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Arles est une commune française, située dans le département des Bouches-du-Rhône et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, située sur un axe Nîmes (à 25 km à l'Ouest) - Marseille (à 80 km à l'Est).

Ses habitants sont appelés les Arlésiens.

Géographie


Arles est sur le Rhône, là où commence son delta, et constitue donc la porte de la Camargue.

La commune d'Arles est la plus étendue de toutes les communes de France métropolitaine. Elle comprend la plus grande partie de la superficie de la Camargue (avec Saintes-Maries-de-la-Mer, deuxième plus vaste commune de France métropolitaine, moitié moins étendue qu'Arles).

Avec environ 759 km², elle est plus étendue que le Territoire de Belfort (102 communes), et autant que Paris et les trois départements de sa proche banlieue réunis (124 communes).

Outre la ville proprement dite, au nord de la commune, Arles inclut donc de nombreux bourgs et hameaux éloignés, notamment Salin-de-Giraud et Raphèle-lès-Arles.

Histoire


Avant les Romains

Vers 800 av JC av. J.-C., la région rhodanienne et provençale occupée par les Ligures voit l'arrivée progressive de Celtes, d'où le terme celto-ligure s’appliquant aux indigènes.

Deux siècles plus tard, en 600 av. JC, les Phocéens, marins grecs originaires d’Asie Mineure fondent la ville de Marseille et s'installent en Provence. Très rapidement, ils créent des comptoirs sur le littoral et aux embouchures des fleuves. Sur le site d'Arles, il s'agit de Théliné (La Nourricière) créée vers 550 av. JC.

La cité revient ensuite sous domination autochtone vers 400 av. JC et reprend son patronyme d'Arelate (la ville des marais) : le lieu situé près (are) de l'étang (late).

En septembre 218 av. JC lors de la Deuxième Guerre punique, Hannibal franchit le Rhône à quatre journées de marche de son estuaire, soit probablement au nord d'Arles entre Tarascon et Avignon. Scipion débarque à Marseille avec plusieurs légions pour lui interdire le passage du Rhône mais arrive trop tard; seul un détachement de cavalerie entre en contact avec les troupes d'Hannibal. Les sources historiques ne permettent pas de connaître la position politique exacte de la ville d'Arles à ce moment. Toutefois, le trajet ultérieur d'Hannibal, au nord d'Avignon, indiquant le choix d'une région hostile à Rome, peut laisser penser à un alignement (voulu ou subi) des arlésiens à la politique romaine.

Autour des années 175 av. JC, une importante crue du fleuve recouvre une large partie de l’agglomération d'Arles et provoque la destruction irrémédiable des quartiers sud. Ces quartiers périphériques méridionaux, au Jardin d’Hiver, au sud de l’enceinte, au pied du rocher primitif sont par la suite abandonnés jusqu’au moment de l’installation de la colonie romaine vers 46 avant notre ère.

Les romains, à la demande de leurs alliés marseillais, interviennent puis s'installent en Provence au cours du IIe siècle avant JC, et dans la région d'Arles autour des années 125 av. JC lors de l'écrasement de la confédération des Salyens dont fait partie la ville d'Arles.

Après la déroute romaine d'Arausio (Orange) en 105 av. JC, le consul Marius intervient dans la région d'Arles pour interdire aux troupes barbares l'accès de l'Italie. Pendant deux ans, stationné au nord-est d'Arles d'où il peut contrôler les mouvements éventuels des barbares, il occupe ses troupes à des travaux logistiques : la construction des Fosses Mariennes, probablement un canal de Fos à Arles à travers les étangs permettant d'éviter la remontée difficile du Rhône de son embouchure à Arles. Ces nouvelles infra-structures avec Arles comme point de passage, indiquent clairement que la cité est dans l'orbite romaine, ou plutôt marseillaise, à cette époque. Marius écrase finalement les Teutons en 102 av. JC à Pourrières près d'Aix-en-Provence, puis les Cimbres en Gaule cisalpine, près de Verceil en 101 av. JC.

En 90 av. JC, il est signalé une nouvelle révolte des Salyens en Provence, mais les informations ne permettent pas de connaitre exactement ce qui se passe dans la cité arlésienne lors de ce conflit.

Epoque romaine

I siècle avant J.C

Jules César désigne Arelate dans le Bellum Civile (I, 36, 4) :
Naves longas Arelate numero XII facere instituit
(Il fit construire à Arles douze vaisseaux de guerre)
Ces vaisseaux, construits en mois d'un mois, vont lui permettre de gagner sa bataille contre Marseille en 49 av. J.-C.
Pour récompenser Arles de cette aide, il va charger Tibérius Claudius NéroTiberius Néron, le père de Tibère, était questeur de C. César dans la guerre d'Alexandrie. Il commandait sa flotte, et contribua beaucoup à la victoire. Aussi fut-il créé pontife à la place de P. Scipion, et chargé de conduire des colonies dans la Gaule, entre autres à Narbonne et à Arles. (Vie des douze Césars - Suétone), père du futur empereur Tibère de fonder la colonie romaine d’Arles (automne 46 av. J.-C). Les colons de cette nouvelle province disposent d'un territoire pris sur celui de Marseille qui s’étend du Rhône à la Durance et jusqu’à Hyères, soit pratiquement l’équivalent des départements actuels des Bouches-du-Rhône et du Var.
Un moment compromise par l'assassinat de César le 15 mars 44 av. J.-C qui permet à Marseille de remettre en cause cette création, la fondation trouve un nouvel élan grâce à Octave, (neveu et fils adoptif de Jules César), le futur empereur Auguste, engagé dans sa marche vers le pouvoir et soucieux de rassembler dans sa clientèle politique les fidèles de son père adoptif. La titulature officielle de la colonie, formulée sous le règne d'Auguste, exprime avec force cette filiation : COLONIA JVLIA PATERNA ARELATE SEXTANORVM (Colonie des Vétérans de la VIe légion fondée à Arles par mon père Jules César). Octave vient lui-même à Arles probablement vers 40 av. J.-C, pour organiser ce bastion de la puissance romaine.

A cette date, vers 40 av. J.-C, un plan d'urbanisme monumental est lancé portant sur l'aménagement de vastes espaces publics et la construction des trois édifices majeurs : le forum, l'arc du Rhône et le théâtre, ce dernier dominant la colline de l'Hauture. L'ambition d’un tel projet laisse supposer que sa conception et sa maîtrise relèvent directement du plus haut niveau de l'État. Cette première urbanisation de la colonie romaine qui se termine à la fin du 1er siècle av. J.-C est donc appelée Augustéenne.

  • le forum est la première grande réalisation urbaine de la récente colonie romaine, vers 30-20 av. J.-C. Conformément aux usages de l’urbanisme romain, ce forum prend place à l’intersection des deux voies majeures de la cité : le cardo (nord-sud) et le decumanus (est-ouest).
  • le théâtre, commencé vers 40/30 av. J.-C est achevé vers l’an 12 av.J.-C; il s'inscrit dans le quadrillage romain, sur le decumanus.
  • l'arc, appelé l'arc du Rhône est daté de la fin du 1 siècle av. J.-C; c'est un édifice honorifique en hommage à l'empereur ou plus simplement marquant l'expansion urbaine Augustéenne. Il est construit au nord de la cité, à l'intersection de la voie en direction d'Ernaginum (Saint-Gabriel) et de celle franchissant à l'ouest le Rhône sur un pont de bateaux.

La fortune initiale de la ville date de cette époque; cette première période va durer presque trois siècles jusqu'aux invasions barbares du milieu du IIIe siècle.

notes

En effet, Arles est une ville importante à l’époque romaine, dont elle a conservé de nombreux vestiges, en particulier les arènes et la nécropole des Alyscamps.
Strabon en 18 de notre ère, signale le rôle commercial de la cité (Geographie, Livre IV) et un peu plus tard Pline l’Ancien (Histoire Naturelle, III, 71) mentionne Arelate Sextanorum (Arles colonie des Sextaniens).
Dès le début du siècle, une voie romaine unit la ville à Vienne et Lyon.

Arles subit également un nouveau plan d’aménagement urbain à la fin du en raison de expansion de la cité liée au développement économique et commercial : en effet après la première urbanisation Augustéenne, dès le siècle suivant, durant la dynastie flavienne (69-96) la ville déborde des remparts initialement élevés sous Auguste. Ce nouveau projet nécessite la modification du tracé nord de la première enceinte romaine pour permettre la construction des arènes (amphithéâtre) dans les années 80.

Au , la ville s'enrichit avec la construction du cirque romain (vers 150) au sud-ouest de la ville. Le coeur de la cité est également remodelé et au sud le rempart est percé tandis qu'un quartier suburbain se développe dans le prolongement du cardo, et qu'un nouvel établissement thermal est créé. A Trinquetaille, sur la rive droite du Rhône, l'occupation limitée du Ier siècle se transforme en un vaste quartier résidentiel doublé d'un quartier artisanal et commercial.
Arles est aussi le centre d'un région agricole céréalière très importante exportant ses blés à Rome. À cette époque, il faut noter que les terres du delta plus surélevées que maintenant par rapport au niveau marin, donc moins salées, permettent la culture céréalière dans de bonnes conditions.

Si la légende date du second quart du siècle la présence de saint Trophime le premier évêque d'Arles, l'existence de l'Église arlésienne est toutefois avérée dès 254 dans une lettre papale d’Étienne Ier.

La tradition historique (Grégoire de Tours - Histoire des Francs) Quant à Chrocus, il fut capturé près de la ville d'Arles des Gaules, et après avoir subi divers supplices, il mourut frappé d'un coup d'épée, expiant à juste titre les souffrances qu'il avait causées aux saints de Dieu. rapporte également que les faubourgs de la ville auraient été incendiés et pillés peu après par des troupes barbares (Alamans) conduites par un certain Chrocus dans le contexte des invasions de la seconde partie du IIIe siècle (en 257, entre 268 et 278, puis entre 289 et 292), ce que semble confirmer l'archéologie. L'expansion des quartiers suburbains est en effet arrêtée par des incendies et destructions durant les années 250-270. Le même phénomène est observé sur la rive droite (Trinquetaille) où de riches maisons sont détruites à la suite d'un grand incendie survenu vers 260/275.
Le développement urbain ne reprendra que sous Constantin, avec une nouvelle croissance politique et administrative.

notes

La victoire de Constantin au pont de Milvius (312) est importante pour la cité.
Arles devient en effet la résidence favorite de Constantin, devenu l’empereur Constantin I qui envisage un moment d’en faire une capitale d’Empire (la cité d'Arles va recevoir peu après en 328 le surnom de Constantina). Constatin y transfère l'atelier de frappe d'Ostie en 313 et les frappes arlésiennes seront poursuivies durant tout le et au début du V. Il fait construire les thermes de Constantin, si vastes que les érudits du crurent à un palais (Palais de la Trouille).

Le christianisme dès sa reconnaissance par Constantin en 313 (Edit de Milan), se répand dans la société arlésienne, en particulier dans les classes supérieures comme l'illustre le sarcophage découvert en 1974 à Trinquetaille. Ce sarcophage d'une personne de rang sénatorial est daté du premier quart du IVe siècle. Le christianisme ou plus précisement ses luttes internes deviennent aussi une affaire d'État, et Arles va être le siège de deux conciles organisés par des empereurs :

  • en 314 : sollicité par les évêques chrétiens africains pour son arbitrage impérial, Constantin organise un concile à Arles (cf. conciles d'Arles) le 1 août 314 pour y faire condamner le donatisme. Ce concile se déroule dans l'église construite sur un ancien temple antique dédié à la Bonne Déesse et devenue depuis Sainte Marie Majeure, puis Notre Dame de la Major.
  • en 353 : un autre suit en 353, à l’instigation de son fils Constance II, présidé par l'évêque Saturnin. Ce concile consacrera temporairement l'arianisme.
Le diocèse d'Arles déjà important se développe et il est probable que la basilique paléo-chrétienne découverte en 2003 ait été construite à cette période dans le 3ème quart du IVe siècle.

