L’Antarctique (substantif féminin, du grec , « opposé à l’Arctique ») est un continent situé au pôle Sud de la Terre. Elle est presque entièrement recouvert de glace, et comprend les régions les plus froides de la planète.
Avec une superficie de 13,9 millions de kilomètres carrés, l’Antarctique est plus petit que l’Asie, l’Afrique, l’Amérique du Nord et l'Amérique du Sud. Il ne possède aucune population permanente, mais un millier d'habitants temporaires qui sont des personnes travaillant dans le cadre de missions scientifiques.
| Superficie | 14 000 000 km² (dont 280 000 km² libres de glace) |
| Population | 1 000 hab. environ (aucun permanent) |
| Gouvernement | Régi par le traité sur l'Antarctique |
| Revendications partielles | |
| Domaine internet | .aq |
| Indicatif téléphonique | +672 |
La plupart des sources s'accordent pour affirmer que c'est Aristote qui nomme le premier ce continent. En effet, les Grecs pensent à l'époque que la Terre étant une sphère symétrique, il lui faut nécessairement un point d'équilibre, un ""pivot" (polos en grec) de part et d'autre de l'équateur : l'Arctique (Arktos en grec) et son opposé (anti), l'Antarctique (Antarktos). Arktos signifie « ours », en référence au groupe d'étoiles indiquant le nord, encore appelé aujourd'hui « Petite Ourse ». Au , Ptolémée (astronome grec), est persuadé que le continent existe, au point d'affirmer que ses terres sont habitées et cultivées, mais restent inaccessibles au reste de la Terre à cause d'une grande bande de terre infranchissable abritant des monstres.
Mais au Moyen Âge, les savants abandonnent les réflexions sur ce continent, trouvant étrange que Dieu ait oublié une partie de sa Création sur ces terres si reculées. On se met à repenser que la Terre est plate, ce qui exclut l'existence de l'Antarctique (d'un point de vue géographique).
On y repense à partir du , lorsque Bartolomeu Dias de Noveas et Vasco de Gama découvrent de nouvelles terres. Ces derniers dépassent le cap de Bonne Espérance (au sud de l'Afrique) et réfutent ainsi l'hypothèse d'un continent africain étendu jusqu'aux plus hautes latitudes Sud. Néanmoins, lorsque Ferdinand Magellan contourne le sud du continent américain, il découvre qu'il y existe un détroit difficile à franchir, et au-delà duquel un épais manteau neigeux apparaît sous un climat très froid.
Du coup les géographes de l'époque émettent l'hypothèse qu'un immense continent appelé continent Austral sur les planisphères de l'époque existe et qu'il serait continu de la Terre de Feu à l'Australie.
En 1599, le Hollandais Dirk Gerritz (nl:Dirck Gerritsz), emporté par une tempête loin de son escadre jusqu'aux îles Shetland du Sud, est le premier navigateur à franchir le cercle polaire antarctique (latitude 66° 33' sud).
Au cours du , d’autres navigateurs, en tentant de franchir le cap Horn, sont poussés vers l'Antarctique par des tempêtes et aperçoivent des montagnes recouvertes de neiges et de glaces.
En 1738, Jean-Baptiste Charles Bouvet de Lozier, missionné par la Compagnie des Indes pour découvrir des terres inconnues et y établir des comptoirs, découvre une île brumeuse qu'il prendra pour un continent : l'actuelle île Bouvet (54° 26' de latitude Sud).
En 1772, Nicolas Thomas Marion-Dufresne, secondé par le capitaine Julien Crozet à bord du Mascarin, découvre les îles Froides (aujourd’hui l’archipel du Prince-Édouard) et l’île Aride (l’actuelle île de l'Est de l’archipel Crozet).
Parti du cap de Bonne-Espérance le 22 septembre 1772, il est arrêté à deux reprises par la banquise et regagne la Nouvelle-Zélande après avoir dépassé le 61 parallèle.
