur présente un désavantage par rapport à l'usage du bâton traditionnel, à savoir que certaines figures sont impossibles à réaliser avec le bâton fleur car il ne rebondit pas quand son bout heurte le sol contrairement à certains bâtons du diable équipés d'un tampon de caoutchouc à leurs extrémités.
Par contre, certaines figures ne sont pas possible avec un bâton conique : celles où l’on appuie la baguette sous le rebord de la fleur, pour retenir ou faire tourner le bâton.
Les professionnels ont tendance, en spectacle, à utiliser des bâtons coniques, qui ont un aspect moins "jouet" que les fleurs. Mais les fleurs permettent des figures tout aussi difficiles que les coniques.
Il existe de nombreux autres sortes de bâtons du diable comme les bâtons souples (??) ou les bâtons du diable enflammés où les extrémités du bâton sont recouvertes d'une mèche que l'on imbibe de pétrole désaromatisé (le fabricant le plus célèbre étant la marque « kerdane », au point que le nom est passé dans le langage courant pour désigner le combustible des jongleurs de feu, même s’il s’agit d’une autre marque qui est utilisée). La partie centrale est alors constituée d'un matériau non inflammable, en général du métal, recouvert d'une matière (grip) résistant bien à la chaleur.
Ce ne sont pas les poignets qui travaillent le plus, mais tout le bras, car les baguettes doivent toujours rester le plus parallèle possible, pour que le bâton ne s'échappe pas.
Il faut amortir le bâton quand il arrive sur une baguette, afin d'avoir une bonne maîtrise de la vitesse de balancier. Plus on place la baguette prés du bout du bâton, plus le mouvement sera rapide. Plus on place la baguette prés du centre, plus le mouvement sera lent, mais on a alors le risque de voir le bâton tourner par dessus la baguette, ce qui n'est pas le but de cette figure.
Quand le bâton arrive sur la baguette, il faut très légèrement baisser celle ci, en baissant tout le bras, et en maintenant la baguette bien horizontale, pour amortir la réception. C'est cette "étape de l'amortissement" qui est vraiment importante pour maîtriser le bâton, et donc moins le faire tomber ! Elle facilite donc l'accès aux autres figures plus complexes.
Le balancier est une figure simple mais qui, à l'image du bâton du diable en général, nécessite un apprentissage long et difficile (il faut faire de nombreux essais avant d'y parvenir). Il faut donc persévérer et ne pas se laisser aller au découragement! Au début, c'est normal que ça tombe.
Une pratique courante pour débuter est de le faire partir verticalement du sol puis de le remonter en Tic-Tac!
Mais une méthode plus facile, bien que moins répandue, consiste à coincer le bâton horizontalement, une des baguette étant dessous prés du centre, l'autre étant vers l'extrémité du bâton, mais du même coté. Si on regarde de gauche a droite, on peut voir:
Bout 1 du bâton
Baguette gauche au bout 1 du bâton (quelques cm) dessus.
Baguette droite prés du centre du bâton dessous, toujours du coté du bout 1.
Centre du bâton.
Tout l'autre coté du bâton avec le bout 2
La position obtenue est stable si l'on tiens la baguette gauche (au bout du bâton) légèrement plus haute que celle du dessous (prés du centre), le poids du bâton stabilisant celui ci en le faisant naturellement 'pendre' légèrement en oblique.
Ensuite, il faut maintenir les baguettes parallèles, et ne pas bouger du tout celle du dessus (la gauche).
Celle du dessous (la droite) va donner un tout petit mouvement sec et vertical, pour donner une impulsion au bâton. Puis elle reviens immédiatement a sa place.
il NE FAUT PAS accompagner le mouvement du bâton avec la baguette droite, ni croiser les baguettes. Juste une impulsion VERTICALE de la baguette du dessous, pour lancer le bâton, et on reviens, les deux baguettes parallèles au sol et entre elles.