A peu près à cette époque, vers 365, le poète Ausone dresse un portrait de la ville d'Arles dans un ouvrage recensant les 17 villes les plus importantes de l'Empire :
Ouvre, Arles, douce hôtesse, ton double port , Arles, petite Rome gauloise, voisine de Narbonne et de cette Vienne qu'enrichissent les colons des Alpes.
Tu es coupée par le cours impétueux du Rhône au milieu duquel un pont de bateaux forme une place où tu reçois les marchandises du monde romain.
Tu ne le retiens pas et tu enrichis les autres peuples et les autres villes que possèdent la Gaule et le vaste sein de l'Aquitaine.

En 371, Arles est le point de départ de l'expédition organisée par Théodose pour réprimer la révolte des Provinces d’Afrique contre Valentinien.

À la fin de ce siècle (ou au début du V, selon d'autres sources), les Romains en font le siège de la préfecture des Gaules qu’ils rapatrient de Trèves trop exposée sur les marches de l’Empire.

Note
''La ville Constantinienne, d'après Charles Lenthéric (Villes mortes du golfe du Lyon - 1876), a bien deux ports distincts :

  • le port en rivière établi sur les deux rives du Rhône qui lui ouvre, par la remonte du fleuve, l'accès de toute la Gaule; mais la route de la mer lui est fermée de ce côté par cette barre du Rhône qui a résisté jusqu'ici aux siècles et aux hommes.
  • le second port d'Arles, le port intérieur, ouvert sur les étangs, qui permet aux navires de charge de descendre jusqu'au Grau-de-Galéjon, où, dit Plutarque, se trouve une embouchure profonde capable de recevoir les plus grands navires, calme et à l'abri du choc des vagues. Puis on entre en mer.

= Arles : une capitale éphémère des Gaules
= Après avoir transféré vers 403, la préfecture du prétoire d'Italie de Milan à Ravenne, l'administration impériale déplace en 407 celle des Gaules située jusque alors à Trèves sur Arles. La cité provençale connait en conséquence une véritable renaissance un siècle exactement après Constantin Ier : en ce début de , Arles est au sommet de sa puissance. C’est une ville épiscopale, administrative, commerçante et fiscale. Sa population supérieure à celle de nos jours, aurait atteint d’après certains 80 000 habitants, ce qui en faisait alors la cité la plus peuplée de Gaule.

Toutefois, cette prospérité n’exclut pas les menaces d’invasions. Afin de les prévenir, un général romain Constantin III s’établit dans la cité en 408. Il ambitionne de se faire reconnaître par l’empereur légitime Honorius qui, se sentant menacé, lui envoie en 411 une armée conduite par le patrice Constance. Après trois mois de siège, la ville se rend au cours de l’été et Constantin malgré une réddition négociée, est livré à Honorius et exécuté. Le nouveau pouvoir politique fait le ménage à la tête de l'archevêché : l'évèque d'Arles Héros, nommé par Constantin III est alors chassé par Constance, tout comme son collègue, l'évêque d'Aix Lazare. A Arles, Heros est remplacé par l'ambitieux Patrocle (412-† 426).

Si Arles est une capitale, elle est aussi un évêché très influent. Les prélats d'Arles, conscients de l'importance de leur diocèse, sont sans cesse en conflit avec leurs collègues de Vienne ou de Marseille pour essayer d’asseoir la primauté de l’église d’Arles en Gaule. Ils y réussissent temporairement lorsque le 22 mars 417, Zosime qui vient d'accéder à la papauté élève l'Église d'Arles au rang de primatiale des Gaules en faveur de son évêque Patrocle. Toutefois ce privilège est de courte durée : il est annulé dès 418 par Boniface Ier, le successeur de Zosime.

Honorius renforce le rôle de la cité par un édit du 17 avril 418, reçu à Arles le 23 mai : Arles est choisie comme lieu d'assemblée annuelle des sept-provinces, laquelle assemblée doit se tenir chaque année entre le 13 août et le 13 septembre, en présence du préfet du prétoire, des gouverneurs des provinces, des nobles revêtus de dignités officielles et des députés des curies. À cette occasion, l'empereur souligne l'importance commerciale de la cité : si avantageuse est la situation d'Arles, si grand le nombre des marchands qui s'y rencontrent, que l'on y apporte facilement les produits de tous les pays… Tout ce que les riches contrées de l'Orient, l'Assyrie délicate, l'Afrique fertile produisent de meilleur, tout cela se montre à Arles comme si la ville elle-même en était le pays d'origine.

À côté des chrétiens, la présence de juifs à Arles est attestée dès 425, lorsque l'empereur Valentinien III montant sur le trône de l’empire, fait parvenir un décret à Patrocle l’évêque de la cité et à Amatus le préfet des Gaules, dans lequel il stipule l’interdiction faites aux Juifs d’occuper des fonctions judiciaires, de servir dans l’armée et de posséder des serviteurs chrétiens. Cette présence est confirmée en 443 par les canons du concile tenu à Arles puis en 449 lors des funérailles de l'évêque Hilaire (429-449) (on entendit chanter les Psaumes en hébreu par les juifs d'Arles)

Sous l'épiscopat de cet entreprenant "moine-évêque", la ville se transforme. Le groupe épiscopal du est transféré du sud-est de la ville, vers le centre (actuelle place de la République) où la communauté chrétienne arlésienne commence la construction de la cathédrale Saint-Étienne qui deviendra plus tard Saint-Trophime. L'Église d'Arles, sans doute avec l’accord du pouvoir civil, n'hésite pas à piller les monuments romains en les utilisant comme carrières, comme par exemple le théâtre antique en raison de sa proximité avec la nouvelle basilique et de l'hostilité chrétienne aux comédiens.
Au même moment, c'est-à-dire vers 430, apparaît le phénomène des habitations parasitaires, pour l'essentiel modestes, dans certains bâtiments et espaces publics. Deux hypothèses sont avancées pour expliquer ce phénomène :

  • La croissance de la population due au transfert de la Préfecture depuis Trèves et à l’installation d’administrations impériales,
  • La recherche d’une protection améliorée auprès des remparts de la ville.
En effet Arles subit des assauts, en 425 quand le général romain Aetius oblige les Wisigoths à la retraite devant la cité, puis en 430. En 453, la cité est à nouveau attaquée par les Wisigoths qu'elle réussit à repousser grâce à la résistance de Tonance Ferréol, préfet du prétoire des Gaules. Entre temps, au printemps 451, Aetius s’attarde à Arles pour obtenir des renforts pendant ses préparatifs contre Attila qu'il vaincra en juin devant Orléans, puis en septembre lors de la bataille des champs Catalauniques, près de Troyes.

= La fin de l'Empire romain
= Après la mort de Aetius (454) et Valentinien III (455), les rois barbares fédérés ne sentent plus liés à l’Empire romain, et cherchent tous à agrandir leurs territoires. La ville d'Arles, pendant les vingt-cinq ans qui suivent, est ainsi mélée à de nombreux événements marquant la fin de l'Empire (455-480).

Le 9 juillet 455 à Arles (à Beaucaire, d’après d’autres sources), Avitus est proclamé empereur d’occident (455-456), avec l'appui du roi wisigoth Théodoric II. Mais cette action tourne court : ne pouvant se maintenir à Rome qu'il doit quitter à la suite d'un coup d’État, Avitus retourne se réfugier à Arles où après avoir rassemblé des troupes (il demande en vain l'assistance de Théodoric qui ne peut répondre à sa demande), il tente de reconquérir son titre en Italie. Lors de cette campagne Avitus est capturé par le patrice Ricimer le 17 août 456, et bien qu'épargné (il est autorisé à devenir évêque de Plaisance le 17 ou 18 octobre 456), il craint toujours pour sa vie. C'est en essayant de trouver refuge en Gaule - probablement à Arles- qu'il périt assassiné quelques semaines plus tard.

Emblème de la richesse romaine, la cité continue de susciter de nombreuses convoitises. Elle est encore assiégée sans succès pendant deux ans (457-458) par le wisigoth Théodoric II et ne doit son salut qu'à l'intervention de l'empereur Majorien qui s'y installe dès 458.
Les fastes romains se perpétuent alors : ainsi on signale des jeux du cirque organisés en janvier 461 par le consul Severinus en l'honneur de Majorien qui y prend part, et la même année, Sidoine Apollinaire souligne le luxe d'une réception chez un notable arlésien. Toutefois, la politique de Majorien se remarque par des mesures sociales, telles que des remises d’arriérés d’impôts, et elle essaie de limiter les accaparements de l’Église (captation d'héritage, mise au couvent des jeunes filles…), ce qui illustre les rapports de l'Église avec la société civile, y compris à Arles sous les épiscopats de Ravennius, Augustal ou Léonce. Sidoine Appollinaire nous dresse également une description du forum, encombré de colonnes et de statues et de l'atmosphère politique régnant alors dans la cité.

Finalement, après avoir résisté à un nouveau siège en 472, la cité passe au cours de l'année 476 (ou 480) sous le contrôle des Wisigoths d’Euric. A ce propos, il convient de souligner le rôle central de l'évêque d'Arles Léonce dans ces événements. Il participe, en effet, avec ses collègues évêques, Groecus de Marseille, Basile d'Aix et Fauste de Riez, aux négociations avec Euric à la demande de l’empereur Julius Népos. Les transactions ayant échoué, Euric poursuit ses conquêtes en se rendant d'abord maître d'Arles et de Marseille, et de là toute la partie de la Provence en deçà de la Durance. Pour mémoire Euric, qui aimait la cité d'Arles, y meurt lors d'un séjour en novembre ou décembre 484.

Cette fin de siècle est marquée par le déclin d'Arles qui a vu ses campagnes dévastées et qui perd son rôle de capitale régionale (disparition du préfet du prétoire à Arles). Le réaménagement de la ville commencé dans les années 430, continue : au-dessus des cryptoportiques, un habitat prend possession du dallage du forum augustéen et il y a peut-être dès cette époque, un habitat dans les arènes comme au cirque. Ce déclin profite à Marseille qui connaît un regain d'activité, ainsi que le signale dès 475 Sidoine Appollinaire.
On peut donc dire qu'à la fin de ce siècle, la ville d'Arles et la Provence occupent sur le plan politique une position moyenne, voire de faiblesse. Elles vont ainsi devenir un objet de convoitise pour leurs voisins.

VIe siècle

Passée sous la domination du roi burgonde Gondebaud dès 499 ou 500, la ville repasse en 501 à l'occasion d'un conflit entre Francs et Burgondes sous le contrôle des Wisigoths; en effet, pour se défendre de Clovis et de son frère Godegisele qui l'assiègent à Avignon, Gondebaud doit s'allier avec le roi Wisigoth Alaric II qui profite de la situation pour récupérer la cité.
Après les Burgondes, les Francs associés et reconciliés avec Gondebaud et poussés par l'Église à intervenir contre les Wisigoths ariens, essayent à leur tour d'accèder à la mer. Ils font alors plusieurs tentatives pour s'emparer de la cité d'Arles :
  • une première fois, par Thierry, fils de Clovis, (qui) après avoir remporté une victoire à Nîmes est battu près d'Arles, puis dans la plaine de Bellegarde probablement au début de 502 juste avant la mort de l'évêque d'Arles d'origine bourguignone Eon, qui comme son successeur Cesaire rachète les prisonniers francs et burgondes aux Wisigoths,
  • puis en 507-508, après la bataille de Vouillé et la mort du roi Alaric.
Lors de cette seconde tentative, la cité assiégée est secourue par les Ostrogoths de Théodoric le Grand. Après la libération de la ville, le roi Ostrogoth ravitaille les habitants, finance la restauration des remparts et prend la cité sous sa protection.

Les années 510-540 qui suivent correspondent à un période de tranquillité avec deux hommes illustres : le gouverneur Libérius (511-536) et l'évêque Césaire d'Arles (503-542), qui bien que suspecté à plusieurs reprises de trahison en raison de ses sympathies burgondes et franques, réussit à se justifier aussi bien devant Alaric à Bordeaux en 505 que devant Théodoric à Ravenne en 513.
Lors de ce voyage en Italie, Césaire reçoit du pape Symmaque le droit de porter le pallium et devient ainsi son représentant en Gaule. A cette époque, l'évêque d'Arles évangélise les campagnes encore fortement imprégnées de cultes païens ou romains en transformant si nécessaire d'anciens lieux cultuels en édifices chrétiens. En 532, il crée ainsi un monastère ou une église en Camargue, aux Saintes-Maries-de-la-Mer, ce qui confirme la présence probable d'un temple païen plus ancien en ces lieux. A Arles même, après avoir fait une première tentative hors des murs dans les années 506-507, il installe finalement le 26 août 512 le monastère Saint-Jean dans l'angle sud-est du rempart où sous le nom de Saint-Césaire, il est demeuré jusqu'à la Révolution.
Protégée par le soutien militaire bienveillant de Théodoric, la ville échappe jusqu'aux début des années 530 aux ambitions Burgondes et Franques.
En 536, la cité est toutefois cédée, ou plus exactement vendue avec la Provence, par les Ostrogoths qui, en conflit en Italie sont dans l'incapacité de défendre cette province. Au cours de l'hiver 536 / 537, Théodebert fils de Thierry et son oncle Childebert viennent prendre possession de leur nouvelle acquisition, président dans la cité des jeux à l'antique et font frapper des monnaies à leur effigie. Arles devient ainsi ville franque sous l'autorité de princes chrétiens et non plus ariens, et pour la première fois, obéit à des maîtres nordiques étrangers aux traditions romaines.