Le 30 janvier 1774, la Resolution rencontre la banquise après deux mois de navigation au sud de la Nouvelle-Zélande et avoir franchi le 70 parallèle pour la première fois dans l'histoire. Cook découvre alors une plaine de glace, dans laquelle il compte quatre-ving-dix-sept montagnes de glace, très larges et ressemblant à une chaîne de montagne s'élevant les unes sur les autres et se perdant dans les nuages.
S'avançant jusqu'à 71° 10' de latitude sud et 106° 54' de longitude ouest (position proche de l'île Thurston, mer d'Amundsen), il entend des « penguins » (manchots) et aperçoit quelques oiseaux, mais se persuade de l'absence de terres dans cette mer et renonce à chercher un passage vers le sud à travers les glaces.
C'est le 21 janvier 1840 que des explorateurs français, commandés par Dumont d'Urville plantent leur drapeau sur les terres antarctiques. Quelques jours plus tard, c'est au tour de la flotte américaine de Charles Wilkes d'y parvenir. La découverte est alors controversée.
La première expédition scientifique est envoyée en 1839 par les Britanniques, grâce à une association entre la British Association for the Avancement de Science et la Royal Society. Elle comprend des médecins, des naturalistes et des botanistes.
En 1897-1898, l'expédition d'exploration scientifique du Belgica, menée par le commandant Adrien de Gerlache, se compose d'un équipage international avec Roald Amundsen pour second lieutenant. Ce dernier participera à la course au pôle Sud géographique, et sera le premier à y parvenir, le 15 décembre 1911, en un temps réduit grâce à l'usage de skis et de chiens de traineau.
En 1928, George Wilkins survole le continent pour la première fois.
En 1946, les États-Unis, à l'initiative de l'amiral Richard Evelyn Byrd, organisent la plus importante expédition qui sera jamais envoyée dans l'Antarctique, l’opération Highjump :
L'opération Highjump sera suivie l’été austral suivant (1947-1948), par l’opération Windmill au motif de sous-exposition des clichés pris lors de la campagne précédente.
Les navigateurs à la recherche du continent austral ont donc d'abord rencontré les îles (cf. liste des îles de l'Antarctique) libres de glace pendant la plus grande partie de l'année, comme :
Cependant, le point culminant de l'Antarctique se trouve dans les monts d'Ellsworth, au massif Vinson à 4897 m ; ces monts dominent la partie la plus occidentale de la mer de Weddell (barrière de Ronne).
La partie du continent délimitée par les monts Transantarctiques et qui fait face aux océans Atlantique et Indien est appelée Antarctique orientale. Elle forme un plateau d'environ 10 millions de kilomètres carrés, recouvert d'une importante couche de glace : celle-ci atteint ainsi une altitude maximale de 4030 m à proximité du centre de ce plateau, alors que le soubassement rocheux ne dépasse guère les 1000 m.
L'autre partie du continent est appelée Antarctique occidentale ; elle comprend la terre Marie Byrd, la terre d’Ellsworth et la péninsule Antarctique, dont la partie la plus large est la terre de Palmer, alors que son étroite extrémité nord constitue la terre de Graham.
C'est dans la péninsule Antarctique que se trouvent la plupart des zones non glacées du continent, où affleure la roche. Cette péninsule est environnée de nombreuses îles, dont la plus grande île de l'Antarctique, l’île Alexandre-I (49 070 km²), qui borde à l'ouest la terre de Palmer ; reliée au continent par une étendue glacée (le détroit George-V), cette île fut appelée terre Alexandre-I jusqu'à la mise en évidence de son insularité.
| Volume des glaces continentales | |
| Couche de glace de l’Antarctique orientale | 26 039 200 km³ |
| Couche de glace de l’Antarctique occidentale | 3 262 000 km³ |
| Péninsule Antarctique | 227 100 km³ |
Le volume des glaces qui recouvre le continent Antarctique approche les 30 000 000 km³, ce qui correspond à une épaisseur moyenne de l'inlandsis supérieure à 2000 m.