Le bâton pivote alors entre les deux baguettes, sous l'effet de l'impulsion, et vient naturellement se bloquer dans la position suivante:
Toujours de gauche a droite:
Bout 2
Coté 2
Centre
Baguette gauche qui se trouve maintenant sous le bâton, prés du centre.
Baguette droite, qui se trouve sur le bâton, prés du bout 1
Bout 1
On voit que les baguettes n'ont pas bougées, mais que le bâton, lui, a fait un demi tour. La position est stable également.
On peut refaire le mouvement dans l'autre sens, en donnant une impulsion verticale avec la baguette du dessous, la gauche maintenant.
Le mouvement est identique. Bloquer à chaque fois le mouvement, pour le stabiliser. Puis, quand le va et viens se passe sans problème, enchaînez plusieurs mouvement dans les deux sens.
si le bâton se sauve, bloquez le mouvement, et stabilisez le bâton en levant la baguette du dessus, comme il est dit plus haut. si le bâton part vers l'extérieur, c'est que vos baguettes sont trop penchées en avant. si le bâton semble vous attaquez, c'est que vos baguettes sont au contraire trop relevées.
Quand vous faite le mouvement tel que décrit ci dessus, les deux baguettes touchent le bâton a chaque fois, du même coté du centre (le coté 1, si l'on reprend la notation de départ.)
Quand vous arriver a faire des allez retour continus dans cette position sans trop de soucis, écarter légèrement les baguettes l'une de l'autre. Le bâton va se centrer naturellement, et chaque baguette touchera maintenant un coté du bâton, alternativement. On commence à vraiment jongler.
Bien sur, la position n'est plus stable, on ne peut plus arrêter le mouvement juste en bloquant les baguettes.
Au début, vous ferez un ou deux allez et retour avant que ça tombe, mais vous aurez l'air d'un jongleur.
On arrive en général à cette étape au bout de 5/10 minutes d'entraînement, pour une première découverte du bâton.
il n'est pas rare qu'avec la méthode consistant à partir du sol, on reste plus d'une demi heure sans avoir l'impression réelle de faire des progrès, ce qui est décourageant pour beaucoup.
Avec le démarage horizontal, on se fait aussi moins mal au dos ou aux cuisses, en se baissant ou s’accroupissant pour partir du sol, puisque l’on peut commencer debout.
Donc ne vous fiez pas à l'apparente complication de l'explication: Le fait de bien détailler chaque mouvement est la pour vous faire gagner du temps au départ. Cette manière est plus simple à exécuter que les départs au sol.
Quand vous arrivez à faire quelques allez et retour, ce n'est plus qu'une question de temps pour en faire de plus en plus, jusqu'a la maîtrise totale.
Quand vous tenez à nouveau le va et viens dans cette position, il va falloir travailler l'amortis dont nous parlions plus haut:
Quand le haut du bâton arrive sur la baguette, on baisse celle ci horizontalement, sans l'incliner (sinon, ça roule!), pour amortir le choc.
Dans un premier temps, quand la baguette gauche bloque le haut du bâton, la droite viens toujours bloquer le bas, et inversement. Quand vous travaillerez l'amortis, vous pourrez de plus en plus alléger le toucher de la baguette du bas, jusqu'a ne plus toucher le bâton que dans sa partie haute.
Vous maîtriserez alors le Tic-Tac.
Le nom viens de ce qu’on a l’air de ferrailler comme dans un duel d’épée, notre baguette utilisée faisant notre épée, le bâton simulant l’épée d’un adversaire imaginaire.
Bien entendu, il faut travailler ce mouvement avec les deux mains, s’entraîner à repasser en tic tac normal etc… Cette figure est très utile pour faire travailler sa main "faible" ainsi que pour toutes les figures et enchainements "bras-croisés" (balancier, helicos...)
On peut transformer cette hélice horizontale en hélicoptère en tapant vers le centre du bâton avec une des baguettes afin de le faire s'élever dans les airs, plus on s'écarte du centre et moins le bâton ira vite et à l'inverse plus on est au centre et plus le bâton ira vite(plus difficile a maintenir). La réception de cette figure est particuliérement périlleuse au début.