Malgré les conflits entre les descendants de Clovis, des liens particuliers sont alors établis entre la royauté et l'évêché; il faut se rappeler en effet que la désignation des évêques par les rois mérovingiens est devenu la règle au milieu du VIe siècle. Ainsi, en 548, le pape Vigile (537 à 555) à la demande du roi Childebert Ier nomme Aurélien vicaire du Saint Siège dans les Gaules et lui accorde le pallium. La même année (d'autres sources indiquent 547), Aurélien fonde à Arles un monastère pour hommes sur ordre du roi Childebert. Ce monastère intra-muros, dénommé des Saints-Apôtres, est à l’origine de l’église Sainte-Croix dans le Bourg-Vieux. Toujours à la même époque un concile est tenu à Arles, le 28 juin 554 sous la direction de l'évêque Sapaudus, au cours duquel l'église Notre-Dame est consacrée. C'est à Arles aussi que, vers 567, une épouse de Gontran roi de Bourgogne (561-591), est enfermée chez des moniales arlésiennes.

La seconde moitié du siècle est marquée par des épidémies, des troubles et des catastrophes naturelles.
Dès la fin des années 540, Arles est frappée par la peste, appelée peste de Justinien et évoquée à plusieurs reprises par Grégoire de Tours dans son Histoire des Francs : il la cite en particulier à Arles en 549 (cette province est cruellement dépeuplée). Quelques années plus tard, l'épidémie toujours présente emporte l'archevêque Licerius (586-588).
La ville subit également le contrecoup de conflits entre Francs neustriens de Gontran (à l'ouest), austrasiens de Sigebert (à l'est) après le partage de 561 et la création du couloir austrasien reliant l'Auvergne à Marseille et isolant Arles. Le territoire Provençal est aussi ravagé par les Lombards qui descendent à partir de 569 des vallées alpines et la cité est également affectée par les Wisigoths. Arles est ainsi assiègée à de nombreuses reprises :

  • en 570 deux fois, initialement par les généraux Austrasiens Firmin et Audovère qui s'emparent de la cité, puis par les troupes du comte burgonde Celsus envoyées par Gontran qui bénéficiant d'un stratagème de l'évêque Sapaudus, écrasent l'armée austrasienne et reprennent la ville,
  • en 574 par les Lombards qui pillent la ville et rassient le bétail de la Crau,
  • en 587 (ou 585) par les Wisigoths qui en représailles de l'invasion de la Septimanie par Gontran en 585, inondent la ville en détournant les eaux du Rhône. Au cours de cet épisode, la région et la ville d'Arles sont défendues par Leudegisèle, un prince nommé par Gontran, appelé Duc de la Provence d'Arles.
De nombreux auteurs datent de la seconde moitié du VIe siècle la construction d'une enceinte réduite faite de blocs arrachés aux monuments romains pour limiter le territoire à défendre en cas d'attaque. Appuyée sur la Tour de Mourgues, cette muraille rejoint directement le Rhône en s'appuyant sur l'extrémité sud du Théâtre antique.
Enfin, la ville et son territoire souffrent de famines (grande famine de 585) et de catastrophes naturelles. En 580, une crue historique noie les faubourgs de la ville ; le cirque romain dévasté ne sera jamais réhabilité.

La fin du siècle est connue grâce en particulier aux échanges épiscolaires de l'évêque Virgilius d'origine bourguignone qui succède à Licerius en 588.

  • En 591, le pape Grégoire le Grand reprimande Virgile à la suite de nombreuses plaintes à propos de conversions forcées de juifs chassés d'Orléans qui se réfugient en Provence;
  • Le 12 août 595, il lui adresse sa lettre « O quam bona » sur la simonie, pour le mettre en garde contre les méfaits de cette hérésie.
  • En 596, on sait également que la cité d'Arles abrite les préparatifs de la mission d'Angleterre : Virgile consacre saint Augustin de Cantorbéry et des esclaves anglo-saxons sont achetés. Le trafic d'esclaves est alors une des activités traditionnellement des moins avouables pour la société chrétienne, mais la plus fructueuse.

Finalement au cours de ce siècle, la ville d'Arles se replie sur elle-même. Dès les années 550, on constate la disparition de l’habitat extra-muros avec deux causes probables : la recherche d'un refuge à l’intérieur d’une enceinte réduite plus sûre et/ou la chute démographique induite par la peste. En tout cas, ces troubles et cette diminution de population ruinent l’agriculture arlésienne et la famine règne. La vocation défensive de la cité devient aussi primordiale. Ainsi, à la fin du VIe siècle, Arles et son territoire entrent dans une période difficile.

note
- Toutefois d'autres historiens soutiennent que la réduction des murailles aurait pu être plus tardive : au VIII, voire au IX siècle.

Les VIIe et VIIIe siècles

En réalité, les informations disponibles sont très fragmentaires; par exemple on ne connait aucun évêque d'Arles entre 683 (Wolbertus, mentionné en 683) et 788 (Elifant, 788-794?).

Le VIIe siècle, est très mal connu. Au tout début de ce siècle, la cité à défaut des campagnes dépeuplées par la crise démographique qui suit les épidémies de peste, semble relativement florissante grâce à ses activité portuaires. On signale également quelques rares événements, comme le concile présidé par l'évêque d'Arles Felix au sujet du célibat des prêtres en 682.

Au siècle suivant, vers le milieu des années 710, des troubles sont signalés (révolte du patrice Anthénor).
En 735-739, devant le danger des troupes de Charles Martel, qui descendent le long du sillon rhodanien jusqu'au Languedoc, Arles et Avignon, pour leur défense, font appel en vain aux Sarrasins. Pour réduire la ville aux mains des Sarrasins, Charles Martel détruit l'aqueduc romain qui, jusqu'à cette date 739, continue à alimenter la cité en eau pure. Après la victoire des Francs, Arles comme la Provence est mise au pas avec rigueur par le pouvoir carolingien.

Toutefois à la fin du siècle (après 780) apparait une période de prospérité (Renouveau Carolingien) probablement liée au changement de politique des rois carolingiens en Provence et Septimanie.
La vigueur du développement de la chrétienté génère des mouvements centrifuges conduisant à l'éclatement du diocèse d'Arles. En effet, en 794, au concile de Francfort, l'archevêché d'Arles est scindé en trois (les diocèses d'Embrun et d'Aix deviennent indépendants).
En 800, Théodulfe (c.750-821), évêque d'Orléans, de passage dans la cité signale tous les produits qu'on peut y trouver grâce à son port : draps de soie, peaux de Cordoue, encens, ivoire et bien d'autres produits de la Syrie, de la Perse et de l'Inde : Arles est bien à cette époque un port franc prospère ouvert sur le monde méditerranéen.

IXe siècle

Arles à l'époque des successions carolingiennes
Le Renouveau carolingien se poursuit au début du IXe siècle : on signale par exemple des travaux de drainage de terres marécageuses dans la campagne arlésienne, comme si de nouvelle terres étaient mises en culture.
De même Arles, à cette époque, connait toujours un commerce florissant; elle se trouve en particulier sur un des itinéraires des marchands chrétiens et juifs qui vont vendre des esclaves à Cordoue (Espagne). Agobard (778-840), évêque de Lyon, reproche par exemple aux juifs d'y amener des chrétiens enlevés à Arles et Lyon (Arles au Moyen Age - Louis Stouff). Le comportement de cet évêque, hostile à la communauté juive de Lyon protégée par le roi Louis va générer une migration vers Arles et les cités du midi, ce qui accrédite la présence probable d'une communauté juive importante dans la cité au début du IXe siècle.
L'Église d'Arles a également un rayonnement important. En mai 813, pour remédier à l'état de l'Église, quatre conciles se tiennent sur l’ordre de Charlemagne dans les villes de : Mayence, Tours, Chalon-sur-Saône et Arles. Celui d’Arles à Saint-Trophime est présidé par Jean II archevêque de la cité. Jean II est un prélat important, proche de l'empereur qui lui confiera plusieurs missions de confiance. Durant tout ce siècle, l'église d'Arles va jouir d'une place exceptionnelle. Elle participe ainsi à presque toutes les grandes assemblées politiques et religieuses carolingiennes.

Et pourtant, en ce début de siècle, les côtes de Septimanie et Provence commencent à se doter de défense contre les pirates par la construction de tours ou d’églises forteresses comme aux Saintes-Maries-de-la-Mer, à l'embouchure du Rhône de Saint-Ferréol. Mais c'est surtout après la mort de Charlemagne et plus précisement à la fin des années 820, que l’histoire d’Arles va s’inscrire dans le processus de désagrégation de l'Empire carolingien avec la désorganisation du pouvoir civil, les troubles et les invasions.

Vers 830, dès les premières luttes des fils de Louis le Pieux (814-840) contre leur père, la Provence subit l'assaut d'envahisseurs venus de la mer qui attaquent les ports et remontent le Rhône. Pour lutter contre ces pirates, l'empereur regroupe vers 835 l'ensemble des comtés provençaux sous l'autorité d'un duc résidant à Arles, probalement le comte Leibulf, qui aurait succédé au comte Loup. En 841, on signale également un certain Garin (ou Warin), portant le titre de duc de Provence, mais son pouvoir semble avoir eu pour assise le Lyonnais; le 25 juin 841, ce duc avec ses contingents arlésiens et provençaux, au côté de Charles et Louis, participe de façon décisive à la bataille de Fontanet qui consacre la défaite de Lothaire devant ses frères.
Cela n'empêche pas Arles d'être pillée en 842 par les Sarrasins.

Après le traité de Verdun (843), la Provence passe sous l'autorité de Lothaire I et de ses représentants. On connait ainsi les ducs ou comtes : Audibert en 845, puis Fulcrad qui tente la même année une sécession de la Provence avec la participation probable des arlésiens, et à nouveau Audibert en 850. Cette année là, Arles est à nouveau attaquée; mais contrairement à 842, elle se défend avec succès et massacre les barbaresques dans leur fuite.

En cette milieu de siècle, nous avons des témoignages que la ville d'Arles malgré ces évènements est encore prospère et possède un port actif. Le diacre Florus qui écrit peu après 843, parle en effet d' Arelas optima portus (Arles, riche port). De même quelques années plus tard vers 860-870, le géographe arabe Ibn Khordadbeh dans son livre des Routes et des Royaumes évoque les marchands juifs qu'il appelle Radhanites et qui à partir des ports du pays franc se dirigent vers le Moyen-Orient, emportant des marchandises d'origine septentrionale (esclaves, épées et peaux) pour ramener des épices.

En 855 à la suite décès de Lothaire I, le partage de son royaume donne naissance à la Provence (royaume incluant le Lyonnais, la Viennoise et la Provence proprement dite) dévolue à Charles, le plus jeune de ses fils. De santé fragile, Charles laisse l'administration de son royaume à Girart de Roussillon qui joue le rôle de régent. La cour réside à Vienne qui devient ainsi la capitale de ce Royaume au détriment d'Arles jusqu'au début du Xe siècle.
C'est à cette époque (859) que les Normands, de passage en méditerranée, dévastent le territoire d'Arles à défaut de la cité. Ayant hiverné en Camargue lors de hiver très rigoureux de 859/860, ils remontent au printemps le Rhône avant d'être défaits par Girart de Roussillon probablement au niveau de Valence, et continuent ensuite leur raid vers l'Italie. Les Annales de Saint-Bertin précisent : en 859, les pirates de mer danois cinglèrent longuement entre Espagne et Afrique et pénétrèrent de force dans le Rhône. Après avoir ravagé plusieurs villes et monastères, ils s’installèrent dans l’île Camargue … En 860, les mêmes Danois parvinrent en pillant jusqu'à la ville de Valence et ayant tout ravagé alentour revinrent dans l'île —de Camargue— qu'ils occupaient.