L’altitude moyenne calculée au-dessus du niveau de la glace étant voisine de 2300 m, l’altitude moyenne du continent (le soubassement rocheux) ne dépasse donc pas quelques centaines de mètres, ceci même sans comptabiliser les régions « continentales » dont l’altitude est inférieure au niveau de la mer (comme la fosse subglaciale de Bentley, en Antarctique orientale, dont le point le plus bas se trouve à 2499 m en-dessous du niveau de la mer).
L’Antarctique comporte également de nombreuses étendues d’eau subglaciaires, dont la plus grande est le lac Vostok, avec une superficie de 14 000 km².
L'inlandsis qui recouvre la quasi totalité de la superficie du continent, atteint plus de 4500 m d'épaisseur par endroits ; elle constitue 90 % de l'eau douce du globe.
Malgré toute la neige et la glace qui recouvre l'Antarctique, une partie importante du continent, dont les précipitations annuelles sont inférieures à 50 mm, peut être assimilée à un désert.
En tant que zone géographique au climat polaire, l'Antarctique est ainsi peu propice à la vie et aux activités humaines.
L’océan Antarctique contient une biomasse importante grâce à des eaux très riches en nutriments et en oxygène. Une véritable frontière de brume le sépare des autres océans quand la température passe en quelques kilomètres de 6 à 16 °C en moyenne.
La faune marine, très poissonneuse, comprend également :
Les côtes et les îles renferment de nombreux oiseaux :
Par contre, il n'y a que très peu d'animaux au milieu des terres continentales, et ceux-ci restent proches d'organismes microscopiques.
Certains états maintiennent une présence humaine permanente ou semi-permanente, dans des bases à vocation essentiellement scientifique. Ces bases sont ravitaillées par la mer pendant l'été polaire, lorsque le retrait ou la diminution de l'épaisseur de la banquise permet aux navires de s'approcher suffisamment des côtes.
La beauté des paysages et la richesse de la faune favorisent une activité touristique modeste, car non encouragée.
Le continent antarctique fait actuellement l'objet d'un régime juridique défini par le Traité sur l'Antarctique de 1959. Ce traité reconnaît le continent comme une terre propice à la recherche scientifique, et dans ce cadre, à la coopération internationale.
Le Traité sur l'Antarctique établit également un "gel" des prétentions territoriales. En effet, en raison de la proximité géographique de leur métropole ou par intérêt géostratégique ou économique (au vu des probables ressources naturelles que comporte son sous-sol), des États ont revendiqué des portions du continent. La plupart des portions sont des sortes de tranches partant du pôle Sud, allant jusqu'à l'océan, et dont les bords sont des méridiens. Dans certains cas, ces secteurs sont même revendiqués par plusieurs États (la péninsule Antarctique est ainsi revendiquée par l'Argentine, le Chili et le Royaume-Uni).
Les sept États qui revendiquent une partie du continent austral sont :
Antarctique écozone territoire contesté ou occupé
Antartida | أنتارتيكا | Antártida | এন্টার্কটিকা | Antàrtida Antarktida | Antarctica | Antarktis | Antarktis | Ανταρκτική Antarctica | Antarkto | Antártida | Antartika | جنوبگان Etelämanner | Antarktis | Antartaice | ઍન્ટાર્કટિકા | אנטארקטיקה | Antarktisz | Antarktika Antarktika | Antartika | Antarctica | Suðurskautslandið | Antartide 南極大陸 | 남극 | Antarctica | Antarktida | अंटार्क्टिका Antarktis | Antarctica | Antarktika | Antarktis Antarktyda | Antártica | Antarctica | Антарктида | Antárktis Antarctica | Antarktika | Antarktis | ทวีปแอนตาร์กติกา | Antartika Antarktika | Антарктида | Antartike | אַנטאַרקטיקע | 南极洲
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