L'argile est une roche sédimentaire, composée pour une large part de minéraux spécifiques, silicates en général d'aluminium plus ou moins hydratés, qui présentent une structure feuilletée (phyllosilicates) qui explique leur plasticité, ou bien une structure fibreuse (sépiolite et palygorskite) qui explique leurs qualités d'absorption. L'argile ordinaire est également appelé silt.
On les classe en trois grandes familles selon l'épaisseur des feuillets ( 0,7 ou 1 ou 1,4 nm), qui correspondent à un nombre de couches d'oxydes tétraédriques (Si) et octaèdriques (Al, Ni, Mg, Fe2+, Fe3+, Mn, Na, K, ...).
L'interstice entre feuillets peut contenir de l'eau ainsi que des ions. Il en résulte des variations de la distance entre feuillets, et donc des variations dimensionnelles macroscopiques de l'argile quand elle s'hydrate (dilatation) ou s'assèche (contraction pouvant provoquer des fissures)
Les minéraux les plus communs dans les argiles sont :
À noter que ces minéraux ne se rencontrent pas isolément, mais dans des roches composées d'un mélange de minéraux typiques des argiles et d'autres minéraux ou matériaux associés (sable, oxyde de fer, calcaire, débris végétaux).
En géotechnique, où l'on s'intéresse avant tout au comportement mécanique des sols, on désigne par argile les matériaux de granulométrie inférieure à 2 micromètres (entre 2 et 50 µm, on parle de limon).
Les terres argileuses sont composées d'éléments très fins, provenant de la dégradation mécanique et chimique de roches préexistantes (en particulier les micas et les feldspaths). On trouve les bancs d'argile dans les sédiments déposés par l'érosion des eaux depuis l'ère Tertiaire, au pied des montagnes et dans les grandes vallées fluviales.
Une des manières de reconnaître les argiles est l'analyse par diffraction de rayons X.
Une simple analyse de diffraction ne donne pas de résultat intéressant : les phases cristallines en elles-mêmes ne sont pas différentes d'une argile à l'autre et du fait de la structure en feuillets, l'argile s'oriente lorsqu'on la dépose sur une lame de verre ; cette orientation préférentielle gêne l'analyse.
Pour différencier les argiles, on effectue divers traitements visant à modifier l'espace inter-feuillets : chauffage, acidification... En regardant l'évolution des pics de diffraction aux faibles angles selon le traitement, on peut reconnaître l'argile. Cette analyse se fait sur une fraction granulométrique donnée, obtenue en mettant l'argile en suspension dans l'eau, en agitant et en prélevant à une profondeur donnée après un temps de repos donné.
Outre en géochimie, cette technique est également utilisée par la Police scientifique pour essayer de déterminer l'origine des traces de terre qui peuvent constituer un indice lors d'une enquête.
Une terre argileuse destinée à la cuisson est souvent appelée glaise ou terre glaise.
La plus grande partie des argiles peuvent être appelées terres à faïence ou argiles communes. Ces argiles contiennent assez de fer et d'autres impuretés minérales pour devenir dures, cuites de 950 à 1 100 °C environ. À l'état naturel, elles sont grises, verdâtres, rouges ou brunes à cause de l'oxyde de fer et autres comme l'oxyde de titane qu'elles contiennent.
Cuites, leur couleur peut aller du blanc, du rose au noir en passant par toutes les variétés de jaune, rouge, brun ..., suivant la qualité particulière de chaque argile et les conditions de cuisson. La majorité des poteries dans le monde sont faites avec ce genre d'argile, ainsi que les briques, les tuiles, les tuyaux et autres productions similaires.
L'argile rouge commune peut être très plastique, et même trop plastique et trop collante pour être employée seule ; d'autre part, il arrive qu'elle ne le soit pratiquement pas à cause de la présence de sable ou d'autres débris rocheux.
Le potier recherche une terre à faïence douce et plastique, qu'il peut éventuellement modifier en ajoutant un peu de sable ou d'argile non plastique.
Le briquetier, lui, recherche une terre moins fine contenant du sable et d'autres débris non plastiques, qu'il pourra presser, sécher et cuire, sans crainte de gauchissement, de fentes ou de retrait excessif.
Enfin on peut pratiquer une « minéralurgie » pour éliminer ou ajouter les éléments indésirables ou nécessaires sur les argiles, afin de leur donner les caractéristiques nécessaires à leur utilisation plus ou moins industrielle.
Certaines argiles Kaolinites très pures permettent de rendre la pâte à papier blanche, toutefois ce procédé est de moins en moins utilisé, elle est remplacé, par le carbonate de calcium précipité.
Dans les peintures, l'ajout de charges minérales comme la bentonite permet d'obtenir la rhéologie souhaitée et améliore aussi la stabilité des suspensions.
Certaines argiles sont utilisées en fonderie, pour réaliser les moules.
L'argile était utilisé par la civilisation summéro-akadienne (les Sumériens de Mésopotamie). De petites boules d'argile étaient aplaties pour former un rectangle approximatif afin de pouvoir y inscrire de l'écriture cunéiforme. Les summériens utilisaient des sortes de sceau-cylindre. Ces cylindres étaient gravés en haut-relief, et lorsqu'on les faisait rouler en appuyant sur l'argile, ils laissaient une empreinte en haut relief !
Lien externe
roche sédimentaire sédimentologie pédologie
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