A la mort de Charles (863), la partie sud de son royaume, c'est-à-dire la Provence limitée aux territoires d'Arles, Aix et Embrun, revient à Louis II le Jeune empereur et roi d'Italie. Sous cette nouvelle autorité, on ne connaît aucun comte de Provence et à Arles le pouvoir semble alors exercé par les évêques qui sont amenés à prendre la défense de la population. Ainsi l'archevêque Roland (852-869) fait fortifier le théâtre et intervient dans les campagnes. Lors d'une razzia en Camargue en septembre 869, les Sarrasins le surprennent en train de superviser la mise en défense de la région. L'évêque fait prisonnier, est échangé contre des armes, des esclaves, et autres richesses. Malheureusement, les arlésiens ne récupéreront que son cadavre, habillé et mis sur un siège par les barbaresques au moment de la remise de rançon (probablement organisée sur la plage des Saintes-Maries-de-la-Mer, à l'embouchure du Rhône de Saint-Ferréol, bras actif et encore navigable à cette époque).

En 875, à la mort de l’empereur, la Provence passe sous la tutelle de Boson nommé duc de Provence par Charles le Chauve. Jusqu'en 878, cette tutelle sera plus nominale qu'effective car Boson réside d'abord en Italie, puis à son retour en France confie la Provence (et le royaume d'Italie) à son frère Richard le Justicier et à Hugues l'Abbé.
Toutefois au printemps 878, Boson accueille à Arles le pape Jean VIII qui menacé en Italie vient trouver des alliés de l'autre côté des Alpes. A cette occasion l'évêque d'Arles Rostaing, reçoit le pallium. Puis après avoir résider quelque temps dans la cité, Boson et Jean VIII participeront au mois de juillet suivant au concile de Troyes. Charles ayant refusé la couronne italienne proposée par le pape, Boson se laisse tenter. Mais sa tentative soutenue par Jean VIII se heurte aux nobles italiens et Boson furieux doit retourner en Provence, après une expédition infructueuse de quelques mois.
Les ambitions de Boson, freinées en Italie, vont toutefois s'exprimer à nouveau dès l'année suivante.

La création du Royaume de Provence
Le 15 octobre 879 Boson, poussé par sa femme Ermengarde soeur de Charles et profitant de l'insécurité qui règne dans la Provence rhodanienne, entre en rébellion contre Charles et se fait sacrer Roi de Provence dans son château de Mantaille avec l'appui des grands, de l'archevêque de Vienne et celui minoritaire des évêques provencaux. En effet, seuls trois prélats, dont Rostaing archevêque d'Arles, sur vingt-trois (dont onze présents) soutiennent cette prise de pouvoir ce qui souligne l'engagement fort, dès cette époque, de l'épiscopat arlésien auprès des princes bourguignons. Boson établit sa capitale à Vienne.

Toutefois, la tentative tourne rapidement à l'échec et le parti carolingien récupère la Provence, par Carloman après la prise et le pillage de Vienne en octobre 881. Carloman laisse comme trace de son autorité, quelques deniers frappés à Arles. Mais dans cette période troublée, les Sarrasins toujours présents et opportunistes, pillent à nouveau la cité, ou du moins ses faubourgs, peu de temps avant 883.

A la mort de Carloman (884), l'autorité de Charles le Gros s'étend à la Provence; Boson rentre en grâce et s'éteint à Arles peu après, le 11 janvier 887. Sa femme, Ermengarde, est alors nommée régente du royaume de Provence avec l'aide de Richard II de Bourgogne dit Richard le Justicier, le frère de Boson. En mai 887, elle conduit son fils, le futur roi de Provence Louis III l'Aveugle auprès de l'empereur Charles III le Gros pour qu'il l'adopte, ce qu'il fait.

En 890, Louis III est proclamé roi de Provence; il réside à Vienne et entreprend au début de son règne (896) quelques tentatives contre les Sarrasins qui continuent à dévaster la Provence. Il se décharge ensuite sur le comte Thibert de l'administration de son royaume, notamment lors de ses expéditions en Italie. Thibert intervient dans plusieurs cités, en particulier à Arles, puis on perd sa trace vers 910 (un de ses fils toutefois pourrait être à l'origine de la famille des vicomtes de Marseille).

En cette fin de siècle, Arles est une citadelle dominant un territoire déserté. Plusieurs textes respectivement de 874, 890 et 897, évoquent des terres dépeuplées par l'assaut des barbares. Néanmoins, la Provence rhodanienne, pour des raisons non totalement expliquées va désormais être moins affectée par les Sarrasins dont les activités vont se déplacer en Provence occidentale, probablement à la suite de leur installation dans les années 890 au Fraxinet.
Protégée par ses remparts, la cité conserve toutefois un rôle économique et religieux important. Si Arles a perdu ses fonctions de capitale au profit de Vienne où réside le roi Louis, son port contrairement au siècle précédent semble désormais l'emporter sur Marseille en pleine décadence. La frappe arlésienne connait également un apogée. De même, dans le domaine ecclésiastique, à partir de la fin du IXe siècle les évêques d'Arles accroissent leur pouvoir temporel et spirituel au sein de l'Église provençale.

Xe siècle

L'histoire de la première moitié du Xe siècle est marquée par Hugues d'Arles, successeur du comte Thibert, comte d'Arles et de Vienne et cousin du roi Louis III. Il fait d'Arles, malgré ses campagnes et séjours en Italie, la capitale de son royaume. Après la mort d'Hugues en 948, la seconde moitié du siècle va voir apparaitre la première dynastie des comtes de Provence, d'abord par les comtes Boson, et surtout son fils Guillaume Ier, dit le Libérateur, qui en chassant les Sarrasins de la Provence en 973, s'émancipe de la suzerainté du roi de Bourgogne. C'est également dans la seconde moitié de ce siècle que naît avec la première lignée comtale, la féodalité provençale. Dès 980, la paix revenue apporte les conditions d'un renouveau économique.
Arles sous Hugues d'Arles
Véritable maître du Royaume, Hugues réside dans la cité d'Arles initialement entre 911 et 926, puis de façon plus épisodique lors de son séjour italien (926-946) lorsqu'il devient roi d'Italie et enfin après son retour en Provence dans les années 946-947.

Arles est alors la vraie capitale du Royaume et Vienne que la résidence du malheureux souverain infirme Louis III. Toutefois, la venue d'Hugues crée de fortes tensions entre l'aristocratie locale et l'aristocratie bourguignonne amenée par le comte. Il faut se rappeler par exemple, que Manasses d'Arles, archevêque d'Arles en 914, était fils d'un comte de Chalon et neveu d'Hugues. Il devient à cette époque le seul métropolitain en Provence nommant à la tête des évêchés des clercs de son entourage. Ces tensions qui se traduisent souvent par des meurtres, culminent dans les années 915-920.

Les Magyars dévastent la Provence et la vallée du Rhône en 924. Ils atteignent Mende et Nîmes, en épargnant la cité d'Arles, probablement mieux défendue. D'une manière générale, la région d'Arles est moins exposée à ces troubles et aux razzias des Maures que la Provence orientale. Ainsi en 923, l’archevêque d’Arles Manasses cède à l’Eglise de Marseille, menacée par les bandes sarrasines, les églises de Fos et l’abbaye Saint-André de la Cape où l’évêque de Marseille, Drogo (?) peut se réfugier. En juin ou juillet 926, Hugues quitte Arles pour prendre la couronne de roi d'Italie et se fait remplacer par son frère (ou demi-frère). Engagé dans des conflits en Italie, Hugues ne peut s'occuper correctement de la Provence. A la suite d'un arrangement, il la cède à Rodolphe II roi de Bourgogne en 934, tout en conservant ses propriétés dans la région d'Arles. L'union des deux royaumes est appelée royaume des Deux Bourgogne ou royaume de Bourgogne ou royaume d'Arles (934-1032). En réalité, grâce à ses proches, Hugues reste très puissant et continue à tenir le pouvoir dans la région.
A la mort de Rodolphe (937), Hugues revient temporairement à Arles et tente en vain de mettre la main sur la veuve et surtout l'héritier, le jeune Conrad qui est alors protégé par le roi de Germanie, Otton. Hugues est finalement chassé d'Italie en 946; il se réfugie alors auprès de sa nièce Berthe à Arles où il meurt en 948.

Naissance de la 1ère dynastie des comtes de Provence et de la féodalité

Dès 948 (ou 949), Conrad, dit le Magnifique, appuyé par le roi de Germanie, réussit à faire reconnaitre sa suzeraineté sur l'ancien royaume de Provence. Conrad affirme son autorité en créant le marquisat de Provence et en nommant trois comtes et des vicomtes, étrangers au pays, dont un à Arles qui va rapidement supplanter tous les autres. Il s'agit du comte d'origine bourguignonne Boson (parent éloigné du Boson de la fin IXe siècle), à l'origine de la première lignée des comtes de Provence.
Le Roi Conrad se manifeste dès 945 à Arles où il tient de nombreux plaids à partir des années 963 ainsi qu'en 976 et 978. Il participe également en 948 à la donation qui permet la fondation de l'abbaye de Montmajour à une lieue d'Arles. Sa présence pourtant va devenir sporadique après 980, compte tenu de l'évolution du pouvoir en Provence.

En effet, le problème sécuritaire le plus important en Provence surtout dans la partie orientale, ce sont les Sarrasins. La lutte contre ces pillards n'est d'abord que sporadique dans la mesure où les comtes de Provence se trouvent engagés en Italie dans leurs entreprises de conquête. On peut par exemple rappeler :

  • En 940, Hugues d'Arles demande au calife de Cordoue de protéger les marchands provençaux qui commercent avec l'Andalousie, des pirates du Freinet.
  • En 941, Hugues entreprend une expédition qui tourne court (il fait alliance au dernier moment avec les Sarrasins contre ses ennemis)

La lutte devient plus efficace à la fin du siècle qui voit l'éradication des dernières bases sarrasines. A la suite à l'enlèvement de l'abbé Mayeul, les princes de Provence réunis sous l'égide du comte Guillaume Ier, qui a succédé à son père Boson en 968, sont définitivement victorieux des Maures à la bataille de Tourtour en 973 (972 ou 975 selon d'autres historiens).
Cette victoire obtenue sans les troupes de Conrad est importante : elle permet à Guillaume d'obtenir la suzeraineté de fait de la Provence (il va distribuer les terres reconquises à ses vassaux) et à Arles de retrouver son statut de capitale où peu après 981, le comte devenu marquis de Provence revient s'y établir.

Débute alors une période de paix et de stabilité politique qui se traduit à Arles par :

  • un renouveau économique, marqué par un fort accroissement démographique et le développement agricole (vigne et céréales)
  • l'assèchement des marais qui entourent l'abbaye de Montmajour en 972
  • l'extension, déjà commencée en 972, de la ville en dehors de ses remparts (le Vieux Bourg au sud et le Bourg Neuf au nord)
  • la création vers 980 d'un des premiers chapitres de France (avec celui d'Avignon)
Sur le plan politique Arles rayonne du fait de la renommée et de la puissance du comte. Par exemple, la princesse Azalaïs appelée aussi Adélaïde d'Anjou (947-1026), ancienne épouse du futur roi de France Louis V, se réfugie à Arles en 983 et se marie contre l'avis du pape avec le comte Guillaume en 984. Leur fille, Constance d'Arles (986-1032) sera reine de France par son mariage avec Robert II.

En parallèle à cette émancipation de la Provence vis-à-vis des rois de Bourgogne, apparait entre 950 et l'an 1000, le système féodal et ses castes (miles et caballerius). A Arles, il s'agit des fondateurs des plus illustres familles arlésiennes : d'abord Pons juvenis pour la famille des Baux dès 952 et ensuite Daidonat pour celle des Porcelet en 972. La féodalité arlésienne a ses propres particularités : elle est bien sûr rurale, mais aussi urbaine et commerciale. Cette naissance s'accompagne de spoliations/restitutions de temporels religieux, de conflits féodaux et au final d'une perte de ressources du comte. Ainsi, dès la mort de Guillaume en 993, ses successeurs moins puissants, ne contrôleront plus que la région d'Arles.

