Le peuple Arabe, formé de populations anthropologiquement différentes unies par un fort lien linguistique et culturel, est réparti sur une vaste zone qui s'étend de l'Oman au Maroc, englobant ainsi le Moyen-Orient et le nord de l'Afrique.
D'après Sati al Housri, « Est Arabe celui qui parle arabe, qui se veut Arabe et qui se dit Arabe.». Être arabe n'est donc pas seulement une question d'ethnie ou de race, mais aussi une question linguistique, culturelle et philosophique.
Savoir qui est arabe peut concerner plusieurs aspects :
Le peuplement originel de la péninsule arabique et du désert s'étendant de la Mésopotamie jusqu'en Syrie est de souche sémite, mais son origine ethnique même est sujette à de nombreux débats. De fait, la présence de ces populations bédouines est très ancienne, puisqu'on retrouve mention de leurs existences dans des textes Assyriens et Babyloniens datant du
Présents dans la péninsule arabique jusqu'au , ils ont alors connu une forte expansion vers le reste du Moyen-Orient, vers l'Afrique du Nord et la péninsule ibérique, portés par un élan mystique et de conquête guerrière. Il existe aujourd'hui de fortes diasporas arabes issues de l'immigration en Europe (notamment en France), en Amérique du Nord, en Amérique du Sud, ainsi qu'en Afrique de l'Ouest (Syro-libanais).
Avant le début de la conquête musulmane, les tribus arabes étaient donc essentiellement nomades, à l'exception notable de quelques régions où les Arabes avaient développé des civilisations urbaines, comme au sud de la péninsule arabique, en Mésopotamie, sur le territoire araméen, où ils avaient créé autant de petits royaumes (Palmyre, Pétra, etc.).
Après la conquête de la péninsule arabique par l'Islam, les Arabes ont conquis aux et les régions voisines du Proche-Orient, de l'Afrique du Nord. Après leur conversion à l'islam, les Berbères conquirent l'Espagne où ils se sont maintenus près de 8 siècles. Ils ont également occupé une petite partie du Sud de la France où ils se sont maintenus un siècle. La Sicile fut également conquise pour près de 250 ans et à peu près tous ses habitants se convertirent à l'islam jusqu'à ce que les armées chrétiennes et normandes ne récupèrent l'île. Les "maures" ont été repoussés de la péninsule ibérique lors de la Reconquista. Le Proche-Orient et l'Afrique du Nord demeurent aujourd'hui majoritairement peuplés d'arabes.
Si la plupart des Arabes ont embrassé la religion musulmane sunnite, les Arabes restent minoritaires dans l'islam. Les six pays les plus importants, en terme de population majoritairement musulmane, sont l'Indonésie, le Pakistan, le Bengladesh, le Nigeria, la Turquie et l'Iran ; six pays non arabes.
Deux autres pays ont une population musulmane très importante, bien que largement minoritaire, ce sont la Chine et l'Inde, qui devraient être les troisième ou quatrième pays musulmans, en terme de population, puisque chacun d'eux compteraient plus de cent millions de musulmans. On pourrait aussi ranger dans cette liste l'Union européenne qui compterait en 2005 plus de cinquante millions de musulmans.
Il existe également près de quinze millions d'Arabes chrétiens en Égypte (de 8 à 16%), en Syrie (10%), au Liban (41%), en Palestine et parmi la diaspora palestinienne, en Israël, en Jordanie(2,7%), en Irak (3%) et en Iran (0,5%). Chrétiens du Moyen-Orient, dossier sur le site de la BBC.
Le nom est souvent employé pour se rapporter à toute personne originaire du Moyen-Orient ou de l'Afrique du Nord dont la langue maternelle est la langue arabe. De ce fait, ni les Turcs ni les Iraniens ne sont arabes, puisque les Turcs parlent le turc (langue altaïque comme le mongol) et les Iraniens parlent le persan (langue indo-européenne comme le grec ou le français).
Par extension, le terme se rapporte à n'importe quelle personne originaire d'une ethnie qui a adopté cette langue sémitique. De telles personnes peuvent n'avoir aucun autre lien avec l'Arabie, que de vivre dans un pays qui fut annexé pendant l'expansion arabe (Syrie, Liban) ou vivre dans un État membre de la Ligue arabe, laquelle comporte des États à majorité non arabe (et non arabophone), comme la Somalie et Djibouti, ou à majorité arabe mais où il existe de fortes minorités non arabes comme le Soudan.
Par exemple, les Berbères d'Afrique du Nord sont souvent appelés « Arabes » par certains Occidentaux, alors qu'ils ne sont reliés avec l'Arabie en tant que telle que par le fait qu'ils parlent souvent la langue arabe en plus du berbère, leur langue maternelle, l'arabe étant la langue officielle du pays dans lequel ils vivent et, surtout, la langue liturgique.
Les Arabes sont un peuple de Sémites, descendant selon la Bible et le Coran du patriarche Abraham, par son fils aîné Ismaël.
Dans la culture arabe « urbanisée » d'aujourd'hui, le terme « arabe » désignerait deux choses paradoxalement antinomiques :
La recherche d'une identité mythologique, pour certains arabes urbanisés et déchirés entre deux civilisations, constitue donc un phénomène récent, pouvant aller pour certains jusqu'à s'imaginer des ancêtres appartenant aux grandes tribus de l'Arabie pré-islamique, de qui sont issus les conquérants arabes, partis de la Péninsule arabique au pour conquérir de vastes territoires, dont ils deviendront la nouvelle aristocratique.
Les Arabes d'Asie centrale et les Arabes d'Indonésie constituent des groupes ethniques distincts, recensés comme tels, mais les recensements ont montré que la majorité des personnes se déclarant « Arabes » dans ces pays ne parlent pour la majorité d'entre eux pas cette langue, ou ne la connaissent que comme langue liturgique, non comme langue usuelle, qu'elle soit intrafamiliale ou non.
Les Maltais parlent le maltais, une langue qui au départ est un dialecte arabe proche des dialectes tunisiens, mais ils ne se considèrent pas comme arabes car le mouvement nationaliste maltais, au , a préféré construire une origine mythique phénicienne à la langue et à la nation maltaise pour contrer les partisans de l'annexion de Malte à l'Italie en processus d'unification, ces derniers utilisant notamment pour argument que l'arabe était la « langue des musulmans ».
Il existe également des Juifs arabophones pour lesquels l'appellation « Arabes juifs » n'est pas utilisée, au contraire d'« Arabes chrétiens », sauf parfois pour désigner des tribus arabes de confession juive à l'époque antéislamique ou au début de l'ère islamique (Hégire), ou dans un sens idéologique, pour désigner par exemple des Juifs non sionistes se considérant comme arabes, par exemple Abraham Serfaty au Maroc ou Ilan Halévi, membre de l'Organisation de Libération de la Palestine.
Les Somaliens et les Djiboutiens sont des Africains qui sont pour une petite partie arabophone.
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