À partir de ces figures de base, d'innombrables variantes sont possibles, telles la rotation du bâton autour d'un membre du jongleur, ou des variations dans le rythme et dans les rotations. Le "batonneur" peut alors alterner ces figures et innover dans leur enchaînement de façon à créer un fort impact visuel, qui sucitera l'intérêt du spectateur éventuel.
En terme de performances pures, une des limites consiste à jongler avec deux bâtons et deux baguettes, chaque baguette gérant un bâton ou les deux simultanément.
Il existe des démonstrations à trois bâtons. Le jongleur peut bloquer temporairement un des bâton par une pince de poignet ou une autre partie du corps, pour donner l’impression qu’il jongle réellement avec trois bâtons. Où l’un des bâtons est toujours lancé en l’air, un peu comme si l’on jonglait à trois balles. Les figures dynamiques utilisant réellement trois bâtons sont extrêmement limitées, voire inexistantes.
Bien sur, cela relève d’un très haut niveau de maîtrise.
Il est possible également de jongler au golo les yeux bandés : Les figures sont alors limitées, et notamment tous les lancés en hauteurs sont prohibés. Le bâton reste au contact des baguettes ou du corps, et ne s’en éloigne que prudemment.
On peut aussi allier la pratique du bâton du diable avec d’autres disciplines circassiennes, comme le monocycle, l’échelle ou la boulle d’équilibre...
Un bâton du diable, même léger à priori, peut emmagasiner une certaine énergie cinétique quand il tourne. C’est pourquoi il faut toujours prendre garde aux enfants qui ont tendances à courir au milieu des jongleurs : si un bâton fleur très léger peut faire juste une tape sur la tête, un bâton du diable lourd et en plein mouvement qui heurte la tête d’un enfant peut provoquer un accident, ou en tout cas une expérience très douloureuse.
Le Feu :
En cas de bâton du diable enflammé, les règles de sécurité de tout jongleur de feu s’applique :
Dans certains lieu, le feu est strictement interdit, conformez vous à la réglementation locale.
Délimitez clairement la zone de jonglage, et assurez vous que les spectateurs n’y pénètrent pas.
La zone de jonglage doit être dégagée, et ne rien contenir d’inflammable.
Pensez à vous munir d’eau et d’un extincteur (en cas de représentation publique, c’est même une obligation)
Ne portez jamais de vêtements en matières synthétiques, qui brûlent en collant à la peau.
Si vous avez des cheveux long, abritez-les sous un bandeau ou un bonnet.
N’utilisez que du combustible standard, la meilleure solution étant le pétrole dés aromatisé.
L’alcool à brûler à une température de flamme beaucoup plus importante, ce qui peut entraîner des brûlures plus graves, en plus d’une usure accélérée du matériel. Les autres liquides inflammables ne devront être employés que par des utilisateurs très avertis, et toute expérimentation en public est un danger.
N’utilisez que des mèches renforcées au kevlar, que l’on trouve chez les fournisseurs d’accessoire de jonglerie : toute mèche de moindre qualité (chaussette fixée avec du fil de fer, par exemple) est un danger important pour le public ou les autres jongleurs, quand la ‘mèche’ va se détacher en brûlant, et être éjectée n’importe ou.
Ne versez qu’une petit quantité de produit dans le trempoir (récipient ou l’on plonge les méches des agrès, pour les imbiber de combustible), et jonglez loin de la zone de trempage.
Rebouchez toujours les bouteille de combustibles juste après avoir réalimenté le trempoir.
Enfin, et c'est du simple bon sens,ne tentez avec des agrés enflamés que les figures et mouvements que vous maitrisez sans le feu.
N'ayez aucune activité de feu si vous étes épuisé, alcoolisé, ou sous l'effet de spychotropes. le jonglage de feu demande une pleine lucidité pour être pratiquée sans danger.
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