XIe siècle

Dès les premières annèes du XIe siècle, les comtes Guillaume et Roubaud de Provence ne sont plus en mesure de tenir les grands lignages en respect. Dès 1008, à la mort de Roubaud, s'ouvre donc une période de troubles : les deux branches de la famille comtale sont alors représentées par des filles ou des garçons en bas âge; et les conseils de régence sont rapidement dépassés par les évènements.

Une première révolte (1018-1022) éclate menée par les chatelains de Fos contre le comte de Provence, Guillaume III dit le Pieux (993-1019), qui périra d'ailleurs lors du siège de ce château en 1019; elle sera suivie d'une seconde sédition dans les années 1033 - 1038.
Le pouvoir comtal s'effondre et les différentes factions de la noblesse tentent d'imposer leur loi en recourant au recrutement de guerriers professionnels. Ainsi à Arles, les couches aisées de la population se militarisent (miles) à l'instar des Porcelet et adoptent un genre de vie guerrier. Une des conséquences en est la transformation du bâti de la ville avec la construction de nombreux bastions privés urbains.
De plus, en ce début de siècle jusque vers les années 1030-1040, le patrimoine des grandes familles, notamment celle des Baux et des Vicomtes de Marseille, s'agrandit, moins par des spoliations de biens ecclésiastiques que par des concessions archiepiscopales en bénéfice ou précaire rapidement intégrées au patrimoine hériditaire. Ces concessions sont souvent les contreparties de l'appui à l'Église arlésienne des familles aristocratiques dont les prélats sont issus.

En septembre 1032 à la mort de Rodolphe III de Bourgogne, Arles qui fait partie du Royaume de Bourgogne depuis 934 est rattachée à l'Empire. Cette situation ne change rien : les empereurs germaniques non possessionnés en Provence ne disposent malgré leur titre d'aucun pouvoir supplémentaire. Toutefois des liens sont établis entre l'Empire et Arles. Par exemple, en 1046 l'archevêque d'Arles Raimbaud (1030-1069) agit en prélat du Saint‑Empire : il participe au concile de Sutri et assiste à Rome, au couronnement de l'empereur Henri III qu'il rencontre personnellement. Les arlésiens vont par la suite profiter de cette situation jusqu'au milieu du XIIIe siècle (mort de Frédéric II) pour jouer l'Empereur distant contre le comte relativement trop présent.

En réaction à cette violence, l'Église tente de promouvoir la paix de Dieu. En 1037 et 1041, les conciles tenus à Arles présidés par Raimbaud de Reillanne, archevêque d'Arles (cf. conciles d'Arles), précisent les règles de la Paix de Dieu : les chevaliers ont interdiction de faire la guerre, d'abord le samedi, puis du mercredi soir jusqu'au lundi matin. Raimbaud de Reillanne est le seul prélat arlésien du XIe siècle qui affirme encore la primauté de son siège sur les autres diocèses provençaux. Il sera également un promoteur actif de la réforme grégorienne en Provence tout en ménageant jusqu'à la fin de sa vie les grandes familles aristocratiques de Provence.

Dans le cadre de cette réforme, le Saint-Siège essaye aussi d'éliminer les prélats issus des grandes familles provençales qui ont tendance à mener une politique personnelle plus dans l'intérêt du patrimoine familial que de celui de l'Église. Le cas d'Aicard, archevêque de la ville, de la famille des vicomtes de Marseille, qui a pris parti pour l'empereur Henri IV contre le pape Grégoire VII dans la Querelle des Investitures à la fin des années 1070, en est un bon exemple. En l'espèce à Arles, cette tension d'ordre religieux se double d'un problème politique entre le comte et l'archevêque qui à cette époque est aussi un seigneur féodal.
Le comte de Provence Bertrand (1063-1093) qui a transféré la résidence comtale d'Arles à Tarascon en 1063 se trouve alors affaibli. Incapable d'assurer la paix, le comte demande par exemple en 1065 aux puissantes familles arlésiennes d'assurer la protection des biens de Saint Victor.
Il est par ailleurs doublement opposé à Aicard d'abord à propos de la nomination de Bermond comme abbé de Montmajour (les comtes considèrent en effet comme faisant partie de leur domaine cette riche abbaye qu'ils ont transformée en nécropole familiale) et aussi parce qu'il redoute la puissance de la famille des vicomtes de Marseille. Il recherche donc l'appui du pape en accusant l'archevêque de simonie et en se plaçant sous la protection papale.
Le prélat arlésien est toutefois soutenu par le peuple, le clergé, les familles des Baux et des Porcelet et le comte de Saint-Gilles, Raimon IV. Ainsi, la ville refuse la destitution en 1080 de son archevêque Aicard et interdit l'entrée à Gibelin de Sabran, le nouveau prélat désigné par le pape .
Ce n'est qu'après 1096 que l'Église profitant de l'absence des dynasties locales, parties en croisade, pourra mettre de l'ordre dans sa hiérarchie, plaçant des réformateurs non liés aux familles vicomtales à la tête de son évêché. A Arles, la rebellion épiscole d'Aicard va entrainer un déclin du diocèse arlésien jusqu'au milieu du XIIe siècle.

Sur le plan économique, le mouvement de reprise amorcé dès la fin du Xe siècle continue après l'an 1000. Des terres sont remises en culture et dans la région de nombreuses chapelles sont baties pour le service paroissial des laboureurs nouvellement installés. La cité elle-même se développe : une charte de l'année 1015 (Cartulaire de Saint-Victor) signale la présence de maisons à l'extérieur des murs de la ville, non loin de la porte Saint-Etienne.
Après les années de tension et de conflits 1015 - 1040, la ville s'ouvre aux commerçants italiens au milieu du XIe siècle à l'époque où Gênes et Pise deviennent des puissances en Méditerranée. Un acte authentique précise : les Pisans, les Génois et les autres Lombards qui viennent à Arles.
Dans la seconde moité du siècle, les défrichements reprennent essentiellement sous la forme d'assèchements de marais, comme par exemple ceux entourant l'abbaye de Montmajour sur lesquels les moines et la ville d'Arles s'opposent avant de conclure un compromis en 1067. De même en 1073, un document indique que les moines de Saint-Victor peuvent assécher les marais de Vaquières en Crau.

notes
À propos de cette situation, on peut signaler que le pape Urbain II de passage en France quinze ans plus tard, en 1095-1096, pour précher la première croisade (Concile de Clermont en 1095) sillonne de nombreuses villes du Languedoc et de Provence (Montpellier, Nimes, Saint-Gilles, Tarascon, Avignon, Aix, Cavaillon, …) tout en évitant soigneusement la cité d'Arles encore aux mains d'un évêque banni.

XIIe siècle

La cité va être au cours de ce siècle l'objet d'un mouvement d'émancipation urbaine, l'un des plus anciens de Provence. Ce mouvement s'inscrit dans un contexte d'une grande instabilité politique.

Installation de la 2 dynastie des comtes de Provence et du consulat
Probablement à l'initiative de l'Église qui profite de l'absence de la maison de Toulouse (avec qui est elle plus ou moins en conflit, cf. affaire de l'archevêque d'Arles Aicard), le comté de Provence passe en 1112, par le jeu d'un mariage et de donations, de la comtesse Gerberge de Provence à Raimond Berenger, comte de Barcelone et époux de sa fille ainée Douce. C'est le début officiel de la deuxième dynastie des comtes de Provence. Toutefois cette transaction est contestée et dès le début du siècle, entre 1110 et 1125, la Provence est déchirée par la rivalité entre les différents comtes qui peuvent prétendre au comté par la branche féminine (comtes d'Urgell, de Barcelone et de Saint-Gilles). Ce conflit oblige chacun à se prononcer sur son camp en tenant compte de ses intérêts (impacts de la réforme, politique patrimoniale, …) :
  • Entre 1110 et 1116, les Baux interviennent avec le comte de Provence dans un faide contre les meurtriers du comte Gerbert (ou Gilbert) assassiné en 1110, dont ils récupèrent les domaines (notamment en Camargue).
  • En 1114-1115, de nombreux nobles arlésiens (les Porcelet, les Baux) participent avec le comte de Provence et les Pisans à la croisade de Majorque. Ceci dit, cette participation de laïcs à cette expédition ne traduit pas forcément, comme l'histoire le montrera, une adhésion au programme de réforme de l'Église.
  • de 1119 à la fin des années 1120, ce conflit reprend à la majorité d'Alphonse Jourdain qui marque le retour de la maison de Toulouse après vingt-cinq ans d'absence en Provence, à la suite des croisades et de la jeunesse du prince. A cette occasion Alphonse Jourdain reçoit l'appui des grandes familles, notamment arlésiennes, en mémoire des liens tissés par son père Raimon IV avec la noblesse provençale et en raison des oppositions suscitées par les progrès de la réforme de l'Église. Dans ce conflit opposant les maisons de Toulouse et de Barcelone, l'archevêque d'Arles suit le parti du pape, c’est à dire les comtes de Barcelone. Ce conflit va entraîner de vives tensions entre la maison des Baux, qui soutient Alphonse Jourdain, et l’archevêque Atton (1115-† 1129). L’engagement de l’archevêque Aton aux côtés de Raimond Berenger I …, alors que les Baux choisissent le camp d’Alphonse Jourdain, provoque sans doute une première rupture, que vient consommer le statut des légats du pape Innocent II (1130-1143) de ses deux successeurs . Ainsi le 3 février 1120, le pape Calixte II mande l'archevêque d’Arles, de réprimer les déprédations de Guilhem Porcelet, seigneur arlésien allié des Baux. Ce même pape, le 22 avril 1122, informe Atton de l’excommunication d’Alphonse Jourdain de Toulouse
Finalement un accord est signé le 15 septembre 1125 . Ce traité qui partage la Provence n'inaugure toutefois pas une période de calme. Désormais les comtes de Toulouse, soutenus par les Baux qui ont changé d'alliance, et de Barcelone-Provence saisissent toutes les occasions pour améliorer leurs positions respectives. Ce jeu d'intrigues et de compétition va être la raison de chocs ininterrompus d'autant plus que la capitale de la Provence, Arles, se trouve elle-même dans une situation politique instable. La ville en effet est découpée en quartiers appartenant à des seigneurs féodaux (archevêque, familles aristocratiques, comte de Toulouse) différents, souvent en conflit, mais unis objectivement dans le refus de laisser le comte de Provence devenir possessionné dans la cité.

La mort de Raimond-Berenger, le 19 juillet 1131 affaiblit la maison de Barcelone et donne l’impulsion supplémentaire nécessaire dans la cité d'Arles à la création dès 1131 d’un consulat. Les arlésiens s'inspirent des villes italiennes Pise et Gênes dont les marchands fréquentent leur port, et de leur voisine Avignon qui a instauré un consulat deux ans plus tôt.

  • D’après ANIBERT, historien arlésien du XVIIIe siècle, le consulat aurait été créé en réponse à la montée des menaces de conflit entre la Maison des Baux et celle des Comtes de Provence : Les préparatifs de guerre que faisaient sourdement les Seigneurs des Baux , contre la Maison de Barcelone à la mort de Raymond-Berenger premier (il s’agit de Raimond Berenger III comte de Barcelone, 1082-1131, parfois appelé Raimond Berenger Ier comte de Provence) et peut-être quelque temps auparavant, durent décider les Arlésiens à ce grand changement, et engager l’Archevêque à s’y prêter. Les circonstances exigeaient qu’on donnât à la Ville des Chefs capables de porter les armes au besoin… Quoiqu’il en soit, l’Archevêque lui-même concourut à l’institution du Consulat, non comme un Seigneur qui autorise les démarches de ses vassaux, mais comme Chef de la confédération.
  • Un historien moderne, Jean Pierre POLY précise : c’est la force et la puissance des chevaliers citadins qui donnent naissance aux premières communes provençales, avant le milieu du XIIe siècle.

