Le bodhisattva Avalokiteshvara (sanskrit अवलोकितेश्वरः Avalokiteśvara « seigneur qui observe depuis le haut », tibétain Tchenrézi, chinois 觀(世)音 Guān(shì)yīn, prononcé Kan'non en japonais) est sans doute le plus populaire parmi les bouddhistes du grand véhicule. Il est aussi utilisé comme yidam dans les méditations tantriques.
Bodhisattva protéiforme et syncrétique (il peut représenter tous les autres bodhisattva) incarnant la compassion ultime, il est féminin en Chine et au Japon ; au Tibet, le Dalaï Lama est considéré comme sa réincarnation.
Aussi nommé Padmapāṇi ou Maṇipadmā, il est invoqué par le célèbre mantra Om̐ Maṇipadme hūm (ॐ मणिपद्मेहूम्).
Seule une partie de ces temples est exclusivement bouddhique (si 寺) ; la plupart appartiennent au grand réseau des temples de la religion populaire. Le mode de culte dépend de l’administration du temple, prise en main tantôt par des bonzesses, tantôt par des laïques. Certains ne gardent de bouddhique qu' un espace à l’arrière du bâtiment réservé à la lecture des soutras, alors que dans la salle principale on pratique divinations, exorcismes, ou incinération de papier-monnaie ; les offrandes alimentaires y sont au moins en partie carnées ; la déesse, comme toutes les divinités chinoises, fait sa tournée d'inspection de la "paroisse" lors des fêtes. Les statues de différents temples sont parfois liées entre elles par des relations hiérarchiques ou de parenté exprimant les relations sociales entre les communautés de fidèles ou les administrateurs des temples.
Dans les temples bouddhiques, Guanyin a typiquement l'aspect d'un bodhisattva "standard" vêtu d'un drapé lâche, en méditation les yeux mi-clos sur un lotus aux côtés des bouddhas, et son physique féminin est peu accentué. Dans les autres temples, son aspect féminin est évident ; elle porte parfois un costume de dame noble au lieu de la robe ample habituelle ; son visage peut être paré de couleurs humaines (joues roses) ou semblable à celui des divinités populaires (noir par ex.) ; elle est souvent debout sur un lotus de dimensions réduites. Elle est acompagnée de personnages du bouddhisme populaire (shancai et liangnu 善才良女, deux convertis exemplaires de chaque sexe, ou les dix-huit luohans -arhats), ainsi que du dieu du sol et de la déesse donneuse d’enfants, occupants habituels des temples populaires. Parfois elle partage son lieu de culte avec une autre divinité importante.
Dans presque tous les cas, elle est vêtue de blanc et tient en main la bouteille contenant l’eau qui purifie, une branche de saule (plante apotropaïque en Chine) ou un sutra, à moins que sa main vide ne fasse un geste bouddhique de protection. Une autre caractéristique commune à presque tous ses lieux de culte est leur fonction de secours aux trépassés : on peut y trouver des tablettes ancestrales ou même des cendres funéraires. Guanyin, que la tradition populaire fait régner avec Amitabha sur le paradis de la “Terre pure d’Occident”, joue un rôle important lors du pudu, cérémonie de libération accompagnée d’un festin offert aux âmes errantes lors de la Fête des fantômes.
La princesse ‘’Miaoshan’’ 妙善 était la fille d’un roi de Sumatra qui avait choisi de devenir nonne plutôt que d’épouser le riche parti choisi par son père. Celui-ci avait ordonné aux moines de la faire travailler nuit et jour afin de la décourager, mais les animaux des alentours vinrent à son secours et elle fut toujours en mesure d’accomplir la tâche demandée, quelle que soit son importance. Exaspéré, son père décida de mettre le feu au monastère. Miaoshan éteignit alors l’incendie de ses mains sans souffrir la moindre brûlure. Son père la fit finalement mettre à mort. Alors qu’elle se dirigeait vers le paradis, elle baissa la tête et vit la souffrance du monde. Elle décida alors d’y rester pour sauver les âmes en détresse.
Une variante de l’histoire offre une explication à l’existence de la “Guanyin aux mille bras et aux mille yeux” dont le culte, lancé par l’installation au temple de Xiangshan 香山 d’une effigie tantrique, date des Tang :
Son père étant tombé malade, la princesse Miaoshan sacrifia ses bras et ses yeux pour demander sa guérison. Aussitôt après son sacrifice, elle apparut brièvement dotée de mille bras et mille yeux avant de retrouver son corps intact.
| Nom chinois | |
|---|---|
| Pinyin | Guān Yīn, Guān Shì Yīn |
| Wade-Giles | Kuan Yin, Kuan Shih Yin |
| Caractères traditionnels | 觀音, 觀世音 |
| Caractères simplifiés | 观音, 观世音 |
| Cantonais | Kun Yum |
| Nom japonais | |
| Kanji | 観音, 観世音 |
| Romaji | Kannon, Kanzeon |
| Nom coréen | |
| Nouvelle romanisation | Gwan-eum, Gwan-se-eum |
| McCune-Reischauer | Kwan-ŭm, Kwan-se-ŭm |
| Hangul | 관음, 관세음 |
| Hanja | 觀音, 觀世音 |
| Nom vietnamien | |
| Quốc Ngữ | Quan Âm, Quan Thế Âm Bồ Tát |
| Chữ Nôm | 觀音, 觀世音菩薩 |
À Taiwan Guanyin est parfois simplement nommée fozu 佛祖, “bouddha-ancêtre”, appellation honorifique pour toute divinité issue du bouddhisme. Fozu sans autre précision désigne le plus souvent Guanyin, la plus populaire des déités bouddhiques.
Le tableau ci-contre (emprunté de en:Kuan Yin) récapitule les formes que prend son nom dans les divers pays asiatiques où elle est présente.
Son nom japonais, Kannon, a inspiré le nom de la société Canon.
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