Le rôle grandissant des arlésiens est ainsi consacré par l’apparition d’un consulat de caractère aristocratique avec le soutien (opportuniste ?) de l'archevêque d'Arles, Bernard Guerin (1129-1138). Quelques annés plus tard en 1150, ce consulat est renforcé par une charte de l'archevêque Raimon de Montredon (1142-1160), prélat d'origine languedocienne qui manifeste une neutralité bienveillante vis-à-vis d’Alphonse Jourdain dans le conflit opposant les maisons d’Aragon et de Toulouse. Toutefois en 1156 (ou en 1150 ?), on signale une révolte de la ville d'Arles contre son archevêque, sans très bien en connaître les détails et les raisons. Quoiqu'il en soit, les premiers statuts de ce consulat sont rédigés dès les années 1160.

Dans les années 1130-1140, malgré le traité de 1125, l'autorité du comte autour de la région d'Arles est presque nulle, en dehors d'une suzeraineté nominale. Et les seigneurs des Baux font valoir à partir de 1144, au titre de leur union avec la fille cadette de Gerberge, Etiennette, leurs droits au comté de Provence auprès de l'Empereur Conrad. La mort sans doute non fortuite du comte Berenger Raimond, cette même année à Melgueil, tué par les Génois alliés du comte de Toulouse déclenche les Guerres Baussenques qui vont durer jusqu'en 1162 et se terminer par la défaite des Baux.
Ces guerres, auxquelles participent dans un premier temps les arlésiens comme alliés des Baux, ont pour cadre la région d'Arles et plus particulièrement le château de Trinquetaille, place forte de cette famille. C'est probablement en relation avec ces luttes qu'il faut appréhender la révolte évoquée précédemment des arlésiens contre leur archevêque en 1156 ou en 1150. Au terme de conflits successifs (1144-1150, 1156 et 1162), le comte de Provence fait raser le château de Trinquetaille et bloque le développement économique de ce quartier -il contrôle ainsi la richesse de la maison des Baux- en interdisant port et foires commerciales.

C'est à peu près à cette époque (1150-1160) que les archevêques d'Arles font de Salon-de-Provence leur résidence principale lorsque l'archevêque d'Arles, Raymond de Montredon devient seigneur de Salon. La richesse du terroir, la protection offerte par le château de l'Empéri d'une part et l'agitation urbaine d'Arles d'autre part, expliquent ce choix dans une période troublée par les guerres et les révoltes. La ville et son château sont ainsi liés pendant presque huit siècles à la temporalité de l'Église d'Arles.

…(1165-1180) / à faire : paix de J. 1176

Dans ce contexte de faiblesse des comtes, Frédéric Ier Barberousse (1122-1190), empereur germanique depuis 1155 et suzerain de la Provence souhaite reprendre le vieux titre de Roi d'Arles et rappeler ainsi son autorité. Il confirme alors de nombreux privilèges de l'Église d'Arles, intervient diplomatiquement dans les guerres Baussenques et se fait couronner le 31 juillet 1178 dans la basilique Saint-Trophime par l'archevêque Raimond de Bollène (1163-1182) en présence de tous les grands du royaume à l'exception notable du comte de Provence et de Barcelone.

Cause ou conséquence, c'est à cette époque, vers 1180, que les comtes de Provence délaissent Arles et s'installent à Aix et que la cité se dote d'un gouvernement connu dans l'histoire sous le nom de République d'Arles (1180-1251) à l'instar des villes italiennes avec qui la cité entretient de nombreuses relations.

…(1180-1200) / à faire : avant et après 1190, mort de F Barberousse

Vie économique et religieuse au XIIe siècle
Sur le plan économique, au XIIe siècle, le port d'Arles est actif comme en témoignent les épisodes de la guerre maritime et les statuts de la ville.
  • Il existe une flotte militaire arlésienne : en 1114, des bateaux de la cité participent à la croisade de Majorque; en 1120, la flotte d'Arles (14 navires conduits par les Baux et les Porcelet) aide les Galiciens contre les mulsumans de Espagne; enfin, en 1165, des navires arlésiens participent avec les Pisans à la tentative d'interception du pape Alexandre III.
  • l'article 140 des statuts de la ville (rédigé entre 1160 et 1200) précise les conditions d'embarquement des pélerins à Arles.
Les chevaliers et les probi homines arlésiens bénéficient du développement des échanges, notamment par les revenus de la lesde, des tonlieux et du sel. Accumulant d'énormes richesses qui en feront les bailleurs de fonds des comtes, ils deviennent extrêmement puissants.
La communauté juive d'Arles, relativement importante, profite également de l'essor du commerce. En 1165, Benjamin de Tudèle dénombre deux cents chefs de famille dans la cité; ils contrôlent une partie du commerce des produits de luxe et celui du vermillon et certains d'entre eux s'occupent des affaires de l'archevêque, du comte et des Baux.
Sur cette base de deux cents chefs de famille juifs, on peut tenter une estimation de la population globale de la cité : environ 8.000 à 10.000 habitants. C'est une estimation proche de celle de l'historien Louis STOUFF qui juge le chiffre de 5.000 à 6.000 avancé par Erika ENGELMANN à la date de 1200, comme probablement en deçà de la vérité.
Arles bénéficie aussi des croisades; on rapporte ainsi que la première attestation en France de moulins à vent (d'origine moyen-orientale), figure dans une charte de la ville d'Arles datée de 1170.
Toutefois, au XIIe siècle Arles ne réussit pas à capter à son profit le trafic international renaissant (draps des Flandres, épices et produits du Levant) qui fait la fortune de Saint-Gilles, ville neuve établie à environ vingt kilomètres en aval du Petit Rhône à côté d'un ancien marché aux portes d'une abbaye, favorisée par un pélerinage et par l'installation de marchands italiens qui en quelques années en font le port commercial le plus actif de la région rhodanienne.

Le XIIe siècle est sur le plan religieux une époque de transformations.
Le 29 septembre 1152, Raimon de Montredon organise la translation des reliques de saint Trophime, des Alyscamps à la basilique Saint-Etienne, qui perd probablement alors ce patronyme au profit de l'actuel Saint-Trophime. En 1170, débute la réalisation des façades sculptées de la basilique Saint-Trophime d'Arles et de Saint-Gilles-du-Gard (art roman) (fin en 1220). Selon d'autres sources, ces travaux commencés plutôt dès les années 1152, seraient terminés en 1178, à la date du couronnement dans cette basilique de l'Empereur romain germanique, Frédéric Ier Barberousse. Des travaux de transformation dans le style roman sont également signalés à cette époque sur d'autres églises d'Arles et de sa région (cf. l'église fortifiée des Saintes-Maries-de-la-Mer, vers 1175).
A côté des modifications du bâti cultuel, les nouveaux ordres religieux fondés à la fin du XIe ou au début du XIIe siècle s'implantent dans la cité et contribuent à l'évolution religieuse de la ville.

  • Les ordres militaires : les Hospitaliers de Saint-Jean créent la maison de Saint-Thomas de Trinquetaille ; l'ordre des Templiers, fondé en 1119, est à Arles vers 1142 au nord de la porte du Bourg-Neuf à laquelle ils ont donné leur nom (Porte de la Milice ou Porte de la Cavalerie) et s'installe ensuite rapidement en Camargue dès les années 1160. Les deux ordres acquièrent de très grandes possessions ce qui entraîne l'hostilité du patriciat arlésien.
  • les Cisterciens : ils fondent une abbaye en Camargue initialement à Ulmet vers 1180, puis à Sylvéral.

notes
- Ce traité établit un marquisat de Provence, au Nord de la Durance, attribué à Alphonse Jourdain (comte de Toulouse) et un comté de Provence, au Sud, dont Arles est la capitale, et qui revient à Raimond Bérenger (Comte de Barcelone). Cet accord est à la fois un traité de partage de la Provence et une convention destinée à étouffer les revendications provençales d'un prétendant plus modeste : le comte de Forcalquier.

XIIIe siècle

La fin de la république d'Arles
Le mouvement d'émancipation qui a miné le pouvoir politique de l'archevêque et menacé celui du comte de Provence à la fin du XIIe siècle va se poursuivre jusqu'au milieu du siècle suivant dans un contexte différent avec de nouveaux belligérants. Il s'agit principalement des anciennes et nouvelles familles aristocratiques arlésiennes, des seigneurs du nord attirés par les terres méridionales, des rois de France avec leurs ambitions sur l'Aquitaine et la Provence, et des papes confrontés à l'hérésie cathare. A Arles, s'y rajoute un problème de pouvoir entre les grandes familles, le comte et l'archevêque.

La cité connait donc dès le début du XIIIe siècle une série de troubles urbains qui vont opposer progressivement l'ensemble de ces protagonistes, anciens et nouveaux, au gré d'alliances fluctuantes :

  • d'abord un conflit entre les familles des Baux et celle des Porcelet, entre l'ancienne aristocratie provençale et la nouvelle. Ce conflit qui a des racines locales dès 1200, résulte aussi d'un processus politique concernant l'application du traité de 1193 relatif au comté de Forcalquier. A partir de 1202, il oppose d'un côté Guilhem IV de Forcalquier, Raimon VI de Toulouse et la famille des Baux, et de l'autre côté, le comte de Provence et les Porcelet. A Arles même, il dégénère en une lutte entre quartiers : le Vieux-Bourg des Porcelet, le Bourg-Neuf des Baux et la Cité de l'archevêque. L'enjeu en est le contrôle du Méjan, quartier frontalier aux lisières du Rhône, du Vieux-Bourg et de la Cité.
  • ensuite le comte de Provence adopte une nouvelle stratégie anti-épiscopale et d'alliance avec le comte de Toulouse dans la mesure où il craint les visées politiques de l'église, avec la tournée du légat Peire de Castelnau (1203). Dans ces conditions, les Baux et les Porcelet passent en juillet 1207 à Arles un pacte avec Alphonse II avec lequel ils décident d'unir leur efforts contre l'archevêque de la ville.
  • en janvier 1208, cette attitude anti-épiscopale se traduit par le meurtre de Peire de Castelnau assassiné par un proche du comte de Toulouse et des Porcelet aux portes d'Arles (probablement à Fourques ou à Trinquetaille). Les conséquences de ce meurtre, c'est la croisade des albigeois entreprise dès l'été 1209 par les troupes conduites par Simon de Montfort qui déferlent en Provence et Languedoc. Le parti anticlérical arlésien est alors sévèrement chatié : le château des Porcelet érigé sur l'ile de la Cappe est par exemple démantelé.
    A la veille de la bataille de Muret (1213), l'archevêque d'Arles, Michel de Morèse qui a su profité du retrait du comte de Provence et de la présence des légats et croisés, parvient ainsi à rétablir sa domination complète sur la cité.
  • Après le concile de Latran de 1215 où Guilhem Porcelet conseille le comte Raimon VII de Toulouse, les Porcelet participent au siège de Beaucaire et à la reconquête de la Basse Provence par la maison de Toulouse en 1216. Ils ne parviennent cependant pas à détacher les arlésiens de leur fidélité à leur archevêque.

Après cet épisode, le comte de Provence entreprend de réduire l'autonomie des familles aristocratiques de Provence.

En réaction à cette tentative entre 1220 et 1235, les Porcelet, les Baux et les autres familles unissent leurs efforts à l'oligarchie arlésienne (République d'Arles) qui entame une politique unitaire sous l'égide du podestat. Sous la direction de ces gouverneurs aux pouvoirs temporaires (il s'agit généralement d'étrangers non liés aux factions arlésiennes, pour la plupart italiens, recrutés et renouvelés chaque année pour assurer un gouvernement neutre de la cité) mais quasi dictatoriaux, les arlésiens agrandissent le territoire de la commune et entrent en conflit avec Marseille (vers 1228-1230) qui cherche également à construire un hinterland. La cité a également une politique étrangère et passe des accords avec des villes voisines (Nimes, …) et des cités républiques italiennes.
Mais ce consensus face à un ennemi commun s'avère des plus précaires.

L'épiscopat de Jean Baussan marque un tournant dans l'histoire de la ville d'Arles : à la suite des troubles de 1234-1237 puis surtout de ceux de 1245-1250, l'archevêque qui a demandé l'aide du comte de Provence dans son conflit avec le pouvoir urbain, perd la plupart de ses prérogatives temporelles sur la ville. L'émancipation de la cité est également stoppée à la suite de la capitulation de la ville en 1251 devant les troupes de Charles d'Anjou.
La ville perd alors une grande partie de ses droits et son autonomie. Elle est spoliée de tous ses biens par le comte de Provence qui lui en laisse cependant la jouissance et l'autorité est désormais assurée par un représentant de comte, le viguier.

notes
- Jusqu'en 1216 …

La fin du XIII : un déclin politique accompagné d'une prospérité économique

Jacques de Molay, le grand Maitre des Templiers tient une réunion de l'ordre à Arles en 1296

Les XIVe et XVe siècles

A partir du milieu du XVe siècle, la ville d'Arles aux prises avec des guerres, des disettes liées aux inondations et aux sécheresses et à des épidémies dont la fameuse peste noire de 1348, voit sa population se réduire fortement. Le plus bas sera atteint un siècle plus tard, vers 1440, la ville étant alors passé d'environ 12000 (en 1337) à 5000 habitants. D'autre épidémies de peste frappent la ville en 1398, 1450 et 1481. La démographie arlésienne en est très affectée et la cité ne retrouvera ses effectifs du début du XIVe siècle qu'à la veille de la Révolution.
Paradoxalement, la cité et le pays d'Arles forts demandeurs en main d'oeuvre (travaux agricoles, volonté d'accueillir des artisans, …) deviennent un centre important d'immigration, d'abord avec des populations de la Provence occidentale, puis du sillon rhodanien jusqu'à Genève et enfin du Cantal et de la Lozère. Ce flux migratoire sera à l'origine de la reprise démographique de la cité à la fin du XVe siècle.

Pour l'archevêché d'Arles, le XIV siècle n'est pas plus favorable que le XIII : recul démographique affectant les clercs et entrainant la disparition de paroisses urbaines, destruction des églises du faubourg, et surtout installation de la papauté à Avignon (1309). Les prélats arlésiens sont peu présents dans leur diocèse et Arles cesse d'être la résidence de ses archevêques.

En 1365, le 4 juin, Charles IV roi de Bohême se fait couronner comme son prédécesseur Frédéric Barberousse, Roi d'Arles à la cathédrale Saint-Trophime.

Le 14 novembre 1396 une crue du Rhône, signalée par le chroniqueur arlésien Bertrand Boysset noie les bas quartiers de la ville (la Roquette) sous deux mètres d'eau : … il y eut un grand déluge d’eau du Rhône et des marais… et noya Montlong, La Cape, la Haute-Camargue et les marais salants de Peccais… (A Arles) L’eau monta du lundi soir au mardi à l’heure de tierce, de onze palmes de hauteur…(soit environ 2,20 m). J’ai eu tant d’eau dans ma maison que cela recouvrait les six premières marches de l’escalier … .

Sous l’archiépiscopat d’ Eustache de Lévis (1475-1489), le climat entre les communautés chrétiennes et juives se dégrade et les tensions aboutissent au sac de la juiverie d’Arles en juin 1484.

En 1483, Arles, Terre Adjacente de Provence, est réunie avec celle-ci au Royaume de France peu de temps après la mort du Roi René (1481), son dernier comte.

En 1497, la place située devant Saint-Trophime est agrandie.

XVIe siècle

L'annexion d'Arles au Royaume de France se fait sans difficulté. François I passe à Arles en 1516 lors de son retour d'Italie et visite les monuments romains. Quelques années plus tard, le 20 août 1536, les Arlésiens témoignent de leur attachement à leur récente patrie en arrêtant la seconde invasion de la Provence conduite par Charles-Quint.

La paix revenue, Arles s'enrichit grâce à son vaste terroir progressivement mis en culture. C'est de cette époque que datent le premières tentatives modernes de dessèchement des marais qui entourent la ville.

  • En 1540, la ville d'Arles aurait ainsi négocié à ce sujet avec le comte de Paucallier.
  • Près d'un demi-siècle plus tard, Jacques Audier et Philippe Larcher font de nouvelles propositions concernant les marais du Trébon, du Plan du Bourg et Coustières de Crau. Ces propositions restent sans suite sans doute à cause des sommes énormes nécessaires.
  • Enfin en 1599, le roi Henri IV fait publier un édit accordant au hollandais Berg-op-Zoom, le privilège exclusif de faire le dessèchement de tous les marais de France.

Des travaux d'irrigation sont également entrepris, dont le plus significatif, le canal de Craponne (du nom de son constructeur Adam de Craponne) creusé dans les années 1550, relie la Durance au Rhône en aval d'Arles.
Cette période de prospérité se traduit par le développement artistique de la cité. Plusieurs monuments publics (la Tour de l'Horloge couronnée de la fameuse statue de l'Homme de Bronze coulée en 1555, la porte de la Cavalerie en 1558,…) et des hôtels particuliers de style Renaissance (place du Sauvage, rue Jouvène, …) sont alors édifiés. Un écrivain arlésien Quiqueran de Beaujeu (1526-1550), évêque de Senez nous a laissé un témoignage de cette époque dans un ouvrage curieux "De laudibus Provinciae" (Eloge de la Provence) dans lequel il décrit la chasse, la pêche et les cultures d'alors.

Toutefois ces heures heureuses pour la cité s'achèvent au début des années 1570. En effet, la fin du siècle est marquée par des épidémies de peste (en particulier celle de 1579-1580) et des inondations. A ces calamités naturelles se rajoutent les guerres de religion (principalement entre 1576 et 1595) au cours desquelles la ville suit le parti de la Ligue. Ces temps de troubles religieux et politiques ne prendront fin qu'avec l'abjuration et surtout le couronnement d'Henri IV, le 27 février 1594.
Après toutes ces épreuves la situation financière d'Arles est catastrophique : fortement endettée la cité doit dès lors se résoudre à vendre une partie des biens communaux.

XVIIe siècle

Au début XVIIe siècle, la ville est toujours dans son enceinte qui est restaurée en raison des conflits de religion latents en Provence et Languedoc.

Après 1625, des conditions climatiques favorables et un Rhône clément permettent un accroissement important de la production agricole; ces conditions relancent l'idée de l'assèchement des marais, jugés terres improductives et pathogènes. Une convention est ainsi passée le 16 juillet 1642, entre les consuls, une association et Jean Van Ens, ingénieur hollandais, pour le dessèchement des terres marécageuses. Malheureusement, une conception insuffisante et une recrudescence des crues entraînant des coûts d'entretien trop importants vont ruiner le succès initial de l'entreprise.

L’architecture s’ouvre aux idées nouvelles d’Italie mais la Cité reste la même : les riches propriétaires s’agrandissent et construisent de somptueuses demeures héritées de l’art de la Renaissance. La vie artistique et intellectuelle s'inspire de la Cour à la suite du passage du roi Louis XIII dans la ville (1622).
Au niveau du tissu urbain, les seules modifications notables sont apportées par les établissements religieux édifiés récemment dans le cadre de la Contre-Réforme tout autour de la ville (Capucins, Carmes).
A compter de 1679, une politique d’alignement est entreprise par les consuls. Ceux-ci « délibèrent un alignement général des rues pour les rendre plus agréables et plus commode ». Cette politique d’alignement qui se poursuit jusqu’à la Révolution, modifie considérablement l’aspect du centre-ville .

XVIIIe siècle

La peste de 1721 provoque un désastre démographique à Arles : elle emporte environ 9.000 habitants sur les 23.000 que compte alors la cité.

Au début de 1752 (fin janvier, début février), l’archevêque de Jumillac intervient à Arles pour apaiser une émeute liée à une pénurie de blé générée par la spéculation. Il ordonne de faire des distributions de pain au peuple. Toutefois, les meneurs de l'émeute sont sévèrement châtiés ; l’un est pendu, huit condamnés aux galères à vie et d’autres à dix et cinq ans.

Vers le milieu du XVIII siècle, apparaissent des établissements industriels et artisanaux autour des murailles.

Dès les premiers mois de la Révolution, Pierre-Antoine Antonelle, d’origine aristocratique et chef mythique des « Monnaidiers » (partisans de la Révolution) devient le plus important protagoniste de la Révolution française à Arles. Elu en 1790 maire de la ville, il s’oppose dans la cité à l’archevêque Monseigneur du Lau.

En punition des les sentiments légitimistes de la cité, la Convention nationale condamne la ville d'Arles à raser ses remparts, ce qui ne sera réalisé que partiellement.

XIXe siècle

Au XIXe siècle, Arles est marquée profondément par le choléra. La cité subit 9 épidémies successives correspondant aux 2e,3e,4e et 5e pandémies de cette maladie.

Vers 1824 le Baron de Chartrouse, maire d'Arles entreprend de remettre en valeur la patrimoine bâti en dégageant les Arènes, puis le théâtre antique.

Au début du XIXe siècle, le port d'Arles est encore important : il possède 104 bateaux en 1804, ce chiffre passant à 152 en 1847. En 1837, le port de la cité est au 13e rang national devant des villes maritimes comme Brest, Saint-Malo ou Cherbourg.
Toutefois, un peu plus tard, Arles perd son monopole de la navigation sur le Bas-Rhône à cause des chemins de fer dès 1848 (ligne Paris-Lyon-Marseille) puis de Saint-Louis, port créé à l'embouchure du Rhône à partir de 1882. Le chemin de fer révolutionne l’économie et la physionomie des activités au détriment du port fluvial. La Cité se vide ainsi de ses marins qui représentaient avec leurs familles près du tiers de la population de la ville.

La ville trouve cependant un second souffle dans l’industrie. Les ateliers des chemins de fer qui recouvrent les Alyscamps attirent dès 1848 une nouvelle population. Un peu plus tard, des ateliers de construction navale apparaissent à Barriol et des dragues fabriquées à Arles sont livrées dans le monde entier. La population rurale, qui constituait encore 40 % des habitants de la ville vers 1850, quitte la cité. En moins d’un demi siècle Arles devient une ville ouvrière.

A cette époque, c'est-à-dire à partir du milieu du XIXe siècle, la ville se transforme profondément en se dotant de nombreux équipements. On voit s’élever les Haras, le canal d’Arles à Bouc est creusé, la promenade des Lices aménagée, les Arènes et le Théâtre antique ont été dégagés. Les crues des années 1840 et surtout celle de 1856, entrainent la construction de quais qui protègent la ville du fleuve. L'urbanisme du Second Empire se traduit dans la cité par le percement de nouvelles artères (rue Gambetta, ..), l’aménagement de deux ponts sur le Rhône, un pour le train en 1850 et l’autre en 1875 pour relier la ville à Trinquetaille sur la rive ouest du Rhône à la place du pont de bateaux, et la construction de nouveaux bâtiments à usage collectif : poste, écoles, théâtre, magasins.
La ville se développe enfin en périphérie par extension de faubourgs, notamment au sud du boulevard des Lices, où s’installe une caserne d’infanterie. Le décor architectural, néoclassique au début du XIXe siècle, devient plus éclectique après 1850.

Son territoire est également mis en valeur. En 1856, des industriels batissent Salin-de-Giraud au sud de la commune pour l'exploitation du sel. Un peu plus tard, en 1892, deux lignes de chemin de fer sont créées pour la mise en valeur de ces salins et le développement de la Camargue (transport du sel, de produits agricoles, de matériaux de construction et de voyageurs) .

Chronologie

  • 1810 : démolition de la porte médiévale Saint-Etienne.
  • 1817 : la sous-préfecture de Tarascon est déplacée à Arles.
  • 1825 : début des travaux de déblaiement des arênes d'Arles
    • Le baron de Chartrouse (1772-1843), maire d'Arles, décide à partir de 1825 de dégager le théâtre et l'amphithéâtre romains des maisons qui l'encombrent. Il fait racheter une à une plus de 250 habitations et met en œuvre les expropriations et les destructions.
  • 1830 : 1ère course de taureaux dans les arênes libérées des habitations
  • 1832 : 1ère épidémie de choléra à Arles (2ème pandémie mondiale) en septembre-octobre (452 décès)
  • 1833 : début des travaux de déblaiement du théâtre antique
  • 1834 : mise en service du canal d'Arles à Bouc commencé sous Napoléon 1er
  • 1835 : 2ème épidémie de choléra à Arles (2ème pandémie mondiale) en juillet-août (438 décès)
  • 1840 : crue du Rhône avec inondation de la ville et des campagnes
  • 1846 : début d'une crise économique et agricole (1846-1847)
  • 1848 : le chemin de fer de la ligne Paris Lyon Marseille (PLM) arrive à Arles (grâce à Lamartine). La ville reconnaissante donnera plus tard son nom à une place de la ville
  • 1849 : éclairage des rues d'Arles; 3ème épidémie de choléra à Arles (3ème pandémie mondiale) en septembre-octobre (446 décès)
  • 1850 : installation d'un château d'eau alimenté par une pompe à vapeur puisant dans le Rhône
  • 1852 : 4ème épidémie de choléra à Arles (3ème pandémie mondiale) de juin à septembre (nombre de décès ??)
  • 1854 : fondation du Félibrige
  • 1854 : 5ème épidémie du choléra à Arles (3ème pandémie mondiale) du 15 juin au 23 août (1038 décès)
  • 1856 : crue de printemps du Rhône. La ville et ses campagnes sont inondées. A la suite de cette catastrophe, la ville se protège en construisant les quais du Rhône
  • 1856 : visite du couple impérial à Arles. L'empereur Napoléon III veut se rendre compte des dégâts provoqués par les inondations
  • 1856 : création de Salin-de-Giraud au sud de la commune pour l'exploitation du sel
  • 1865 : 6ème épidémie de choléra à Arles (4ème pandémie mondiale) en septembre (283 décès)
  • 1866 : 7ème épidémie de choléra à Arles (4ème pandémie mondiale) qui dure un mois et demi (100 décès)
  • 1869 : 8ème épidémie de choléra à Arles (4ème pandémie mondiale) en septembre-octobre (nombre de décès ??)
  • 1873 : début d'une crise économique et sociale qui va se prolonger jusqu'en 1895
  • 1875 : construction du nouveau pont d'Arles à Trinquetaille. Il sera représenté dans plusieurs tableaux de Vincent Van Gogh. Cette même année naissance de Jeanne Calment, longtemps doyenne des Français et du monde, qui est née et décédée à Arles.
  • 1883 : aménagement du boulevard des Lices et percement de la rue Gambetta
  • 1884 : 9ème et dernière épidémie de choléra à Arles (5ème pandémie mondiale) de juillet à septembre (187 décès). Le choléra arrivé à Toulon par le bateau la Sarthe en provenance de Saïgon, gagne ensuite rapidement Marseille et Arles.
  • 1888 : en février Vincent Van Gogh s'installe à Arles, et y peint les plus célèbres de ses tableaux. Il y restera jusqu'au printemps 1889
  • 1892 : inauguration du train camarguais Arles - Salin-de-Giraud et Arles - Saintes-Maries-de-la-Mer pour la mise en valeur de la Camargue.

Galerie d'images


Image:Arles St Trophime Kreuzgang 20040828-237.jpg|Cloître de St Trophime Image:Arles St Trophime Kreuzgang 20040828-240.jpg|Cloître de St Trophime Image:Arles Hotel und Forum 20040828-255.jpg|Place du Forum Image:Montmajour Kreuzgang Detail 20040828-224.jpg|Cloître de l'abbaye de Montmajour Image:Arles Roman amphitheatre pillar ruins.jpg|Ruines du théâtre romain, au fond le clocher de St Trophime Image:Arles1.jpg| Arles en 1914 Image:France_Arles_Arena_North_Night.jpg|Arènes d'Arles (nuit) Image:Arles_St_Trophime_night.jpg|St. Trophime (nuit)

Administration


Maires d'Arles

Maires élus depuis 1790.
Avant le XVIIIe siècle
  • 1693-1705 : Jacques Nicolay (de)
Au XVIIIe siècle
  • 1705-1707 : Joachim Guillaume Nicolay (de)
  • 1789-1790 : Joseph Barras (de)
  • 1790-1791 : Pierre Antoine Antonelle (d'), premier maire élu
  • 1791-1792 : Pierre Antoine Loys
  • 1792-1792 : André Roullet
  • 1792-1793 : André Cadet Brun
  • 1793-1793 : Jean François Grignard de La Haye
  • 1793-1793 : Guibert (avec Jean François Grignard de La Haye)
  • 1793-1793 : Siffren Boulouvard (avec Jean François Grignard de La Haye)
  • 1793-1793 : André Cadet Brun (avec Jean François Grignard de La Haye)
  • 1793-1793 : Dominique Perrier (avec Jean François Grignard de La Haye)
  • 1793-1793 : Rolland (avec Jean François Grignard de La Haye)
  • 1794-1794 : Clarion
  • 1794-1794 : Honoré Jourdan
  • 1794-1794 : Maquinet
  • 1794-1794 : Paul Vespier
  • 1794-1794 : Maquinet
  • 1794-1794 : Paul Vespier
  • 1794-1794 : Maquinet
  • 1794-1794 : Gombert
  • 1794-1794 : Maquinet
  • 1794-1794 : Paul Vespier
  • 1794-1794 : Raymond Bonafoux
  • 1794-1794 : Jurand
  • 1794-1794 : André Michel
  • 1794-1794 : Guillaume André Brunet
  • 1794-1794 : Pierre Germain Volpeliere
  • 1794-1794 : Claude Valliere
  • 1794-1795 : Louis Bret
  • 1795-1795 : Trophime Tinellis
  • 1795-1795 : Antoine Rippert (ou Ripert ?)
  • 1795-1796 : Florentin Maureau
  • 1796-1797 : Pierre Pomme
  • 1797-1797 : Antoine Ripert (ou Rippert ?)
  • 1797-1797 : Joseph Martin
  • 1797-1797 : François Chabrier
  • 1797-1799 : Antoine Ripert (ou Rippert ?)
  • 1799-1804 : André Michel

Au XIXe siècle
  • 1804-1807 : Henry Roure (du)
  • 1807-1808 : Claude Valliere
  • 1808-1813 : Anne Joseph Louis Marie Grille d'Estoublon (de)
  • 1813-1815 : Jean François Sauret
  • 1815-1815 : Pierre Joseph Trimond Giraud (de)
  • 1815-1815 : André Cadet Pomme
  • 1815-1815 : Jean François Sauret
  • 1815-1815 : Thomas Orcel
  • 1816-1816 : Jean Aubert
  • 1816-1816 : Jean Baptiste Valentin Meyran de Lagoy (de)
  • 1816-1816 : Jean Aubert
  • 1817-1821 : Etienne Gabriel Perrin de Jonquieres (de)
  • 1821-1824 : Pierre Joseph Trimond Giraud (de)
  • 1824-1830 : Guillaume Michel Jérôme Meiffren Laugier, baron de Chartrouse
  • 1830-1830 : Jean Boulouvard
  • 1831-1831 : Pierre Fassin
  • 1831-1831 : Joseph Giraud
  • 1831-1835 : Florentin Pierre Maureau
  • 1835-1843 : Jean Boulouvard
  • 1843-1843 : Honoré Bizalion
  • 1843-1843 : Jacques Gay
  • 1843-1844 : Casimir Perrin de Jonquieres (de)
  • 1844-1845 : Jean Julien Estangin
  • 1845-1848 : Eugène Joseph Marie Grille (de)
  • 1848-1848 : Pierre Fassin
  • 1848-1848 : Joseph Giraud
  • 1848-1850 : Achille Moutet
  • 1850-1855 : Bernard Benoit Remacle
  • 1855-1865 : Jules Meiffren Laugier Chartrouse (de)
  • 1865-1866 : Jean Jacques Constantin Martin-Raget
  • 1866-1866 : Jacques Martin
  • 1866-1870 : Achille Moutet
  • 1870-1871 : Augustin Tardieu
  • 1871-1872 : Louis Remacle
  • 1871-1874 : Hilaire Quenin
  • 1872-1872 : Denis Mihle
  • 1873-1874 : Augustin Tardieu
  • 1873-1874 : Claude Gautier
  • 1874-1874 : Léger Etienne Ambroy
  • 1874-1876 : Léon Joseph Mauche
  • 1874-1876 : Raymond Paul Marc Delmas
  • 1874-1876 : Claude Dumas
  • 1876-1877 : Augustin Tardieu
  • 1876-1877 : Claude Gautier
  • 1876-1877 : Jacques Flechon
  • 1877-1877 : Louis Carrie
  • 1877-1878 : Augustin Tardieu
  • 1877-1877 : Claude Dumas
  • 1877-1880 : Nicolas Sinard
  • 1878-1880 : Emile Fassin
  • 1880-1880 : Amédée Gay
  • 1880-1884 : Jacques Martin
  • 1880-1884 : Antoine Rouchon
  • 1884-1888 : Amédée Gay
  • 1884-1888 : Nicolas Sinard
  • 1888-1894 : Jacques Tardieu
  • 1888-1894 : César Bernaudon
  • 1894-1894 : Daumas
  • 1894-1900 : Jacques Martin
  • 1894-1894 : Antoine Rouchon
  • 1894-1900 : César Bernaudon

Au XXe siècle
  • 1900-1908 : Honoré Nicolas
  • 1908-1919 : Jean Granaud
  • 1919-1932 : Joseph Vulcran Morizot
  • 1932-1934 : Noë Masson
  • 1934-1936 : Sixte Quenin
  • 1936-1939 : Joseph Imbert
  • 1939-1940 : Bonnard
  • 1940-1944 : Pierre du Lac
  • 1944-1945 : Pierre Boudin, dit Pouly, manadier
  • 1945-1947 : Cyprien Pilliol
  • 1947-1971 : Charles Raymond Privat
  • 1971-1983 : Jacques Perrot
  • 1983-1995 : Jean Pierre Camoin (RPR)
  • 1995-1998 : Michel Vauzelle (PS)
  • 1998-2001 : Paolo Toeschi (UMP)

Au XXIe siècle

Cantons

Arles est le chef-lieu de deux cantons :

Patrimoine


Arles est classée Ville d'Art et d'Histoire.

Une douzaine de monuments sont inscrits sur la liste de 1840 dressée par Prosper Mérimée. Une grande partie des monuments est protégée dès la première moitié du XXe siècle. Sur le territoire d’Arles il y a 44 monuments historiques classés et 48 monuments inscrits à l’inventaire supplémentaire au 1er janvier 2006. La grande majorité de ces édifices est située dans le centre historique.

Les monuments romains et romans de la ville d’Arles sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité depuis 1981.

Patrimoine historique

Patrimoine religieux

  • Église Saint-Trophime
  • Cloître de Saint-Trophime
  • Chapelle des Trinitaires
  • Chapelle de la Charité
  • Enclos de Saint-Césaire et cathédrale paléo-chrétienne
  • Eglise de la Major
  • Eglise Saint-Césaire
  • Eglise Sainte-Anne
  • Eglise des Dominicains
  • Grand Prieuré de Malte
  • Commanderie Sainte Luce

Patrimoine culturel

Personnalités nées à Arles


Jumelages


Voir aussi


Articles connexes

  • Archevêché d'Arles : histoire du diocèse d'Arles avec les évêques et archevêques d'Arles
  • conciles d'Arles : conciles tenus à Arles
  • Rhône : sur les inondations et les crues du fleuve à Arles
  • Vincent van Gogh : sur le séjour du peintre à Arles et les tableaux de l'artiste représentant la cité
  • Camargue : une partie du territoire d'Arles

Liens externes

Divers

  • Rencontres Photographiques d'Arles : Depuis 1968, ce festival de photographie, créé par l'écrivain Michel Tournier et le photographe Lucien Clergue, se tient chaque année à Arles au mois de juillet.
  • L'école Nationale Supérieure de la Photographiehttp://www.enp-arles.com est située dans cette cité.
  • La maison d'édition Actes Sud, une des grandes maisons d'édition française (elle a publié le prix Goncourt en 2004), est également située à Arles, au lieu de Paris comme la plupart de ses consœurs.
  • L'Arlésienne est le titre d'un conte du voisin Nîmois Alphonse Daudet, devenu ensuite un drame en trois actes mis en musique par Georges Bizet.
  • Un usage perdure de désigner une localisation dans la ville en utilisant la préposition en au lieu de à : Son influence s'étend en Arles et en Provence. Il faut attribuer cet usage (comme pour la ville d'Avignon) au temps où Arles était un royaume car c'est la règle en français dans ce cas, ou bien en association à l'expression le Pays d'Arles souvent employé dans la région à cause de l'étendue de la commune. Il n'est pas du tout justifié d'utiliser cette formule aujourd'hui, à part dans un contexte historique (pour désigner le royaume), ou lorsqu'on parle du pays; mais on l'emploie encore parfois pour la ville lorsqu'on veut utiliser un langage affecté ou snob.

Arles | Ville d'art et d'histoire

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